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ISBN : 2246751314
Éditeur : Grasset (2010)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Cette expression, à priori énigmatique («Qui a tué Arlozoroff ? ») est un des plus fameux «Mantra» en Israël, et sert à dire, à propos de n’importe quelle question, qu’il n’y a pas de réponse. Qui était donc cet Arlozoroff ? C’était un personnage politique de premier plan dans la Palestine d’avant la création de l’État d’Israël. De gauche, ennemi de la droite sioniste d’un Jabotinski ou d’un Begin, il avait joué un rôle majeur, avant-guerre, lorsqu’il s’était agi de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
chared16
chared1614 septembre 2011
  • Livres 5.00/5
Roman historique très intéressant. Sa construction est assez classique, un homme aujourd'hui enquête sur un meurtre du passé, sa propre histoire se percute à celle du disparu (amour, foi, sionisme, Allemagne, identité, Israel, etc.). le suspense n'est pas obsédant, mais la lecture est très agréable.
Pour ma part, j'ai préféré d'autres romans de Tobie Nathan (comme l'excellent "Dieu-Dope") mais dans celui-ci, il sait nous faire découvrir un personnage féminin (Magda Goebbels) avec beaucoup de talent.
Enfin les pages sur la théorie des cannibales sont passionnantes.
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mesapol
mesapol02 septembre 2011
Une enquête policière ? Non ! La recherche de la vérité ? Non plus ! Enfin pas en prédominance. Je m'explique :
Ce roman, inspiré de personnages ayant réellement existé, commence par le meurtre de Arlozoroff, juif de son état, par un autre juif payé pour commettre ce-dit meurtre. Des années plus tard, un autre juif, appelé Ezra Moreno, va s'intéresser de plus près à ce crime et tenter de comprendre les circonstances de cette mort étrange. Mais cet partie va prendre moins d'importance que celle de la vie de Magda, jeune femme allemande avide de pouvoir et de richesse. En effet, le livre comporte deux partie qui s'alterne : L'une reprend la vie d'Ezra à notre époque, et l'autre la vie de Magda dans les années 1930.
Comme je le disais donc, la vie de Magda prend beaucoup plus de place que l'enquête. Toutefois, cela est indispensable pour comprendre le meurtre de Victor Arlozoroff. Ces deux êtres sont liés depuis l'enfance. L'un est Juif et l'autre allemand. L'amour qui les unis est plus fort que tout et pourtant leur vie les sépare et leur but sont à l'opposé l'un de l'autre. Malgré tout, ils se retrouvent à différentes étapes de leur vie avec toujours autant de plaisir de complicité et d'amour, leurs âmes sont vouées l'une à l'autre sans arriver à se rejoindre tant leurs idées politiques sont différentes. Victor veut défendre l'intérêt des juif, Magda pense plus à elle et se sens "porteuse" et "libératrice" de la race aryenne... Son mariage avec Goebbels et sa relation toute particulière avec " le chef " Adolf Hitler vont combler toutes ses attentes et l'amener vers un acte impensable.
Un roman qui oscille entre fiction et réalité, intéressant à lire, captivant, mais qui dont la fin fait froid dans le dos...
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EmmaHanna
EmmaHanna27 février 2013
  • Livres 5.00/5
Dès les premières pages, le roman s'ouvre sur le meurtre de Haïm Arlozoroff, leader sioniste d'extrême gauche assassiné sur la plage de Tel Aviv le 16 juin 1933.Un grand reporter français, Ezra Morena est envoyé par son journal pour enquêter sur un deuxième meurtre, commis de nos jours à l'ambassade de France à Tel Aviv. Il s'agit d 'un ancien agent du Mossad, Mordekhaï Monco. Sa rencontre avec une universitaire spécialisée dans l'histoire du Mossad le conduira à relier cette dernière affaire avec le meurtre non élucidé d'Arlozroff. Voilà pour le cadre de ce roman.
