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Critiques sur Acide sulfurique (52)


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    • Livres 3.00/5
    Par Bibliolibra le 09/03/2012


    Un titre acide pour un roman acide. Pas de mystères. Il s'agit bien là de la plume d'Amélie Nothomb, celle du début, celle qui avait réussi à rabaisser mon caquet de lectrice avec son stupeur et tremblements. Certes, ce roman n'est pas mon préféré... Mais quel délice cette satire de ce que l'on appelle téléréalité... Cette chose abrutissante, sans intérêt et dont tout le monde raffole. Cette espèce de mal-bouffe télévisuelle, aspirateur de neurones et d'intelligence.

    Ce roman est remarquable d'originalité et de réalisme. Dans Acide sulfurique ce sont deux réalités, historique et actuelle, qui se superposent:
    Première réalité: le traitement des juifs déportés au cours de la seconde Guerre mondiale.
    Deuxième réalité: l'influence de la téléréalité dans notre société.

    Toutes deux sont terribles, putrides et ont fait des dégâts (ou continue d'en faire...). Toutes deux sont le pur fruit de la bêtise humaine. Bêtise humaine que le regard d'Amélie Nothomb, 'légèrement' cynique, sait reconnaître. Chose qu'elle fait d'ailleurs très souvent. En effet, dans bon nombre de ses romans l'auteure a toujours le chic pour mettre en scène les travers de la société, les tortiller avec sa plume, les entremêler, le tout enrobé d'une fine couche d'ironie et de cynisme.

    Un style unique, un bagou spécial, un univers fictionnel qui vacille entre réalité et science-fiction (parfois) et surtout ce sens de l'humour qui frôle toutes les couleurs et surtout le noir. Cet humour si particulier et au public restreint qui, manié habilement, arriverait à faire tordre de rire les plus réticents à son encontre.

    Des épices 'Nothomboresques' malheureusement en voix de disparition pour les 'Nothombphiles' comme moi qui ne redemandent qu'à retrouver cette Amélie Nothomb, petite graine de raison douce dans une société tristement acidifiante, dont la voix de la sagesse aurait pu, fut un temps, être comparée à celle de maître Yoda (ou pas).

    critique de qualité ? (22 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita le 30/10/2009


    Une nouvelle émission de télé-réalité fait fureur : il s'agit de « Concentration ». Elle met en scène des prisonniers (des passants enlevés), dont les conditions de détention sont proches de celles des prisonniers des camps de concentration de la seconde guerre mondiale, et des surveillants impitoyables (des candidats recrutés), encore nommés « kapos », le tout sous la férule des « organisateurs ». Amélie Nothomb se penche sur le sort de Pannonique, une prisonnière au matricule CKZ 114, victime de la kapo Zdena. Entre elles deux se tissent des relations ambivalentes, l'amour et la mort semblant très proches dans ce camp où chaque matin de nouveaux prisonniers sont tués. Très vite, grâce à des moyens tels que la parole, l'un des étais du pouvoir, CKZ 114 devient une égérie de son unité (ce qui parallèlement entraîne une progression fulgurante de l'audience), et sème le vent de la révolte.

    En forçant à l'extrême les traits des émissions de télé-réalité actuelles, ce sont tous ces styles de programme qu'Amélie Nothomb stigmatise. Elle souligne, à travers son héroïne révoltée, la complicité des téléspectateurs dans une entreprise déshumanisante et terrifiante. C'est notre regard qui engendre de telles productions, et plus le spectacle est dégradant pour le « candidat », plus notre regard devient insistant, se délectant de sa souffrance. J'ai, par ailleurs, beaucoup aimé l'analyse psychologique des relations entre Pannonique, qui en révélant son prénom s'humanise, et la kapo Zdena. Entre ces deux protagonistes, naît un sentiment trouble et cruel. Un roman au rythme aiguisé, tout comme l'est la plume de l'auteur. Un style efficace et sans concession. A découvrir à une période où fleurit la télé-réalité…

