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ISBN : 2738107966
Éditeur : Odile Jacob (2000)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 66 notes)
Résumé :
L'amour maternel peut devenir un enfer. Entre les filles et leur mère se joue une relation dont la violence est parfois effrayante. Marquées par ce premier objet d'amour, les filles sont d'autant plus liées à leur mère que celle-ci tente de faire d'elles un double idéal, un clone d'elle-même. Cette coercition maternelle fait le lit d'un pouvoir que les mères gardent toujours sur leurs filles : dans ses choix amoureux et dans l'éducation de ses propres enfants, chaqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
15 mars 2016
  • 2/ 5
Les filles et leurs mères, quel vaste sujet ! Il faut dire qu'il concerne toutes les femmes, qui à défaut ou avant d'être mère, sont a minima des filles. Bien sur, les garçons aussi ont une mère, mais en ces temps proches de la journée de la femme, je vais me focaliser sur la partie féminine de la population... Personnellement, j'ai une mère (ben oui !), 4 soeurs (ce n'est pas rien) qui ont des filles, des fils, ou des filles et des fils, et deux filles. Ce livre d'Aldo Naouri, pédiatre piqué des thèses psychanalytiques freudiennes, maitre de conférence et grand spécialiste des relations intra-familiales, me paraissait parfait pour faire un point dans ces relations complexes que l'on entretient les unes avec les autres.
Alors, de quoi nous entretient Naouri dans son livre ? En premier lieu, il nous parle d'Une rencontre (c'est le titre de sa première partie). Les protagonistes de cette rencontre sont lui-même, jeune pédiatre presqu'à peine sorti de la fac, et d'une mère qui a... un fils (oui, je sais, moi aussi, ...). Bref, pour le moment, il ne s'intéresse pas aux filles, mais à leur mère, et notamment à celle-ci, qui le fascine par son calme, sa sérénité, sa confiance en sa toute-puissance vis-à-vis de son fils.
Ce qui l'amène à chercher les causes de sa fascination pour cette femme, et à repenser à sa mère qui, dans le temps, comme celle-ci, avait refusé un diagnostic médical définitif et l'avait sauvé (ça, c'est la deuxième partie, "D'une mère..."). le point commun entre ces deux mères, pour le pédiatre, c'est leur attachement à leur enfant. Quitte à retourner dans le passé, il en profite pour nous parler des études de médecines, qui visent à faire engranger aux futurs médecins des tas de connaissances sur les maladies et les symptômes, mais ne les amènent pas à s'intéresser à l'enfant en tant qu'individu vivant dans un écosystème singulier. Naouri clôt son second chapitre en expliquant que la mère est au début de tout (les pères apprécieront !), et en évoquant la double dépendance de l'enfant à sa mère et de la mère à son enfant.
Nous reprenons donc le fil (dans le troisième chapitre intitulé "... A l'autre...") de l'histoire de cette mère fascinante et de son fils. Elle lui sauve la vie une troisième fois (à son fils, vous suivez ?). A dire vrai, elle le ressuscite, au grand dam de tous le personnel hospitalier dans lequel est interné le fils, personnel lui aussi sous le charme (au sens "ensorcellement") de cette mère qui, nous dit Naouri, renvoie en fait à la mère protectrice et suffisamment toute-puissante pour influer sur les comportements de tous ceux qu'elle croise. L'auteur évoque alors le rapport des femmes avec le temps dans leur corps (le fameux cycle), et par continuité, celui des mère avec la maternité et l'angoisse que suscite l'implication "Donner la vie c'est aussi donner la mort". C'est cette angoisse de la mort qui engendre une relation "incestueuse" avec l'enfant, relation spécifique à l'enfant et au moment. Car l'angoisse comme la relation évoluent, ce qui explique qu'une même mère souffrira d'angoisses différentes et aura des comportements différents pour chaque enfant et en fonction du moment. Naouri revient alors sur la toute-puissance : côté mère, la forme qu'elle revêt dépend de plusieurs facteurs, comme l'enfant lui-même, les tiers et surtout le père et la place qu'il prend (ou qu'on lui accorde, il y reviendra), l'histoire familiale transmise et construite... ; l'enfant exerce également une forme de toute-puissance a l'égard de sa mère par ses besoins incessants à pourvoir impérieusement. Tout ça ne parait pas très optimiste ! Enfin, Naouri nous propose des portraits, des grandes catégories de mères. Bon, j'avoue, je n'y ai pas reconnu la mienne, pas plus que je ne me suis moi-même reconnue...
