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ISBN : 2070360601
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 1073 notes)
Résumé :
Cette pièce a été représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, le 15 décembre 1923, sous la direction de Jacques Héberlot, avec la mise en scène et les décors de Louis Jouvet. Les rôles étaient tenus par Mrs.
Coutant-Lambert, Irma Perrot, Iza Reyner, Mag. Bérubet,
J. Tisserand ; et par MM. Louis Jouvet, A. Héraut, Evséeff, Gaultier, Ben Danou, Salis, Mamy, Saint-Isles.

LE TAMBOUR - Quand j'ai dîné, il y a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (81) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
29 juillet 2012
  • 5/ 5
Jules Romains écrit cette pièce de théâtre au début des années 1920, c'est-à-dire à une époque où la société d'aujourd'hui commence à se dessiner ; celle où la crainte de mourir de faim cède le pas à des peurs moins ancestrales.
Il s'agit de créer d'autres peurs que l'apocalypse ou la famine et la médecine saura se tailler la part du lion dans ce faisceau de craintes. (Combien de laboratoires biomédicaux dans les plus grosses entreprises cotées en bourse à l'heure actuelle ?)
Je mets en parallèle cette pièce prémonitoire avec des ouvrages ou des films plus récents comme L'Aliéniste de l'excellent auteur brésilien Machado de Assis, comme le film Bowling For Columbine de Michael Moore ou encore comme l'essai d'Ulrich Beck La Société du Risque.
L'auteur sait avec beaucoup d'humour nous livrer une réflexion philosophique sur un sujet de société — le marché de la peur — la commercialisation du risque.
Vous reconnaîtrez nombre de situations que vous avez déjà connu (achat d'une extension de garantie, test complémentaire, assurance spéciale, etc.).
À l'heure actuelle, ne cherche-t-on pas à toujours créer de nouvelles peurs pour les mieux commercialiser (bug de l'an 2000, grippe aviaire, réchauffement climatique, H1N1, le fameux "principe de précaution"...) ?
Knock est un sinistre charlatant, froid et calculateur, l'exact sosie de l'abbé Troubert de Balzac (voir le Curé de Tours), qui joue à fond sur les cordes sensibles de la cupidité et de la crainte sur la grande lyre humaine.
Lui-même avait été escroqué par son confrère prédécesseur lors de l'estimation de la clientèle, qui n'a aucun scrupule à livrer la population aux mains d'un homme tel que Knock.
Toute la succulence réside dans la façon dont Knock doit, dès la première entrevue, prendre l'ascendant sur le patient, le dominer via la peur de la maladie, au point de laisser l'autre en position de quasi vénération pour son praticien. Bravo à Jules Romain pour cette grande finesse tant psychologique que sociologique.
Et quand bien même vous ne trouveriez aucun intérêt au propos de la pièce, lisez-la seulement pour rire et vous ne serez pas déçus car c'est drôlement bien écrit et écrit bien drôlement, en tout cas, c'est mon peu salubre avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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canel
10 mai 2013
  • 5/ 5
On se déplace rarement chez le médecin dans la bourgade de Saint-Maurice. Et pour cause : faute de motivation, le Docteur Parpalaid n'a pas l'oreille très complaisante, ses réponses restent évasives. Alors on se débrouille (on ne va quand même pas payer pour se voir conseiller une tisane !), et on ne voit pas beaucoup le pharmacien non plus. Lorsque Knock reprend le cabinet, tout change. Consultations gratuites une demi-journée par semaine, écoute attentive, diagnostics alarmistes mais aussi pleins de bon sens pour une meilleure hygiène de vie.
Philanthrope, ce Docteur Knock ? les gens adorent confier leurs petits malheurs, quitte à en rajouter/inventer... Filou ? Commercial ? Ingénieux en tout cas et ne ménageant pas sa peine. Il va faire prospérer sa "petite entreprise", ainsi que celle du pharmacien. Cela en faisant lourdement payer les patients fortunés, et en mettant une partie de la population au lit - pour le plus grand plaisir de ces "malades" (imaginaires), ravis d'être enfin l'objet d'attention.
Cette pièce a été écrite dans les années 1920. J'ignore quel accueil elle reçut à l'époque mais l'humour n'a pas vieilli. Ce texte visionnaire (sur l'art "capitaliste" de créer et développer un besoin) est pertinent, malicieux et jubilatoire. Je l'ai relu avec bonheur.
