ISBN : 2211092187
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2008)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Au Gymnasium, le lycée de la ville haute, il y a les jaguars, programmés pour la réussite, et quelques rois du ruisseau, des Gavroche et des Esmeralda égarés. Comme Tadeusz et ses mains rouges. Il porte des maillots de sport ou des chemises de bûcheron, vit en banlieue,... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Anne Percin est-elle un écrivain queer ? On est en droit de se poser la question à la lecture de L'âge d'ange qui, à défaut de redéfinir les questions de genre et d'identité sexuelle, les sort des sentiers (re)battus et balisés.
    Jusqu'au deux tiers du roman, elle réussit le tour de force d'éviter toutes les marques de genre susceptibles de trahir le sexe de son ange narrateur. le trouble est habilement entretenu. La révélation de la page 79 déconcertera plus d'un lecteur.
    Les deux adolescents dont il est question dans le roman ne trouvent pas leur place, pas plus parmi leurs camarades de classe que dans leur entourage. L'un, invisible aux yeux de ses parents bourgeois, préoccupés par leur seule carrière professionnelle ; l'autre, né de parents immigrés polonais, pas assez en marge pour être intégré par les bandes des quartiers où il vit.
    Ces deux êtres en décalage, habitués à être mis à l'écart, se découvrent des affinités, se rapprochent, se retrouvent autour des Amours des dieux et des héros, de leur attrait pour les corps et leur sensualité (l'épisode des miettes de biscottes découvertes entre les pages du livre est d'une sensualité absolue).
    Anne Percin milite pour le refus des préjugés, décolle les étiquettes que les autres sont toujours prompts à vous coller, détruit les cases dans lesquelles on enferme volontiers les gens. Alors, queer peut-être, mais elle est sans conteste un écrivain engagé, contestataire tout au moins.
    En même temps que le corps de ses personnages s'éveille à la sensualité/sexualité, leur conscience s'éveille à la politique. le récit qui jusque-là avait des allures de conte, d'allégorie, glisse vers le récit social. Des émeutes éclatent dans les quartiers sensibles. En compagnie de Tadeusz (allusion à l'éphèbe de Mort à Venise ?), le personnage des beaux quartiers découvre que « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches. », comme l'a dit Victor Hugo dans L'Homme qui rit, cité en ouverture de L'âge d'ange.
    Témoin des injustices sociales, il va peu à peu prendre ses distances avec son milieu et ses parents. Cette prise de conscience décidera de sa vie d'adulte.
    Cet aspect politique du roman m'a moins convaincu, pour deux raisons. La principale est que j'ai trouvé l'opposition des classes sociales sans nuance, trop manichéenne, trop simpliste. le discours d'ailleurs tranche avec le reste du roman, tout en suggestion et subtilité. Comme si le sujet est trop viscéral pour que l'auteur puisse garder toute mesure (un des personnages dit à la page 66 « La naïveté,… C'est ce qu'on invoque quand on a peur d'être généreux" ». La générosité me fait peut-être ici défaut).
    Ensuite, la maturité du discours politique me semble assez rare chez les ados. Toutefois, elle peut s'expliquer par le fait que le narrateur, devenu adulte, porte un regard rétrospectif sur les événements.
    Il n'empêche que L'âge d'ange est un roman émouvant et fort troublant, qui joue avec virtuosité de la confusion des genres, des identités et des sentiments. Un plaidoyer pour la différence qui saura toucher quiconque s'est senti un jour ou l‘autre mis à l'index
    Preuve de sa singularité dans le paysage de la littérature jeunesse, L'âge d'ange a raflé cinq prix cette année : Prix des Dévoreurs de livres, Prix littérature ado de la Télévision Suisse Romande, Prix jeunesse Hautes-Pyrénées, Prix Escapages, Prix littérature jeunesse E.Leclerc.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/L%27%C3%A2ge%20d%27ange
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    • Livres 5.00/5
    Par TinyAkatsuki, le 03 juillet 2010

    TinyAkatsuki
    Une leçon de sagesse. le genre de livre qui marque.
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    • Livres 4.00/5
    Par claracambry, le 25 mai 2011

    claracambry
    J'ai terminé ce livre il y a déjà un moment. J'avais beau y réfléchir à comment vous en parler, je me sentais dans une impasse. Comment vous faire part de mes ressentis, de mon trouble et de ma surprise ? L'adolescence est une période charnière où les corps muent, la pensée s'ouvre et les idéaux sont bien souvent bousculés. le narrateur devenu adulte revient sur cette période. Qui est-il vraiment? Garçon, fille ? Impossible de le savoir . Lycéen dans une école d'où sortent des élèves programmées à réussir, il s'agit d'un élève effacé, timide, se plongeant corps et âme dans le grec. Amour démesuré, entier pour la mythologie grecque, sorte de refuge intemporel dans lequel il vit. Il se prend de passion pour un livre ancien de la bibliothèque. Un jour, il constate avec stupeur que son livre a été emprunté. Non pas par un de ses élèves modèles mais par Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Deux élèves opposés par leur condition sociale mais unis par le même amour.

