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ISBN : 2264037105
Éditeur : 10-18 (2003)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 156 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Plus d'un bon esprit, à commencer par Henry Miller, juge que Dans la dèche à Paris et à Londres est, avant même 1984 et Hommage à la Catalogne, le plus grand de tous les livres d'Orwell qui écrivait pour sa part : C'est un récit bien banal et j'espère qu'on lui reconnaî... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 14 août 2012

    gill
    A sa parution, malgré un bon accueil des critiques,"Dans la dèche à Paris et à Londres" est presque un échec. le livre ne se vend presque pas.
    En 1933, George Orwell n'est encore que Eric Arthur Blair, et il n'a publié, à Paris, que quelques articles dans "Monde"le célèbre journal d'Henri Barbusse.
    Pourtant ce livre formidable,peut-être son meilleur, que l'on peut comparer au "Peuple de l'abîme" de Jack London, est déterminant dans l'oeuvre d'Orwell.
    Il y raconte sa galère à Paris où il s'est installé pour écrire en 1928. A la frontière de la clochardisation, au fil de ses rencontres il brosse des portraits saisissants et un tableau social ahurissant.
    "Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou" dit-il, pour gagner quelque argent il devient, alors, plongeur pendant quelques semaines dans un hôtel de luxe de la rue de Rivoli. Et tout l'envers du décor nous apparaît, dans des descriptions implacables de la misère, de la détresse et de la saleté de ce prolétariat placé en semi-esclavage.
    Puis Orwell reprend sa vie de vagabond et part pour Londres où il décrit la même misère retrouvée .
    Ce livre est d'une puissance rare, Orwell trouve les mots justes pour rendre efficace la peinture qu'il réalise de la pauvreté, de la saleté, des ravages de l'alcool et de la maladie.
    Il est, sûrement, à la base de toute l'oeuvre et de toute la pensée politique d'Orwell.
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 28 octobre 2013

    IreneAdler
    Ce n'est peut-être pas la faute de Rousseau s'il s'est retrouvé dans le ruisseau, mais avant de devenir journaliste et écrivain, c'est bien là qu'a été Orwell. Pas longtemps, mais suffisamment pour en connaître toutes des douleurs. Pour les dénoncer ensuite.
    Si ses situations furent différentes dans les deux villes, les conséquences furent les mêmes : faim et manque d'argent chroniques, existence de paria, saleté, extrême fatigue. Il a vécu avec ceux qui sont considérés comme la lie de la société britannique et le peuple des semis-esclaves parisiens : ils méritent plus de pitié et de mansuétude que de mépris. Ils sont presque tacitement maintenus dans leurs conditions (nous sommes à la fin des années 1920, de lois sociales point.) Les descriptions des conditions de vie sont dignes de Zola et Dickens.Ce qu'Orwell appelle un "journal de voyage" reste toujours lucide sur sa situation : même si le découragement guette, il observe et analyse. le temps, indispensable pour étayer ses réflexions (sur la politique, les lois, l'argot londonien...) n'a rien atténué à l'expérience de la misère.
    Cette expérience fut sans doute à l'origine de son engagement politique socialiste. La trame des ses futurs écrits, romans et articles (il explique dans Why I write qu'il écrit pour dénoncer les injustices). La raison de sa participation à la guerre d'Espagne aux côtés des Républicains. Il prend fait et cause pour ce peuple de traîne-misère, qu'il a côtoyé de près, que nous côtoyons encore. Et si d'aventure nous y tombons, nous aimerions trouver une main secourable qui nous aide à sortir de la fange.
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 23 février 2012

