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ISBN : 2070360601
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 584 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Cette pièce a été représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, le 15 décembre 1923, sous la direction de Jacques Héberlot, avec la mise en scène et les décors de Louis Jouvet. Les rôles étaient tenus par Mrs.
Coutant-Lambert, Irma P... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 29 juillet 2012

    Nastasia-B
    Jules Romains écrit cette pièce de théâtre au début des années 1920, c'est-à-dire à une époque où la société d'aujourd'hui commence à se dessiner ; celle où la crainte de mourir de faim cède le pas à des peurs moins ancestrales.
    Il s'agit de créer d'autres peurs que l'apocalypse ou la famine et la médecine saura se tailler la part du lion dans ce faisceau de craintes. (Combien de laboratoires biomédicaux dans les plus grosses entreprises cotées en bourse à l'heure actuelle ?)
    Je mets en parallèle cette pièce prémonitoire avec des ouvrages ou des films plus récents comme L'Aliéniste de l'excellent auteur brésilien Machado de Assis, comme le film Bowling For Columbine de Michael Moore ou encore comme l'essai d'Ulrich Beck La Société Du Risque.
    L'auteur sait avec beaucoup d'humour nous livrer une réflexion philosophique sur un sujet de société — le marché de la peur — la commercialisation du risque.
    Vous reconnaîtrez nombre de situations que vous avez déjà connu (achat d'une extension de garantie, test complémentaire, assurance spéciale, etc.).
    À l'heure actuelle, ne cherche-t-on pas à toujours créer de nouvelles peurs pour les mieux commercialiser (bug de l'an 2000, grippe aviaire, réchauffement climatique, H1N1, le fameux "principe de précaution"...) ?
    Knock est un sinistre charlatant, froid et calculateur, l'exact sosie de l'abbé Troubert de Balzac (voir Le Curé de Tours), qui joue à fond sur les cordes sensibles de la cupidité et de la crainte sur la grande lyre humaine.
    Lui-même avait été escroqué par son confrère prédécesseur lors de l'estimation de la clientèle, qui n'a aucun scrupule à livrer la population aux mains d'un homme tel que Knock.
    Toute la succulence réside dans la façon dont Knock doit, dès la première entrevue, prendre l'ascendant sur le patient, le dominer via la peur de la maladie, au point de laisser l'autre en position de quasi vénération pour son praticien. Bravo à Jules Romain pour cette grande finesse tant psychologique que sociologique.
    Et quand bien même vous ne trouveriez aucun intérêt au propos de la pièce, lisez-la seulement pour rire et vous ne serez pas déçus car c'est drôlement bien écrit et écrit bien drôlement, en tout cas, c'est mon peu salubre avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 10 mai 2013

    canel
    On se déplace rarement chez le médecin dans la bourgade de Saint-Maurice. Et pour cause : faute de motivation, le Docteur Parpalaid n'a pas l'oreille très complaisante, ses réponses restent évasives. Alors on se débrouille (on ne va quand même pas payer pour se voir conseiller une tisane !), et on ne voit pas beaucoup le pharmacien non plus. Lorsque Knock reprend le cabinet, tout change. Consultations gratuites une demi-journée par semaine, écoute attentive, diagnostics alarmistes mais aussi pleins de bon sens pour une meilleure hygiène de vie.
    Philanthrope, ce Docteur Knock ? les gens adorent confier leurs petits malheurs, quitte à en rajouter/inventer... Filou ? Commercial ? Ingénieux en tout cas et ne ménageant pas sa peine. Il va faire prospérer sa "petite entreprise", ainsi que celle du pharmacien. Cela en faisant lourdement payer les patients fortunés, et en mettant une partie de la population au lit - pour le plus grand plaisir de ces "malades" (imaginaires), ravis d'être enfin l'objet d'attention.
    Cette pièce a été écrite dans les années 1920. J'ignore quel accueil elle reçut à l'époque mais l'humour n'a pas vieilli. Ce texte visionnaire (sur l'art "capitaliste" de créer et développer un besoin) est pertinent, malicieux et jubilatoire. Je l'ai relu avec bonheur.
    --- Livre découvert en 6e, en lecture imposée. J'avais beaucoup aimé, la prof avait dû nous le rendre limpide ; pas sûr que tout y soit accessible dès douze ans sans décryptage. Un premier pas réussi pour moi vers le théâtre écrit, qui m'a sûrement aidée à surmonter Molière les années suivantes (auteur génial pour les adultes, mais totalement indigeste au collège) et à continuer à lire des pièces avec plaisir.
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    • Livres 3.00/5
    Par araucaria, le 20 décembre 2012

    araucaria
    Pièce de théâtre qui est devenue un très grand classique. Texte très agréable à découvrir, teinté de cynisme. Ce triomphe de la médecine, n'est-il pas aussi celui du charlatanisme? Comment un médecin se battit une solide clientèle en inventant des maladies à ses patients? Une affaire qui marche car elle fait s'enrichir le médecin, le pharmacien et l'aubergiste qui héberge la clientèle. le médecin s'enrichit sur le dos de ses victimes mais personne ne pourrait désormais se passer de ses services... Pièce qui nous montre comment un roué peu se jouer de la naïveté.
    Une pièce qu'il faut avoir lue.


