ISBN : 2070360601
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 186 notes) Ajouter à mes livres
LE TAMBOUR - Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.

KNOCK - Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous. gratouille

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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 novembre 2011

    brigittelascombe
    Le docteur Knock, qui a appris la médecine sur le tas, tient plus du bonimenteur de foire, ou de l'avocat aux grands effets de manches et bagout imparable que du bon docteur de famille comme ce Parpalaid dit Ravachol, qui soignait en priorité sa "Torpédo" et se faisait payer "à la Saint Michel", auquel il vient de racheter une clientèle inexistante.
    Knock s'installe et toute la ville se presse dans son cabinet.
    Quel est son secret?
    Fin psychologue et doué d'un sens du commerce hors pair, il possède une "méthode" et a du lire avant l'heure les conseils avisés du Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens de Jouve et Beauvois (que je recommande pour certaines professions).
    Publicité (le Tambour et ses annonces municipales), amorçage (quelques séances gratuites pour fidéliser la clientèle), le pied à la porte (s'introduire dans l'intimité du patient et ne pas le lacher), manipulation (pour lui faire entendre raison) et échanges de bons procédés avec les commerçants voisins (le pharmacien, l'instituteur ou l'hôtelière).
    Un petit chef-d'oeuvre d'humour, de pétillantes réparties qui se jouent de l'éthique,posent des diagnostics farfelus et égratignent quelque peu la crédulité des soit-disant malades.
    Crée par Louis Jouvet en 1923, Knock est l'une des pièces les plus célèbres de Jules Romain (de l'Académie Française) qui a été éditée et ré-éditée.Un classique incontournable!
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 27 janvier 2012

    gill
    Dans un canton isolé de montagne Knock achète sa clientèle au docteur Parpalaid. Il semble s'être fait rouler mais Knock est un personnage haut en couleur et il nous démontre durant la pièce que la seule vraie médecine est celle qu'il sait rendre indispensable. Il déploie pour cela des trésors de psychologie et de rouerie, usant même d'un certain cynisme.
    Cette pièce a été représentée pour la première fois à Paris en 1923, Louis Jouvet s'est emparé du rôle et y est sans cesse revenu tout au long de sa carrière, l'appelant avec une intonation assez tendre "ma pièce terre-neuve" (source : Jules Romains "Amitiés et rencontres).
    Cette pièce est étonnamment moderne pour son âge et elle a conservé tout son mordant, c'est un formidable moment de théâtre.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Melisende, le 06 mai 2011

