ISBN : 2070361039
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 353 notes) Ajouter à mes livres
- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
- Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par c.brijs, le 03 novembre 2011

    c.brijs
    De ma lecture d'adolescente, je n'avais retenu que l'histoire d'une fillette un peu trop dévergondée, n'ayant pas froid aux yeux et employant un langage de charretière... Un peu une Fifi Brindacier parisienne quoi!
    Mais, sous ce vernis édulcoré par les truculentes expressions argotiques de Queneau, se cache une sorte de "road movie" dans la ville de Paris où Zazie, au fil des rencontres et des expériences qu'elle va vivre sur à peine deux jours, va mûrir et devenir "adulte"...

    Tout commence à la gare d'Austerlitz où Jeanne Lalochère qui a un nouveau jules confie sa fille, Zazie, à son frère, Gabriel, un colosse au grand coeur, le seul homme en qui elle peut avoir confiance... Dès le départ, la fillette surprend par son langage châtié et ses manières de garçon manqué. Provinciale, l'enfant ne rêve que d'une chose: voir le métro mais, malheureusement, celui-ci est en grève... le lendemain, elle part à la découverte de Paris... Pas facile pour son oncle et ses compagnons de la suivre, surtout qu'elle crie au satyre comme on crie au loup et place des "mon cul" à la fin de chacune de ses phrases! Faut dire qu'elle a des circonstances atténuantes...

    Comment qualifier cette re-lecture? Surprenante, haletante et quelque peu ardue...
    Surprenante car j'avais complètement oublié tout cet aspect initiatique du roman de Queneau. En bousculant les adultes, Zazie souligne leurs incohérences et essaie de comprendre ce qui se cache derrière leurs non-dits. Tout au long du récit, elle s'interroge énormément sur la sexualité et se demande si son oncle est un "hormosessuel" et ce que cela signifie...
    Haletante car, de répartie en répartie, le rythme est assez effréné... Cela s'apparente à une pièce de théâtre où les scènes se suivent sans moment creux et où l'on passe rapidement d'un décor à un autre... Les répliques sont savoureuses et les personnages ont du répondant. Gabriel, en ange gardien, se mue, à plusieurs reprises, en philosophe...
    Quelque peu ardue enfin, car, il faut se familiariser avec ce langage propre à Queneau, mélange d'argot, de langage populaire, de néologismes et de termes savants... Heureusement que j'avais internet à portée de main!
    Bref, un livre, un VRAI, qui permet des lectures plurielles selon les âges...
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
  • Par Woland, le 05 mai 2010

