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ISBN : 2260015131
Éditeur : Julliard (2011)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 40 notes)
Résumé :

Rares sont les auteurs libres à ce point face à leur temps. Au risque d’être taxé d’anachronisme, Jean-Pierre Otte a entamé avec son « Cycle de la vie personnelle », une série de chroniques décrivant son quotidien dans une communauté rurale retranchée du monde. Avec un plaisir non dissimulé, il prend le contre-pied de notre époque, nous rappelant aux joies simples de la nature et d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
26 septembre 2011
  • 3/ 5
La vie ménage quelquefois de bien heureux hasards.
C'est lors d'un cocktail auquel il n'avait ni le goût, ni l'envie de se rendre, que Jean-Pierre Otte rencontre Mehdi Mansour, un philosophe d'origine tunisienne.
Séduit par la personnalité de cet homme gracile aux traits sympathiques, il accepte l'invitation de ce dernier de participer à une séance d'un cercle de lecteurs se tenant chaque mois dans un hameau du Haut-Quercy où Mehdi et sa femme possèdent un domaine.
Ce cercle réunit une quinzaine de membres épris de littérature, venant partager leur passion et faire part de leurs expériences livresques en toute convivialité, sans affectation ni faux-semblant, avec pour seul credo leur amour des livres et le plaisir d'être ensemble.
Au sein de cette petite communauté éclectique de bibliophages, Jean-Pierre Otte découvre les joies du partage, de la communion littéraire et de la bonne chère.
En effet, au plaisir livresque s'ajoute aussi l'allégresse gustative, la satisfaction du palais, des papilles qui frétillent et des bouches qui salivent.
Poêlée de châtaignes, tarte maison, crêpe fourrée aux cèpes et autre omelette aux girolles, accommodées de vins aux bouquets capiteux, du Médoc, de Saint-Joseph, d'Arbois ou de Chablis…ajoutez à cela une belle flambée…Et c'est partie pour une chaleureuse soirée au coin du feu où l'on parle de livres bien-sûr, de Julien Gracq en passant par Doris Lessing, Virgile, Jean Giono ou Knut Hamsum…mais aussi où l'on disserte et se concerte sur des thèmes métaphysiques tels que le bonheur, le sens de la vie, l'utopie, la culture ou la philosophie…
Dans ce hameau campagnard de la France « profonde » et sous l'oeil bienveillant de Mehdi l'amphitryon, hommes et femmes de tous horizons, unis par et pour l'amour des livres, dégustent en toute simplicité ces tranches de vie magiques et inestimables que sont le sens du partage et de l'amitié.
Jean-Pierre Otte est un joyeux hédoniste, un amoureux de la vie, un adepte des joies simples mais ô combien précieuses de l'existence.
Tous ses ouvrages, « Histoires du plaisir d'exister », « La petite tribu de femmes », « La sexualité d'un plateau de fruits de mer »…tendent à faire partager aux plus grand nombre cet incommensurable amour de la vie qui l'anime.
« Un cercle de lecteurs autour d'une poêlée de châtaignes » n'échappe pas à la règle et rayonne d'une énergie et d'une jovialité communicatives en offrant aux lecteurs réjouis les joies d'un fumet délicat, les bonheurs d'une cuisine traditionnelle alliés aux plaisirs de l'esprit.
C'est donc avec entrain et le coeur allègre que le lecteur intègre le cercle pour se régaler de ce savoureux, piquant et malicieux éloge de la lecture, de l'écriture et des mots, sans oublier - en bon épicurien - l'hommage rendu au nectar à robe pourpre.
On se prend alors à rêver :
Blotti tout contre l'âtre d'une chaumière au toit de lauzes, aux épais murs de pierres charriées par la rivière, humant avec délice les effluves sucrées et les bouquets d'arômes, les fumets odorants, de civets, de terrines, de gâteaux et de tartes, tandis qu'au coin du feu, des amis chaleureux discourent à qui mieux-mieux, le temps d'une soirée, des oeuvres littéraires qui les ont transportées …
Vie, littérature, bonne chère, nature et amitié, l'ouvrage tient en quelques mots. Les plus importants…pour vivre heureux.
Oui, il fait bon vivre sur la Terre de Jean-Pierre Otte.