    Melisende
    Knock ou le triomphe de la médecine est, semble-t-il, une pièce de théâtre des plus appréciées par les lecteurs du genre et par les « spécialistes ». C'est donc sans réfléchir que j'ai acheté ce petit livre (sans doute pour une poignée de centimes), ayant très envie de me faire ma propre idée. Faisant déjà partie du Baby Challenge Théâtre (je gagne d'ailleurs la médaille d'argent grâce à lui, puisqu'il est mon 16ème titre lu sur 20), je l'ai également ajouté à mon Challenge ABC de cette année pour la lettre -R.
    Je me répète à chaque fois que je chronique une pièce, mais le théâtre n'est pas un genre que j'apprécie particulièrement. Je l'ai beaucoup étudié pendant ma scolarité (j'ai d'ailleurs frôlé l'overdose) et je n'ai jamais eu d'atomes crochus avec lui. Si certaines pièces, comme Zoo ou l'Assassin philanthrope, ont fait évoluer mon avis sur le genre, ce n'est pas vraiment le cas avec Knock ou le triomphe de la médecine. J'ai certes passé un moment assez agréable mais n'en garderai pas un souvenir impérissable, la preuve en est qu'à peine dix jours après ma lecture, j'ai du mal à m'en souvenir…
    Il s'agit ici d'une petite comédie en trois actes qui excède à peine les 150 pages. Chaque acte amène une progression dans l'intrigue et fait plus ou moins avancer celle-ci dans le temps.
    Le premier acte s'attarde sur la rencontre de Knock avec le Docteur Parpalaid et sa femme autour de la voiture de ces deux là, voiture dont-ils ne cessent de vanter les mérites. En posant des questions, Knock découvre avec effroi que les habitants de Saint-Maurice ont une santé de fer et ne consultent jamais. Sans parler du fait que, lorsque par miracle ils le font, ils ne règlent leur note qu'une fois par an, à la Saint-Michel…
    Le second acte s'ouvre sur l'installation de Knock dans son nouveau cabinet. Il va successivement trouver les principaux acteurs de la ville et leur présente à chacun un joli discours : il demande au Tambour d'annoncer son arrivée et la mise en place de consultations gratuites le lundi matin, il demande à l'instituteur d'enseigner la crainte des microbes, germes et autres maladies et promet au pharmacien une fortune grandissante s'ils s'allient l'un à l'autre… Les villageois profitent des consultations gratuites et découvrent, grâce au Docteur Knock, leur mauvaise santé…
    Le troisième acte voit le retour du Docteur Parpalaid, trois mois après son départ. Stupéfait par ce qu'il voit, il n'hésite pas à traiter Knock de charlatan, mais finit tout de même par se mettre au lit, sous ses conseils…
    Difficile de mettre en avant le sujet principal de cette pièce - le charlatanisme, le côté « mouton de Panurge » également - sans « spoiler » ; je m'excuse donc auprès de ceux qui pourraient être gênés par le paragraphe précédent.
    Jules Romains traite donc ce sujet avec humour et absurdité. Quelques répliques bien servies m'ont fait sourire, quelques situations également (notamment au début, autour de la fameuse voiture dont Parpalaid est si fière et qui… tombe en panne au milieu du chemin !), mais je n'ai pas non plus été morte de rire tout du long…
    Je retiendrai surtout l'habileté et la ruse dont fait preuve Knock pour embrigader tous les villageois aussi vite et la naïveté (la bêtise ?) de ceux-ci. Comme quoi, si le médecin le dit, on serait prêt à suivre n'importe quelle prescription… Enfin, tout est évidemment exagéré ici, pour bien faire passer le message… message qu'on peut également étendre jusqu'aux médias qui eux aussi, semblent avoir parole d'évangiles pour la majeure partie de la population et peuvent lui faire croire tout et surtout n'importe quoi…
    Une comédie qui fait sourire tout en abordant un sujet de « société ». Je ne sais pas trop ce qui m'a manqué pour en faire une très bonne lecture, car le thème est intéressant et est un de ceux que j'apprécie habituellement. Peut-être aurais-je aimé plus d'humour ? Un côté absurde plus développé ? Je crois que c'est une pièce qui aurait des chances de me plaire davantage si je la voyais jouer devant moi. Connaissez-vous une « version » plus ou moins moderne ? Conseillez-moi !

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/knock-ou-le-triomphe-de-la..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Jules Romains écrit cette pièce de théâtre au début des années 1920, c'est-à-dire à une époque où la société d'aujourd'hui commence à se dessiner, celle où la crainte de mourir de faim cède le pas à des peurs moins ancestrales. Il s'agit de créer d'autres peurs que l'apocalypse ou la famine et la médecine saura se tailler la part du lion dans ce faisceau de craintes (combien de laboratoires biomédicaux dans les plus grosses entreprises cotées en bourse?). Je mets en parallèle cette pièce prémonitoire avec des ouvrages ou des films plus récents comme Bowling For Columbine de Michael Moore ou l'essai d'Ulrich Beck La société du risque. L'auteur sait avec beaucoup d'humour nous livrer une réflexion philosophique sur un sujet de société, le marché de la peur, la commercialisation du risque. Vous reconnaîtrez nombre de situations que vous avez déjà connu (achat d'une extension de garantie, test complémentaire, assurance spéciale etc.). À l'heure actuelle, ne cherche-t-on pas à toujours créer de Nouvelles peurs pour les mieux commercialiser (bug de l'an 2000, grippe aviaire, réchauffement climatique, H1N1, le fameux "principe de précaution"...)?
    Knock est un sinistre charlatant, froid et calculateur, l'exact sosie de l'abbé Troubert de Balzac (voir Le Curé de Tours), qui joue à fond sur les cordes sensibles de la cupidité et de la crainte sur la grande lyre humaine. Lui-même avait été escroqué par son confrère prédécesseur lors de l'estimation de la clientèle, qui n'a aucun scrupule à livrer la population aux mains d'un homme tel que Knock. Et quand bien même vous ne trouveriez aucun intérêt au propos, lisez-la seulement pour rire et vous ne serez pas déçu car c'est drôlement bien écrit et écrit bien drôlement.
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 08 octobre 2009

