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ISBN : 2752904762
Éditeur : Phébus (2010)


Note moyenne : 2.94/5 (sur 140 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Dès sa puberté, en pleine guerre de 14, André, fils unique de Loïc et Fernande, développe un don très particulier, celui de faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes qui viennent fa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 24 décembre 2012

    brigittelascombe
    André Plomeur, doué pour faire "chanter le Bifteck" puis la chair des femmes, vu sa grande habilité manuelle, se taille une sacrée réputation dans la bavette et plus si affinités. Ce boucher, né dans la boucherie familiale, dont le premier mot "gravé dans les annales" fut Bifteck (d'où le titre), pas très beau mais "précoce en amour" voit fleurir, "sept immaculées conceptions" sur le seuil de sa boutique quimpéroise, au lendemain de 14-18 car les femmes, jadis esseulées, se doivent à leur devoir conjugal et, intouchables, à leur moralité.
    Le lecteur comprend aisément le côté burlesque de ce conte qui prend des allures d'aventures picaresques lorsque ce père de famille nombreuse s'embarque sur le "Gretchen" (du nom de sa fille "végétarienne qu'il aime malgré ses différences) avec ses sept petites têtes brunes ou blondes (pour fuir un préfet irascible suite à une dénonciation anonyme) puis des allures fantastiques, lorsque accostant sur une île,après avoir bravé mille épreuves (dont "l'Ankou", l'ouragan et le naufrage) avec sa marmaille devenue grande, il fait l'amour avec la Terre-Mère.
    Outre l'humour déployé (ex:apprentissage de l'alphabet: A comme abats,B comme Bifteck,C comme côtelettes...) ou du plus noir (style:on lui donne un "os moelleux à ronger dans son lit") c'est surtout la tendresse quasi maternelle de ce père qui est touchante.
    Beaucoup de fantaisie et de poésie dans ce Bifteck là dont la viande du début se transforme en amour (ex: ses enfants font des pétales de leurs corps pour se refermer autour de lui comme une fleur) jusqu'au "hamburger" de la fin.Amérique oblige! Une certaine philosophie de la vie et du bonheur où cet homme là trouve le sien dans l'amour distribué et sa communion avec la nature souveraine.
    Rien à voir avec le boucher rouge sang de Comme une bête de Joy Sorman mais un gentil Robinson Crusoë débrouillard, un papa poule aimant qui pousse ses enfants à prendre leur envol et un gai luron sensuel dont "l'archet" fait trembler les "Stradivarius".
    Vite lu et très gai Bifteck, tendre à souhait, se déguste sans modération!
    Martin Provost, cinéaste et écrivain a, entre autres, adapté Séraphine au cinéma.
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    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 17 mars 2013

    Moan
    André est un boucher précoce et très doué.
    Durant la première guerre mondiale, tous les hommes de Quimper comme les autres, sont partis à la guerre. André s'occupe aussi bien dans sa boucherie, à servir les femmes restées seules, qu'à leur donner rendez-vous pour leur faire oublier l'absence de leurs maris .
    Aussi, un jour, retrouve-t-il devant sa porte un panier avec un bébé, puis un second....
    Très joli conte écrit par l'écrivain et cinéaste Martin Provost réalisateur du film Séraphine.
    Un livre à déguster rapidement ( 120 pages) pour se détendre.
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    • Livres 2.00/5
    Par quiliravivra, le 14 septembre 2012

    quiliravivra
    Attirée par le titre j'ai été bien déçue.
    Après une mise en bouche intéressante (une allure de conte) le plat de résistance (un copieux mélange des genres) s'est révélé pour moi indigeste et le dessert, une conclusion cousue de fil rouge.
    Cette fameuse réflexion sur la paternité, j'ai préféré la retrouver dans d'autres romans.
    Bref c'est un livre qui ne m'a pas du tout nourri et dont je n'ai même pas trouvé de beauté à l'écriture.
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 07 février 2012

    Kittiwake
    Quel curieux livre, structuré comme un conte pour enfants (la fratrie de 7 dont un se distingue des autres, le voyage initiatique, les énumérations, et la résolution...ici pour le moins inattendue!) prenant ses racines dans cette terre de légende qu'est le far west armoricain et dont le thème central est....la viande. Sortant d'un roman végétarien( «La forêt des 29») le changement de décor a été brutal!
    Donc dans notre Quimper à l'époque de la première boucherie mondiale, c'est justement une boucherie (locale) qui voit naitre le héros du récit. Un viandard assumé qui vit pour, dans, avec les morceaux nobles aussi bien que les abats, qui apprend à lire sur les étiquettes et panneaux du magasin, à compter avec la recette. Son passage à l'adolescence en fait un serial-séducteur qui choisit ses victimes en leur tendant une tranche d'un morceau pour connaisseur : l'araignée. C'est ainsi que de conquête en conquête, la fin de la guerre et donc le retour des maris qui ont survécu André se retrouve entouré de sept marmots. Les velléités de vengeance d'un époux cornu ne lui laissent pas le choix : c'est la fuite à bord d'un rafiot, pour des terres lointaines. Les enfants grandissent au cours de ce long voyage. Et puis une terre promise, mère accueillante et femme offerte sera la fin du périple. Quant aux enfants il ne faudra pas moins qu'une faille océanique pour les propulser aux quatre coins du monde, élaborant chacun de leur côté un élément d'une extraordinaire invention dont je tairai bien entendu la nature....