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Eric75019 le 29/01/2011


    Ce court roman est bien entendu un pamphlet critiquant les dérives et les excès de la téléréalité : le loft est ici métaphoriquement remplacé par un camp de concentration. Allant jusqu'au bout de son raisonnement, Amélie Nothomb transforme le plateau des émissions de téléréalité en camp de la mort, avec son lot de tortures mentales et physiques, la mise en scène des sévices, la destruction des personnalités et les exécutions de masse organisées au gré des votes du public (tout ceci est quand même un peu excessif, mais c'est le parti pris du livre).
    Sont bien sûr dénoncés la dictature de l'audimat, le voyeurisme, les bas instincts des organisateurs et des téléspectateurs, mais les mécanismes décrits ne vont jamais beaucoup plus loin que ces simples constats. La démonstration occulte en particulier le principe du volontariat et le fait que les joueurs, tous volontaires, sont motivés par l'envie d'exister aux yeux du public (de se faire connaître, de se stariser, de se forger a minima une identité médiatique, même si elle frise le ridicule) donc de se construire plutôt que de se détruire.
    Les vrais joueurs de la téléréalité sont sans doute impudiques, égocentriques et mégalomanes, et peut-être ne méritent-ils pas leur célébrité, mais ces travers ne sont pas exploités. Les victimes du jeu sont ici tirées au sort, vouées à l'anonymat, condamnées à une mort certaine et supposées se résigner. C'est donc un total contresens.
    Par ailleurs, même en acceptant la démonstration, les situations imaginées par Amélie Nothomb ne sont pas exploitées au mieux (comment faire autrement dans un roman aussi court ?) : les petits trafics et arrangements organisés sont invraisemblables sous le regard des caméras, la relation insolite qui se crée entre le bourreau et sa victime se cantonne au niveau d'une aimable discussion de salon.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Yumiko le 09/01/2012


    Amélie Nothomb est un maître dans l'art de nous montrer la noirceur de l'âme humaine, de nous plonger dans l'horreur, de mettre à nu les pensées des hommes qu'ils paraissent bons ou méchants, nous démontrant que tous nous cachons des monstres en nous.

    C'est cette faculté de décortiquer le cerveau humain qui me plaît énormément chez elle. Même si parfois l'horreur et le dégoût deviennent insoutenables, il m'est impossible de ne pas être attirée par ses récits.

    La télé-réalité vous connaissez, j'imagine? Alors imaginez un nouveau jeu qui s'appellerait « Concentration ». Imaginez un jeu qui atteint le summum de la folie. Imaginez des gens qui feraient n'importe quoi pour augmenter le taux d'audience, même aller jusqu'aux pires horreurs. Jusque-là cela pourrait ressembler aux jeux de télé-réalité les plus trashs… Mais c'est encore pire que ça, l'auteur nous emmène encore plus loin dans la folie humaine.

    Maintenant que vous vous représentez bien le tableau, imaginez ce que cela pourrait donner avec ces quelques mots-clés supplémentaires: camp, nazisme, extermination totale, morts. Je vous laisse mettre les pièces du puzzle ensemble et supposer ce qui se passe dans ce livre et dans ce jeu. Je ne vous le décrirai pas car cela ne se décrit pas. Si cela vous intrigue et si vous avez le coeur bien accroché, lisez-le et faites-vous votre propre opinion.

    Demandez-vous comment vous auriez réagi, comment vous vous seriez comportés (tant en tant que participant qu'observateur). Dans quel camp auriez-vous été?

    C'est l'histoire d'une égérie qui se prend pour une sorte de dieu et qui décide de combattre le tyran. C'est l'histoire d'une Kapo qui découvre d'une façon bien étrange l'attirance et l'amour. C'est l'histoire d'organisateurs qui feraient n'importe quoi pour devenir les numéros 1. C'est l'histoire de journalistes qui tout en s'indignant font le jeu des organisateurs. C'est enfin l'histoire d'hommes et de femmes qui luttent pour leur survie et dont le seul objectif est de ne pas mourir.

    Ce livre m'a interpellée, retournée comme une crêpe, indignée, dégoûtée, horrifiée, touchée et même fait rire par moments. Difficile d'admettre que je suis passée à deux doigts d'un coup de coeur devant l'horreur qui nous est décrite. Pourtant c'est bien ce qui s'est passé! S'il n'y avait pas eu quelques longueurs à certains passages, il serait rentré dans cette catégorie haut la main.

