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ISBN : 2221108817
Éditeur : Robert Laffont (2007)


Note moyenne : 2.6/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Frédéric Mitterrand nous emmène à Cannes, lors du dernier Festival où il avait été invité à présider un jury d'enseignants. Journée après journée, il nous livre ses carnets secrets : ses rencontres, ses impressions, mais aussi les souvenirs très personnels que mémoire ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 28 mai 2012

    Malaura
    Avant que les ans et la politique ne l'assagissent (dommage), Frédéric Mitterrand, neveu de François Mitterrand, était un « électron libre » de l'espace culturel et audiovisuel. Cinéphile accompli, chroniqueur, réalisateur, il a marqué les années 1980 de sa voix nonchalante en présentant les magazines du cinéma « Etoiles et toiles », « Acteur Studio », « Permission de minuit ».
    Un brin de provocation, une homosexualité affirmée / affichée très tôt, un comportement pas vraiment « politiquement correct », la critique élogieuse et le succès public d'un précédent livre « La Mauvaise Vie »…il n'en fallait pas plus pour nous donner l'envie de découvrir l'univers en technicolor de cet homme passionné de septième art qui a fait des stars et de leur destinée sa piste aux étoiles, la voute céleste sous laquelle abriter son existence.
    « Le Festival de Cannes » comportait donc en substance tout ce qu'on avait le désir de capturer chez l'écrivain cinéphile : le cinéma bien sûr et aussi les acteurs, les metteurs en scène, le déroulement de cette grande manifestation culturelle fondée en 1946 et prenant pour cadre enchanteur les Alpes-Maritimes et pour finir, le récit autobiographique d'une semaine de projection de films internationaux.
    Après des années de Festival, à arpenter la Croisette au mois de Mai, à courir d'une salle de projection à l'autre pour visionner les films des cinéastes du monde entier, Frédéric Mitterrand s'était juré de ne plus retourner à Cannes sans avoir son propre film à présenter ou un projet précis à proposer.
    Mais invité au Festival 2006 pour présider un jury d'enseignants, il rompt son serment secret et rejoint une nouvelle fois le grand show festivalier de la Croisette.
    Promesse non tenue à lui-même, le voilà de retour sur une Côte-d'Azur débordante d'alacrité, dans une ville qui fait son cinéma entre palaces, yachts et mer turquoise : "quand on n'a pas grand-chose à y faire, Le Festival de Cannes est une drogue dure de la jeunesse, elle donne l'illusion que l'on s'amuse au cœur du monde. C'est difficile de décrocher, ça prend du temps et ça demande des efforts… »
    La magie du cinéma entraîne Frédéric Mitterrand dans un voyage de onze jours dans l'effervescence cannoise, entre Palais du Festival, cérémonie d'ouverture et de clôture, montée des fameuses marches, réceptions et fêtes mondaines, crépitement des flashes des photographes …
    Mais c'est aussi un voyage dans le passé qui s'édifie peu à peu, au gré des festivals d'antan, quand les stars se retrouvaient dans les villas de la Côte d'Azur pour de gigantesques fêtes nocturnes, quand les starlettes prenaient la pose en maillot de bain sous l'œil des caméras des cinéastes amateurs, quand le Festival symbolisait encore « une rencontre d'amour et d'amitié » entre les célébrités et les anonymes.
    Alors, au fil des jours et des films, en même temps que le cinéphile se dévoile et évoque les étoiles du monde du cinéma, les souvenirs jaillissent et la mémoire se libère, empreinte de mélancolie, de nostalgie, de solitude.

    Frédéric Mitterrand fait son « Festival » et il y a dans celui-ci beaucoup de bonnes choses.
    D'abord un ton, singulier, personnel, intéressant, attrayant.
    Une écriture vagabonde, qui flâne, qui divague en longue phrases élégantes, qui se promène comme on se promène les jours de printemps sur la Croisette, en musardant, tantôt un peu désordonnée et flottante, tantôt brève et fugitive. Ecriture ambulante, se dévidant longuement pour tenter de ressusciter un passé hélas révolu.
    Il y a aussi chez Frédéric Mitterrand une grande humilité, une sensibilité à fleur de peau.
    « Le Festival de Cannes » fait l'effet d'une mise à nu ; la confidence intime d'un homme fragile qui se livre sans tabou. Ses rêves érotiques d'un bel éphèbe blond aux airs de Brad Pitt, ses fantasmes, ses aventures amoureuses sont contées sans détour, avec une franchise, une sincérité, touchantes et émouvantes.