    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 05 décembre 2012

    cicou45
    Toujours afin de compléter ma connaissance en manière de classiques, c'est mon mari qui m'a conseillé cette lecture qu'il avait lui-même étudié en classe de 5ème et je dois dire que le l'en remercie pour m'avoir orienté vers cette lecture.
    Knock, après être arrivé dans un petit bled de campagne appelé Saint-Maurice rachète le cabinet du docteur Parpalaid. Il croit d'abord s'être fait arnaqué lorsque ce dernier lui raconte que la vie à Saint-Maurice est tranquille et que les gens ne sont jamais malades mais cela était sans compter sur sa prodigieuse capacité à envoûter son entourage et à son talent d'élocution. Pour reprendre une expression bien connue, "il aurait réussi à vendre de la glace à un esquimau".
    Et c'est d'ailleurs ce qui se passe ici. Même les gens bien portants se voir découvrir par le docteur Knock une quelconque pathologie, à tel point que le chiffre d'affaires de ce dernier atteint des sommets et que le pharmacien voit son chiffre d'affaire multiplié par dix. Tout ça pour quoi ? "Par amour de le médecine", vous répondrait probablement Knock mais en réalité, il faut bien se rendre à l'évidence que c'est plus par amour de lui-même, pour flatter son ego alors qu'il n'y entend rien en médecine et pour se rendre indispensable que Knock agit de la sorte et avec une grande prouesse il faut bien le reconnaître.
    Une pièce indémodable car il faut reconnaître que dans la société actuelle, non seulement certains médecins mais également les médias sont prêts à tout pour vous faire croire que vous êtes réellement malades ou susceptibles de l'être. Une fabuleuse satire de la société telle qu'elle l'était à l'époque où la pièce a été écrite et telle qu'elle continue à l'être.
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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 13 décembre 2012

    olivberne
    Voilà une pièce qui se prète à voir comme à lire, qui plaira aux grands comme aux petits et fera rire tout le monde.
    La première partie est un peu longue, entre discussion sur le village, la médecine et des pannes de voiture, mais elle permet de mieux connaître les personnages et de deviner le projet de Knock.
    La seconde partie montre la mise en place de ce projet et Jules Romain a utilisé le rire et la comédie burlesque pour ne pas nous effrayer de ce faux médecin qui commence à arnaquer ses patients. Et on rit franchement, comme avec Molière et le cours de grammaire du Bourgeois gentilhomme.
    Enfin, la dernière partie est plus grincante et on prend peur de ce petit dictateur qui a répendu son emprise sur une région entière. On rit moins, on comprend enfin où nous a emmené Renard et comme les personnages, on est bleuffé, on s'est nous aussi fait avoir par ce mystificateur qu'on a trouvé sympathique, avant de comprendre qu'il était dangereux.
    Cette pièce a plusieurs clefs d'entrée et je vous la recommande vivement. Attention, elle fait de l'effet: aujourd'hui, chaque fois que je me rends chez un médecin, je pense à Knock, en me demandant si je ne vais pas tomber sur un charlatan!
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 19 octobre 2013

    MOUSQUET : Le docteur Knock nous quitte, et le docteur Parpalaid revient.
    MADAME RÉMY : Ah ! mais non ! Ah ! mais non ! Moi je vous dis que ça ne se fera pas. (À Knock.) Ou alors il faudra qu'ils vous enlèvent de nuit en aéroplane, parce que j'avertirai les gens et on ne vous laissera pas partir. On crèvera plutôt les pneus de votre voiture. Quant à vous, monsieur Parpalaid, si c'est pour ça que vous êtes venu, j'ai le regret de vous dire que je ne dispose plus d'une seule chambre, et quoique nous soyons le 4 janvier, vous serez dans l'obligation de coucher dehors.
    LE DOCTEUR PARPALAID : Bien, bien ! L'attitude de ces gens envers un homme qui leur a consacré vingt-cinq ans de sa vie est un scandale. Puisqu'il n'y a plus de place à Saint-Maurice que pour le charlatanisme, je préfère gagner honnêtement mon pain à Lyon — honnêtement, et d'ailleurs largement. Si j'ai songé un instant à reprendre mon ancien poste, c'était, je l'avoue, à cause de ma femme, qui ne s'habitue pas à l'air de la grande ville.

