ISBN : 2253109584
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 251 notes) Ajouter à mes livres
Qui n'a jamais rêvé de devenir un objet ? Mieux même, un objet d'admiration?
Tel est le pacte que scellent un artiste excentrique et un jeune homme désespéré. Le premier, avide de scandale, propose au second, avide d'exister, de le transformer en oeuvre d'art.> voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 02 avril 2012

    Audreyy
    Quelle originalité. C'est vraiment un livre surprenant et original, c'est le cas de le dire. Un jeune homme, desespéré, prétend avoir raté sa vie. Il est donc prêt à se jeter d'une falaise mais un artiste, plus précisément, un sculpteur va lui proposer un accord. Un accord que Tazio acceptera.
    Il va lui vendre son corps et son âme pour devenir un objet. Une sculpture exposée devant tous. Tazio qui a toujours été un moins que rien, une personne non admirée, non aimée est heureux. Heureux d'être considéré comme unique. Heureux d'être enfin admiré. Mais grâce à Fiona, une jeune femme qui accompagne son père peintre, va lui ouvrir les yeux. Cet artiste n'est qu'un manipulateur. Ce qu'il veut c'est le succès, la gloire et l'argent. Ce qu'il a, grâce à Tazio. D'ailleurs, cet artiste qui se nomme Zeus Peter Lama veut à tout prix déshumaniser Tazio.
    Ce petit livre de moins de 300 pages est très intéressant et fait réfléchir. Tout d'abord, sur l'importance de la vie. Mais aussi, sur l'importance du succès, de la célébrité. le narrateur de l'histoire est tout de même prêt à se suicider car à côté de ses frères, il n'est rien. Sa vie est banale. de nos jours, l'apparence est très importante tout comme l'envie d'être reconnu. Tazio ne veut pas vivre pour lui mais pour les autres. Et on se rend compte que finalement, ce qu'il a toujours voulu ne sera pas si plaisant que cela. La célébrité rend égoïste, excentrique et Tazio l'apercevra à travers Zeus, son créateur. Ensuite, ce livre place l'art comme grand importance. Non seulement car le narrateur perd son corps et pourrait perdre son humanité en devenant un objet d'art. Puis, en regardant un artiste profité d'une situation de désespoir pour devenir riche et célèbre. Est-ce que les gens admirables et connus pour leur travail sont ils tous si superficiels? Finalement, la gloire rend-il égoïste et méchant?
    Ce livre ne s'arrête pas là. Il nous montre aussi la prise de conscience. Eric Emmanuel Schmitt rend la femme importante. En effet, car ici, Tazio ouvre les yeux sur ce qu'il a fait, sur ce qu'il est devenu grâce à Fiona. Cela valait-il vraiment le coup finalement?
    Il y a petit quelque chose qui ne m'a pas plu, c'est que l'auteur nous décrit pas beaucoup l'oeuvre. Comment est-il? Est-il humain? A quoi il ressemble? Les descriptions peuvent être importantes sur certaines choses. Là, j'étais dans le flou. L'auteur a peut-être voulu laisser planer un mystère mais c'est un point que je regrette. Mais c'est minimum comparé à tout le reste car j'ai adoré. J'ai apprécié les personnages et l'ambiance. Je le recommande.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimienco, le 26 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: "Lorsque j'étais une œuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain.
    Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule".
    Torturé par le manque de reconnaissance et la solitude, Tazio tente de se suicider. Au moment où il va se jeter dans le vide, Zeus Peter Lama, artiste mégalo et milliardaire, lui propose de devenir une oeuvre d'art originale, unique, la première sculpture vivante, d'être reconnu et admiré dans le monde entier! Tazio accepte... Il est alors réduit au statut d'oeuvre d'art et perd son statut d'être humain, et avec lui sa liberté. Jusqu'au jour où il rencontre Hannibal et Fiona...
    Mon opinion: très bien. Ce roman est vraiment troublant. A l'aide d'une intrigue originale, Eric Emmanuel nous amène à nous interroger sur l'art, le culte de la beauté, la société de consommation, l'importance du paraître. Jusqu'où doit on aller au nom du beau, de l'art et surtout de l'argent? le corps d'une personne peut il devenir la propriété de quelqu'un à l'instar de Tazio ou plutôt Adam bis (son nom d'oeuvre) qui appartient tour à tour à Zeus Peter Lama, son créateur, puis à un riche milliardaire et enfin ...à l'Etat!
    Grâce à une histoire loufoque et une plume cinglante qui fait mouche, Eric Emmanuel Schmitt nous livre une fable contemporaine agréable, drôle, qui fait froid dans le dos mais qui pose de véritables questions.
    A lire!!
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cinecirque, le 10 mai 2012