Mais..je dois vous quitter, j'ai des marrons sur le feu…
« Un livre n'existe vraiment que dès lors qu'un lecteur l'a recrée en lui-même. »
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brigittelascombe
21 juin 2011
  • 4/ 5
Jean Pierre Hotte chroniqueur, écrivain et peintre épicurien, est connu pour "Petite tribu de femmes", "Histoires du plaisir d'exister", "La sexualité d'un plateau de fruits de mer","L'amour au jardin" et "La vie amoureuse des fleurs" véritables antidotes au déplaisir, il nous introduit à sa suite dans l'univers des livres et des échanges d'un cercle de lecteurs.
Au cours d'un coktail ennuyeux au possible où une blonde 'Dallas' coince une mèche de cheveux dans sa braguette, mèche coupée illico par un certain Mehdi, inconnu, Jean Pierre Otte fait la connaissance de ce solutionneur de situations délicates qui lui raconte son cercle de lecteurs.
Pourquoi ne participeriez vous pas? Nos échanges se passent à Lespins, un hameau du Quercy dans une propriété familiale, échanges conviviaux d'une quinzaine de personnes Maylis, Bella,Richard,Eliane,Antoine...autour d'une poêlée de chataignes mais surtout d'un (ou des) bon verre de vin.
Autour de l'âtre les braises enflamment les esprits. Des esprits différents, éclectiques, mais voilà toute la richesse de l'échange! Chacun évoque ses lectures ou lit un morceau choisi. Et au fur et à mesure, la magie de l'instant fait vivre les personnages à leurs côtés.
De Spinoza à Deleuze, de Kieyserburg à Maeterlink, les gouts sont identiques et le groupe vit et vibre à l'unisson. On déborde sur la vie,l'existence.
Quelle aubaine d'introduire un véritable écrivain dans le cercle! Et quelle aubaine pour nous lecteurs de lire Jean Pierre Otte. Un vrai bonheur à cueillir au fil des mots, de ses mots!
L'auteur nous communique sa joie, les liens crées qui feront qu'il reviendra parmi de véritables amis.
Les livres seraient ils sources d'amitié? Vite, et si on s'invitait dans ce cercle du Quercy?
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sylvaine
06 avril 2012
  • 3/ 5
Jean Pierre Otte nous livre ici le récit de sa rencontre dans une réception avec celui qui allait devenir son ami proche.Medhi lui propose de se joindre à un groupe d'amis qui se réunissent une fois par mois chez lui .Le but de ce rendez-vous mensuel la littérature .Parler de ses livres lus ou à lire , de ses ressentis ,de ses coups de coeur,mais aussi se réunir devant un bon repas et savouver ensemble un bon verre de vin.
J P Otte nous dévoile ses goûts de lecteur , mais surtout il nous peint un tableau savoureux de ses compagnons et nous fait partager son plaisir d'habiter une superbe région le Lot
Un très agréable moment de lecture
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PLUMAGILE
01 août 2011
  • 5/ 5
**** PEPITE ****
J'imagine que tous ceux qui, comme moi, aiment les livres, vont déguster ce récit, tous comme les lecteurs du cercle dégustent châtaignes, gâteaux maison et autres breuvages délicieux. C'est assurément mon coup de coeur de l'année, du pur bonheur à chacune des vingt « chroniques ».
(Tout d'abord une précision : même si le titre fait penser à l'autre cercle littéraire (celui des amateurs d'épluchures de patates), ce n'est ni un remake, ni un ersatz, ni une pâle copie. Rien à voir ! Seul point commun : l'amour des livres et de la lecture.)
On aurait envie, comme l'auteur, d'aller se glisser sur le banc, autour du feu de cheminée, chez Mehdi et Maylis afin de participer à ces conversations chaleureuses, respectueuses, érudites souvent, dont le point de départ est souvent un livre ou une réflexion sur la vie qui amène à l'évocation d'une lecture d'un des membres.
Mais dans ce livre, il y a aussi les déambulations sur les petites routes du Lot dont l'auteur nous offre une description énamourée et les rencontres avec une pléïade de gens tous tellement intéressants (un petit plus pour Richard, Petite Ourse et leur cabane dans les arbres). On sent le plaisir de vivre pleinement chaque moment, de savourer ce que la vie nous offre et c'est tellement bon !!!
