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Un enfant de l'amour de
Doris Lessing
Savoir qu’on vit une vie mensongère, qu’on ne vit pas sa vie, c’est une chose horrible.
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Par sylvie, le 18/01/2008
Les Grand-mères de
Doris Lessing
"Elle avait été amoureuse de Tom, et puis de Ian, puis de nouveau de Tom, pour leur beauté, leur aisance, et quelque chose de plus, un air comblé, comme s'ils avaient baigné toute leur vie dans un plaisir qui s'exprimait à présent sous forme d'ondes invisibles de contentement....
....Ce qui emplissait ses yeux de larmes, c'était de les voir tous là, de les regarder, comme en ce moment....
...Elle rêvait à cette décontraction physique, à ce calme qui s'exprimait en mouvements nonchalants, à ces longs bras et ces longues jambes hâlés, et au reflet des têtes d'un blond doré au soleil...."
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Par litolff, le 05/05/2010
Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition) de
Doris Lessing
« J’ai réglé mon pas sur le sien et suis sortie avec elle de la pharmacie. Arrivée sur le trottoir, elle ne m’a pas regardée, mais l’appel était manifeste. Je marchais à côté d’elle, c’était difficile de marcher si lentement. Habituellement, je cours, mais je ne m’en étais jamais rendu compte. Elle faisait un pas, s’arrêtait, examinait le trottoir, puis faisait un autre pas. Je me disais que tous les jours je filais sur ces trottoirs sans avoir jamais vu Mrs Fowler qui, pourtant, habitait près de chez moi ; et, tout d’un coup, je me suis mise à observer les rues, et j’ai vu les vieilles femmes. Il y avait aussi des hommes âgés, mais surtout des vieilles femmes qui déambulaient lentement, qui se tenaient debout deux par deux ou par petits groupes pour bavarder, ou assises sur un banc au coin de la rue sous le platane. Je ne les avais jamais vues. C’est parce que j’avais peur de leur ressembler. »
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Par cathcor, le 15/02/2012
Vaincue par la brousse de
Doris Lessing
Il est terrible de détruire l'image qu'un être humain se fait de lui-même, fût-ce au nom de la vérité ou de toute autre abstraction; nul ne peut affirmer qu'il sera capable de lui substituer une autre image qui permettra à cet être de continuer à vivre.
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Par Tampopo, le 27/08/2010
Victoria et les Staveney de
Doris Lessing
Voici ma petite crème caramel, mon petit éclair au chocolat !
lança-t-il envoyant arriver Mary. Il s’aperçut que Victoria semblait nerveuse –
en fait, elle se rappelait les métaphores culinaires que Sam affectionnait.
— Quand je dis que je vais te manger, assura-t-il à Mary, tu ne dois y voir que l’expression légitime de mon sincère attachement. Après le départ de Victoria et Mary, Edward dit à son père :
— Si tu ne comprends pas pourquoi tu devrais éviter de la comparer à du chocolat,
c’est vraiment que tu n’es pas en phase avec ton époque.
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Le monde de Ben de
Doris Lessing
Ben resta muet. Tout son être était sur le qui-vive, flairant un danger. Il regrettait d'être venu dans cet endroit, qui pouvait refermer ses murs sur lui. Il écoutait les bruits du dehors, dont la normalité le rassurait. Des pigeons conversaient dans un platane, et il était avec eux, et il les imaginait agrippant les brindilles de leurs pattes roses qu'il pouvait sentir se resserrer sur son propre doigt; ils étaient heureux, le dos au soleil.
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Victoria et les Staveney de
Doris Lessing
La question de la couleur de peau … non, on ne pouvait y échapper, même si Victoria était pardonnable de croire que les Staveney – en dehors de Thomas, bien sûr – n’avaient jamais remarqué qu’il pouvait s’agir d’un facteur de différence, et même souvent polémique, tant ils étaient persuadés que tout ce qui avait pu se produire (malheureusement) dans le passé n’avait plus aucune influence sur les affaires humaines.
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Un enfant de l'amour de
Doris Lessing
James semblait ne rencontrer que des personnalités flamboyantes, qui lui donnaient l'impression d'être lui-même terne et timide ; quant aux filles, elles étaient différentes de toutes celles qu'il avait connues, volubiles, prodigues de leurs opinions souvent effrayantes, et aussi de leurs baisers : au début, il fut surpris qu'elles ne prennent pas ombrage de ses avances et même le taquinent pour ses hésitations.
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Par yv1, le 23/12/2011
Les Grand-mères de
Doris Lessing
La beauté des jeunes gens, bon, ce n'est pas si simple. Les filles, oui, pleines de leurs oeufs appétissants, nos mères à tous, c'est normal qu'elles doivent être belles, et d'habitude elles le sont, ne serait-ce même qu'un an ou un seul jour. Mais les garçons, pourquoi ? A quelle fin ? Il y a un âge, un âge éphémère, vers seize, dix-sept ans, où ils ont une aura poétique. On dirait de jeunes dieux. [...] Ils n'en ont souvent pas conscience, se faisant davantage l'effet de paquets mal ficelés qu'ils essaient d'empêcher de se défaire. (p.34)
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Le cinquième enfant de
Doris Lessing
L'offrande au monde de quatre petits humains ne l'avait guère changée. Elle trônait au bout de la table, le col de son chemisier bleu largement écarté, laissant voir un peu de son sein blanc veiné de bleu, et la tête de Paul qui tétait énergiquement. Elle serrait les lèvres dans une moue caractéristique, et observait tout, : c'était là une jeune femme saine et séduisante, pleine de vie. Mais fatiguée...