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ISBN : 2738107966
Éditeur : Odile Jacob (2000)


Note moyenne : 3.19/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'amour maternel peut devenir un enfer. Entre les filles et leur mère se joue une relation dont la violence est parfois effrayante. Marquées par ce premier objet d'amour, les filles sont d'autant plus liées à leur mère que celle-ci tente de faire d'elles un double idéal... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dixie39, le 12 avril 2015

    Dixie39
    Le but d'une critique n'est pas de résumer et c'est tant mieux, tant ce livre aborde de sujets différents et nous fait réfléchir sur de nombreuses choses, qui nous pèsent, nous questionnent, nous dérangent ou tout simplement étaient, jusqu'à les lire, « transparentes» à notre conscience. Pour aperçu :
    - la puissance, qui est à prendre autant au sens de pouvoir que de violence, de notre mère (et grand-mère) dans notre relation au désir d'enfantement et à nos enfants, dans celle également à notre conjoint, mais également à notre rapport aux autres.
    - le rôle du père dans la relation « Mère/Enfant ».
    - la différence des relations « Mère/Fille » avec celles « Mère/Fils » et ce que cela implique pour le fils (futur conjoint et père) autant que pour la fille (future conjointe et mère).
    - l'investissement différent, au sein d'une fratrie, de la mère par rapport à ses enfants (fils et/ou filles) non au sens affectif du terme, mais au sens d'une transmission plus ou moins appuyée d'un dessein qui a à voir avec la répétition de la relation « Mère/Enfant », au prolongement de la mère dans la fille « élue » qui aura la charge de satisfaire à cette « reproduction », « perpétuation » de cette relation originelle...
    - la vision de la mère, comme toute puissance, détentrice de la pulsion de vie et celle du père, dont le rôle est de « séparer » ce couple fusionnel « Mère / Enfant » en donnant réalité aux «forces de mort » qui sont au centre des premières angoisses de l'enfant, nécessaires et structurantes.
    - L'impact de cet héritage « transgénérationnel » transmis de mère en fille sur la femme, qu'elle soit mère ou non, maman de fille(s) et/ou de garçon(s), et sur le couple.
    - …
    « Les filles et leurs mères » n'est pas exclusivement l'étude de la spécificité des relations mère/fille comme pourrait le laisser croire le titre (et je peux comprendre donc que cela ait déstabilisé ou déçu certains lecteurs) mais il met en lumière ce rapport originel entre les forces de vie et de mort qui se jouent dans la maternité et plus spécifiquement dans ce continuum « Grand-Mère / Mère / Fille » ; Qui, mine de rien, structure notre Humanité : Homme ou Femme, nous sommes tous issus d'une mère qui aura eu à se « dépatouiller » avec cet héritage et ce déterminisme biologique...
    D'où la question récurrente des psychologues, psychanalystes « Faut-il tuer les grands-mères ? »
    En un mot, doit-on libérer les mères, et donc les enfants et conjoints de l'emprise des grands-mères ? Faut-il légitimer (moralement et socialement) cette violence éprouvée par les filles à l'encontre des mères et libérer cette parole pour leur permettre d'assumer ce sentiment sans remord ni culpabilité. Dis comme cela, je risque de m'attirer certaines foudres, mais à suivre le développement d'Aldo Naouri, on comprend que cette libération serait salutaire à chacune – et chacun -, grand-mère, y compris.
    Aldo Naouri nous livre son expérience, ses pensées et certitudes acquises au fil d'une carrière de pédiatre investi auprès de ses petits patients et de leurs parents, en toute franchise. Certaines de ses affirmations m'ont laissé sceptique, d'autres se sont révélées à moi comme évidentes au regard de mon vécu de petite fille, fille et mère mais, une chose est sûre, toutes m'ont donné à penser et à évaluer mes relations au sein de ma fratrie et avec mes enfants (fille et garçon).
    J'ai souri à l'évocation de ces filles élevées par leur mère en « petites princesses », garces patentées, qui, adultes, écraseront tous les autres sans vergogne ni remord et mèneront leurs ambitions plutôt « brillamment » (et non forcément leur vie, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux, tout de même), sans états d'âme ni autres formes d'embarras. Par contre, gare à vous, si vous êtes « l'élu » (enfant et/ou conjoint).
    L'évocation de ces femmes qui ne « font que des garçons » pour ne pas reproduire le schéma maternel dont elles ont trop souffert et qui « se décident » enfin à faire une fille sans trop savoir comment la gérer, au vu de cette histoire maternelle non encore digérée et intégrée, a fait beaucoup parlé dans ma petite famille nucléaire...
    Un livre que je ne peux que conseiller, que l'on soit homme ou femme, père ou mère, étant donné que nous sommes tous fils ou fille d'une mère qui est au fondement de notre structure mentale et affective, qu'elle se soit construite par opposition ou reproduction de cette relation originelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Tatooa, le 10 juin 2013