    le_Bison
    Nous sommes à la fin des années 20, George Orwell ne s'appelait pas encore tout à fait George Orwell et la publication de ses romans cultes - « La Ferme des Animaux » et « 1984 » - ne sera prévue pas avant une quinzaine d'années. Il séjourna quelques temps dans la capitale française puis anglaise, et de ce voyage en sortira, sous son vrai nom Eric Blair : « Dans la dèche à Paris et à Londres » où il racontera, à l'instar d'un carnet de routes, ses impressions, ses états d'âmes, sa vision sur le monde des ouvriers, des marginaux et des SDF.
    Première étape : Paris.
    Crêchant dans un hôtel miteux, avec très peu d'argent en poche, il part à la recherche de quelques boulots pour subvenir à ses maigres besoins, à savoir de quoi manger et un toit pour dormir. de là, son chemin sera parsemé de rencontres humaines, de solidarité et d'entraide. Il part à la découverte de la classe ouvrière en tant que plongeur dans un grand hôtel de luxe proche de la rue de Rivoli et y décortiquera toutes les castes qui y régissent à l'intérieur. Mais entre deux laborieux et éprouvants jobs, il connaîtra la faim, la misère, le vol et les arnaques, les nuits sous un pont ou sur un banc, le Mont-de-Piété... Parmi des difficultés quasi quotidiennes, il ne perd jamais espoir et garde même un optimisme souverain et nous fait partager ses joies, ses humeurs et ses peines dans les bistrots de quartier avec ses rares potes, ses compagnons de fortune ou plutôt d'infortune... Les nombreuses cuites ne semblent avoir pour buts que de resserrer les liens amicaux mais aussi d'oublier cette misère, et l'ennui d'une vie si triste et sans avenir.
    Deuxième étape : Londres.
    Sans toit, sans emploi et toujours sans le sou, il va vivre l'espace de quelques semaines la vie d'un clochard, d'un vagabond qui parcourt l'Angleterre d'asiles de nuit en hospices de charité pour y trouver un toit pour s'abriter et obtenir un frugal repas, dernier sésame de survie : une tasse de poussière de thé et deux tartines de margarine, le tout pour une somme certes modique mais pour un miséreux non négligeable et qui a pour but de rendre notamment extrêmement lucratif ce genre d'établissements. La mendicité y est interdite par la loi anglaise ; du coup, il est sans cesse obligé de marcher, de battre le pavé, de vagabonder sans destination précise, juste marcher, toujours et encore marcher. La découverte impitoyable et sans concession des bas-fonds de la société anglaise...
    Un livre où l'on n'en ressort pas indemne, une œuvre sociale qui vous parle de la vie des ouvriers, des pauvres, des laissés-pour-compte sans voyeurisme, ni complaisance, juste pour montrer leurs modes de vie, leurs difficultés toujours plus insurmontables qui les amènent le plus souvent vers un point de non-retour. Un livre parsemé de chaleur humaine, de bonté et de solidarité, juste un livre présentant quelques vraies valeurs de la vie telle que George Orwell la conçoit.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    Un chef- d' oeuvre d' Orwell ! Un de plus! Publié en 1933, Dans la dèche à Paris et à Londres est une magnifique illustration des bas- fonds de Paris et de Londres des années 30.
    Qu' est-ce qui pu pousser un individu issu d' une classe aisée à partager le quotidien d' indigents, à quasiment s' astreindre à la famine? A battre le pavé à la recherche de quelques maigres ressources de subsistance?
    Un accès de folie? Une intelligence et une sensibilité particulières aux questions de société? Au nom de quels idéaux?
    Orwell, une fois de plus a su voir juste. Son récit est très poignant. Il nous ouvre l' accès à un monde étrange et foncièrement obscur, un monde que le lecteur méconnait habituellement, parfois refoule même hors de sa conscience. Ce monde c' est celui de la misère. La misère existe certainement de tout temps. Mais l' inégalité sociale est comme une soeur qui l' accompagne et l' alimente. le cadre d' observation sociologique est tout d' abord Paris. Paris, ville Lumière, ville de luxes, de faste et de contrastes... Un étranger entendant qu' à Paris, des gens meurent de faim, que vous répondrait- il? Il vous rirait sûrement au nez. Pourtant c' est bien à Paris qu' Orwell a commencé son épopée et y a vécu certainement les jours les plus difficiles de son existence. Il nous dépeint la lutte quotidienne pour sa survie, l' envie et la difficulté de trouver un travail. Devenu plongeur dans un hôtel puis dans un restaurant, il comprend que le calvaire ne fait que commencer . Là il rencontre la lie de la société, pataugeant au milieu d' une promiscuité, d'une insalubrité que nul ne soupçonnerait. En effet, derrière le rideau de la richesse et du luxe, se sont des milliers d' individus qui grouillent dans les sous-sols et qui s' agitent machinalement, avec pour seul horizon futur que de finir la journée et rentrer se coucher.
    Toutefois, la vie n' est pas seulement difficile parce que les conditions de travail ou de vie sont difficiles. Elle s' accentue à mesure que le pauvre prend conscience de son image,de sa répugnance, du mépris dont il est fait l' objet. Les réfléxions personnelles d' Orwell sur lui- même ainsi que sur ses compagnons d' infortune ne font preuve d' aucun misérabilisme, tout est relaté avec une certaine distance et froideur, à la manière d' un simple spectateur.
    La vie à Londres ne se révélera guère mieux. Errer à travers la ville, à la recherche d' un asile de nuit où stationner. Connaître encore et toujours le passage à vide, la famine, la désespérance, la perte d' identité, de repères, d' amour- propre... C' est un livre résolument tourné vers les questions de pauvreté, de précarité... qui laisse entrevoir un fond de solidarité entre les trimardeurs, les chemineaux.... Ce n' est peut- être pas un livre qui rayonne d' espoir, il nous confronte plutôt à notre réalité, celle des différents strates de la société, une société qui se désagrège de plus en plus au profit de l' individualisme...
    Un livre on ne peut plus actuel c' est acquis, qui en démoralisera peut- être certains; en tout cas il vaut réellement la peine d' être lu! Pour l' expérience de vie, pour les réfléxions qui se dégagent il vaut le détour!!!
    A découvrir!
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    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 19 juillet 2012

