> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2848761210
Éditeur : Philippe Rey (2008)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres

"J'ai su alors qu'un homme pouvait aimer. Avec sa musique, avec ses doigts, un homme peut aimer. Un homme peut être bon, il n'est pas forcé de vous faire du mal ": quand elle rencontre le pianiste Chef Gallagher, Rebecca ose à peine y croire. E... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par annie, le 29 août 2008

    annie
    Revue de presse sur Joyce Carol Oates
    pour Mère disparue - & Les femelles
    Editions Philippe Rey 2007 /

    Mais comment la presque septuagénaire Joyce Carol Oates a-t-elle réussi à écrire autant (un bon millier de nouvelles, une cinquantaine de Romans, des essais, des pièces de théâtre ou encore des Poèmes)?
    Là n'est pas la question, répond souvent la célèbre Américaine, indiquant qu'il serait plus pertinent de lui demander pourquoi elle maintient un tel rythme de production.
    L'écriture, avoue-t-elle, demeure une drogue irrésistible et épuisante.
    Impensable donc de ralentir.
    Qu'en est-il de sa virtuosité littéraire et de son incroyable imagination dans les deux opus parus récemment, un recueil de nouvelles Les femelles et un roman Mère disparue ?
    Toujours très convaincante dans son analyse vénéneuse de l'Eternel féminin, la romancière l'est nettement moins lorsqu'elle aborde un sujet plus personnel, à savoir le travail de deuil qui suit pour une fille la mort de sa mère.
    «Je raconte ici comment ma mère me manque. Un jour, d'une façon qui ne sera qu'à vous, ce sera aussi votre histoire.»
    Ainsi parle Nikki Eaton, la narratrice de Mère disparue au tout début du roman que Joyce Carol Oates a dédié à sa mère, Carolina, décédée en 2003.
    Alternant scènes de vie, souvenirs et passages plus introspectifs, une fragmentation qui reflète bien son état psychique, Nikki raconte donc son année de reconstruction après l'assassinat sauvage de sa mère.
    L'indicible souffrance, la colère, les regrets et la lente métamorphose d'une trentenaire, un tantinet dévergondée et provocatrice qui peu à peu mûrit, découvre qui sa mère était et devient ce que cette dernière aurait souhaité qu'elle fût.
    Malheureusement, le cheminement en soi très intéressant est noyé dans un flot de détails inutiles car Joyce Carol Oates ne se limite pas à son projet initial que le titre américain Missing Mom exprimait clairement, donnant à plusieurs personnages de la famille une importance démesurée (en particulier à Clare, la grande sœur, une bourgeoise rangée qui peu à peu se rebelle et suit donc une trajectoire inverse à celle de Nikki ou à son mari, qui ne peut s'empêcher d'en pincer pour sa belle-sœur).
    On glisse vite de la description d'une douleur intime au tableau d'une famille américaine typique, frappée par un deuil. La lecture est agréable certes mais l'essentiel n'est pas traité. L'évènement de départ étant un meurtre, la romancière effleure un thème qui lui est cher, celui du mal, qu'elle choisit par contre de ne pas explorer.
    C'est là pourtant que Joyce Carol Oates parvient toujours à étonner, la fascination du mal demeurant la force motrice de son œuvre de fiction. Nouvelle preuve en est donnée avec Les femelles.
    Adepte de l'intertextualité, Joyce Carol Oates joue souvent avec les textes d'autres grands auteurs, Henry James, Edgar Allan Poe ou encore D.H Lawrence par exemple.
    Le titre de ce recueil de neuf nouvelles fait explicitement référence au poème de Rudyard Kipling, The Female of the Species, qui explique que la femme porte en elle la mort, davantage que l'homme.
    Dans Les femelles, la perversité de l'essence féminine se décline de multiples façons. le sexe faible s'y montre certes sans pitié mais Joyce Carol Oates n'émet aucun jugement critique, s'interrogeant sur les raisons qui font basculer une femme dans la folie meurtrière.
    De la petite fille à la femme d'âge mûr, toutes constatent le mal qui les entoure et celui qu'elles portent en elles. Violence, sexe, pensées malsaines, le cocktail est explosif.
    D'une grande diversité narrative, Les femelles l'est aussi dans les portraits proposés - une Lolita que son (beau) père prostitue dans «Poupée» et qui se venge en assassinant certains clients, une petite fille animée de mauvaises intentions à l'égard d'un bébé dans «Banshee» ou tourmentée par d'affreux cauchemars dans «Obsession», une fragile manipulatrice dans «Ange de colère», une épouse frustrée, victime d'un désir compulsif pour un beau jeune homme bien peu recommandable dans «Faim» ou assez repoussant dans «Dis-moi que tu me pardonnes», une victime qui se transforme en bourreau dans «Avec l'aide de Dieu» ou encore deux infirmières qui dans «Ange de miséricorde» allègent radicalement les souffrances de leurs patients en fin de vie.
    Seul point commun entre ces héroïnes : elles opèrent un choix qui s'avère irréversible.
    Décision majeure qui entraîne la mort. Mention spéciale à «Madison au guignol», petite perle gore et absurde à souhait, tout à fait réjouissante ! Dans le domaine de la nouvelle gothique Joyce Carol Oates reste décidément fort inventive !