    Du grand Nothomb, aussi bon que Hygiène de l'assassin et Cosmétique de l'ennemi, un livre qu'il faut lire si on est fan de l'auteur, mais à éviter à tout prix dans le cas contraire.


    Lien : http://yumiko.ch/?p=2004

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Linepoo le 30/11/2010


    Sûrement le roman le plus cynique de l'histoire Nothomb...

    Notre société actuelle est bercée par la télévision et internet. Nous sommes tous spectateurs d'un monde où la technologie nous dépasse, nous contrôle et nous influence sur notre façon d'être, notre façon de penser. A travers un jeu télévisé machiavélique, en comparaison direct avec les centres de concentration de la Seconde Guerre Mondiale, Amélie Nothomb nous montre la part la plus froide et la plus cruelle de l'humanité. le spectateur, et du coup le lecteur devient un voyeur de toute cette mise en scène. Il est même acteur dans ce système vicieux : il suffit de voter par téléphone pour éliminer - entendre par là "tuer" - un des candidats. Une version satyrique de Secret Story et autres jeux télévisés?

    Fini le temps de la discrétion, place au spectacle! Filmés 24h sur 24h et 7 jours sur 7, privés de leur prénom - chaque candidat a son propre matricule - on assiste en direct, devant notre canapé, à l'exécution des candidats un à un. Dans cette folie meurtrière, on s'éprend de la jeune Pannonique - ou devrais-je dire, CKZ-114? - jeune fille à l'air innocent dont l'une des kapo - les surveillants de prison, comme au temps des nazis - tombe amoureuse. Comment ne pas frissonner devant l'horreur de cette critique de notre société?

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Magicetincelle le 22/05/2011


    Le style d'Amélie Nothomb a toujours été très étrange et ses romans spéciaux. D'ailleurs, d'habitude, son originalité ne m'envoûte pas plus que ça. Mais j'ai trouvé Acide sulfurique vraiment brillant !

    Bon c'est vrai je suis très orientée dystopie alors il y avait de grande chance que ça me plaise mais le sujet, assez difficile, est très bien traité.

    Pendant toute ma lecture, je me suis demandé comment tout cela allait finir et surtout comment cela avait-il pu commencer ? Et la signification du titre ? Et bien vous le saurez à la dernière page !

    Je tire mon chapeau !

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Zlept le 27/11/2010


    Amateurs de télé-réalité en tout genre, ou opposants à ce nouveau genre en vogue d'émissions télévisées, ce livre est pour vous.
    Comme son nom l'indique, vous serez attaqué, brûlé, dévoré par ce livre qui ne vous laissera aucunement indifférent. Sans hésiter, le meilleur de Nothomb.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Telenn le 06/11/2010


    Je dirais simplement qu'il fallait oser et qu'Amélie Nothomb l'a fait.

    D'un côté, il n'y a pas eu grand chose à inventer, tout les éléments étaient déjà présents dans les différentes émissions de télé-réalité: le voyeurisme, la recherche d'éléments sensationnels par les média, la recherche d'une audience toujours plus forte par n'importe quel moyen, en se fichant royalement de l'éthique... Il a juste fallu trouver un cadre plus horrible, un concept plus monstrueux.

    Ce livre se veut sans doute un peu moralisateur mais personnellement, j'aime les livres qui donnent à réfléchir. "Acide sulfurique" est l'un des romans d'Amélie Nothomb que je préfère.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem le 25/08/2009


    Reliquat de snobisme ou refus de me soumettre aux diktats du buzz commercial des médias qui ont élevé au statut d'icône la romancière de L'Hygiène de l'assassin , toujours est-il que j'ai longtemps boudé les romans d'Amélie Nothomb. Néanmoins, je viens d'achever la lecture d'Acide sulfurique et j'ai apprécié d'y trouver une réflexion qui à défaut d'être exhaustive est nourrie sur la téléréalité et ses implications.