--- Livre découvert en 6e, en lecture imposée. J'avais beaucoup aimé, la prof avait dû nous le rendre limpide ; pas sûr que tout y soit accessible dès douze ans sans décryptage. Un premier pas réussi pour moi vers le théâtre écrit, qui m'a sûrement aidée à surmonter Molière les années suivantes (auteur génial pour les adultes, mais totalement indigeste au collège) et à continuer à lire des pièces avec plaisir.
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araucaria
20 décembre 2012
  • 3/ 5
Pièce de théâtre qui est devenue un très grand classique. Texte très agréable à découvrir, teinté de cynisme. Ce triomphe de la médecine, n'est-il pas aussi celui du charlatanisme? Comment un médecin se battit une solide clientèle en inventant des maladies à ses patients? Une affaire qui marche car elle fait s'enrichir le médecin, le pharmacien et l'aubergiste qui héberge la clientèle. le médecin s'enrichit sur le dos de ses victimes mais personne ne pourrait désormais se passer de ses services... Pièce qui nous montre comment un roué peu se jouer de la naïveté.
Une pièce qu'il faut avoir lue.

Lien : http://araucaria.20six.fr
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gill
17 avril 2015
  • 5/ 5
"Knock" est le morceau le plus visible, la partie émergée de l'iceberg, du théâtre de Jules Romains.
"Knock" est l'aboutissement qui apparaît comme le chef d'oeuvre.
Il aurait manqué quelque chose à la collection de "La Petite Illustration" si, en janvier 1924, elle n'avait pas contenu, dans son 135ème numéro, cette pièce représentée, un an plus tôt, à la comédie des Champs-Élysées.
Robert de Beauplan, l'âme de la splendide revue théâtrale, y affirme, déjà, avec raison que la qualité littéraire de la pièce, que sa saveur classique l'assurent de durer.
Elle sera reprise souvent, dit-il, et demeurera, en quelque sorte, à un répertoire permanent.
En 1911, Jules Romains aborde le théâtre avec "l'armée dans la ville", un drame de cinq actes, écrit en vers, que représenta le théâtre de l'Odéon.
Puis avec "Cromedeyre-le-Vieil" que joua le "Vieux-Colombier", en 1920.
"Knock" est une parenthèse entre "Monsieur le Trouhadec saisi par la débauche" et "le mariage de le Trouhadec".
"Knock" est aussi représentatif du théâtre de Jules Romains parce qu'une fois de plus, il est une belle rencontre avec Louis Jouvet, l'immense metteur en scène et comédien.
Jules Romains, en reprenant la satire des médecins, se réclame délibérément de l'héritage de Molière dont il reprend, modernisé, le type même du comique de caractères aussi savoureux qu'accusé.
L'outrance et la caricature font oeuvre de bouffonnerie mais sous cette bouffonnerie se cache une part de vérité.
Comme chez Molière, l'on n'en vient à ne plus savoir où la vérité cesse, où la bouffonnerie commence.
Découvrir "Knock" dans "La Petite Illustration" c'est remonter le temps pour découvrir la pièce, non plus dans son histoire, mais plutôt dans son actualité.
C'est aussi mieux l'appréhender grâce aux précieux commentaires de Robert de Beauplan.
C'est replonger dans les critiques de presse du lendemain de la répétition générale.
C'est entr'apercevoir, grâce aux quelques photos ajoutées, Louis Jouvet qui, sans le secours d'aucun maquillage, avec la seule expression de son masque osseux, de ses yeux perçants derrière ses lunettes, a donné au docteur Knock une intense réalité....

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cicou45
05 décembre 2012
  • 4/ 5
Toujours afin de compléter ma connaissance en manière de classiques, c'est mon mari qui m'a conseillé cette lecture qu'il avait lui-même étudié en classe de 5ème et je dois dire que le l'en remercie pour m'avoir orienté vers cette lecture.
Knock, après être arrivé dans un petit bled de campagne appelé Saint-Maurice rachète le cabinet du docteur Parpalaid. Il croit d'abord s'être fait arnaqué lorsque ce dernier lui raconte que la vie à Saint-Maurice est tranquille et que les gens ne sont jamais malades mais cela était sans compter sur sa prodigieuse capacité à envoûter son entourage et à son talent d'élocution. Pour reprendre une expression bien connue, "il aurait réussi à vendre de la glace à un esquimau".