    source de l'article -Florence Cottin( Mis en ligne le 14/12/2007 )http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=8823
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    • Livres 2.00/5
    Par annie, le 29 août 2008

    annie
    Rentrée littéraire septembre 2008
    Vu le nombre de livres de l'auteur, comment ai-je bien pu faire pour passer à côté ? Enfin, je pense lire "La fille du fossoyeur", le thème m'intéresse... et probablement quelques autres, vu ce que je viens de lire de l'article ci-dessus. en attendant, j'ai sous la main "Solstice" que j'ai trouvé chez mon bouquiniste.
    Résumé :
    En 1936, une famille d'émigrants fuyant désespérément l'Allemagne nazie,
    les Schwart, échoue dans une petite ville du nord de l'état de NY où le père, un ex-professeur de lycée ne se voit offrir qu'un seul job : celui de fossoyeur-gardien de cimetière.
    Humiliation, pauvreté, frustrations quotidiennes portent en elles les germes de l'épouvantable tragédie dont Rebecca la benjamine des trois enfants sera le témoin.
    Prémices de l'étonnante aventure à multiples rebonds que va devenir très vite la vie de Rebecca, contrainte à une fuite en avant pour échapper entre autres à un mari abusif et dangereux, et protéger son petit garçon ;
    mais une fuite qui est aussi une quête émouvante née du désir profond, quoique inconscient chez la jeune femme, de retrouver une sorte d'appartenance à ce même cruel passé, de se rattacher en fin de compte à sa véritable identité. Ce que le destin ne lui permettra qu'au terme d'une existence d'intranquillité.
    L'apprentissage des hommes, du mariage, de la maternité, le combat d'une femme pour son indépendance dans la société américaine de l'après-guerre font de ce livre le plus magnifique des hymnes à la survie et à la résilience humaine.
    Peut-être l'inspiration exceptionnelle qui anime ces pages est-elle due en partie à Blanche Morgensten, la grand-mère de l'auteur, qui a servi au départ de modèle à l'héroïne.
    Comme Rebecca en effet, Blanche était la fille d'un immigrant juif allemand devenu fossoyeur qui, un beau jour, attaqua brutalement sa femme avant de se tirer une balle dans la tête.
    Et comme Rebecca, Blanche mariée en premières noces à un ivrogne qui la battait, s'était retrouvée seule à élever son fils, le père de JCO.
    Le reste de cet extraordinaire roman n'étant plus alors que (superbe) littérature...
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    • Livres 4.00/5
    Par claudialucia, le 30 juin 2010

