Un jour de printemps, Jacques Godard a l'idée de monter an sommet du Panthéon. la surprise émerveillée qu'il ressent devant la diversité inattendue de Paris lui fait négliger le vent aigre soufflant là-haut. Une pleurésie se déclare. Le neuvième jour, le concierge de so... > voir plus
Pour les yeux des hommes, l’existence de Godard se confinait dans deux étroites pièces, à Ménilmontant. Depuis cinq ans qu’il était retraité, il n’avait pas réussi à se créer une distraction régulière. Tout au plus s’amusait-il à encadrer de vieilles gravures, et à dorer quelques boiseries qu’il façonnait lui-même. Il pensait souvent à sa femme. Parfois, le soir, avant de se coucher il trouvait à la solitude un murmure hostile, qui lui refroidissait les épaules comme une bruine, et que la lampe ne suffisait pas à évaporer. Alors, il avait le regret de la morte, et il se promettait d’aller le lendemain jusqu’à sa tombe. Il tenait sa promesse : il prenait vers une heure du soir le tramway électrique dont le trolley avait des frissons singuliers. Il s’attendrissait, au soleil, dans le cimetière de banlieue, et, avant de rentrer buvait une demi-setier chez un débitant, toujours sur la même table, où une fente du marbre imitait la courbe de la Seine à travers Paris.