    Il y a quelques années le Loft faisait une arrivée fracassante sur le paysage audiovisuel français et suscitait des débats houleux mais aujourd'hui les émissions de ce type ont fait florès et bien peu semblent s'en formaliser. Pire elles sont même devenues le mode de recrutement privilégié des animateurs ou des stars de demain, ce qui accélère la crétinisation progressive d'une télévision que certains n'hésitent plus à qualifier de poubelle. Comme si une résignation galopante avait saisi les téléspectateurs français à l'instar de cet électorat qui peine à imaginer que l'on puisse concevoir une société qui refuse le capitalisme qu'il vote à gauche ou à droite d'ailleurs.

    Acide sulfurique propose un sorte de huis clos autour des plateaux de l'émission Concentration. Flattant le téléphage dans ce qu'il a de plus sordide, les promoteurs de ce rendez-vous télévisuel ignoble ont choisi de filmer au jour le jour des personnes retenues arbitairement dans un camp et les sévices quotidiens que leur assènent des kapos recrutés pour leur adéquation avec ce projet dément.

    Tout comme dans Mygale de Thierry Jonquet ou dans L'obsédé de John Fowles on assiste à la déshumanisation progressive des individus privés de leur liberté. Elle commence par la suppression des prénoms remplacés comme dans le film THX 1138 de Georges Lucas par des matricules et se prolonge dans l'abandon de toutes veillités de résistance sous les coups répétés de la schlague et l'exécution quotidienne de deux prisonniers désignés par les kapos.

    Lorsque Pannonique à la beautée si éloignée des canons en vigueur démontre son refus de se soumettre en refusant de parler à la Kapo Zdena et à ses comparses et en vouvoyant les autres prisonniers pour restaurer l'estime de soi et de l'autre, elle suscite un élan de sympathie dans le public et dans le camp. Afin d'obtenir quelques plaques de chocolat pour son unité puis de sauver l'une des détenues, la jeune étudiante en paléontogie va retrouver peu à peu le pouvoir des mots.

    Mais son statut d'égérie ne sera pas sans retour de bâton car ses prises de parole devant la caméra pour interpeller les spectateurs sur l'inhumanité de Concentration alimentent sans qu'elle s'en rende compte l'intérêt pour l'émission ce qui réjouit les producteurs qui constatent avec joie la montée de l'audimat. Amélie Nothomb restitue très bien l'hypocrisie et la tartufferie de la presse comme des particuliers devant la téléréalité et isole bon nombre des termes de la dialectique entre la fascination et l'horreur suscitée par ce spectacle d'une rare violence qui permet aux tenants du système de le faire perdurer et aux téléspectateurs d'en oublier le poids.

    Lorsque les organisateurs décident que cela sera désormais le public qui désignera les deux victimes du jour et non plus les kapos afin de relancer l'audience, la tension au sein du camp n'en sera que plus forte et il faudra à Pannonique savoir tourner sa langue sept fois dans sa bouche pour savoir comment persuader Zdena visiblement attirée par elle d'organiser une évasion. Ce qui sera d'autant moins facile que les autres prisonniers font pression sur elle pour qu'elle lui cède et qu'elle a fait l'amer expérience des limites du pouvoir de la parole.

    La conclusion du livre m'a laissé quelque peu perplexe car si elle remet fortement en cause la téléréalité et questionne au travers elle bon nombre de tendances lourdes de l'humain Amélie Nothomb raisonne apparemment avec un maintien du statu quo politique actuel.

    Pour autant Acide sulfurique présente à mes yeux avec des films comme Truman Show une manière efficace de réfléchir au pouvoir de l'image sur les foules.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-11918391.html

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par emeralda le 10/05/2009


    J'ai découvert véritablement l'écriture d'Amélie Nothomb lors de la rentrée littéraire de septembre 2007 avec son opus : « Ni Adam, ni Eve ».
    Cette lecture m'avait énormément satisfaite et comme toujours lorsqu'un auteur me plait à ce point, j'ai envie de découvrir le reste de son œuvre.
    J'ai jeté mon dévolu sur l'une des sélections 2007 du prix des lecteurs, à savoir « Acide sulfurique ».

    (suite...)


    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2009/01/la-tlvision-cest-mort..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)






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