ISBN : 2070342522
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
Au début des années soixante, dans la forêt qui entoure une petite ville de Bavière faussement paisible, a lieu un drame effroyable que le secret et le silence recouvrent bien vite. Paul Marleau est un adolescent français qui séjourne en Allemagne chez un correspondant.... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 05 mai 2011

    horline
    Le rire de l'ogre est assurément un roman où rien n'est simple et lumineux ; tout est inquiétant, sombre, voire terrifiant à l'image de cet ogre pas encore affamé qui surprend deux jeunes enfants égarés s'aventurant dans la forêt, et qui fait résonner son rire plein de cruauté tout au long de ce roman …oui, c'est un conte fantastique qui sert de bobine de fil qu'il faut tirer pour dérouler un récit énigmatique.
    Au début des années soixante, Paul Marleau, jeune garçon timide et introverti, passe l'été dans un village allemand qui garde enfoui dans sa mémoire un drame terrible lequel va hanter durablement et implicitement la conscience du garçon et de Clara, rencontrée dans ce village bavarois. Ce drame évoque la résurgence des horreurs de la guerre ou comment le massacre d'enfants juifs commis par la Wechrmacht va pénétrer l'esprit et la chair d'un de ses officiers revenu à la vie normale mais qui ne connaîtra pourtant la paix qu'en égorgeant ses propres enfants dans la forêt noire surplombant la vallée de Kehlstein, à la manière d'un ogre affamé.
    Bien qu'épargnés par la guerre, Paul et Clara se découvrent inaptes au bonheur une fois adultes, comme si leur âme était imprégnée des mêmes blessures secrètes provoquées par cette guerre qu'ils n'ont connue, comme s'ils étaient eux-mêmes broyés par une guerre invisible.
    Unis par un lien puissant et énigmatique, ils vont chacun de leur côté tenter de comprendre tout au long de leur vie ce mystère de l'horreur humaine. Devenus sculpteur et photographe de guerre, ils n'auront d'autres outils que la gradine et l'appareil photo pour exprimer leur vision de la monstruosité dont est capable l'homme.
    Avec ce roman, Pierre Péju explore les effets du passé, ces traumatismes qui peuvent se cristalliser même sur ceux qui sont étrangers aux tourments du chaos. La mémoire se révèle alors vivace tellement elle est étouffante, violente tellement elle est sombre, et ce d'autant plus qu'elle affecte des adolescents. A l'âge où le cerveau est perméable à tout ce qui l'entoure, les fantômes du passé ne pouvaient que s'accaparer ces esprits fragiles.
    Indubitablement, c'est un passé chevillé au corps qui ne laisse pas indemne ses héros que nous raconte l'auteur.
    Toutefois, dans cette ambiance obscure l'écriture de P. Péju apparaît paradoxalement lumineuse et même romantique tant il maîtrise la description des ressorts psychologiques de ses personnages. Il pose un regard clairvoyant, pénétrant sur les évènements et les émotions qui agitent Paul, avec une finesse d'esprit qui sied à un philosophe. Jamais d'excès de sensibilité, mais une écriture raffinée qui parvient à rendre visible ce qui relève de l'imperceptible…une prose qui éclaire une trame constellée d'énigmes et de mystères qui ne font qu'intensifier l'atmosphère inquiétante.

    Cependant, la césure du roman entre l'adolescence et l'âge adulte de Paul m'a laissée perplexe. Cette césure révèle deux univers différents qui m'ont laissé suggérer qu'il y avait peut être deux romans tant la tonalité est dissemblable. La première partie déborde de tristesse, de brume et même de malaise.... avec un index particulièrement appuyé sur une inquiétude trop mystérieuse, l'atmosphère est parfois pesante. La narration s'en trouve affectée. le désespoir apparaît démesuré et les cœurs en ruine tant l'auteur s'attache à marquer le drame au burin…Heureusement la seconde partie n'obéit pas aux mêmes codes. Peut être parce qu'avec le temps, Paul a pu accéder à une certaine sérénité et qu'il n'est plus l'adolescent ombrageux au regard grave et intransigeant.
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    • Livres 4.00/5
    Par lilicrapota, le 20 mai 2012