Quant à l'écriture, elle est belle, ciselée de jolies formules « regarder par instant la danse des frelons en longues étincelles d'un jaune soufre autour des lilas », « la neige s'était mise à tomber en flocons erratiques, dans un léger tournoiement chorégraphique », « comme interloqué, dans un court-circuit entre lui et lui-même »… et je ne résiste pas au plaisir de celle-ci « la phrase à sucer entre les lèvres »
Vous l'aurez compris, je vous invite chaudement à vous précipiter chez votre libraire pour découvrir ce petit bijou et vous aussi, plonger avec délices dans les mots de JP Otte.
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Melopee
08 août 2011
C'est fou comme certaines personnes peuvent nous inspirer d'emblée une sympathie sans bornes. Jean-Pierre Otte en fait partie, se mettant en scène dans ce roman aux allures de confession. C'est que l'auteur vient ici se livrer dans un nouveau rôle : celui de lecteur. Il est invité un jour par des amis à prendre part à une réunion de lecteurs pour discuter de ses oeuvres. C'est au départ le prétexte invoqué, la bonne excuse pour voir dans un face à face intimiste ce que les autres peuvent penser de ses écrits. Sauf que, passé le narcissisme bien compréhensible de s'entendre parler de soi, Jean-Pierre Otte prend goût à ces réunions mensuelles où tous viennent avec leur bagage de connaissances et de lectures à partager.
Il y Medhi, l'initiateur de ces rencontres, charismatique et toujours généreux en bons mots. Il y a Pol-Emile, l'éternel timide, qui semble chercher dans les livres des réponses à ses interrogations envers les femmes. Il y a Bella et Eliane, les deux femmes du cercles, celles qui relancent le débat mais aussi prennent note de tout ce qui se dit dans ces petits comités. Et au-delà de toutes les discussions, il y a les plats qu'on imagine chaleureusement cuits au coin du feu : les châtaignes servies dans des corbeilles qu'on se passe de main en main, les tartes chaudes, les crêpes fourrées et les bons vins. D'abord se jaugeant les uns les autres, on comprend qu'au fil du temps, les langues se délient et l'atmosphère se détend, on traite de tous les sujets liés à littérature à bâtons rompus. Et après les réunions, les convives poursuivent leur vie en s'invitant pour des moments privilégiés : virée en voiture, déjeuner familial dans une sorte de "squat"...
Les lecteurs deviennent des amis et apprécient à leur pleine valeur des moments de retrouvailles où un thème est donné et où chacun est écouté, fort de ses apartés culturels.
L'écriture de Jean-Pierre Otte est généreuse comme le personnage et convive qu'on imaginerait volontiers déblatérer autour des livres des heures et des heures. On se dit qu'une telle description d'un cercle de lecteurs ne peut qu'inciter au partage de ses émotions. Et en bonus, on trouve à la fin du livre, la liste des oeuvres évoquées mais aussi un récapitulatif des plats dégustés pendant les rencontres. On croirait bien, avec tout ça, avoir pris part à ce secret conciliabule.
Lien : http://shereads.canalblog.co..
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Les critiques presse (3)
Lexpress20 juillet 2011
Au-delà des anecdotes croustillantes (on retiendra un formidable passage sur Julien Gracq), Otte s'interroge surtout sur la vie en commun, le bonheur ou l'utopie et nous offre un petit traité de vie bourré d'humour et plus sérieux qu'il n'en a l'air
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte29 juin 2011
Jean-Pierre Otte s’invite, s’immisce, tel un ethnologue, venant chercher ce qui pousse ces personnes, venues de tous horizons, à lire et relire. […] C’est un livre sur le ressenti qui s’ouvre sur l’universel. N’est-ce pas le propre du beau au sens kantien ? D’un sentiment personnel, prétendre trouver cette même satisfaction en autrui ?
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress15 juin 2011
Eloge de la lecture, de l'amitié, du partage, du bon vin et de la bonne chère, ce livre est porté par un souffle réjouissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
saphoosaphoo16 juillet 2011
La soirée se passa ensuite à parler de littérature. Antoine citait ses auteurs favoris, Balzac, Faulkner, l’idiot de Dostoïevski ou le Pays de neige de Kawabata ; il parlait des livres qui l’avaient bousculé, se rappelait avec passion tel passage ou tel personnage, et déclamait des poèmes.