Bref, après ce tour d'horizons des mille et une mamans, il est temps d'en aborder, dans le quatrième chapitre ("... Et d'autres encore...") une autre qui avait échappé à nos filets : la mère de la mère ; ce chapitre traite du rôle toxique des grands-mères dans la relation que les mères entretiennent avec leur enfant.
Fichtre, abordera-t-on à moment donné la promesse évoquée par le titre ? Jusqu'à présent, cet ouvrage aura pu s'appeler "Les mères, leur fils et leurs mères" !
Nous en arrivons donc au cinquième chapitre intitulé "A mères veux-tu" (amères les mères ?), qui commence à se rapprocher du sujet (j'ai failli m'impatienter !). Dans cette partie, Naouri évoque les relations aliénantes des filles avec leur mère. Il nous explique que le déterminisme sexuel (le genre des enfants) est lié à la seule prévalence de l'état d'aliénation de la mère à sa mère et de son positionnement avec l'angoisse de mort. Là, je me dis que ma mère n'était pas très nette vis-à-vis de la sienne, et que je devrais arrêter de faire des enfants parce que, si j'ai une troisième fille, il va falloir me pencher sérieusement sur cette angoisse de mort ! Enfin, nous apprenons que les filles sont systématiquement victimes de la violence maternelle, violence non pas physique mais psychologique, car les filles sont mises en regard des angoisses et de l'aliénation inconscientes de leur mère. Freud disait que les femmes ne pouvaient pas résoudre leur Oedipe, Naouri qu'on ne peut sortir de ces relations aliénantes. J'aurais mieux fait d'être un garçon (mais ça, c'est la faute de maman, et de sa mère, et de la sienne, etc...) !
Le sixième chapitre, qui donne presque son nom au livre (ou inversement) : "Mères et filles", explique pourquoi et comment il ne peut y avoir d'issue dans la relation mère-fille : soit la fille est sous l'injonction de sa mère et ne peut en sortir, soit elle n'y est pas et s'y soumet d'elle-même pour tenter de lui plaire. Il nous explique aussi, en note de bas de page, que "Les filles ne craignent pas tout naturellement en effet, elles, d'être castrées" (on appréciera au passage le style clair et concis de l'auteur !). Ou la... Freud disait que les filles ne résolvaient jamais leur Oedipe, Naouri raccourcit le tout en nous expliquant qu'elles n'y entrent pas ! On dirait, à vue de nez, mais je ne suis pas spécialiste, qu'il y aurait comme qui dirait une légère confusion entre le pénis et le phallus...
Bref, on arrive alors au septième et dernier chapitre, "D'un père à l'autre". Naouri nous explique que la place du père, finalement, c'est celle que lui laisse la mère, qui reste toujours toute-puissante et victime de son angoisse de mort vis-à-vis de ses filles. Puis il revisite l'Oedipe en regard de cette toute-puissance, avant d'attaquer la postface.
Bon, bon, bon... Aldo Naouri, ça faisait longtemps que ses livres me faisaient de l'oeil, avec leur air de décrypter les mécanismes des relations familiales ("Une place pour le père", "Les pères et les mères", "Les belles-mères. Les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres", "Le couple et l'enfant"...).
Je suis assez dubitative après cette lecture de "Les filles et leurs mères". Sur le fond d'abord : Naouri reprend tout un tas de choses très connues (le rapport des femmes au temps, qu'elles vivent dans leur corps, par exemple, le principe de la mère suffisamment bonne...), et puis, quand les idées sont plus originales, j'ai du mal à y adhérer, me disant que l'un de nous fait une erreur d'interprétation. Cette fameuse histoire du complexe de castration par exemple... Avec des filles qui ne jouent pas aux petits soldats parce qu'elles n'ont pas de pénis... Je me demande ce qu'en penseraient les professionnels de la petite enfance, dans les crèches par exemple, où des jouets de toutes sortes sont mis à disposition des enfants, indifféremment de leur sexe. Ceci dit, même si je connais ou n'adhère pas, il y a quand même des choses intéressantes dans cet ouvrage. Par exemple, réinterpréter l'Oedipe en regard de la toute-puissance maternelle, c'est assez original et permet de regarder un complexe archiconnu mais pas très bien compris (par moi la première) sous un autre angle.