    cinecirque
    Dans cette oeuvre, Schmitt développe une réflexion sur l'art, plus précisément sur l'art contemporain, et la société à travers le personnage d'un homme au bord du suicide recueilli par un des artistes les plus reconnus (ou j'oserais dire bankable) du moment.
    L'identité et l'humanité sont ici des notions malmenées, tordues dans tous les sens, non seulement celles du personnage principal qui va devoir y renoncer, mais aussi celles des personnages publics qui peuplent le roman (Zeus-Peter Lama, les frères Firelli, Rolanda, ...).
    Si les personnages prennent ici si peu soin de leur identité et de leur humanité, c'est parce que l'auteur a voulu pousser au plus loin dans son oeuvre ce que l'art contemporain sous-entend depuis bien des années avec des artistes tels Joseph Beuys, Orlan, Cindy Sherman, Oleg Kulik et j'en passe. Schmitt pose la question des limites de l'art: où peut-il et où doit-il s'arrêter?
    On a bien remarquer qu'il pouvait reposuser toutes les limites qui oseraient se présenter à lui, mais lorsque l'oeuvre d'art réduit un homme à une sorte d'esclavage moderne, il a déjà été trop loin. Dans la mesure où, à ma connaissance, personne n'a encore jamais appartenu à quelqu'un d'autre sous pretexte d'avoir été transformé en oeuvre d'art, ce livre reste une sorte de "science-fiction réaliste". Mais quand Body Art et performance se rencontrent, on ne sait parfois plus que penser...
    Outre sa dimension d'essai, lorsque j'étais une oeuvre d'art est avant tout un roman où le lecteur est ramené à la réalité par l'apparition de deux personnages représentant à la fois les valeurs humaines perdues petit à petit depuis le début du récit et un art à présent plus traditionnel que l'on pourrait assimiler à l'Ecole de Barbizon.
    Enfin, bien qu'assez effrayant dans le fond, ce roman est empli d'humour certes un peu noir mais efficace, et se lit très facilement tout en provoquant une réflexion assez conséquente.
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    • Livres 5.00/5
    Par justpassing, le 27 avril 2012

    justpassing
    Tazio, un jeune garçon décide de se donner la mort après une vie qu'il estime, peu en réussite. Après avoir fait différentes tentatives de suicide qui n'ont pas abouties, il décide de se jeter d'une falaise. A ce moment précis un homme va bouleverser et changer sa vie à jamais. Cet homme, un artiste reconnu dans le monde va lui proposer un accord. Il va lui prendre son corps et son âme pour ensuite en faire un objet. Un objet que tout le monde pourra admirer, toucher, être émerveillé par cette chose que vient de réaliser Zeus Peter Lama.
    Tazio ne peut pas rêver mieux pour de devenir célèbre, reconnu. Il accepte donc de devenir un objet, quelque chose dont l'artiste pourra faire ce qu'il veut.
    Au début tout se passe à peu-près bien pour ce jeune homme qui se croit dans un compte de fée. Mais malheureusement la suite nous prouve tout le contraire. Tazio va vouloir quitter son Bienfaiteur à cause d'une rencontre qu'il a faite sur une plage. Fiona et son père vont être le détonateur de la fuite de ce garçon qui va vouloir tout faire pour retourner à une vie normale… Arrivera t-il à trouver les ressources nécessaires pour contrarier les plans d'un artiste… ?

    Au début de l'histoire j'ai eu beaucoup de mal à me fondre dans l'histoire. Peut-être par manque de motivation. Mais ensuite dès que la transformation de Tazio été finie, je n'ai plus lâché le livre. J'ai adoré, j'ai trouvé l'histoire très originale. Je trouve assez sympa que l'on parle d'une envie folle de changer quelque chose dans notre vie mais qu'enfin de compte on se rend compte que l'on regrette les changements effectués. Je trouve que l'auteur a vraiment trouvé une histoire parfaite. J'ai pris beaucoup de plaisir.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 31 mars 2011