Et c'est d'ailleurs ce qui se passe ici. Même les gens bien portants se voir découvrir par le docteur Knock une quelconque pathologie, à tel point que le chiffre d'affaires de ce dernier atteint des sommets et que le pharmacien voit son chiffre d'affaire multiplié par dix. Tout ça pour quoi ? "Par amour de le médecine", vous répondrait probablement Knock mais en réalité, il faut bien se rendre à l'évidence que c'est plus par amour de lui-même, pour flatter son ego alors qu'il n'y entend rien en médecine et pour se rendre indispensable que Knock agit de la sorte et avec une grande prouesse il faut bien le reconnaître.
Une pièce indémodable car il faut reconnaître que dans la société actuelle, non seulement certains médecins mais également les médias sont prêts à tout pour vous faire croire que vous êtes réellement malades ou susceptibles de l'être. Une fabuleuse satire de la société telle qu'elle l'était à l'époque où la pièce a été écrite et telle qu'elle continue à l'être.
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Citations & extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
lsapylsapy08 décembre 2016
La première fois que je me suis planté ici, au lendemain de mon arrivée, je n'étais pas trop fier ; je sentais que ma présence ne pesait pas lourd. Ce vaste terroir se passait insolemment de moi et de mes pareils. Mais maintenant, j'ai autant d'aise à me trouver ici qu'à son clavier l'organiste des grandes orgues. Dans deux cent cinquante de ces maisons, il y a deux cent cinquante chambres où quelqu'un confesse la médecine, deux cent cinquante lits où un corps étendu témoigne que la vie a un sens, et grâce à moi un sens médical. La nuit, c'est encore plus beau, car il y a les lumières. Et presque toutes les lumières sont à moi. Les non-malades dorment dans les ténèbres. Ils sont supprimés. Mais les malades ont gardé leur veilleuse ou leur lampe. Tout ce qui reste en marge de la médecine, la nuit m'en débarrasse, m'en dérobe l'agacement et le défi. Le canton fait place à une sorte de firmament dont je suis le créateur continuel. Et je ne vous parle pas des cloches. Songez que, pour tout ce monde, leur premier office est de rappeler mes prescriptions ; qu'elles sont la voix de mes ordonnances. Songez que, dans quelques instants, il va sonner dix heures, que pour tous mes malades, dix heures, c'est la deuxième prise de température rectale, et que, dans quelques instants, deux cent cinquante thermomètres vont pénétrer à la fois...
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lsapylsapy08 décembre 2016
Knock : Il y a longtemps que vous souffrez d'insomnies ?
La Dame : Très, très longtemps.
Knock : Vous en aviez parlé au docteur Parpalaid ?
La Dame : Oui, plusieurs fois.
Knock : Que vous a-t-il dit ?
La Dame : De lire chaque soir trois pages du Code civil.
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alexgrandinalexgrandin30 novembre 2016
La santé est un état précaire qui ne laisse présager rien de bon.
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Nastasia-BNastasia-B19 octobre 2013
MOUSQUET : Le docteur Knock nous quitte, et le docteur Parpalaid revient.
MADAME RÉMY : Ah ! mais non ! Ah ! mais non ! Moi je vous dis que ça ne se fera pas. (À Knock.) Ou alors il faudra qu'ils vous enlèvent de nuit en aéroplane, parce que j'avertirai les gens et on ne vous laissera pas partir. On crèvera plutôt les pneus de votre voiture. Quant à vous, monsieur Parpalaid, si c'est pour ça que vous êtes venu, j'ai le regret de vous dire que je ne dispose plus d'une seule chambre, et quoique nous soyons le 4 janvier, vous serez dans l'obligation de coucher dehors.
LE DOCTEUR PARPALAID : Bien, bien ! L'attitude de ces gens envers un homme qui leur a consacré vingt-cinq ans de sa vie est un scandale. Puisqu'il n'y a plus de place à Saint-Maurice que pour le charlatanisme, je préfère gagner honnêtement mon pain à Lyon — honnêtement, et d'ailleurs largement. Si j'ai songé un instant à reprendre mon ancien poste, c'était, je l'avoue, à cause de ma femme, qui ne s'habitue pas à l'air de la grande ville.

Acte III, Scène 8.
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araucariaaraucaria19 décembre 2012
Le tambour : Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ca me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.
Knock : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille?
Le tambour : Ca me gratouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi...
Knock : Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette?
Le tambour : Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me gratouillerait plus.
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