Au-delà des querelles partisanes, et des interrogations qui subsistent encore aujourd'hui sur l'assassinat d'Arlozoroff, l'auteur dévoile un autre volet de la vie du jeune diplomate juif: sa rencontre, vingt ans plus tôt avec une camarade de classe de sa soeur et qui n'est autre que la jeune Magda Friedländer.
Fascinée par lui, elle épousera rapidement les rêves sionistes qu'il défend. La passion que l'auteur leur prête et qu'ils entretiendront malgré les voyages d'Arlozoroff en Palestine, le premier mariage de Magda et même après, lorsqu'elle deviendra l'épouse de Goebbels sont le fil conducteur de ce roman étonnant par le regard que l'auteur porte sur l'histoire.
Derrière l'ambition de cette femme, son ascension, la place qu'elle occupe auprès d'Hitler, la jalousie qu'elle éveille chez Goebbels, il y a l'ambivalence de ses sentiments vis à vis d'Arlozoroff .Entre haine et amour, il n'y a qu'un pas.
Le meurtre d'e Haïm Arlozoroff a t-il été commandité par l'extrême droite israélienne, par des partisans communistes avec lesquels il se trouvait en désaccord, ou par des nazis prompts à effacer la liaison que leur "déesse" entretenait avec un juif ?
Les nouvelles hypothèses que propose l'auteur, dépoussièrent L Histoire. On se prête volontiers à ses spéculations.
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Apoapo
Apoapo07 février 2016
  • Livres 4.00/5
Il y a d'une part, les recherches historiques sur les années 20 et 30 : le personnage de Victor (Haïm) Arlozoroff, les premiers foyers juifs en Palestine britannique, le rêve sioniste naissant, la première apparition d'une droite et d'une gauche au sein des implantations, la négociation diplomatique d'Arlozoroff avec les nazis pour faire émigrer en Palestine autant de (notables) Juifs allemands que possible... Et l'assassinat de cet homme au moment où il aurait pu changer le cours de l'Histoire.
Il y a d'autre part, et pour les exigences narratives d'un thriller qui relate l'enquête sur cet attentat, un étrange jeu de projections et/ou de répétitions dans le temps, où se croisent des personnages en couple (Magda et Victor, Barbara et Monco, Tania et le narrateur Ezra) des années 20 jusqu'à aujourd'hui.
Il y a en outre la griffe (ethno-?)psychanalytique de l'auteur (dont je ne savais pas qu'il était aussi romancier), dans le long parcours - fortement initiatique mais aussi psychotique - du personnage de Magda, née bâtarde presque juive, ardente maîtresse du Prince juif qui fut peut-être son seul amour, devenue enfin l'incarnation du nazisme outre que la femme de Goebbels et épouse mystique d'Hitler. Nathan évoque cette incarnation à travers une double interprétation : celle, individuelle, d'un tempérament sous emprise du délire de toute-puissance (voire du délire de divinisation de soi) ; celle, sociale, qui voit dans le nazisme une sorcellerie qui s'empare de l'âme d'un peuple entier par la peur transformée en désir, et qui possède un fonctionnement cannibale : il lui faut dévorer de la chair humaine, d'autrui ou à défaut, de soi-même. A l'instar donc de Magda, qui aura fait de l'immolation de son plus grand amour son acte initiatique (et la première victime de la Shoah) et de l'empoisonnement de ses six enfants son dernier acte cannibale (et les toutes dernières victimes du nazisme hormis elle-même).
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CJFCA
CJFCA12 février 2013
  • Livres 4.00/5
Un polar basé sur des faits historiques précis, l'assassinat en 1933 d'un juif berlinois à l'origine de la création de l'état d'Israël. Beaucoup de coupables potentiels... Très bien écrit, fines analyses psychologiques des personnages, les années noires en Allemagne présentées sans concession,une lecture très confortable !!