    Tatooa
    J'ai rencontré Aldo Naouri avec un manuel pédiatrique à la naissance de mes enfants. Manuel qui m'a bien plus parlé dans sa simplicité et son "naturel" que beaucoup d'autres que j'ai du coup mis de côté pour aller puiser plutôt dans le sien.
    Depuis, j'ai beaucoup évolué puisque la naissance de mes enfants ont amené d'énormes bouleversements psychiques (dont une dépression) chez moi, qui ont du être suivis de travail psy approfondi.
    Et oui, "tout vient des mères", malheureusement. Quand on se regarde en face un jour et qu'on se dit "je ne sais pas aimer, ni mes enfants, ni personne", ça fait mal. Mais c'est aussi le début du mieux (même si on va plus mal, sur le coup). Je sais qu'on est tellement culpabilisés pour des prunes dans nos sociétés qu'on ne supporte plus la "bonne" culpabilité quand elle arrive. Seulement il n'y a qu'elle qui puisse nous sortir de la mélasse dans laquelle on est quand on se retrouve, comme moi, avec des souvenirs de toute petite enfance pas jojos qui remontent à l'occasion de la naissance de nos gosses. Si toutes les mères savaient ça, il y aurait peut-être un peu moins de soucis ultérieurs.
    Aujourd'hui ma fille est jeune adulte et mon fils ado, et je ne regrette pas toutes les souffrances que j'ai du aller sortir pour qu'aujourd'hui ma relation avec eux soit bien meilleure. Sinon, c'est eux qui auraient pris tout ça en pleine poire... Alors parfois, même si ça fait mal, il vaut mieux accepter qu'on nous dise de nous "remettre en question" plutôt que de s'aveugler sur notre responsabilité envers nos filles (et nos fils)...
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    • Livres 1.00/5
    Par coquecigrue, le 10 mai 2011

    coquecigrue
    J'ai lu ce livre à sa sortie en poche. Je ne peux que livrer l'impression générale qui m'en reste : contrairement à ce qu'il annonce, c'est un livre qui se focalise sur les rapports mère-fils. C'est très décevant lorsque l'on l'achète pour son titre et son quatrième de couverture.
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    • Livres 2.00/5
    Par awei, le 19 avril 2008

    awei
    Un drôle de livre, assez noir par bien des aspects, comportant le récit d'un échec médical qui couvre l'ensemble des chapitres et d'autres histoires qui illustrent le propos du rapport compliqué entre mère et filles et surtout ce qui se rejoue lorsque la fille devient mère à son tour.
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    • Livres 5.00/5
    Par Mammny, le 22 novembre 2014

    Mammny
    Livre très intéressant car on y découvre cette relation si compliquée et si simple à la fois présentée d'une manière simple et non culpabilisante.