    Woland
    Je n'avais jamais lu "Zazie ..." : que voulez-vous, nul n'est parfait. Il faut dire que les louanges quasi unanimes qu'on en faisait m'inspiraient de la méfiance. Et puis, le nom de Queneau était pour moi avant tout synonyme de poésie : or, la poésie n'a jamais été ma tasse de thé même si je la sais incontournable dans l'Histoire de la Littérature. Sans compter qu'il y avait aussi cette histoire d'OuLiPo et tous ces jeux, ces défis que s'imposaient, pour écrire, des auteurs comme Georges Pérec. Que j'eusse énormément apprécié - et admiré - "La vie mode d'emploi" ne changeait rien à l'équation : je trouvais plus ou moins masochiste cette volonté de s'imposer des contraintes supplémentaires d'écriture alors que la construction d'une intrigue et la cohérence des personnages et de l'histoire où ils évoluent, constituent par eux-mêmes des impératifs suffisamment difficiles à respecter.
    Et le masochisme non plus, ce n'est pas ma tasse de thé.
    Mais, tout récemment, un aimable vendeur de PM a eu l'idée de m'envoyer l'édition Folio de "Zazie ..." en prime des livres que je lui avais achetés. Dans de telles conditions, lire enfin le roman de Queneau me parut faire acte de courtoisie. Avec un mélange d'appréhension suspicieuse et de curiosité bien légitime, je pénétrai donc dans le premier chapitre de l'ouvrage, trébuchant illico sur le premier mot imaginé par Queneau : "Doukipudonktan", que précédait en exergue une citation d'Aristote.
    Trébuchant - l'effet de surprise, comprenez-vous car ce n'est pas tous les jours qu'on croise Aristote en si étonnante compagnie - mais me rattrapant vite fait à la solidité de Gabriel, l'oncle de Zazie (lequel porte "Barbouze" de chez Fior) ainsi qu'à l'entêtement - pour ainsi dire celtique - de la jeune héroïne au langage fortement rabelaisien mais jamais vulgaire. (Comme disait Coluche, "Grossier, oui mais vulgaire, jamais." Il devait avoir lu "Zazie ...", lui aussi, je n'en serais pas étonnée... )
    Après ça, passé les présentations d'usage - Gabriel est très à cheval sur les bonnes manières des enfants - je ne me rappelle plus très bien mais une chose est sûre : jamais traversée (presque toujours pédestre) de Paris ne m'a autant captivée (sauf peut-être celle, toute cinématographique, de Gabin et Bourvil au temps de l'Occupation et sous la houlette de Claude Autan-Lara).
    On regrette bien un peu qu'une grève impromptue du personnel de la RATP (no comment) ait privé Zazie de découvrir toutes les merveilles du Métropolitain (enfin, plus précisément, quand elle se retrouve enfin dans le Métro, elle dort et n'en voit donc pas un seul wagon) mais à côté de cela, elle rencontre - et nous rencontrons avec elle - tant de personnages hauts en couleur : Gabriel, tout d'abord, un bel homme et une nature sensible, qui fait un numéro de danseuse de flamenco tout en jurant ses grands dieux à sa nièce (et à tous ceux qui s'y intéressent) que non, il n'est pas homossessuel ; Marcelline, sa femme, qui parle toujours doucement et à qui revient le privilège d'amener la chute de fin ; Mado P'tits Pieds, une serveuse de bar très sentimentale ; Charles Turandot, son patron au langage fleuri et tout aussi sentimental ; l'ineffable agent de la paix Trouscaillon ; un car de touristes déchaînés parmi lesquels se distinguent des Japonais qui photographient tout ; la veuve Mouaque au tragique destin et enfin Jeanne Lalochère, la mère de Zazie et la soeur de Gabriel, qui entre et sort en coup de vent.
    Le tout à un rythme endiablé, qui évoquera à certains les bandes surréalistes de l'entre-deux-guerres, dans une floraison permanente et complètement déjantée de mots, les bons, les mauvais, les approximatifs, et une reconstruction permanente de la langue française - qui est aussi un hommage jubilatoire à celle-ci.
    A l'arrivée, me voilà devenue une inconditionnelle de Raymond Queneau. La preuve, je crois avoir quelque part dans ma bibliothèque "Le Dimanche de la vie" : je vais de ce pas le chercher et, quand je l'aurai lu, je reviendrai vous en parler. ;o)
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  • Par livr0ns-n0us, le 19 novembre 2011