    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2011/05/anne-percin-lage-dange.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/05/anne-percin-lage-dange.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Aurelilele, le 18 janvier 2009

    Aurelilele
    Un très beau roman sur les relations d'amitié profonde entre deux adolescents venant de deux milieux sociaux diamétralement opposés. Un style très travaillé.

    Lien : http://suspends-ton-vol.over-blog.com/article-25387855.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Mirabilia, le 21 janvier 2010

    Mirabilia
    Tadeudz l'impressionne. Il est l'autre personne à emprunter Amours des dieux et des héros. C'est sûr, ces deux êtres sont faits l'un pour l'autre.

    Lien : http://123otium.canalblog.com/archives/2009/11/10/15739350.html
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Critiques presse (2)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2008
    Lecture jeune, n°128 - Anja, la narratrice, nous raconte ses années passées dans le lycée de la ville Haute au Luxembourg, où elle a connu Tadeusz. Dans ce « gymnasium » huppé, la plupart des élèves sont privilégiés. Seuls quelques-uns se différencient du groupe, comme Anja, passionnée par la Grèce Antique et ressemblant à un ange avec son physique androgyne, ou comme Tadeusz, d’origine polonaise, solitaire, vivant dans les banlieues précaires et excellant en russe. Ils se rencontrent grâce au livre Amours des dieux et des héros. Avec lui, elle découvre l’amour et la vie. Pour lui, ce n’est qu’une amitié immense, il préfère les garçons. Il évolue par ailleurs dans un univers dangereux où les gangs se confrontent. Tadeusz éveille la conscience politique d’Anja, qui remet en question son milieu et ses valeurs. L’issue tragique de ce roman, permettra également à Anja d’acquérir enfin son identité, d’endosser sa féminité trop longtemps refoulée.

    L’ouvrage mythologique que se partagent les deux personnages préfigure le destin croisé des deux adolescents. L’onirisme se fond dans le réel et ainsi, le lecteur s’aperçoit que le monde fictionnel ici décrit est comme intemporel. Les adolescents hors du commun combattent ensemble pour l’égalité. Ils luttent contre les injustices sociales, l’hypocrisie, l’homophobie et les horreurs du monde. Ce roman, par les thèmes évoqués et son écriture soignée, est très émouvant.

    Agnès Donon
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2008
    Lecture jeune, n°128 - L’âge d’ange n’est pas le simple récit de l’amour perdu d’une jeune femme. La précarité des banlieues, les révoltes de ceux qui n’ont plus rien à perdre, participent à la trame de cette aventure qui semble atemporelle. La jeune Anja, qui se révèle au fil des pages, est un personnage particulièrement attachant. Outre son éveil à la vie et à la politique, il est également question de son émancipation, de sa rupture avec son milieu d’origine ; bourgeois et conservateur. C’est un véritable bouleversement, qu’elle se remémore, adulte : « Le choc fut si violent que, des années plus tard, alors que j’écris ces lignes, je tremble. » Il s’agit d’un roman qui condamne toutes les injustices et tout ce qui dégrade l’homme. Ainsi, ces deux « anges », que sont Tadeusz et Anja, restent ancrés dans nos mémoires, une fois le roman achevé.

    Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    Leur justice à la petite semaine, leur justice au coup par coup, elle m’écœurait. Je voulais ce que Tadeusz et son père auraient voulu, je voulais ce que Rose Luxembourg avait voulu, je voulais la justice sociale, pas la punition, je voulais la paix, pas l’apaisement. Je voulais le changement, pas l’oubli.
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  • Par TinyAkatsuki, le 03 juillet 2010

    Bien sûr, si j'avais osé aller jusqu'au bout de ma pensée, si, un soir, j'avais dit à mon père cette vérité: "Notre société maintient ses pauvres dans la misère pour assurer le confort de l'élite", je n'aurais pas manqué de m'entendre traiter de gauchiste en culottes courtes, qu'on envoie au lit sans télé.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    Je m’étais inventé un monde totalement inaccessible et parfait, un domaine inviolé. Dans ce domaine, j’aimais. Je ne m’intéressais à personne, puisque personne ne s’intéressait à la même chose que moi. Je me croyais au-dessus des autres, juste parce que j’étais à l’écart. Je me croyais unique, je n’étais que solitaire. Quand on se sent incompris, l’orgueil tient compagnie.
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  • Par Aurelilele, le 18 janvier 2009

    La bibliothèque du lycée.
    C'était mon sanctuaire. [...]
    J'y allais avant la pause de midi.
    A cette heure festive, la bibliothèque était encore ouverte, mais dormait d'un oeil. Tout comme la gardienne du temple, une femme entre deux âges. Avachie devant son ordinateur, elle ne faisait pas attention à mes allées et venues incessantes devant le rayon Antiquité.
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  • Par TinyAkatsuki, le 03 juillet 2010

    -Alors finalement, ça y est, vous vous êtes trouvés ! lança-t-elle avec un sourire.
    Le doute n'était plus permis. Nous étions réunis; à sa grande satisfaction, elle avait sous la main les deux illuminés du rayon Antiquité.
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