Nous sommes à la fin des années 20,
George Orwell ne s'appelait pas encore tout à fait
George Orwell et la publication de ses romans cultes - «
La Ferme des Animaux » et «
1984 » - ne sera prévue pas avant une quinzaine d'années. Il séjourna quelques temps dans la capitale française puis anglaise, et de ce voyage en sortira, sous son vrai nom Eric Blair : «
Dans la dèche à Paris et à Londres » où il racontera, à l'instar d'un carnet de routes, ses impressions, ses états d'âmes, sa vision sur le monde des ouvriers, des marginaux et des SDF.
Première étape : Paris.
Crêchant dans un hôtel miteux, avec très peu d'argent en poche, il part à la recherche de quelques boulots pour subvenir à ses maigres besoins, à savoir de quoi manger et un toit pour dormir. de là, son chemin sera parsemé de rencontres humaines, de solidarité et d'entraide. Il part à la découverte de la classe ouvrière en tant que plongeur dans un grand hôtel de luxe proche de la rue de Rivoli et y décortiquera toutes les castes qui y régissent à l'intérieur. Mais entre deux laborieux et éprouvants jobs, il connaîtra la faim, la misère, le vol et les arnaques, les nuits sous un pont ou sur un banc, le Mont-de-Piété... Parmi des difficultés quasi quotidiennes, il ne perd jamais espoir et garde même un optimisme souverain et nous fait partager ses joies, ses humeurs et ses peines dans les bistrots de quartier avec ses rares potes, ses compagnons de fortune ou plutôt d'infortune... Les nombreuses cuites ne semblent avoir pour buts que de resserrer les liens amicaux mais aussi d'oublier cette misère, et l'ennui d'une vie si triste et sans avenir.
Deuxième étape : Londres.
Sans toit, sans emploi et toujours sans le sou, il va vivre l'espace de quelques semaines la vie d'un clochard, d'un vagabond qui parcourt l'Angleterre d'asiles de nuit en hospices de charité pour y trouver un toit pour s'abriter et obtenir un frugal repas, dernier sésame de survie : une tasse de poussière de thé et deux tartines de margarine, le tout pour une somme certes modique mais pour un miséreux non négligeable et qui a pour but de rendre notamment extrêmement lucratif ce genre d'établissements. La mendicité y est interdite par la loi anglaise ; du coup, il est sans cesse obligé de marcher, de battre le pavé, de vagabonder sans destination précise, juste marcher, toujours et encore marcher. La découverte impitoyable et sans concession des bas-fonds de la société anglaise...
Un livre où l'on n'en ressort pas indemne, une œuvre sociale qui vous parle de la vie des ouvriers, des pauvres, des laissés-pour-compte sans voyeurisme, ni complaisance, juste pour montrer leurs modes de vie, leurs difficultés toujours plus insurmontables qui les amènent le plus souvent vers un point de non-retour. Un livre parsemé de chaleur humaine, de bonté et de solidarité, juste un livre présentant quelques vraies valeurs de la vie telle que
George Orwell la conçoit.
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