    livr0ns-n0us
    Voici un classique que je n'avais encore jamais lu, bien que j'en entendis souvent parler. C'est désormais chose faite dans le cadre du challenge ABC 2011 de Nanet !
    J'avoue que les premières pages m'ont déstabilisée, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de lecture. Quel genre me direz-vous ? le genre qui fait se bidonner devant le loufoque des situations, oui, mais aussi le genre qui n'est pas forcément accessible.
    Je m'esplique (comme on dirait) : Zazie dans le metro est un ouvrage savoureux, très savoureux même, que l'on pourrait très certainement qualifier de "rabelesque" compte tenu de la capacité de l'auteur à inventer de nouveaux mots (et parce qu'il est aussi beaucoup question de ripaille et de breuvages en tout genre).
    Mais voici que je me mets à parler dans le style de Queneau ! Son style, inimitable pourtant, est composé d'un ensemble hétéroclite de mots savants ou d'expressions soutenues mais également du plus bel argot du peuple. Les expressions sont toujours très imagées, les situations exposées à grand renfort d'adjectifs qualificatifs démentiels, bref, la langue de Queneau est une langue bien vivante et surtout très remuante.
    Lorsque j'évoquais l'accessibilité ci-dessus, je pense à cet argot, qui bien que très souvent déchiffrable grâce au sens général de la phrase, ne facilite pas la lecture pour les plus jeunes (ou les moins jeunes qui découvrent seulement ce texte). D'autant que cet argot est désormais complètement dépassé... (le texte a été publié en 1959 donc n'est plus vraiment d'actualité ! ) Voici un petit exemple pour illustrer le propos :
    "Retraite mon cul, dit Zazie. Moi c'est pas pour la retraite que je veux être institutrice.
    - Non bien sûr, dit Gabriel, on s'en doute.
    - Alors c'est pourquoi? demanda Zazie.
    - Tu vas nous espliquer.
    - Tu trouverais pas tout seul, hein?
    - Elle est quand même fortiche la jeunesse d'aujourd'hui, dit Gabriel à Marceline.
    Et à Zazie:
    - Alors? pourquoi que tu veux l'être, institutrice?
    - Pour faire chier les mômes, répondit Zazie. Ceux qu'auront mon âge dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans, dans mille ans, toujours des gosses à emmerder.
    - Eh bien, dit Gabriel.
    - Je serai vache avec elles. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses. Parce que je porterai des bottes. En hiver. Hautes comme ça (geste). Avec des grands éperons pour leur larder la chair du derche.
    - Tu sais, dit Gabriel avec calme, d'après ce que disent les journaux, c'est pas du tout dans ce sens-là que s'oriente l'éducation moderne. C'est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension, la gentillesse. N'est-ce pas, Marceline, qu'on dit ça dans le journal?"
    Voilà, passé le moment de mise en garde à l'encontre des plus jeunes qui ne possèderaient pas les références (ou les plus jeunes tout court, Zazie dans le métro est loin d'être un texte enfantin), je peux enfin m'esprimer selon moi personnellement mes impressions. J'ai pris énormément de plaisir à cette lecture. Passé les quelques minutes de surprise liées au style, à la verve et même au contenu, j'ai adoré ce petit roman très caustique. La plume de Queneau est un véritable bonheur et son entreprise, à savoir donner une identité écrite au parlé du peuple, est très réussie et originale. le célèbre "Doukipudonktan" en est l'exemple parfait.
    Zazie est une enfant à la fois insupportable et attachante, malpolie, insolente, têtue mais aussi très intelligente. La galerie de personnages qui gravitent autour de la jeune fille est tout aussi intéressante : du tonton Gabriel, danseur dans une boite homosexuelle, au flic/satyre qui tombe éperdument amoureux En passant par la veuve pleurnicharde ou le conducteur de bus sans scrupules, toutes les catégories sociales sont abordées, leurs petites manies soulignées et tournées au ridicule. Queneau ne se contente pas de faire rire le lecteur ; son roman est également une étude particulièrement lucide, à la fois psychologique et sociologique. En bref, Zazie dans le métro est un récit truculent, une petite merveille de style, un roman incontournable que je suis ravie d'avoir lue ! La certaine complexité du langage en fait cependant un récit que je conseille au plus grands...
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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 31 mai 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    La première fois que j'ai ouvert Zazie dans le métro, je l'ai refermé au bout de quelques pages. Ce côté « langage parlé » gênait ma lecture, je ne me sentais pas vraiment à l'aise avec la langue de Raymond Queneau. Et puis, il y a quelques jours, en cherchant ce que j'allais lire, mes yeux se sont arrêtés sur ce bouquin. J'ai donc décidé de retenter l'expérience et grand bien m'en a fait puisque cela a été une lecture très agréable.
    Zazie débarque à Paris chez son oncle Gabriel parce que sa mère s'est trouvée un nouveau jules et ne veut pas avoir sa fille dans les pattes. Il faut dire que la vie de la petite n'est pas facile depuis que sa mère a tué son père à coup de hache. Charmante famille !
    Malgré un langage de charretier, étonnant tout de même pour une toute jeune fille, Zazie est une gamine pleine d'entrain et attendrissante. Mais il faut avouer tout de même que si nous l'avions en face de nous, quelques paires de claques partiraient parfois.
    Durant le roman, on la suit dans sa découverte de la ville, toujours accompagnée d'une ribambelle de personnages tous plus étonnants les uns que les autres. Découverte qui ne se fait pas avec calme parce que le calme, Zazie n'aime pas.
    Même si elle est parfois insolente, énervante, vulgaire, on s'attache tout de même à Zazie. On a le sentiment qu'elle crie toujours très fort pour ne pas penser à ce qui n'est pas agréable dans sa vie. Et croyez-moi, elle parle souvent beaucoup et souvent trop fort ! Mais elle est touchante, drôle.
    Ce roman est une vraie bouffée de bonheur. Il faut s'habituer à l'écriture de Raymond Queneau, à ses jeux de mots mais une fois que l'on rentre dans son univers, c'est un vrai plaisir. Les personnages sont drôles, les situations sont cocasses et la lecture se fait avec une grande fluidité. Un texte qui déborde d'humour et de malice mais qui pourtant ne manque pas de profondeur.
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    • Livres 3.00/5
    Par Myrtle, le 17 novembre 2011

