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ISBN : 2738107966
Éditeur : Odile Jacob (2000)


Note moyenne : 3.16/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'amour maternel peut devenir un enfer. Entre les filles et leur mère se joue une relation dont la violence est parfois effrayante. Marquées par ce premier objet d'amour, les filles sont d'autant plus liées à leur mère que celle-ci tente de faire d'elles un double idéal... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dixie39, le 12 avril 2015

    Dixie39
    Le but d'une critique n'est pas de résumer et c'est tant mieux, tant ce livre aborde de sujets différents et nous fait réfléchir sur de nombreuses choses, qui nous pèsent, nous questionnent, nous dérangent ou tout simplement étaient, jusqu'à les lire, « transparentes» à notre conscience. Pour aperçu :
    - la puissance, qui est à prendre autant au sens de pouvoir que de violence, de notre mère (et grand-mère) dans notre relation au désir d'enfantement et à nos enfants, dans celle également à notre conjoint, mais également à notre rapport aux autres.
    - le rôle du père dans la relation « Mère/Enfant ».
    - la différence des relations « Mère/Fille » avec celles « Mère/Fils » et ce que cela implique pour le fils (futur conjoint et père) autant que pour la fille (future conjointe et mère).
    - l'investissement différent, au sein d'une fratrie, de la mère par rapport à ses enfants (fils et/ou filles) non au sens affectif du terme, mais au sens d'une transmission plus ou moins appuyée d'un dessein qui a à voir avec la répétition de la relation « Mère/Enfant », au prolongement de la mère dans la fille « élue » qui aura la charge de satisfaire à cette « reproduction », « perpétuation » de cette relation originelle...
    - la vision de la mère, comme toute puissance, détentrice de la pulsion de vie et celle du père, dont le rôle est de « séparer » ce couple fusionnel « Mère / Enfant » en donnant réalité aux «forces de mort » qui sont au centre des premières angoisses de l'enfant, nécessaires et structurantes.
    - L'impact de cet héritage « transgénérationnel » transmis de mère en fille sur la femme, qu'elle soit mère ou non, maman de fille(s) et/ou de garçon(s), et sur le couple.
    - …
    « Les filles et leurs mères » n'est pas exclusivement l'étude de la spécificité des relations mère/fille comme pourrait le laisser croire le titre (et je peux comprendre donc que cela ait déstabilisé ou déçu certains lecteurs) mais il met en lumière ce rapport originel entre les forces de vie et de mort qui se jouent dans la maternité et plus spécifiquement dans ce continuum « Grand-Mère / Mère / Fille » ; Qui, mine de rien, structure notre Humanité : Homme ou Femme, nous sommes tous issus d'une mère qui aura eu à se « dépatouiller » avec cet héritage et ce déterminisme biologique...
    D'où la question récurrente des psychologues, psychanalystes « Faut-il tuer les grands-mères ? »
    En un mot, doit-on libérer les mères, et donc les enfants et conjoints de l'emprise des grands-mères ? Faut-il légitimer (moralement et socialement) cette violence éprouvée par les filles à l'encontre des mères et libérer cette parole pour leur permettre d'assumer ce sentiment sans remord ni culpabilité. Dis comme cela, je risque de m'attirer certaines foudres, mais à suivre le développement d'Aldo Naouri, on comprend que cette libération serait salutaire à chacune – et chacun -, grand-mère, y compris.
    Aldo Naouri nous livre son expérience, ses pensées et certitudes acquises au fil d'une carrière de pédiatre investi auprès de ses petits patients et de leurs parents, en toute franchise. Certaines de ses affirmations m'ont laissé sceptique, d'autres se sont révélées à moi comme évidentes au regard de mon vécu de petite fille, fille et mère mais, une chose est sûre, toutes m'ont donné à penser et à évaluer mes relations au sein de ma fratrie et avec mes enfants (fille et garçon).
    J'ai souri à l'évocation de ces filles élevées par leur mère en « petites princesses », garces patentées, qui, adultes, écraseront tous les autres sans vergogne ni remord et mèneront leurs ambitions plutôt « brillamment » (et non forcément leur vie, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux, tout de même), sans états d'âme ni autres formes d'embarras. Par contre, gare à vous, si vous êtes « l'élu » (enfant et/ou conjoint).
    L'évocation de ces femmes qui ne « font que des garçons » pour ne pas reproduire le schéma maternel dont elles ont trop souffert et qui « se décident » enfin à faire une fille sans trop savoir comment la gérer, au vu de cette histoire maternelle non encore digérée et intégrée, a fait beaucoup parlé dans ma petite famille nucléaire...
    Un livre que je ne peux que conseiller, que l'on soit homme ou femme, père ou mère, étant donné que nous sommes tous fils ou fille d'une mère qui est au fondement de notre structure mentale et affective, qu'elle se soit construite par opposition ou reproduction de cette relation originelle.
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    • Livres 4.00/5
    Par BlackRadis, le 15 avril 2015

