Marianne Rubinstein nous conte les aventures de la jeune Yaël, célibataire juive parisienne plutôt paumée entre son célibat chronique, sa mère dévoreuse d'hommes, son colocataire homosexuel, son père inconnu et son job de professeur d'économie.
Suite à une proposition de sa cousine Clara, elle décide d'écrire la biographie d'
Angelica Garnett, nièce de
Virginia Woolf, jeune fille issue d'une triangulaire amoureuse pour le moins inhabituelle entre sa mère et ses amants, dont l'un d'eux deviendra plus tard son mari.
Yaël consigne dans son journal ses recherches sur Angelica en même temps que ses propres interrogations sur sa vie, ses doutes et ses aventures amoureuses.
Mélange de réflexions cyniques et désabusées sur la vie, de retours en arrière sur l'enfance d'
Angelica Garnett (qui sont parfois fastidieuses à suivre, voire ennuyeuses), de réflexions philosophico-économiques souvent hilarantes, c'est un roman plutôt attirant, dont l'attrait se dévoile petit à petit.
Journal d'une jeune femme écrasée par une mère trop extraordinaire pour qu'elle puisse lui faire face, d'une jeune femme en attente d'un prince charmant qui ne vient pas, d'une jeune femme pleine de questions quant à sa judaïcité et de l'héritage qu'elle lui procure, le roman de
Marianne Rubinstein se déguste rapidement (200 pages à peine), et, même si parfois l'auteur égare le lecteur dans les conjectures historitico-familiales sur la famille de
Virginia Woolf, il n'en reste pas moins un bel instantané d'une trentenaire désabusée, tiraillée entre amours et solitude, amitiés et profession.
Un seul regret, l'épilogue qui, à mon sens, est tout à fait superflue.