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/martin-provost-quel-curie..
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  • Par chiffonnette, le 10 octobre 2010

    chiffonnette
    André est boucher, fils de boucher et devrait donner naissance à un boucher qui donnera naissance à un boucher. Parce que c'est comme cela que vont les choses dans la famille Plomeur. Mais c'est sans compter avec la guerre et le talent d'André pour faire chanter les corps des femmes. La file s'allonge devant la boucherie jusqu'à l'armistice. C'est alors un autre défilé, celui des bébés dont les mères se débarassent pour ne pas subir l'ire des époux rentrés du fronts. Et quand un des cocus se mêlent de vengeance, il est temps pour André de prendre ses 7 rejetons sous le bras et de prendre la poudre d'escampette.
    Je sors de la lecture de Bifteck avec un goût de trop peu ma foi un peu étonnant pour un texte qui aligne avec bonheur un vocabulaire boucher et culinaire qui donne l'eau à labouche (ou la nausée, c'est selon). C'est un récit truculent, drôle, enlevé qu'on prend plaisir à lire. Les aventures d'André découvrant l'amour, la paternité, cousant de ses mains des culottes courtes pour ses petits et décontenancé par le végétarisme affirmé de la petite dernière est irrésistible.
    Mais le texte effectue soudainement un virage vers le fantastique. On débarque avec la famille Plomeur dans un Nouveau Monde qui fleure son pays des merveilles. Je me suis alors perdue dans les méandres d'un second récit où les enfants grandissent à vue d'oeil, où les étapes de la vie sont effleurées et où la terre devient vivante. et qui e m'a pas franchement convaincue.
    Reste une belle vision de la paternité et un récit sympathique et attachant.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Noémie Sudre pour le Magazine Littéraire

    Que donnerait le mythologique steak frites de Barthes à la sauce XXIe siècle, édulcoré d'une pointe de symbole, relevé d'un zeste de légende? Peut-être Bifteck, la fable que publie Martin Provost. Connu du public po... > lire la suite

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 18 janvier 2012
    Avec Martin Provost, le ton est plus badin. Mais derrière cette version stakhanoviste de l'art d'être père, se cache une autre aventure fantaisiste qui transforme le roman en fable singulière.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par CarredArtBibliothequesNimes, le 25 février 2012

    Son premier mot ne fut évidemment pas de ceux auxquels on s'attend d'habitude, ces chers "papa", "maman" lâchés comme la preuve absolue d'une prédisposition du coeur à nommer l'un et l'autre, pas du tout. Après les gargouillis et onomatopées d'usage, le jour où Fernande décida de sevrer à jamais son loupiot en sanglant fermement ses tétons, ce dernier lâcha ce seul mot, qui resta pour toujours gravé dans les annales :
    - Bifteck !
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  • Par Artsouilleurs, le 06 octobre 2010

    André Plomeur est né à Quimper, par un beau jour d’avril. Sa mère finissait de larder un rôti de bœuf quand elle se sentit embrochée comme un poulet prêt à cuir. La cliente qui attendait, la voyant étouffer, crut que c’était le cœur qui lâchait. Mais non. Ça se passait plus bas. Lorsque les eaux se mirent à ruisseler sur la sciure, on envoyer chercher le futur papa aux abattoirs. Il fallait le prévenir dare-dare que l’enfant de l’amour arrivait.
    Élevé au lait entier, le jeune André évolua rapidement dans la tradition ancestrale en travaillant au magasin dès l’âge de cinq ans. A sept, il savait déjà tenir la caisse, à huit, égorger son premier mouton, à dix, vous désosser une épaule en deux temps trois mouvements et l’entrelarder sous votre nez, façon bouchère. Fallait voir comment il aimait la bidoche. Si les pianistes naissent tous avec un don, André semblait venu sur terre avec celui qui fait chanter le bifteck.
    Toutes ses années scolaires, il les passa à la boucherie, l’enseigne arborant les lettres du nom familial peintes en rouge sang sur un fond rose fuchsia. Loïc, son père, Fernande, sa mère (descendante directe d’une lignée de charcutiers originaire de l’île de Molène, créateurs de la saucisse du même nom), décidèrent, à l’arrivée du rejeton, de ne rien changer aux principes d’une éducation transmise par les générations précédentes, qui avait déjà fait ses preuves. Loïc apprit donc lui-même au marmot l’art des voyelles et des consonnes. Chaque fois qu’il débitait les quartiers de bidoche au hachoir, il lui faisait répéter à voix haute les noms inscrits sur les panneaux cloués aux murs de la boucherie où les bœufs, les moutons, les cochons et les chevaux, soigneusement dessinés à la plume, apparaissaient découpés en morceaux. A comme abats, B comme bifteck, C comme côtelette, D comme dindon (chez Plomeur, on faisait aussi la volaille), E comme épaule, F comme filet mignon, G comme gigot, H comme hure, I comme indigestion…
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  • Par claracambry, le 15 septembre 2010

    Elle leva son délicat visage vers le premier étage et André vit alors, dans jeux égarés, gorgés d’un trop-plein d’amour maternel, cette même douleur qu’il avait devinée chez les vaches à qui l’on vient de prendre un veau pour le mener à l’abattoir, et qui meuglent à la mort plusieurs semaines.

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  • Par fabie_r, le 19 février 2012

    Quand il se sentit plein de cette vision qui donnait tout son sens à son existence, André se coucha parmi ses petits, attirant à lui les sept corps endormis qui se refermèrent sur son corps comme les pétales d'une même fleur.
    Il s'endormit vite, noyé par la tendresse.

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  • Par brigittelascombe, le 24 décembre 2012

    L'Ankou,l'Ankou rôdait de l'autre côté de la coque.Il savait comment le passeur des âmes prépare toujours ses coups en vache.La mort n'abandonne pas si facilement un champ de bataille.

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