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Citations et extraits

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  • Par Dixie39, le 04 avril 2015

    Qu'il soit l'objet de mon rejet ou celui de mon attention, que je le fuis ou que je m'associe à lui, l'autre demeure donc toujours pour moi celui par lequel, d'une manière plus ou moins claire, plus ou moins consciente, je peux me renseigner d'abord et avant tout sur moi-même. Sauf exception, la réciprocité de cette relation me permet en effet de lire dans sa personne la manière dont sont inscrites les sempiternelles articulations qui m'occupent moi-même, et de découvrir tôt ou tard que cette modalité d'inscription fait singulièrement écho à celle que je subodorais comme étant la mienne. Ce qui n'est pas sans intérêt puisque c'est, pour lui comme moi, le premier pas vers la compréhension de la façon dont tout cela s'est un jour organisé et la découverte que chacun de nous peut faire de la rémanence en lui de cet échange duel fondateur, de ce premier échange duel à la mère. Avec ce qui s'y convoite d'attente, d'espoir, d'amour et de bonheur des demandes satisfaites à côté de ces haines, rancunes, jalousies et violences qu'ont inévitablement semées la frustration et la déception.
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  • Par Dixie39, le 30 mars 2015

    Elle venait en quelques phrases, de me jeter hors de ma coquille et de me propulser dans un monde dont la lumière aveuglante m'explosait en plein visage. Et je ne me doutais pas alors de l'importance cruciale de ce que j'étais en train de vivre. Le choc était des plus rudes. Il me tirait d'une léthargie dans laquelle je ne m'étais pas imaginé avoir, à ce point et aussi longtemps, sombré. Les événements et les faits les plus étonnants s'étaient succédé et se succédaient à une vitesse telle que le temps écoulé avait pris une singulière densité. Ce qui s'était produit en moi en quatre jours à peine ressemblait à une véritable mue.
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  • Par Dixie39, le 14 avril 2015

    Le temps n'est plus où les badauds se découvraient et où les échoppes baissaient décemment leurs stores sur le passage des lents corbillards. Le temps n'est même plus où les vivants témoignaient par ces gestes, convenus mais unanimes, de leur peine ou de leur culpabilité commune face au triomphe récurrent de la mort. On ne se donne plus rendez-vous qu'à la porte du cimetière pour une forme de corvée intégrée dans la logique marchande et dont on s'efforce, sous le prétexte d'une incompréhensible décence, d'écourter la durée.
    On ne se trouve pas confronté à un simple changement de code de communication. Il semble que l'on assiste plutôt, dans la surprise, l'incrédulité et l'impuissance, au retour d'un refoulé d'une violence si grande qu'on ne peut en imaginer la constitution que dans les temps les plus reculés de notre mémoire.
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  • Par Dixie39, le 01 avril 2015

    Tout individu ayant vécu dans une fratrie est à même de décrire et de caractériser, avec une précision toujours confondante, la relation de sa mère à ses frères et sœurs - nécessairement autre que celle qu'il a connue et dont il se plaint. Il arrive d'ailleurs parfois, à l'écoute de certains récits, qu'on doive prendre acte de la légitimité de certains sentiments de jalousie. Ce n'est donc pas faux, et c'est même bon, de dire à un enfant, ou à chacun dans une fratrie, qu'il a, ou qu'il a eu, une mère qui était la sienne et seulement la sienne et qu'elle cohabitait dans le même corps que celles de ses frères et/ou sœurs.
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  • Par Dixie39, le 08 avril 2015

    On est tellement persuadé de ses capacités de jugement, de son autonomie de pensée, de sa liberté d'appréciation, qu'on ne prend pas garde aux pièges que recèle toute situation qu'on croise et qui met toujours en branle ce passé lointain, insaisissable et dont on ne veut plus rien savoir. Les jugements ne se font alors qu'à l'emporte-pièce, au mépris des nuances et à l'écart de toute dialectisation. Ce qui fait toujours la part belle à la force et à la violence.
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