    BlackRadis
    Une première histoire sert de fil rouge au livre : une mère fascine Aldo dans sa maîtrise (et dans son physique visiblement)…
    Elle a d'abord eu trois garçons puis à avorté à plusieurs reprises avant d'avoir son Gwenaël qui est à l'article de la mort…
    Aldo s'interroge sur la façon dont le couple mère-enfant dont il parle, fascine à ce point non pas seulement lui, mais aussi tout le personnel médical…
    Sans doute parce qu'il les ramène au temps très ancien de l'enfance ou nous sommes totalement dépendant de notre mère allant même jusqu'à la sublimer lorsqu'elle n'est pas là !
    Aldo parle de différents types de mère : celle qui n'investit pas sa grossesse et donc son enfant, celle qui le surprotège car trop consciente de la mort, la phobique de la mort…et la mère paradigmatique : celle qu'il a rencontré et qui protège mais sans surprotéger, qui sait pour son enfant instinctivement…
    Il parle de nombreux témoignages de femme qui souvent devenu mère elle-même ose critiquer leur mère.
    Certaines femmes se servent de leur conjoint comme victime expiatoire car elles n'ont pas réglé leur problème avec leur mère…(sympa, si on peut être utile…)
    Les femmes s'entendent souvent mal avec leur belle-mère car une mère leur suffit !
    Les relations qu'on s'autorise à avoir avec ses beaux-parents seraient celles que l'on ne s'autorise pas à avoir avec ses parents.
    Pour Aldo le père ne doit être utilisé qu'avec parcimonie…
    L'homme doit plus aimer sa femme que ses enfants : c'est son rôle…
    Aldo fait une approche systémique de la famille bien plus intéressante que certains psychanalystes qui ne voit que l'enfant !
    Le père, d'après Aldo, a été sacrifié par la société de consommation et de l'économie !
    Aldo a un combat : sauver le couple pour au final sauver l'enfant (y a du boulot….).
    Une psychanalyse ne suffit pas à faire un bon parent car Aldo a vu leurs enfants : ils sont zinzins pareils !
    La mère pour conjurer la mort a tendance à vouloir faire de sa fille un clone.
    Quand une mère a plusieurs filles : une seule sera désigné comme l'héritière : pas forcément l'aînée ça peut aussi être la place qu'elle avait elle-même dans la fratrie.
    L'élue envie ses sœurs qui sont jalouses d'elle !
    La conclusion de ce livre, bien écrit, érudit et illustré d'exemples de quarante ans d'exercice de pédiatre est que le père est l'élément régulateur entre la mère et sa fille (encore plus que de son fils !)
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    • Livres 5.00/5
    Par tatooa2001, le 10 juin 2013

    tatooa2001
    J'ai rencontré Aldo Naouri avec un manuel pédiatrique à la naissance de mes enfants. Manuel qui m'a bien plus parlé dans sa simplicité et son "naturel" que beaucoup d'autres que j'ai du coup mis de côté pour aller puiser plutôt dans le sien.
    Depuis, j'ai beaucoup évolué puisque la naissance de mes enfants ont amené d'énormes bouleversements psychiques (dont une dépression) chez moi, qui ont du être suivis de travail psy approfondi.
    Et oui, "tout vient des mères", malheureusement. Quand on se regarde en face un jour et qu'on se dit "je ne sais pas aimer, ni mes enfants, ni personne", ça fait mal. Mais c'est aussi le début du mieux (même si on va plus mal, sur le coup). Je sais qu'on est tellement culpabilisés pour des prunes dans nos sociétés qu'on ne supporte plus la "bonne" culpabilité quand elle arrive. Seulement il n'y a qu'elle qui puisse nous sortir de la mélasse dans laquelle on est quand on se retrouve, comme moi, avec des souvenirs de toute petite enfance pas jojos qui remontent à l'occasion de la naissance de nos gosses. Si toutes les mères savaient ça, il y aurait peut-être un peu moins de soucis ultérieurs.
    Aujourd'hui ma fille est jeune adulte et mon fils ado, et je ne regrette pas toutes les souffrances que j'ai du aller sortir pour qu'aujourd'hui ma relation avec eux soit bien meilleure. Sinon, c'est eux qui auraient pris tout ça en pleine poire... Alors parfois, même si ça fait mal, il vaut mieux accepter qu'on nous dise de nous "remettre en question" plutôt que de s'aveugler sur notre responsabilité envers nos filles (et nos fils)...
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    • Livres 1.00/5
    Par coquecigrue, le 10 mai 2011