Sur la forme, pareil, je n'adhère pas tellement. J'ai trouvé que le livre avait du mal à se positionner entre l'essai et le roman. L'écriture manque sacrément de rigueur et de démonstration, de précision et de clarté. J'ai souvent eu l'impression que Naouri "s'écoutait parler". En particulier, le texte est émaillé de grandes envolées littéraires qui sortent d'on ne sait où, et dont l'introduction dans le texte est expliquée par la suite comme : Voilà ce que dirait telle personne dans tel cas. Objection, votre Honneur ! C'est pure spéculation !
Enfin, l'auteur passe un certain temps à s'autojustifier de ses choix : de construire sa "démonstration" sur la base d'une anecdote "mère-fils" (même les justifications ne m'ont pas convaincues...), les petits procédés narratifs pas bien jolis "Si bien que, même si cela peut sentir à plein nez l'artifice, j'avoue avoir volontairement construit mon récit pour ne pas révéler ces détails plus tôt. " , de ne pas étayer plus certains points abordés dans ses ouvrages précédents, ... Bien sur qu'on n'est pas obligé de tout ré-expliquer, encore heureux ! Mais une note de renvoi en bas de page suffit, tandis qu'un "[...] je ne supporte pas de me répéter" me parait particulièrement malvenu et suffisant !
En conclusion, je dirais quand même que ce livre, somme toute pessimiste sur la fonction maternelle et ses relations à sa progéniture, apporte, nonobstant les éléments cités ci-dessus qui m'en ont pas mal gâché la lecture, quelques éléments intéressants, mais je n'en retiens pas grand-chose en terme de connaissance sur le monde. Ceci dit, je partagerais bien quelque chose autour de cette injonction maternelle avec mes soeurs. Celles qui ont des filles.
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Dixie39
12 avril 2015
  • 4/ 5
Le but d'une critique n'est pas de résumer et c'est tant mieux, tant ce livre aborde de sujets différents et nous fait réfléchir sur de nombreuses choses, qui nous pèsent, nous questionnent, nous dérangent ou tout simplement étaient, jusqu'à les lire, « transparentes» à notre conscience. Pour aperçu :
- la puissance, qui est à prendre autant au sens de pouvoir que de violence, de notre mère (et grand-mère) dans notre relation au désir d'enfantement et à nos enfants, dans celle également à notre conjoint, mais également à notre rapport aux autres.
- le rôle du père dans la relation « Mère/Enfant ».
- la différence des relations « Mère/Fille » avec celles « Mère/Fils » et ce que cela implique pour le fils (futur conjoint et père) autant que pour la fille (future conjointe et mère).
- l'investissement différent, au sein d'une fratrie, de la mère par rapport à ses enfants (fils et/ou filles) non au sens affectif du terme, mais au sens d'une transmission plus ou moins appuyée d'un dessein qui a à voir avec la répétition de la relation « Mère/Enfant », au prolongement de la mère dans la fille « élue » qui aura la charge de satisfaire à cette « reproduction », « perpétuation » de cette relation originelle...
- la vision de la mère, comme toute puissance, détentrice de la pulsion de vie et celle du père, dont le rôle est de « séparer » ce couple fusionnel « Mère / Enfant » en donnant réalité aux «forces de mort » qui sont au centre des premières angoisses de l'enfant, nécessaires et structurantes.
- L'impact de cet héritage « transgénérationnel » transmis de mère en fille sur la femme, qu'elle soit mère ou non, maman de fille(s) et/ou de garçon(s), et sur le couple.
- …
« Les filles et leurs mères » n'est pas exclusivement l'étude de la spécificité des relations mère/fille comme pourrait le laisser croire le titre (et je peux comprendre donc que cela ait déstabilisé ou déçu certains lecteurs) mais il met en lumière ce rapport originel entre les forces de vie et de mort qui se jouent dans la maternité et plus spécifiquement dans ce continuum « Grand-Mère / Mère / Fille » ; Qui, mine de rien, structure notre Humanité : Homme ou Femme, nous sommes tous issus d'une mère qui aura eu à se « dépatouiller » avec cet héritage et ce déterminisme biologique...