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
CioranCioran24 janvier 2014
Il avait découvert en une seule soirée que la foule était sa maîtresse. Et cela, il ne l'oublierait jamais ! Il avait compris qu'on devait la traiter comme une gueuse. Il regardait d'abord la foule de loin, quelquefois tapi derrière le rideau du théâtre. Puis, il l'approchait lentement, l'excitait, faisait mine de l'abandonner, revenait, l'assaillait d'un côté, de l'autre, l'injuriait puis la caressait. Il savait qu'il fallait la battre, la fouetter de paroles cinglantes, la terroriser de mots de violence et de mort avant de la soumettre. Entre ses mains, la masse devenait une catin nymphomane. Il lui révélait ses penchants les plus bas, la persuadant qu'ils étaient sa nature. Il lui aboyait des ordres et lui susurrait des folies amoureuses. Son visage se tendait vers elle, les yeux de feu, les mains en supplication. Il était tout entier érection ; et la foule se faisait femelle humide l'absorbant en un baiser de rage.
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CioranCioran08 janvier 2014
-Trouves-tu encore le temps de peindre, demanda Arlozoroff voulant se concilier l'humeur de son ami.
- Peindre ? s'étonna Nahum, parfois je n'arrive même pas à trouver le temps de manger... Et toi ? Trouves-tu le temps d'écrire des poésies, toi qui autrefois en écrivais au moins une par jour ? Non, n'est-ce pas ? Tu vois ? C'est pareil ! Lorsqu'on bâtit un pays, on évite de perdre du temps.
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CioranCioran06 janvier 2014
- Nahon ! s'exclame-t-il, "c'est vrai" ! Pourquoi dit-on qu'on pense ? C'est sûr qu'on ne pense pas... Ce sont les idées qui viennent, on ne sait pas vraiment d'où, des mots qu'on saisit ça et là, de quelqu'un qui vous les souffle, parfois. Est-ce qu'il existe une seule personne qui a déjà pensé par elle-même ? Ne fait-on pas toujours que répéter ce qu'on a entendu ?
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CioranCioran14 janvier 2014
Vous me demandez ce que fais de mes jours, de mes soirées, de mes nuits... J'écris ! Et pour passer le temps entre les longs moments qui séparent deux manifestations d'une idée, je prends des notes pour écrire. J'écris, pour écrire... Le monde n'existe qu'écrit et il est si difficile de le créer.
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PlenumvallisPlenumvallis10 décembre 2012
Le royaume de la haine
Berlin 1933, janvier...
Il est un monde, souterrain, illicite, qui n'est pas celui du contrat social, mais de la haine. Il ne présuppose pas l'attirance pour la vie ensemble, mais la
maîtrise individuelle de la substance. C'est un monde peuplé de cannibales fondamentaux, d'humains préférant la chair humaine à toute autre nourriture. Là, l`autre humain ne peut avoir que deux statuts, celui d`aliment ou celui d'allié éphémère dans la capture d'une proie. Dans ce monde, nul ne jouit d'un quelconque privilège, ni le partenaire amoureux ni le parent, ni l'enfant ni le vieillard. L'expérience montre que les humains s'aventurent dans un tel monde pour solliciter des changements radicaux. Ce monde n'est que pouvoir; le pouvoir en est la seule valeur, la seule référence. On y pénètre toujours par une épreuve, d'offrír l'être le plus cher comme nourriture à ses complices, démontrant que l'on est inaccessible à l'amour. C'est par cet acte initial que l'on s'affilie à des semblables et s'adjoint des associés avec lesquels obtenir toujours plus d'humains à dévorer. Ce monde est bien réel ; on le retrouve dans toutes les sociétés humaines. Partout on l'appelle "sorcellerie".Il accompagne l'organisation politique même la plus élémentaire comme son ombre.

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Vidéo de Tobie Nathan
Rencontre avec Tobie Nathan à la librairie La Galerne, pour la parution de "Ce pays qui te ressemble".
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