    Myrtle
    L'histoire de la petite Zazie m'a déçue... Bien sûr, j'ai souri et je ne peux que reconnaître l'inventivité de Queneau et ses jeux de langue mais... je me suis ennuyée. Pour moi, il n'y a pas d'histoire "solide" et tout se noie dans des dialogues tarabiscotés. Ce trop plein de jeux mots a rendu ma lecture pénible. Et puis, quelle emmerdeuse cette petite Zazie! (Plus sérieusement, les personnages m'ont agacée, surtout sur la fin. )
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 26 avril 2010

    Doukipudonktan", se demanda Gabriel excédé. Pas possible, ils se nettoient jamais. Dans le journal, on dit qu'il y a pas onze pour cent des appartements à Paris qui ont des salles de bain, ça m'étonne pas, mais on peut se laver sans. Tous ceux-là qui m'entourent, ils doivent pas faire de grands efforts. D'un autre côté, c'est tout de même pas un choix parmi les plus crasseux de Paris. Y a pas de raison. C'est le hasard qui les a réunis. On peut pas supposer que les gens qui attendent à la gare d'Austerlitz sentent plus mauvais que ceux qu'attendent à la gare de Lyon. Non vraiment, y a pas de raison. Tout de même quelle odeur.

    Gabriel extirpa de sa manche une pochette de soie couleur mauve et s'en tamponna le tarin.
    "Qu'est-ce qui pue comme ça ?" dit une bonne femme à haute voix.

    Elle pensait pas à elle en disant ça, elle était pas égoïste, elle voulait parler du parfum qui émanait de ce monsieur.

    "Ça, ptite mère, répondit Gabriel qui avait de la vitesse dans la répartie, c'est Barbouze, un parfum de chez Fior.

    – Ça devrait pas être permis d'empester le monde comme ça, continua la rombière sûre de son bon droit.

    – Si je comprends bien, ptite mère, tu crois que ton parfum naturel fait la pige à celui des rosiers. Eh bien, tu te trompes, ptite mère, tu te trompes.

    – T'entends ça ?" dit la bonne femme à un ptit type à côté d'elle, probablement celui qu'avait le droit de la grimper légalement. "T'entends comme il me manque de respect, ce gros cochon ?"
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... - Pour faire chier les mômes," répondit Zazie. "Ceux qu'auront mon âge, dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans, dans mille ans, toujours des gosses à emmerder.

    - Eh bien," dit Gabriel.

    - "Je serai vache comme tout avec elles. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses. Parce que je porterai des bottes. En hiver. Hautes comme ça (geste). Avec de grands éperons pour leur larder la chair du derche.

    - Tu sais," dit Gabriel avec calme, "d'après ce que disent les journaux, c'est pas du tout dans ce sens-là que s'oriente l'éducation moderne. C'est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension, la gentillesse. N'est-ce pas, Marceline, qu'on dit ça dans le journal ?

