ISBN : 2234063531
Éditeur : Stock (2009)


Note moyenne : 3.2/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Comment quitte-t-on quelqu'un ? Et pourquoi ? Voici dix-neuf nouvelles froides et cinglantes, dix-neuf petites histoires qui nous plongent dans un décor de ruptures. Un homme amoureux de sa femme se rend compte qu'elle a un amant et part pour une partie ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 14 juin 2011

    canel
    Une vingtaine de nouvelles brèves, empreintes de mélancolie, sur des couples mal en point - rupture, querelle, adultère, jalousie, érosion du désir - mais aussi sur la vieillesse, la maladie et la mort.
    Autant de récits sombres, pessimistes, servis par la plume agréable, classique et un brin désuète de Françoise Sagan. A l'aube de la quarantaine, l'auteur dépeint son milieu, sa vision de l'amour et vraisemblablement sa crainte de vieillir.
    Un recueil à lire à petites doses pour ne pas s'engluer dans cette atmosphère noire, désenchantée.
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 13 février 2011

    Il s’ennuie, il doit s’ennuyer à mourir. » Elle éprouvait à cette pensée une délectation étrange, elle s’engageait dans une autre allée, opposée à la direction du retour, avec une sorte de crainte mêlée d’espoir.
    L’espoir qu’il allait s’insurger soudain contre cet ennui, se mettre en colère, être blessant, dire des choses atroces qui justifieraient enfin ces vingt ans qu’elle avait de plus que lui.
    Mais il souriait toujours. Elle ne l’avait jamais vu nerveux ni désagréable, ni avec ce petit sourire condescendant, ironique, des très jeunes hommes qui se savent désirés. Ce petit sourire qui signifiait si clairement : « Puisque cela vous fait plaisir… Remarquez que je suis absolument libre : ne m’irritez pas. » Ce petit sourire cruel de la jeunesse qui la rendait figée, dure et blessante, qui l’avait fait rompre tant de fois. Avec Michel, le premier chez qui elle l’eût surpris, puis les autres… Il disait « attention », prenait son bras, l’empêchait de déchirer ses bas ou sa robe, cette robe si bien coupée, si élégante, à un buisson de ronces. S’il avait un jour ce petit sourire-là, pourrait-elle encore le renvoyer de la même manière ? Elle ne s’en sentait pas le courage. Non qu’elle l’estimât plus que les autres : elle l’entretenait complètement, l’habillait, lui offrait des bijoux sans qu’il les lui refusât. Il n’avait pas ces manœuvres stupides et grossières des autres, cette mauvaise humeur butée quand ils avaient envie de quelque chose ou qu’ils s’estimaient lésés sur le marché conclu de leur corps contre son argent – c’était plutôt cela en fait : ils s’estimaient lésés. Ils se faisaient acheter n’importe quoi de luxueux, de cher, qu’ils ne désiraient même pas, uniquement pour retrouver leur propre estime. Ce mot d’estime la fit rire intérieurement. C’était pourtant le seul.

    Le gigolo (p. 29-31)
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  • Par InColdBlog, le 28 février 2011

    « Il avait cru au rideau qui se lève et qui se baisse, aux critiques comme aux compléments – il avait même cru avoir des amis et des ennemis. Il avait cru que les autres se partageaient en deux à son endroit, selon un alignement très net : les salauds à droite, les copains à gauche. Il avait cru que la terre et le monde se souciaient de lui. Mais là, tout à coup, piégé entre la férocité innée de la distinguée Cecily et le naturel aimable, voire hilare, du fougueux Reginald, il se sentait pris à partie, secoué par quelque chose d’autre que lui-même et qu’il n’arrivait pas à définir : une entité. Une entité de bon goût ou d’intelligence ou d’absolu ou d’amour, mais qu’il n’arrivait pas à appliquer précisément sur l’un ou l’autre de ces deux visages pourtant proches de lui, l’un si violemment éclairé, l’autre si obscur. »
    (La piqûre de sept heures, p. 166)
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  • Par InColdBlog, le 28 février 2011

    La grammaire n’avait rien à faire dans les discours passionnels, tout au plus pouvait-on dire – d’après l’expérience assez longue qu’elle avait maintenant du français – que la place des mots changeait complètement une phrase. Ainsi, entre dire à un homme « Je vous aime beaucoup » ou « Je vous ai beaucoup aimé », et dire « Je vous aimerai toujours » ou « Je vais toujours vous aimer », il y avait là des mondes passionnels, incompréhensibles et qu’elle-même avait eu le plus grand mal à résoudre, aussi bien sur le plan sentimental que sur le plan grammatical.
    (La paupière de gauche, p. 121)
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  • Par some-books, le 20 octobre 2010

    Charles était un homme qui se faisait du souci pour elle et, à y bien penser, il n’y en avait plus tellement de cette race. Non pas qu’elle manquât d’hommes qui se fassent du souci pour elle, ça non, c’était une notion trop vague et trop absurde en soi, mais en général cela manquait d’hommes se faisant du souci pour les femmes. Toutes ses amies le lui disaient et, au fond, elles avaient sans doute raison. C’était un bon vieux slogan de l’époque, mais pas si faux.
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  • Par some-books, le 20 octobre 2010

    Il n’avait pas fait grand-chose de lui-même qu’il pût regretter. Il avait, comme on dit, nonchalamment traîné ses bottes, en toute bonne foi, d’un but à l’autre, d’un lit à l’autre, d’une passion à l’autre. Et toujours se cognant, se déchirant partout, jamais insensible, jamais blasé, souvent cynique, encore plus souvent éperdu, battant de l’aile telle une vieille mouette autour des mêmes remorqueurs, mais jamais lasse de les suivre.
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Des bleus à l’âme de Françoise Sagan Lu par Sylvie Testud Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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