    claudialucia
    j'ai publié ce commentaire sur le roman de Joyce carol Oates : La fille du fossoyeur dans mon blog Ma Librairie. En voici le début :
    Dans La fille du fossoyeur, Joyce Carol Oates s'inspire de l'histoire de sa grand mère, Blanche Morgensten, à qui le livre est dédié. La fille du fossoyeur a donc réellement existé avant de devenir un personnage romanesque.
    Dans le roman, Rebecca Schwarz dont le père a fui le régime hitlérien pour immigrer aux USA naît sur le bateau au moment de l'arrivée dans le port de New York. C'est ce qui la distingue du reste de sa famille, ses parents et ses frères qui ne sont pas américains et subiront leur vie durant les quolibets et les injures réservés aux étrangers qui parlent mal la langue et qui, de plus, sont allemands donc assimilables aux yEux de la population aux ennemis et aux nazis. le père, professeur de mathématiques en Allemagne obtient un emploi bien au-dessous de sa qualification; il devient fossoyeur, profession peu considérée et qui lui vaut la condescendance voire le mépris des notables. Obligé de s'humilier devant Eux, il cultive la haine qu'il éprouve envers "ces autres", cEux qui l'accueillent si mal, il s'aigrit, boit et se venge sur sa famille, ses enfants surtout. C'est ainsi que vit Rebecca jusqu'au drame qui va transformer sa vie et la pousser vers d'autres liEux. Après un mariage malheurEux, elle va fuir avec son petit garçon, Zachs, à travers les Etats-Unis, toujours en mouvement, jusqu'au jour où elle rencontre Gallagher...

    Je résume brièvement La fille du fossoyeur pour laisser le plaisir de la découverte mais l'intrigue est étoffée et complexe et de nombrEux personnages rentrent en jeu. En fait, le roman comporte trois parties distinctes :
    La première intitulée : La vallée de Chautauqua raconte l'enfance de Rebecca à Milburn, état de New York et sa vie de femme mariée à Chautauqua Falls.
    La seconde : Dans le Monde est l'errance de la jeune femme et de son fils, poussés tous les dEux par la peur de cet homme violent, leur mari et leur père...
    La troisième : au-delà est un échange de lettres entre Rebecca, âgée, malade, et sa cousine Freida, réchappée des camps de la Mort.
    Ce roman de Joyce Carol Oates est passionnant ....

    Lien : http://claudialucia.blog.lemonde.fr/2010/06/30/joyce-carol-oates-la-..
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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 07 septembre 2009

    monito
    Une jeune fille malmenée par la vie, Rebecca Schwart, fille d'émigrants juifs qui ont quitté l'Allemagne nazie pour l'Amérique, Rebecca est née sur le bateau les emmenant à New York. Nous découvrons la vie de Rebecca par bribes de l'enfance jusqu'à l'aube de sa vie, nous comprenons ses angoisses, ses craintes, sa fuite pour échapper à ceux qu'ils aiment, à la mort, à son passé, mais surtout à elle même, avec ses changements d'identité, la misère, le bonheur, l'amour, le tout sur fond historique, pas facile de trouver sa place dans l'Amérique de l'après-guerre, d'être une femme, La fille du fossoyeur, être confrontée au racisme, d'être humiliée.
    L'auteur trouve les mots pour transmettre toutes ses sensations, ses émotions, le style est un peu brut mais c'est un roman très humain, un beau roman à découvrir, un livre attachant, pour moi une belle découverte car je n'avais jamais lu cet auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par BMSierre, le 06 juillet 2009

    BMSierre
    A travers les pérégrinations de Rebecca, c'est l'Amérique rurale que nous découvrons. Il ne fait pas bon être émigrant en 1936. Rebecca et sa famille, fuyant l'Allemagne nazie, échouent dans une petite ville de l'Etat de New-York. Ils ne s'intégreront pas et se sentirons humiliés er rejetés. Malgré une enfance épouvantable, Rebecca pourra se reconstruire, grâce à son instinct de survie. Un roman bouleversant, inédit, plein de rebondissements inattendus qui subjuguent le lecteur. M.B.
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Citations et extraits

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  • Par alicejo, le 21 avril 2010

    Dans le monde animal les faibles sont vite éliminés. Voilà la religion, la seule religion.
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La chronique de Gérard Collard - J'ai réussi à rester en vie
J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates aux éditions Philippe Rey Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "J'ai réussi à rester en vie" par l'éditeur : le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où l'on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci. J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. de poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie pendant près d'un demi-siècle. En proie à l'angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés ...








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