D'où la question récurrente des psychologues, psychanalystes « Faut-il tuer les grands-mères ? »
En un mot, doit-on libérer les mères, et donc les enfants et conjoints de l'emprise des grands-mères ? Faut-il légitimer (moralement et socialement) cette violence éprouvée par les filles à l'encontre des mères et libérer cette parole pour leur permettre d'assumer ce sentiment sans remord ni culpabilité. Dis comme cela, je risque de m'attirer certaines foudres, mais à suivre le développement d'Aldo Naouri, on comprend que cette libération serait salutaire à chacune – et chacun -, grand-mère, y compris.
Aldo Naouri nous livre son expérience, ses pensées et certitudes acquises au fil d'une carrière de pédiatre investi auprès de ses petits patients et de leurs parents, en toute franchise. Certaines de ses affirmations m'ont laissé sceptique, d'autres se sont révélées à moi comme évidentes au regard de mon vécu de petite fille, fille et mère mais, une chose est sûre, toutes m'ont donné à penser et à évaluer mes relations au sein de ma fratrie et avec mes enfants (fille et garçon).
J'ai souri à l'évocation de ces filles élevées par leur mère en « petites princesses », garces patentées, qui, adultes, écraseront tous les autres sans vergogne ni remord et mèneront leurs ambitions plutôt « brillamment » (et non forcément leur vie, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux, tout de même), sans états d'âme ni autres formes d'embarras. Par contre, gare à vous, si vous êtes « l'élu » (enfant et/ou conjoint).
L'évocation de ces femmes qui ne « font que des garçons » pour ne pas reproduire le schéma maternel dont elles ont trop souffert et qui « se décident » enfin à faire une fille sans trop savoir comment la gérer, au vu de cette histoire maternelle non encore digérée et intégrée, a fait beaucoup parlé dans ma petite famille nucléaire...
Un livre que je ne peux que conseiller, que l'on soit homme ou femme, père ou mère, étant donné que nous sommes tous fils ou fille d'une mère qui est au fondement de notre structure mentale et affective, qu'elle se soit construite par opposition ou reproduction de cette relation originelle.
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Tatooa
10 juin 2013
  • 5/ 5
J'ai rencontré Aldo Naouri avec un manuel pédiatrique à la naissance de mes enfants. Manuel qui m'a bien plus parlé dans sa simplicité et son "naturel" que beaucoup d'autres que j'ai du coup mis de côté pour aller puiser plutôt dans le sien.
Depuis, j'ai beaucoup évolué puisque la naissance de mes enfants ont amené d'énormes bouleversements psychiques (dont une dépression) chez moi, qui ont du être suivis de travail psy approfondi.
Et oui, "tout vient des mères", malheureusement. Quand on se regarde en face un jour et qu'on se dit "je ne sais pas aimer, ni mes enfants, ni personne", ça fait mal. Mais c'est aussi le début du mieux (même si on va plus mal, sur le coup). Je sais qu'on est tellement culpabilisés pour des prunes dans nos sociétés qu'on ne supporte plus la "bonne" culpabilité quand elle arrive. Seulement il n'y a qu'elle qui puisse nous sortir de la mélasse dans laquelle on est quand on se retrouve, comme moi, avec des souvenirs de toute petite enfance pas jojos qui remontent à l'occasion de la naissance de nos gosses. Si toutes les mères savaient ça, il y aurait peut-être un peu moins de soucis ultérieurs.
Aujourd'hui ma fille est jeune adulte et mon fils ado, et je ne regrette pas toutes les souffrances que j'ai du aller sortir pour qu'aujourd'hui ma relation avec eux soit bien meilleure. Sinon, c'est eux qui auraient pris tout ça en pleine poire... Alors parfois, même si ça fait mal, il vaut mieux accepter qu'on nous dise de nous "remettre en question" plutôt que de s'aveugler sur notre responsabilité envers nos filles (et nos fils)...
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coquecigrue
10 mai 2011
  • 1/ 5
J'ai lu ce livre à sa sortie en poche. Je ne peux que livrer l'impression générale qui m'en reste : contrairement à ce qu'il annonce, c'est un livre qui se focalise sur les rapports mère-fils. C'est très décevant lorsque l'on l'achète pour son titre et son quatrième de couverture.
