> Thierry Laget (Éditeur scientifique)
> Brian G. Rogers (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070392457
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 4.55/5 (sur 64 notes) Ajouter à mes livres
- Monsieur, je vous jure que je n'ai rien dit qui pût vous offenser.

- Et qui vous dit que j'en suis offensé, s'écria M. de Charlus avec fureur en se redressant violemment sur la chaise longue où il était resté jusque-là immobile, cependant que, tandis qu... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 07 juillet 2011

    chartel
    Ce troisième tome de la Recherche s'aventure dans le faubourg Saint Germain, terre aristocratique, ce fameux "côté de Guermantes", où le narrateur arrive étonnamment à s'introduire dans le salon de la duchesse de Guermantes grâce à ses qualités intellectuelles et littéraires.
    Comme il comparaît Balbec et son pays, dans le tome précédent, avec les images construites et rêvées à partir de son simple nom, il met en balance sa vision fantasmée de ce monde de la haute noblesse avec ce qu'il voit, sent et entend au cours des dîners et des raouts auxquels il est convié régulièrement. Autant dire que le décalage est tout aussi radical que pour Balbec et que la désillusion est complète. La réalité ne concorde pas avec une image toujours trop idéalisée, et le narrateur se rend compte que tout aristocrates qu'ils sont, les habitants des beaux hôtels du faubourg Saint Germain n'en sont pas moins des hommes et des femmes comme les autres. L'incarnation tue le rêve.
    Le rêve est d'ailleurs un thème cher à Proust, comme tous les intellectuels de son époque il en explore les richesses. Bien que très éloigné formellement des Surréalistes, il n'en avait pas moins les mêmes préoccupations.
    Bien que la peinture des salons soit parfois un peu longue et fastidieuse, notamment chez Madame de Villeparisis, j'ai été, encore une fois, ébloui par l'extrême minutie de Proust lorsqu'il s'attache à une idée, qu'il la travaille, la creuse et la martèle pour en extraire des saveurs et des impressions inattendues.
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    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 24 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture...

    Cette première partie de l'œuvre, le narrateur et sa famille déménage dans l'hôtel des Guermantes. le narrateur se rend alors au théâtre afin de voir, pour la seconde fois de sa vie, La Berma interpréter le rôle de Phèdre, mais cette fois-ci, il n'est plus intéressé et se met à regarder la princesse de Saxe qui se trouve en compagnie de Mme de Guermantes.
    le voyage du narrateur à Doncières est une occasion pour lui de revoir Saint-Loup, c'est par ailleurs à ce moment que l'affaire Dreyfus est abordée pour la première fois.
    Et lorsqu'il retourne à Paris, les choses ont changé : sa grand-mère est malade, l'hiver touche à sa fin et Mme de Guermantes est froide à son égard. Saint-Loup revient alors à Paris et invite le narrateur à rencontrer sa maîtresse qui est finalement « Rachel quand du Seigneur », une prostituée que le narrateur avait fréquenté dans sa jeunesse, il ne dit cependant rien à Saint-Loup tandis qu'ils arrivent dans un restaurant où une dispute éclate entre Rachel et Saint-Loup, le jeune homme ne supportant pas que sa maîtresse jette des regards sur d'autres hommes.
    Une dispute plus importante éclatera entre les deux amants un peu plus tard dans les coulisses d'un théâtre, et Saint-Loup, irrité, gifle un journaliste car la fumée de la cigarette de ce dernier importune le narrateur.
    Le narrateur se rend au salon de Mme de Villeparisis, et croise successivement, Bloch, Mme de Guermantes, Legrandin, M. de Norpois, M de Guermantes, Mme de Cambremer, M. d'Argencourt, Saint-Loup, la mère de celle-ci, Mme Swann, et le baron de Charlus.
    Saint-Loup éprouve des remords, car ayant refusé un collier de Boucheron à sa maîtresse ; il quitte alors la réunion au regret de sa mère.
    A la sortie de cette réunion, le baron de Charlus accompagne le narrateur et lui propose de diriger sa vie, mais en tenant ensuite des propos antisémites sur la famille de Bloch.
    Après avoir demandé au narrateur de lui faire rapidement part de ses attentions, il fait un étrange choix de fiacre, après en avoir refusé plusieurs.
    De retour chez lui, le narrateur découvre que la maladie de sa grand-mère s'est aggravée. On appelle alors Cottard à son chevet, mais on lui préfère finalement le docteur Boulbon qui prétend que la maladie est simplement nerveuse.
    Le narrateur reçoit alors une lettre de Saint-Loup qui l'accuse de perfidie, relativement à ce qui s'est passé lors de la réunion de Mme de Villeparisis. le narrateur se rend ensuite aux Champs-Élysée avec sa grand-mère, mais celle-ci est alors victime d'une attaque.
    source : wikipédia