- ce que j’aime par-dessus tout, dit-il, c’est a phrase musicale dont chaque syllabe détache les notes de l’harmonie, celle, profonde, qui emmène l’homme tout entier vers lui-même, et l’autre, légère, qui l’emporte loin du tortillard des questions existentielles. LE vers parfait qui jamais ne s’érode, la phrase à sucer entre les lèvres, celle cinglante qui coupe court au romantisme, le bon mot chargé de trois étages de sous-entendus, le trait qui gifle, l’emphase juridique dans un mouvement de manches, ma péroraison politique, les stances de Saint John Perse, la simplicité de Prévert, l’élégance de Mallarmé.

A ses yeux, c’est en peignant, en écrivant, en composant qu’un artiste doit se sentir le plus en vie, parce qu’ il y a alors en lui la condensation et l’ivresse, parce qu’il y a dans l’œuvre qui s’élabore l’alcoolisation de son propre vécu et du grand vécu évolutif du monde. L’écrivain qui importe vraiment, c’est celui qui parvient à transformer progressivement le miroir qui le réfléchit en une fenêtre ouverte sur les temps présents.

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saphoosaphoo16 juillet 2011
Jean-René, l’avocat, se retourna alors vers moi, et demanda, comme au nom de tous, ce que, pour ma part, je voudrais emporter dans l’éternité. Je m’entendis dire, sans réfléchir, que j’aurais voulu que ce cercle de lecteurs se prolongeât dans l’au-delà, bien évidemment dans une odeur de châtaignes grillées, en partageant sans fin les paroles et le vin. J’avais l'impression que nous étions tous sortis d’un livre, du Grand Livre jamais vu, jamais nommé, et qui rassemble tous les autres. J’imaginais à mon avantage l’éternité comme un labyrinthe où seraient disposés sur d’invisibles rayons les livres de tous les temps et de tous les lieux, ceux du présent, du passé et de l’avenir, ceux-là même qui n’étaient pas encore écrits, ne le seraient peut-être jamais, ou alors, tracés à l’encre sympathique et attendant l’effet d’une autre chaleur pour que leurs caractères se révèlent à nous.
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saphoosaphoo16 juillet 2011
Ce qui, dès le départ, m’avait plu dans le cercle, c’est que la conversation, le dialogue, l’échange étaient préférés à tout débat, celui-ci supposant que l’on a toujours quelque chose à transmettre, et plus encore imposer : un discours, une vérité, un sentiment ou une mission. Tandis que dans la conversation rien n’est dicté, prescrit ni structuré par avance. Chacun partait de son point de vue, l’exprimait et l’expliquait à sa manière, avec ses mots, sa mesure et son rythme, et si certains prenaient plus souvent la parole, les autres les écoutaient, pour sans doute se forger par métissage d’autres idées à partir de ce qui se disait, des motifs de réflexion,des perspectives qu’ils entrevoyaient soudain et qui les inspiraient, comme si la réalité que l’on pouvait croire une, indivisible et immuable s’entrouvrait alors sur d’autres réalités touts nouvelles pour eux.
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MahpeeMahpee27 juillet 2014
Sans parler d'utopie, dit Maylis, revenant à des propos que nous avions échangés lors de la séance du "plaisir d'exister", nous manquons vraiment de livres qui soient une célébration de la vie quand partout on ne fabrique plus aujourd'hui que des catastrophes, des exploits sportifs, des attentats, des grippes aviaires, des crises boursières, partout de la maladie et de la mort, dans une tendance morbide à toujours tout négativer. Le monde n'en finit pas de sombrer; les êtres n'en finissent pas de s'avilir dans le mépris de soi, mais quand donc vont-ils se décider à larguer les amarres?
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MalauraMalaura26 septembre 2011
La femme, même dévêtue, reste vêtue d’elle-même et des signes de sa vie. Elle s’offre à la lecture ; il faut apprendre du bout des doigts à lire et à déchiffrer ce solfège. On peut la dévêtir d’innombrable fois en étant assuré de la découvrir toujours.
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