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awei
19 avril 2008
  • 2/ 5
Un drôle de livre, assez noir par bien des aspects, comportant le récit d'un échec médical qui couvre l'ensemble des chapitres et d'autres histoires qui illustrent le propos du rapport compliqué entre mère et filles et surtout ce qui se rejoue lorsque la fille devient mère à son tour.
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie3904 avril 2015
Qu'il soit l'objet de mon rejet ou celui de mon attention, que je le fuis ou que je m'associe à lui, l'autre demeure donc toujours pour moi celui par lequel, d'une manière plus ou moins claire, plus ou moins consciente, je peux me renseigner d'abord et avant tout sur moi-même. Sauf exception, la réciprocité de cette relation me permet en effet de lire dans sa personne la manière dont sont inscrites les sempiternelles articulations qui m'occupent moi-même, et de découvrir tôt ou tard que cette modalité d'inscription fait singulièrement écho à celle que je subodorais comme étant la mienne. Ce qui n'est pas sans intérêt puisque c'est, pour lui comme moi, le premier pas vers la compréhension de la façon dont tout cela s'est un jour organisé et la découverte que chacun de nous peut faire de la rémanence en lui de cet échange duel fondateur, de ce premier échange duel à la mère. Avec ce qui s'y convoite d'attente, d'espoir, d'amour et de bonheur des demandes satisfaites à côté de ces haines, rancunes, jalousies et violences qu'ont inévitablement semées la frustration et la déception.
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Dixie39Dixie3914 avril 2015
Le temps n'est plus où les badauds se découvraient et où les échoppes baissaient décemment leurs stores sur le passage des lents corbillards. Le temps n'est même plus où les vivants témoignaient par ces gestes, convenus mais unanimes, de leur peine ou de leur culpabilité commune face au triomphe récurrent de la mort. On ne se donne plus rendez-vous qu'à la porte du cimetière pour une forme de corvée intégrée dans la logique marchande et dont on s'efforce, sous le prétexte d'une incompréhensible décence, d'écourter la durée.
On ne se trouve pas confronté à un simple changement de code de communication. Il semble que l'on assiste plutôt, dans la surprise, l'incrédulité et l'impuissance, au retour d'un refoulé d'une violence si grande qu'on ne peut en imaginer la constitution que dans les temps les plus reculés de notre mémoire.
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Dixie39Dixie3930 mars 2015
Elle venait en quelques phrases, de me jeter hors de ma coquille et de me propulser dans un monde dont la lumière aveuglante m'explosait en plein visage. Et je ne me doutais pas alors de l'importance cruciale de ce que j'étais en train de vivre. Le choc était des plus rudes. Il me tirait d'une léthargie dans laquelle je ne m'étais pas imaginé avoir, à ce point et aussi longtemps, sombré. Les événements et les faits les plus étonnants s'étaient succédé et se succédaient à une vitesse telle que le temps écoulé avait pris une singulière densité. Ce qui s'était produit en moi en quatre jours à peine ressemblait à une véritable mue.
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Ellane92Ellane9215 mars 2016
Les études médicales ne se soucient pas en effet de conférer aux étudiants le moindre rudiment de ce que sera leur relation ultérieures à leurs patients et encore moins celle que ces mêmes patients auront à eux, sans parler du silence soigneusement entretenu sur le rapport de tout humain à la vie et à la mort. Il n'y est question que du corps, encore du corps, toujours du corps, quasi au sens anglais du terme "corpse" avec lequel il assone : un cadavre, inopinément, miraculeusement et transitoirement vivant, dont il faut freiner autant que faire se peut le retour à un état inéluctablement finalisé.
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Dixie39Dixie3901 avril 2015
Tout individu ayant vécu dans une fratrie est à même de décrire et de caractériser, avec une précision toujours confondante, la relation de sa mère à ses frères et sœurs - nécessairement autre que celle qu'il a connue et dont il se plaint. Il arrive d'ailleurs parfois, à l'écoute de certains récits, qu'on doive prendre acte de la légitimité de certains sentiments de jalousie. Ce n'est donc pas faux, et c'est même bon, de dire à un enfant, ou à chacun dans une fratrie, qu'il a, ou qu'il a eu, une mère qui était la sienne et seulement la sienne et qu'elle cohabitait dans le même corps que celles de ses frères et/ou sœurs.
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