    coquecigrue
    J'ai lu ce livre à sa sortie en poche. Je ne peux que livrer l'impression générale qui m'en reste : contrairement à ce qu'il annonce, c'est un livre qui se focalise sur les rapports mère-fils. C'est très décevant lorsque l'on l'achète pour son titre et son quatrième de couverture.
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    • Livres 2.00/5
    Par awei, le 19 avril 2008

    awei
    Un drôle de livre, assez noir par bien des aspects, comportant le récit d'un échec médical qui couvre l'ensemble des chapitres et d'autres histoires qui illustrent le propos du rapport compliqué entre mère et filles et surtout ce qui se rejoue lorsque la fille devient mère à son tour.
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Citations et extraits

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  • Par Dixie39, le 15 avril 2015

    La place du père, c'est donc, encore et toujours, d'une disposition maternelle qu'elle dépend et qu'elle découle. C'est, autrement dit, encore et toujours, une histoire de femmes. Une histoire de règlements de comptes entre femmes. Une histoire de place à occuper au milieu de femmes. Manière de dire que ce qui fait – ou ne fait pas – un père c'est la femme qu'il s'est choisie avec ce qui se rattache de femmes sur elle et à elle.
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  • Par Dixie39, le 14 avril 2015

    Le temps n'est plus où les badauds se découvraient et où les échoppes baissaient décemment leurs stores sur le passage des lents corbillards. Le temps n'est même plus où les vivants témoignaient par ces gestes, convenus mais unanimes, de leur peine ou de leur culpabilité commune face au triomphe récurrent de la mort. On ne se donne plus rendez-vous qu'à la porte du cimetière pour une forme de corvée intégrée dans la logique marchande et dont on s'efforce, sous le prétexte d'une incompréhensible décence, d'écourter la durée.
    On ne se trouve pas confronté à un simple changement de code de communication. Il semble que l'on assiste plutôt, dans la surprise, l'incrédulité et l'impuissance, au retour d'un refoulé d'une violence si grande qu'on ne peut en imaginer la constitution que dans les temps les plus reculés de notre mémoire.
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  • Par Dixie39, le 14 avril 2015

    Ce qui les travaille est d'un ordre tout autre. D'un ordre dont il est difficile de rendre compte et qu'il est en principe indécent de dévoiler. De cet ordre qui bouscule la vie jusque là protégée et placée sous le seul signe de la promesse accomplie. Il est du contraire de cette vie. Il est de ce contraire de la vie qui fait de la vie ce qu'elle est pour chacun : un temps donné et nécessairement fini, un temps compté qui se rappelle, brutalement et à cette occasion comme tel. Le temps. Ce temps impossible à appréhender ou à comprendre, ce temps qui signifie sèchement, aussi, qu'une mutation vient d'avoir lieu et que les images cèdent toujours le pas et meurent face à l'implacable réalité. Et cela, elles, elles le savent. Elles savent même qu'il n'y a qu'elles pour le savoir. Elles ne le savent pas dans leur tête, dans leur conscience ou par leurs pensées. Elles le savent de la façon la plus sûre parce que la plus intime, la moins distanciée. Elles le savent par leurs tripes.
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  • Par Dixie39, le 16 avril 2015

    Il en va comme si les femmes se reconnaissaient, les unes aux autres une faculté de divination spécifique et que toutes étaient d'accord entre elles pour ne pas mettre en œuvre un inepte « concours de mères ».

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  • Par Dixie39, le 10 avril 2015

    Toutes les histoires de couple peuvent somme toute se lire sur fond de cet inévitable désir de chacun des protagonistes de trouver avec l'autre, par l'autre et dans l'autre, ce qu'il croit être la bonne et toute simple manière de résider dans la vie.

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