J'ai lu ce livre il y a quelques années déjà, mais il m'a suffisamment marquée pour que son souvenir reste vif dans mon esprit. Ce n'est pas tant le style littéraire, que j'ai trouvé pompeux, ni même les propos, volontairement trop provocateurs, qui m'ont touchée. (D'ailleurs, vu la société où l'on baigne de nos jours,
Hell est-il un livre si choquant que ça?)
Ce qui m'a bouleversée, c'est surtout la souffrance du personnage de
Hell, cette volonté de se débattre sans savoir par où commencer.
Elle n'a pas de vrais amis, ses parents semblent absents, tout ce qu'elle a c'est ce foutu argent dont elle ne sait que faire, et qu'elle dépense en fringues, en drogues et en alcool parce qu'elle ne trouve rien d'autre pour remplir sa vie.
Ses propres émotions semblent la prendre par surprise. Elle baise avec des hommes qu'elle n'aime pas. Elle prend tout de même un dessert en sachant qu'il sera écœurant. Bref, elle agit par habitude et par mimétisme avec son entourage. Entourage dont le poids est beaucoup plus important que le discours je-m'en-foutiste et désabusé de la narratrice voudrait nous le faire croire...
Jusqu'à sa rencontre avec son autre, son double, aussi beau, aussi fou, aussi riche, aussi paumé. Un conte de fées, presque.
Sauf que l'histoire de
Hell est une tragédie (ce mot a été employé dans d'autres critiques, et je ne peux qu'y adhérer). Une tragédie qui m'a tiré les larmes au même titre que la Violetta qu'elle évoque en écoutant la Traviata.
Comme beaucoup, j'ai d'abord détesté cette fille, avant de réaliser à quel point je m'en sentais proche. Au delà de l'aspect bling-bling, elle est terriblement humaine, fragile, incapable de se protéger elle-même. Elle a besoin d'aide, d'amour, mais personne n'est prêt à lui en donner dans un monde où tout n'est qu'apparences.
Qu'on l'aime ou qu'on le déteste,
Hell est selon moi un livre qui ne laisse pas indifférent.