    lilicrapota
    1- le style est surprenant : j'ai mis un peu de temps à rentrer dans le livre mais peu à peu, la beauté des mots, le charme éthéré des phrases, la musicalité des émotions, la peinture des lieux m'ont séduite.
    2- l'histoire qui "décrit" toute une vie, celle de Paul de son adolescence à sa mort, entrecoupée de ses rencontres, notamment celles, existentielles, de Clara et de Jeanne, est elle aussi surprenante. Certaines de ses "quêtes" resteront à jamais mystérieuses (l'origine du drame de la forêt de Bavière) tandis que d'autres trouveront leur résolution (la mort de son père). Mais elles le poursuivront toute sa vie, l'habiteront jusqu'à lui faire perdre la raison, jusqu'à gouverner sa vie.
    ou comment un "évènement" de son enfance, qui n'est absolument pas "traumatique" dans les faits, peut laisser sa trace, s'insinuer de façon durable et profonde dans le paysage futur d'un être.
    je ne connaissais pas l'auteur, mais j'ai très envie de le découvrir!
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    • Livres 4.00/5
    Par Sarahcarabin, le 28 avril 2011

    Sarahcarabin
    Ce Pierre Péju est vraiment bon : après avoir lu 3 autres de ses bouquins dont "La Vie courante" et "Naissances", celui-ci m'a confirmé son talent d'écrivain. Dans ce roman à plusieurs facettes où il aborde la Seconde Guerre Mondiale, l'adolescence du jeune narrateur, puis certains moments choisis de sa vie), j'ai reconnu son style que j'apprécie, toujours très précis, vivant et poétique. Les éclipses entre les différents chapitres nous rendent à chaque fois plus curieux de savoir dans quelle situation où va le retrouver au chapitre suivant. Et de l'accompagner de son adolescence à sa mort est très intéressant.
    Bon moment de lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par coraline83100, le 22 juillet 2011

    coraline83100
    Un livre composé de deux parties.
    L'adolescence de Paul, sa rencontre avec Clara, ses escapades en Bavière nous entraînent dans des contrées inconnues, remplies de mystère et de souffrance. Un lourd secret de famille pèse...
    Cependant, à la seconde moitié du livre, on s'essouffle, on ne saisit pas toujours là où veut en venir l'auteur. Parfois un peu longuet, on ne parvient pas toujours à retrouver les premières émotions du début. C'est dommage, je ne suis pas entrée dans l'univers de la sculpture au côté de Paul.
    Un ouvrage qui reste malgré tout détonnant, au style fluide et simpliste. Un roman grave et superbe.
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    • Livres 4.00/5
    Par TheetGourmandise, le 18 avril 2011

    TheetGourmandise
    Au début de ma lecture, je trouvais ce roman assez bizarre...On jonglait avec la vie d'un adolescent, Paul, et tout d'un coup, des descriptions horribles de crimes commis pendant la seconde Guerre Mondiale. J'ai quand même continué ma lecture sans savoir vraiment à quoi m'attendre..mais en réalité, j'ai adoré.
    Je pense que c'est surtout cette relation ambigue entre Clara et Paul qui m'a beaucoup plu. Beaucoup d'émotions dans ce roman
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Citations et extraits

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  • Par horline, le 05 mai 2011

    Les hommes, c’est l’un après l’autre qu’on imagine leur calvaire, pas en masse. Si la souffrance est massive, elle devient abstraite. L’humain en général, l’humain exterminé en masse échappe à notre compassion. Dans son journal, le docteur notera : " Pourquoi, face à la démesure du mal, notre capacité d’émotion est-elle paralysée ? De même que notre conscience n’enregistre pas les trop petites perceptions, nous ne parvenons pas à nous représenter le mal, quand il est excessif "…
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  • Par kathy, le 17 avril 2011

    "Comme ce doit être bon de se laisser aller à ce qui vient, de jouir d'une grande paix innocente. Rien derrière soi: il ne s'est rien passé! Et mille occasions de plaisirs devant soi. Le monde est à nous! Du soleil par-dessus le marché. Logique de paix. Logique heureuse." Mais...

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  • Par horline, le 05 mai 2011

    Après tout, avoir seize ans au début des années soixante, en Europe, quoi de mieux ? J’ai l’intuition qu’il suffirait de très peu de chose pour que se développe en moi une aptitude au bonheur. Crayons abandonnées. Pages blanches. Carnets refermés. Heures de solitude enfin abolies. Vivement dimanche !
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À l’occasion de la sortie de son nouvel essai Enfance obscure, Pierre Péju, romancier et philosophe est revenu pour la NRP sur certains thèmes de l’enfance qui lui tiennent à cœur, la notion d’enfantin, l’enfant aujourd’hui, la littérature jeunesse.








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