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> Béatrice Commengé (Traducteur)

ISBN : 2234059909
Éditeur : Stock (2007)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Octobre 1931 - Anaïs Nin rencontre Henry Miller et son épouse, June; la " vitalité animale " et l'aventurière fantasque, deux êtres pour qui la fidélité est à réinventer. Et par-delà la relation triangulaire q... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par moertzombreur, le 03 octobre 2014

    moertzombreur
    La peur de la réalité et son déchirement
    L'écriture d'Anaïs Nin possède une force enivrante, elle vient d'une longue pratique quotidienne, la tenue de son journal touche au plus près de ses émotions et nous offre une « authenticité » que ne possède pas la fiction. Elle évoque la tromperie de la littérature : « on lit des livres et on s'attend à ce que la vie soit tout aussi pleine d'intérêt et d'intensité. Et, naturellement, elle ne l'est pas ».
    Elle analyse avec acuité, sa recherche d'un amour totale, la passion dans ce qu'elle a de destruction et de changement, la souffrance de la jalousie, tout en se révoltant contre la vision traditionnelle du couple. Ce « laboratoire » des sens, ce révélateur du corps féminin et de ses désirs, précipite dans le « corps » du texte une quête identitaire qui bouleverse, encore aujourd'hui, le lecteur attentif. « le Journal est un produit de ma maladie, il en est peut-être une exagération, une accentuation. Je parle du soulagement que
    j'éprouve en écrivant ; mais c'est aussi, peut-être, une manière de graver en moi la douleur, comme un tatouage ».
    Elle apporte à Henry la possibilité d'être « entier », de ne plus se scinder en écrivain rayonnant d'un côté, et en homme, avec tous ses débordements et faiblesses, de l'autre. Anaïs est-elle un « démon » ? Un démiurge plutôt. Certains passages sont d'une sensualité, d'une crudité, débordante, pourtant elle fait cet aveu : « Mes mots ne sont pas assez profonds, assez barbares. Ils masquent, ils cachent. Je ne connaîtrai pas le repos avant d'avoir raconté ma descente au cœur d'une sensualité qui était aussi sombre, aussi magnifique, aussi sauvage que mes instants de création mystique étaient éblouissants, extatiques, exaltés ».
    Anaïs est un « ange sexuel », un ange tout de même. Elle prend peur, mais découvre aussi un emprisonnement, une solitude au sein même de sa relation avec Hugo, la découverte que l'amour ne suffit pas, qu'elle devait à présent trouver en elle-même « tout le reste », et que tout ce qui pouvait germer en elle désormais, en-dehors et au-delà de cette séquestration, ne pouvait
    plus s'arrêter de grandir. Elle recherche l'amour profond qui pourra la réconcilier avec son être, la libérer totalement, lui permettre d'être enfin « à la hauteur de la vie ». A partir de là, un retournement surprenant s'opère dans sa relation avec Henry qui dit dans une lettre : « Entre les mains d'une personne quelconque, le journal peut être considéré comme un simple refuge, comme une fuite devant la réalité, un miroir de Narcisse, mais Anaïs refuse de le laisser tomber dans ce cliché » ; « Je ne suis pas heureux, pas plus que je ne suis profondément malheureux ; j'éprouve une sorte de mélancolie triste que j'ai du mal à expliquer. Je te veux. Si tu me quittes maintenant, je suis perdu ».
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    • Livres 5.00/5
    Par calisson73, le 21 août 2013

    calisson73
    De la même trempe que Correspondance passionnée avec le coté psychologique en plus. UN délice.

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    • Livres 5.00/5
    Par sarahdevalmont6, le 28 juillet 2014

    sarahdevalmont6
    L'histoire de la passion d'Anaïs Nin et d'Henri Miller...sulfureuse et passionnante !!

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Citations et extraits

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  • Par calisson73, le 20 août 2013

    Je me souviens de certaines de ses phrases, que je vais savourer pendant la nuit. J'ai encore le goût de son sexe dans ma bouche. Mes oreilles brûlent encore de ses morsures. Je veux remplir mon univers de Henry, de ses mots diaboliques, de ses plagiats, distorsions, caricatures, non-sens, mensonges, vérités profondes. Le journal, lui aussi, sera plein de Henry.