    cicou45
    Bien qu'il ait tout pour être heureux : la beauté puisque Tazio Firelli et son frère jumeau sont tous les deux mannequins, la jeunesse puisque ce dernier est âgé de 20 ans à peine, Tazio n'est pas heureux. Il a le sentiment d'être transparent et de ne pas exister. Aussi, alors qu'il s'apprête à se suicider en se jetant d'une falaise, une étrange silhouette derrière son dos lui fait une étrange proposition : attendre 24 heures avant de passer à l'acte car il lui promet que son existence va alors être bouleversée. Qui est cette étrange silhouette ? Il s'agit en fait du célèbre artiste Zeus-Peter Lama, qui va transformer son « nouveau jouet » en une véritable oeuvre d'art car Tazio s'est alors engagé à donner son corps et à se soumettre entièrement à la volonté de l'artiste. Certes, Tazio, appelé dorénavant « Adam bis » va être adulé de tous, « trimbalé » de musée en musée et sera donc reconnu de tous mais sera-t-il heureux pour autant ? Rien n'est moins sûr car Zeus-Peter Lama a eu beau transformer son corps, il ne lui a pas enlevé sa capacité à penser, à réfléchir et à avoir des sentiments...
    Magnifique roman d'Éric-Emmanuel Schmitt, plein de sensibilité, émouvant (voire parfois triste par moments) qui nous rend le personnage d'Adam bis très attachant. À découvrir !
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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 28 septembre 2010

    Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pasplus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théâtre, une scène, un public ; nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres ; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous. (p.103-104)
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  • Par Ginettel, le 08 novembre 2011

    des mots que j'aime: à chaque fois je pense à M. Pontbriand. Nous n'étions pas souvent d'accord.

    Le vide m'attirait comme deux bras ouverts. Tapie en dessous de moi, la mer léchait ses babines d'écume en m'attendant.

    Il s'approcha et entrebâilla, sous sa moustache, sa vitrine de pierres précieuses.

    Les voix piquaient dans l'aigu, disparaissaient dans le grave, s'égrenaient en rires perlés, fusaient, sautaient, se chevauchaient, s'ébrouaient au-dessus des plats comme des saumons essayant de franchir un torrent.

    ... un froid hostile.

    ...Mes yeux dégringolèrent dans le piège du décolleté sans que j'arrive en m'en extraire. Son visage me semblait plus haut que la lune.

    La femme ramassa une poignée de sable, l'homme l'introduisit dans une vessie de tissu, il souffla par une paille et pulvérisa les cristaux de quartz sur la toile.

    Elle tourna vers moi un visage qui m'éblouit, d'un blanc miraculeux, d'un blanc arraché au danger du rose et du beige, d'un blanc fragile et insoutenable, d'un blanc qui n'était pas seulement une couleur mais une consistance, douce , souple, aérienne, poudrée. Elle avait un sourcil qui s'arrondissait plus haut que l'autre, comme si l'un s'interrogeait tandis que l'autre riait.

    La joie nous encombrait...

    ...les yeux presque fermés par l'ourlet gras de ses paupières.

    Adam est devenu une sculpture parce qu'il n'avait plus envie de vivre. (Je n'en dis pas plus) Un jour, il va sur la plage et rencontre Hannibal et Fiona, sa fille. Hannibal peint le temps présent.

    Adam dit: Je passai l'après-midi derrière Hannibal et sa fille. À chaque initiative du peintre, je craignais qu'il n'abimât ce qu'il avait déjà réussi; à l'issue de chaque geste, je comprenais ce qu'il venait d'accomplir. J'avais l'impression d'apprendre quelque chose de fondamental et d'énorme. Mais quoi? .... Il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol... Mais, dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyais ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, ... Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement: j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand chose et beaucoup à la fois: une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable.
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  • Par missmolko1, le 01 février 2011

    - Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui... j'avais remarqué... je vous proposais justement d'attendre vingt-quatre heures...
    - Non.
    - Qu'est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?
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  • Par hephaiton, le 20 février 2011

    - Ce qu'il faudrait c'est lui enlever l'âme.
    - L'âme ? Vous parlez comme un curé Fichet ! Par ce que ça existe, selon vous, l'âme ?
    - Hélas ! C'est une blessure qui saigne toujours et ne guérit jamais. On ne la supprime qu'avec la vie."

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  • Par framothe, le 25 avril 2012

    J'ai toujours raté mes suicides.
    J'ai toujours tout raté, pour être exact : ma vie comme mes suicides.
    Ce qui est cruel, dans mon cas, c'est que je m'en rends compte. Nous sommes des milliers sur terre à manquer de force, d'esprit, de beauté ou de chance, or ce qui fait ma malheureuse singularité, c'est que j'en suis conscient. Tous les dons m'auront été épargnés sauf la lucidité.
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Mr Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt
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