    Acte III, Scène 8.
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  • Par araucaria, le 19 décembre 2012

    Le tambour : Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ca me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.
    Knock : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille?
    Le tambour : Ca me gratouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi...
    Knock : Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette?
    Le tambour : Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me gratouillerait plus.
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  • Par Villoteau, le 09 décembre 2012

    KNOCK, la fait asseoir.

    Vous vous rendez compte de votre état?

    LA DAME
    Non.

    KNOCK,il s'assied en face d'elle.
    Tant mieux. Vous avez envie de guérir, ou vous n'avez pas envie?

    LA DAME
    J'ai envie.

    KNOCK
    J'aime mieux vous prévenir tout de suite que ce sera très long et très coûteux.

    LA DAME
    Ah! mon Dieu! Et pourquoi ça?

    KNOCK
    Parce qu'on ne guérit pas en cinq minutes un mal qu'on traîne depuis quarante ans.

    LA DAME
    Depuis quarante ans?

    KNOCK
    Oui, depuis que vous êtes tombée de votre échelle.

    LA DAME
    Et combien que ça me coûterait?

    KNOCK
    Qu'est-ce que valent les veaux, actuellement?

    LA DAME
    Ca dépend des marchés et de la grosseur. Mais on ne peut guère en avoir de propres à moins de quatre ou cinq cents francs.

    KNOCK
    Et les cochons gras?

    LA DAME
    Il y en a qui font plus de mille.

    KNOCK
    Eh bien! ça vous coûtera à peu près deux cochons et deux veaux.

    LA DAME
    Ah! là! là! Près de trois mille francs? C'est une désolation, Jésus Marie!

    KNOCK
    Si vous aimez mieux faire un pèlerinage, je ne vous en empêche pas.

    LA DAME
    Oh! un pèlerinage, ça revient cher aussi et ça ne réussit pas souvent. (Un silence.) Mais qu'est-ce que je peux donc avoir de si terrible que ça?

    KNOCK, avec une grande courtoisie. Je vais vous l'expliquer en une minute au tableau noir. (Il va au tableau et commence un croquis.) Voici votre moelle épinière, en coupe, très schématiquement, n'est-ce pas? Vous reconnaissez ici votre faisceau de Turck et ici votre colonne de Clarke. Vous me suivez? Eh bien! quand vous êtes tombée de l'échelle, votre Turck et votre Clarke ont glissé en sens inverse (il trace des flèches de direction) de quelques dixièmes de millimètre. Vous me direz que c'est très peu. Évidemment. Mais c'est très mal placé. Et puis vous avez ici un tiraillement continu qui s'exerce sur les multipolaires.

    Il s'essuie les doigts.

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  • Par adilosa, le 11 décembre 2012

    "KNOCK
    Que voulez-vous ! Cela se fait un malgré moi. Dès que je suis en
    présence de quelqu’un, je ne puis pas empêcher qu’un diagnostic
    s’ébauche en moi… même si c’est parfaitement inutile, et hors de
    propos. (Confidentiel.) À ce point que, depuis quelque temps, j’évite de
    me regarder dans la glace.
    LE DOCTEUR
    Mais… un diagnostic… que voulez-vous dire ? un diagnostic de
    fantaisie, ou bien ?...
    KNOCK
    Comment, de fantaisie ? Je vous dis que malgré moi quand je rencontre
    un visage, mon regard se jette, sans même que j’y pense, sur un tas de
    petits signes imperceptibles… la peau, la sclérotique, les pupilles, les
    capillaires, l’allure du souffle, le poil… que sais-je encore, et mon
    appareil à construire des diagnostics fonctionne tout seul. Il faudra que
    je me surveille, car cela devient idiot."
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  • Par Nastasia-B, le 08 mars 2012

    LE TAMBOUR: Attendez que je réfléchisse! (Il rit.) Voilà. Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.
    KNOCK (d'un air de profonde concentration): Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille?
    LE TAMBOUR: Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.
    (...)
    KNOCK: Ça vous fait mal quand j'enfonce mon doigt?
    LE TAMBOUR: Oui, on dirait que ça me fait mal.
    KNOCK: Ah! Ah! (Il médite d'un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette?
    LE TAMBOUR: Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.
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