    Et puis il y a bien sûr l'amour du cinéphile, son sens de l'analyse, de la critique juste, pointue, acérée mais toujours respectueuse.
    Nul besoin de connaître sur le bout des doigts le 7ème art pour apprécier les impressions et les avis de l'auteur sur les films qu'il a visionnés durant la période festivalière. Frédéric Mitterrand sait faire partager son amour et ses sentiments avec le professionnalisme du connaisseur et la ferveur du passionné.
    Au détour d'anecdotes sucrées, les célébrités d'hier fusionnent avec les célébrités d'aujourd'hui : Wim Wenders, Pedro Almodovar, Jean-Luc Godard, Anna Magnani, Rita Hayworth se croisent et se confondent, alimentant la mémoire d'un homme qui se souvient des beaux jours autant que des jours gris, des films qui l'ont enchantés et de ceux qui l'ont déçus, avec toujours le même engouement et la même soif de partage.
    On croise aussi tristement les anonymes qui, pendant ces quelques jours d'agitation festivalière, vont hanter la Croisette en quête d'un regard, d'un autographe, d'un espoir ou d'un rêve.
    Quelle vision plus pathétique alors que celle de ces « femmes léopard », mère et fille, toujours vêtue de la même tunique mouchetée décolorée avec le temps, attendant Dieu sait quoi ? Une part d'espérance ? le rêve d'un avenir meilleur ? L'illusion de faire partie d'un monde trépidant pendant une semaine ?
    Car c'est cela aussi Le Festival de Cannes, un monde factice vivant dans l'illusion…
    Au gré de souvenirs doux-amers Frédéric Mitterrand rend donc est un très bel hommage à tous ceux, des célébrités aux inconnus, qui ont fait et font encore les beaux jours du Festival, et nous entraîne aisément dans ce voyage en demi-teintes. Nostalgie ! Nostalgie !
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Seul dans la foule. Souvent, au milieu de l'agitation et du battage médiatique du Festival de Cannes, Frédéric Mitterrand est là, sans y être vraiment : de la foire aux vanités cannoise qui l'attire tout autant qu'elle lui répugne, il s'échappe par l'esprit. Ses rêveries toutes proustiennes le plongent avec mélancolie dans un temps qui n'existe plus, où le cinéma était encore en noir et blanc. D'ailleurs, l'exergue tiré du Nosferatu de Murnau "Quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre" annonce la couleur. Dans ses souvenirs flotte, omniprésente, l'ombre de François Chalais, interviewant stars et starlettes d'alors.
    Dans l'album intime de souvenirs de cet amoureux du septième art, se côtoient Rita Hayworth, Ava Gardner, John Huston et Suzanne Flon, Mélina Mercouri, Sophia Loren, mais aussi Pedro Almodovar, Tim Burton et bien d'autres.
    Certains tiennent une place privilégiée dans sa vie et dans son cœur, ce sont eux qui vont donner vie aux plus belles pages de ce livre : la rencontre manquée avec Wim Wenders, alors jeune réalisateur, l'appel au secours nocturne de Dominique Laffin, qui disparaitra peu après, mais surtout la visite (j'allais dire, la violation) de l'appartement abandonné de Sean Flynn et le souvenir de Luca Magnani dans des studios de télévision parisiens. A ces deux jeunes hommes au lourd héritage, fils d'acteur et d'actrice célèbres dont il a été autrefois amoureux, Frédéric Mitterrand réserve une place de choix, au générique de début et de fin de son livre, dans des chapitres aux noms pour le moins évocateurs, "A l'ombre du père" et "A l'ombre de la mère".
    Frédéric Mitterrand aurait pu appeler son livre Mon festival de Cannes. Bien sûr, en prenant pour prétexte sa venue au festival de l'an dernier, comme membre d'un jury officiel de l'Éducation Nationale, il rend compte du quotidien d'un festivalier, entre séances de projection et soirées jet set. Il ne s'agirait que de cela, le livre ne présenterait pas grand intérêt. Mais heureusement, on ne la lui fait plus à Frédéric Mitterrand. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace. le regard désillusionné et sans complaisance qu'il pose sur la faune cannoise et ses mœurs, mais aussi sur lui-même, donne lieu à des passages savoureux. Comme dans La Mauvaise Vie, Mitterrand se dévoile avec sincérité. Tantôt mélancolique, tantôt malicieux, il est toujours sensible ou touchant, comme lors de cette rencontre entre Mélina Mercouri et Valentina Cortese. Moi, même en pyjama de pilou, je le trouve diablement attachant.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Le%20Festival%20de%20Cannes
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    • Livres 3.00/5
    Par CorinneCo, le 03 novembre 2013

    CorinneCo
    Ce livre, drôle, subtil, attachant, sincère et léger parfois comme une fête de la Croisette, est une fantaisie qui peut être nostalgique, amère mais qui laisse percevoir une tendresse pour tous ces "clowns". Film dans les films le Festival raconté par un guide spirituel et facétieux comme on aime....
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Descendre du train en gare de Cannes, c’est revoir dans sa tête des images d’actualité que François Chalais montrait et commentait si bien de sa voix métallique au tempo inimitable. Claudia Cardinale, Brigitte Bardot, Silvana Mangano en robes d’été, souriant aux caméras d’un festival en noir et blanc et c’était aussi du cinéma dont les plans improvisés se confondent avec les séquences de certains de mes films préférés qui n’intéressent plus beaucoup les jeunes d’aujourd’hui.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    il en est des films comme des gens, il arrive qu’on les refuse quand on devrait les aimer parce que ce n’est tout simplement pas le moment, on ne saurait pas dire pourquoi et on n’a même pas envie de s’exprimer, on le regrette ensuite mais c’est toujours cette même histoire

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Même sans être encore tout à fait vieux, je vois déjà trop de cimetières quand je me tourne vers le passé

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Notez ! Ali Rebeihi reçoit Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication pour revenir sur la polémique suscitée par le non-renouvellement du mandat d'Olivier Py à la tête du Théâtre de l'Odéon-Théâtre de l'Europe. Il explique le fonctionnement des nominations dans les structures étatiques dédiées au spectacle vivant. Avec Laure Adler, présentatrice de l'émission Studio Théâtre sur France Inter.








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