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 18 janvier 2010

    Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine, mais quand nous disons cela, nous nous représentons cette heure comme située dans un espace vague et lointain, nous ne pensons pas qu’elle ait un rapport quelconque avec la journée déjà commencée et puisse signifier que la mort—ou sa première prise de possession partielle de nous, après laquelle elle ne nous lâchera plus—pourra se produire dans cet après-midi même, si peu incertain, cet après-midi où l’emploi de toutes les heures est réglé d’avance. On tient à sa promenade pour avoir dans un mois le total de bon air nécessaire, on a hésité sur le choix d’un manteau à emporter, du cocher à appeler, on est en fiacre, la journée est tout entière devant vous, courte, parce qu’on veut être rentré à temps pour recevoir une amie; on voudrait qu’il fît aussi beau le lendemain; et on ne se doute pas que la mort, qui cheminait en vous dans un autre plan, au milieu d’une impénétrable obscurité, a choisi précisément ce jour-là pour entrer en scène, dans quelques minutes, à peu près à l’instant où la voiture atteindra les Champs-Élysées.
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  • Par Piling, le 18 janvier 2010

    J’ai pensé, depuis, que ce moment de son attaque n’avait pas dû surprendre entièrement ma grand’mère, que peut-être même elle l’avait prévu longtemps d’avance, avait vécu dans son attente. Sans doute, elle n’avait pas su quand ce moment fatal viendrait, incertaine, pareille aux amants qu’un doute du même genre porte tour à tour à fonder des espoirs déraisonnables et des soupçons injustifiés sur la fidélité de leur maîtresse. Mais il est rare que ces grandes maladies, telles que celle qui venait enfin de la frapper en plein visage, n’élisent pas pendant longtemps domicile chez le malade avant de le tuer, et durant cette période ne se fassent pas assez vite, comme un voisin ou un locataire «liant», connaître de lui. C’est une terrible connaissance, moins par les souffrances qu’elle cause que par l’étrange nouveauté des restrictions définitives qu’elle impose à la vie. On se voit mourir, dans ce cas, non pas à l’instant même de la mort, mais des mois, quelquefois des années auparavant, depuis qu’elle est hideusement venue habiter chez nous. La malade fait la connaissance de l’étranger qu’elle entend aller et venir dans son cerveau. Certes elle ne le connaît pas de vue, mais des bruits qu’elle l’entend régulièrement faire elle déduit ses habitudes. Est-ce un malfaiteur? Un matin, elle ne l’entend plus. Il est parti. Ah! si c’était pour toujours! Le soir, il est revenu. Quels sont ses desseins? Le médecin consultant, soumis à la question, comme une maîtresse adorée, répond par des serments tel jour crus, tel jour mis en doute. Au reste, plutôt que celui de la maîtresse, le médecin joue le rôle des serviteurs interrogés. Ils ne sont que des tiers. Celle que nous pressons, dont nous soupçonnons qu’elle est sur le point de nous trahir, c’est la vie elle-même, et malgré que nous ne la sentions plus la même, nous croyons encore en elle, nous demeurons en tout cas dans le doute jusqu’au jour qu’elle nous a enfin abandonnés.
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  • Par Storm, le 03 juillet 2009

    J’ai dit (...) ce que je pense de l’amitié: à savoir qu’elle est si peu de chose que j’ai peine à comprendre que des hommes de quelque génie, et par exemple un Nietzsche, aient eu la naïveté de lui attribuer une certaine valeur intellectuelle et en conséquence de se refuser à des amitiés auxquelles l’estime intellectuelle n’eût pas été liée. Oui, cela m’a toujours été un étonnement de voir qu’un homme qui poussait la sincérité avec lui-même jusqu’à se détacher, par scrupule de conscience, de la musique de Wagner, se soit imaginé que la vérité peut se réaliser dans ce mode d’expression par nature confus et inadéquat que sont, en général, des actions et, en particulier, des amitiés, et qu’il puisse y avoir une signification quelconque dans le fait de quitter son travail pour aller voir un ami et pleurer avec lui en apprenant la fausse nouvelle de l’incendie du Louvre.
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  • Par Piling, le 18 janvier 2010

    Je ne voulais pas que ma mère remarquât trop l’altération du visage, la déviation de la bouche; ma précaution était inutile: ma mère s’approcha de grand’mère, embrassa sa main comme celle de son Dieu, la soutint, la souleva jusqu’à l’ascenseur, avec des précautions infinies où il y avait, avec la peur d’être maladroite et de lui faire mal, l’humilité de qui se sent indigne de toucher ce qu’il connaît de plus précieux, mais pas une fois elle ne leva les yeux et ne regarda le visage de la malade. Peut-être fut-ce pour que celle-ci ne s’attristât pas en pensant que sa vue avait pu inquiéter sa fille. Peut-être par crainte d’une douleur trop forte qu’elle n’osa pas affronter. Peut-être par respect, parce qu’elle ne croyait pas qu’il lui fût permis sans impiété de constater la trace de quelque affaiblissement intellectuel dans le visage vénéré. Peut-être pour mieux garder plus tard intacte l’image du vrai visage de sa mère, rayonnant d’esprit et de bonté. Ainsi montèrent-elles l’une à côté de l’autre, ma grand’mère à demi cachée dans sa mantille, ma mère détournant les yeux.
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  • Par Piling, le 18 janvier 2010

    Et il me tendit gracieusement la main. J’avais refermé la porte et un valet nous guidait dans l’antichambre, ma grand’mère et moi, quand nous entendîmes de grands cris de colère. La femme de chambre avait oublié de percer la boutonnière pour les décorations. Cela allait demander encore dix minutes. Le professeur tempêtait toujours pendant que je regardais sur le palier ma grand’mère qui était perdue. Chaque personne est bien seule. Nous repartîmes vers la maison.
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