    Bunee
    Excellente pièce, vraiment drôle bien que très légèrement desuette (la pièce date tout de même de 1924), que celle-ci!
    Jules Romains met ici en scène le docteur Knock, qui vient de reprendre le cabinet du Docteur Parpalaid. Ce dernier, un généraliste partant exercer à Lyon pour suivre ses ambitions, est quelque peu roublard: en effet il a cédé sa clientèle (ne jouons pas sur le smots mais tout le monde sait qu'on ne cède pas une clientèle qui est libre d'aller ou elle l'entend, tout au plus rémunère-t-on un droit de présentation mais ces considérations juridiques m'égarent) au Dr Knock moyennant une somme Astronomique au regard de la "rentabilité" de la dite clientèle...
    Constituée de campagnards solides et vigoureux ne consultant que très rarement!
    Mais le Docteur Knock, qui est en fait plus proche du charlatant, va mettre au point une méthode revolutionnaire afin de fidéliser ses clients (pardon, patients).
    Il part du postulat selon lequel tout bien portant est un malade qui s'ignore. Diagnostiques fantaisistes, visites médicales gratuites, marketing viral ....
    Peu à peu, tout le village va être alité et suivre scrupuleusement les recommandations farfelues de ce bon docteur...
    Allons, soyons sérieux: ça vous chatouille ou ça vous gratouille?
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Citations et extraits

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  • Par Myrinna, le 17 mai 2012

    Moi, je croirais volontiers que c'est plutôt de vous que je suis victime. Enfin, je n'ai pas coutume de geindre, et quand je suis roulé, je m'en prends qu'à moi.
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  • Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    LE TAMBOUR: Attendez que je réfléchisse! (Il rit.) Voilà. Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.
    KNOCK (d'un air de profonde concentration): Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille?
    LE TAMBOUR: Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.
    (...)
    KNOCK: Ça vous fait mal quand j'enfonce mon doigt?
    LE TAMBOUR: Oui, on dirait que ça me fait mal.
    KNOCK: Ah! Ah! (Il médite d'un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette?
    LE TAMBOUR: Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.
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  • Par gill, le 27 janvier 2012

    KNOCK.- Entendons-nous bien ! Depuis mon enfance, j'ai toujours lu avec passion les annonces médicales et pharmaceutiques des journaux, ainsi que les prospectus intitulés "mode d'emploi" que je trouvais enroulés autour des boîtes de pilules et des flacons de sirop qu'achetaient mes parents. Dès l'âge de neuf ans, je savais par coeur des tirades entières sur l’exonération imparfaite du constipé. Et encore aujourd'hui, je puis vous réciter une lettre admirable, adressée en 1897 par la veuve P..., de Bourges à la tisane américaine des Shakers. Voulez-vous ?
    LE DOCTEUR.- Merci, je vous crois.
    KNOCK.- Ces textes m'ont rendu familier de bonne heure avec le style de la profession. Mais surtout ils m'ont laissé transparaître le véritable esprit et la véritable destination de la médecine, que l'enseignement des facultés dissimule sous le fatras scientifique...
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  • Par brigittelascombe, le 15 novembre 2011

    Madame Rémy
    Le docteur Knock..écoutez,monsieur Parpalaid.Je ne discuterai pas d'automobile avec vous parce que je n'y entends rien.Mais je commence à savoir ce que c'est qu'un malade.Eh bien,je puis vous dire que dans une population où tous les gens chétifs sont déjà au lit,on l'attend de pied ferme,votre grippe mondiale.Ce qu'il y a de terrible,comme l'expliquait l'autre jour Monsieur Bernard,à la conférence,c'est un coup de tonnerre dans le ciel bleu.
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  • Par Hindy, le 18 décembre 2010

    La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.
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Vidéo de Jules Romains

Extrait 2 de "Knock", film de Guy Lefranc et Louis Jouvet (1950), d'après la pièce de Jules Romains, "Knock ou le triomphe de la Médecine".











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