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  • Par Medelie, le 14 décembre 2012

    Hugo et moi sommes allés dans un autre bordel, où les femmes étaient plus laides que celles du 32, rue Blondel. La pièce était couverte de miroirs. Les femmes se déplaçaient comme un troupeau d'animaux passifs, deux par deux, en se dandinant, sur la musique du phonographe. Je m'étais fait beaucoup d'idées avant de venir. Je n'arrivais pas à croire à la laideur de ces femmes lorsqu'elles sont entrées. Dans mon esprit, la danse de femmes nues était encore un spectacle plein de beauté et de volupté. En voyant tous ces seins tombant avec leurs gros mamelons marron comme du cuir, en voyant ces jambes bleuâtres, ces ventres proéminents, des sourires où il manquait des dents et ces amas de chair brute tournoyant passivement, tels des chevaux de bois sur un manège, j'ai perdu toute sensibilité [...]. Les poses monotones se succédaient et, de temps à autre, sans le moindre signe de désir, les femmes s'embrassaient entre elles sans passion, asexuées. Hanches, fesses rebondies, mystérieuse toison sombre entre les jambes — tout cela exposé aux regards avec si peu de sens qu'il nous a fallu deux jours, à Hugo et à moi, pour dissocier mon corps, mes jambes, mes seins de ce troupeau d'animaux remuants. Ce que j'aimerais, c'est me joindre à elles un soir, marcher, nue, au milieu d'elles dans la pièce, regarder les hommes et les femmes assis là et observer leurs réactions au moment où j'apparais, moi, l'intruse.
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  • Par calisson73, le 21 août 2013

    Ne compte plus me trouver sain d'esprit. Finissons-en avec la raison. Ce fut un mariage à Louveciennes, tu ne peux le nier. Je suis parti avec un morceau de toi collé sur ma peau ; je ne marche plus, je nage dans un océan de sang, ton sang d' Andalouse, distillé et venimeux. Tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense tourne autour de notre mariage, je t'ai vue en maîtresse de maison, une Mauresque au visage épais, une négresse au corps blanc, des yeux sur tout le corps - femme, femme, femme. Je ne vois pas comment je pourrais continuer à vivre loin de toi - ces séparations sont comme la mort. Qu'as-tu éprouvé quand Hugo est rentré ? Etais-je encore là ? je ne peux pas t'imaginer te comportant avec lui comme tu l'as fait avec moi. Les jambes serrées, Fragilité. Traître consentement plein de douceur. Docilité d'oiseau. Avec moi tu es devenue femme. J'en fus presque terrifié. Tu n'as pas trente ans- tu as mille ans.
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  • Par Medelie, le 14 décembre 2012

    Nos conversations sont merveilleuses, du théâtre à deux, non des duels, mais de fulgurantes illuminations de chacun. Je peux servir de déclencheur à certaines de ses pensées encore imprécises. Il élargit ma propre pensée. Je le fais prendre feu. Il me change en eau. Il y a un mouvement constant entre nous. Et il s'accroche. Il me tient en main comme une proie.

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  • Par calisson73, le 20 août 2013

    Nous sommes allongés l'un contre l'autre. Henry dit que je suis enroulée autour de lui, comme un chat. J'embrasse sa gorge, j'aperçois sa gorge comme sa chemise ouverte, je ne peux plus parler tant le désir me trouble. Je lui murmure à l'oreille d'une voix enrouée : " Je t'aime ", trois fois, sur un ton si étrange qu'il en est effrayé. " Je t'aime tant que je voudrais même t'offrir des femmes ! "

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Christine Angot. Entretien avec Oriane Jeancourt .
Oriane Jeancourt,Christine AngotCC-BY-NC-ND 2.0Christine Angot construit depuis plus de vingt ans une œ?uvre radicale et riche. Reconnue pour la puissance de son écriture, elle compte parmi les grandes plumes du roman contemporain et de l?autofiction. Sexualité, maternité, aliénation familiale sont quelques unes de ses obsessions. Héritière d?Hervé Guibert et d?Anaïs Nin, elle élabore depuis son premier roman, Vu du ciel, mais surtout dans L?Inceste et Une semaine de vacances, une approche au scalpel des relations humaines.











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