    - Oui", répondit doucement Marceline. "Mais toi, Zazie, est-ce qu'on t'a brutalisée, à l'école ?

    - Il aurait pas fallu voir.

    - D'ailleurs," dit Gabriel, "dans vingt ans, y aura plus d'institutrices : elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l'électronique, des trucs comme ça. C'était aussi écrit dans le journal l'autre jour. N'est-ce pas, Marceline ?

    - Oui," répondit doucement Marceline.

    Zazie envisagea cet avenir un instant.

    - "Alors," déclara-t-elle, "je serai astronaute.

    - Voilà," dit Gabriel approbativement. "Voilà, faut être de son temps.

    - Oui," continua Zazie, "je serai astronaute pour aller faire chier les Martiens. ... [...]
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  • Par ZetaZeta, le 23 mai 2010

    Debout, Gabriel médita puis prononça ces mots:
    - L'être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l'homme qu'à la fin il disparaît. Un taxi l'emmène, un métro l'emporte, la tour n'y prend garde, ni le Panthéon. Paris n'est qu'un songe, Gabriel n'est qu'un rêve (charmant), Zazie le songe d'un rêve (ou d'un cauchemar) et toute cette histoire le songe d'un songe, le rêve d'un rêve, à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh! Pardon). Là-bas, plus loin – un peu plus loin – que la place de la République, les tombes s'entassent de Parisiens qui furent, qui montèrent, qui descendirent des escaliers, allèrent et vinrent dans les rues et tant firent qu'à la fin ils disparurent. Un forceps les amena, un corbillard les remporte et la tour se rouille et le Panthéon se fendille plus vite que les os des morts trop présents ne dissolvent dans l'humus de la ville tout imprégnée de soucis.
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... - "Pourquoi," qu'il disait,[Gabriel] "pourquoi qu'on supporterait pas la vie du moment qu'il suffit d'un rien pour vous en priver ? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène. Sans ça, qui supporterait les coups du sort et les humiliations d'une belle carrière, les fraudes des épiciers, les tarifs des bouchers, l'eau des laitiers, l'énervement des parents, la fureur des professeurs, les gueulements des adjudants, la turpitude des nantis, les gémissements des anéantis, le silence des espaces infinis, l'odeur des choux-fleurs ou la passivité des chevaux de bois, si l'on ne savait que la mauvaise et proliférante conduite de quelques cellules infimes (geste) ou la trajectoire d'une balle tracée par un anonyme involontaire irresponsable ne viendrait inopinément faire évaporer tous ces soucis dans le bleu du ciel. Moi qui vous cause, j'ai bien souvent gambergé à ces problèmes tandis que, vêtu d'un tutu, je montre à des caves de votre espèce [Gabriel est attablé au Café des Deux Palais (!!) avec la bande de touristes] mes cuisses naturellement assez poilues il faut le dire mais professionnellement épilées. Je dois ajouter que si vous en esprimez le désir, vous pouvez assister à ce spectacle dès ce soir. ... [...]
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  • Par Meduzantic, le 04 mai 2012

    L'être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l'homme qu'à la fin il disparaît. Un taxi l'emmène, un métro l'emporte, la tour n'y prend garde, ni le Panthéon. (...) Là-bas, plus loin - un peu plus loin - que la place de la République, les tombes s'entassent de Parisiens qui furent, qui montèrent et descendirent des escaliers, allèrent et vinrent dans les rues et qui tant firent qu'à la fin ils disparurent. Un forceps les amena, un corbillard les remporte et la tour se rouille et le Panthéon se fendille plus vite que les os des morts trop présents ne se dissolvent dans l'humus de la ville tout imprégné de soucis. Mais moi je suis vivant et là s'arrête mon savoir car du taximane enfui dans son bahut locataire ou de ma nièce suspendue à trois cents mètres dans l'atmosphère ou de mon épouse la douce Marceline demeurée au foyer, je ne sais en ce moment précis et ici-même je ne sais que ceci, alexandrinairement : les voilà presque morts puisqu'ils sont des absents.
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