    ignatus-reilly
    George Orwell a fait l'expérience de l'extrême pauvreté et de l'aliénation au travail. Et c'est ce qu'il nous raconte dans ce livre.
    Arrivé à Paris sans travail, George Orwell va travailler comme plongeur dans différents restaurants et hôtels.
    Ce sont des journées harassantes, interminables, de quines heures voire plus sans parfois un instant pour manger.
    Orwelle décrit avec force ce milieu où il est uniquement question de survie.
    Sa journée terminée, Orwell ne pense qu'à se coucher et le week-end, c'est la tournée des bars avec des personnes aussi mal loties que lui.
    Il n'y aucun avenir dans cette vie-là, pas de projet, c'est une existence au jour le jour.
    Lorsqu'il n' y a pas de travail, Orwele connaît aussi la fin, il met en gage ses vêtements ou les vends pour pouvoir acheter une miche de pain, un peu de tabac et payer sa chambre.
    Après quelques temps de cette vie-là, Orwell se voit promettre un travail en
    Angleterre, il se fait expédier le prix du billet et quitte Paris.
    Or, à peine, arrivé, plus de travail, Orwell va alors mener l'existence des vagabonds qui vont de refuges en refuges. La loi est ainsi faite en Angleterre qu'il est interdit de passer plusieurs nuits de suite dans les asiles de nuit sous peine de prison. Les sans-abri sont alors condamnés à une errance sans fin.
    Dans certains organismes de charité, ils sont obligés d'écouter la messe et un sermon après avoir reçu un thé et deux tartines ou un bon pour acheter un repas.
    Orwell va faire de nombreuses rencontres et faire une partie du chemin avec certains camarades de galère.
    J'ai beaucoup aimé ce livre. On y découvre que George Orwell n'a pas écrit La Ferme des Animaux au hasard. Dans "Down in Paris and London", Orwell nous fait part de ces réflexions sur le sujet de la pauvreté, de l'exploitation des êtres humains par le travail au bénéfice d'une petite frange de la population...
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 23 février 2012

    Si vous parlez à un riche n’ayant pas abdiqué toute probité intellectuelle de l’amélioration du sort de la classe ouvrière, vous obtiendrez le plus souvent une réponse du type suivant : « Nous savons bien qu’il n’est pas agréable d’être pauvre ; en fait, il s’agit d’un état si éloigné du nôtre qu’il nous arrive d’éprouver une sorte de délicieux pincement au cœur à l’idée de tout ce que la pauvreté peut avoir de pénible. Mais ne comptez pas sur nous pour faire quoi que ce soit à cet égard. Nous vous plaignons - vous, les classes inférieures - exactement comme nous plaignons un chat victime de la gale, mais nous lutterons de toutes nos forces contre toute amélioration de votre condition. Il nous paraît que vous êtes très bien où vous êtes. L’état des choses présent nous convient et nous n’avons nullement l’intention de vous accorder la liberté, cette liberté ne se traduirait-elle que par une heure de loisir de plus par jour. Ainsi donc, chers frères, puisqu’il faut que vous suiez pour payer nos voyages en Italie, suez bien et fichez nous la paix. »
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  • Par le_Bison, le 23 février 2012

    Nus et frissonnants de froid, nous nous alignâmes dans le couloir. Il est impossible d’imaginer à quel point nous avions l’air de misérables déchets d’humanité, plantés là dans l’impitoyable lumière du matin. Les nippes d’un trimardeur n’ont sans doute rien de bien ragoûtant, mais ce qu’elles dissimulent est infiniment pire. Pour voir l’homme tel qu’il est, hors de tout faux-semblant, il faut le voir nu. Pieds plats, bedaines sorties, poitrines creusés muscles flasques - tous les stigmates de la déchéance physique était là. Il n’y avait pratiquement personne qui ne fût sous-alimenté, et certains étaient visiblement malades. Deux hommes portaient des bandages herniaires, et quand au pauvre vieillard à figure de momie, on se demandait comment il parvenait encore à marcher toute une journée. A voir nos visages mangés par la barbe et nos traits tirés par l’insomnie, on eût juré que nous relevions tous d’une semaine de cuite ininterrompue.
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  • Par Malise, le 29 juin 2012

    Derrière tous les discours dont on nous rebat les oreilles à propos de l'énergie, de l'efficacité, du devoir social et autres fariboles, quelle autre leçon y a-t-il que "amassez de l'argent, amassez-le légalement, et amassez-en beaucoup" ? L'argent est devenu la pierre de touche de la vertu.

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  • Par Malise, le 29 juin 2012

    Un mendiant, à voir les choses sans passion, n'est qu'un homme d'affaires qui gagne sa vie comme tous les autres hommes d'affaires, en saisissant les occasions qui se présentent. Il n'a pas plus que la majorité de nos contemporains failli à son honneur : il a simplement commis l'erreur de choisir une profession dans laquelle il est impossible de faire fortune.

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  • Par Paris75, le 06 mars 2012

    L'instinct sexuel, pour ne pas aller chercher plus loin, est un instinct fondamental et la privation en ce domaine peut être presque aussi démoralisante que la privation de nourriture.

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"Four legs good, two legs bad, The animals know that the people are mad"
Une petite chanson folk librement inspirée de l'excellente fable "La ferme des animaux" du grand Orwell. J'ai découvert par hasard cette sucrerie après la lecture d'une critique de Darkcook sur ce livre. Alors, qu'est-ce qu'on dit? Merci Darkcook!











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