ISBN : 2253109584
Éditeur : Hachette Diffusion Int. (2004)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 204 notes) Ajouter à mes livres
Éric-Emmanuel Schmitt est encore jeune et il a déjà beaucoup écrit. Des récits, des romans, des essais, du théâtre surtout ; certaines de ses pièces Le Libertin ou Variations énigmatiques ont connu la faveur des criti... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mimienco, le 26 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: "Lorsque j'étais une œuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain.
    Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule".
    Torturé par le manque de reconnaissance et la solitude, Tazio tente de se suicider. Au moment où il va se jeter dans le vide, Zeus Peter Lama, artiste mégalo et milliardaire, lui propose de devenir une oeuvre d'art originale, unique, la première sculpture vivante, d'être reconnu et admiré dans le monde entier! Tazio accepte... Il est alors réduit au statut d'oeuvre d'art et perd son statut d'être humain, et avec lui sa liberté. Jusqu'au jour où il rencontre Hannibal et Fiona...
    Mon opinion: très bien. Ce roman est vraiment troublant. A l'aide d'une intrigue originale, Eric Emmanuel nous amène à nous interroger sur l'art, le culte de la beauté, la société de consommation, l'importance du paraître. Jusqu'où doit on aller au nom du beau, de l'art et surtout de l'argent? le corps d'une personne peut il devenir la propriété de quelqu'un à l'instar de Tazio ou plutôt Adam bis (son nom d'oeuvre) qui appartient tour à tour à Zeus Peter Lama, son créateur, puis à un riche milliardaire et enfin ...à l'Etat!
    Grâce à une histoire loufoque et une plume cinglante qui fait mouche, Eric Emmanuel Schmitt nous livre une fable contemporaine agréable, drôle, qui fait froid dans le dos mais qui pose de véritables questions.
    A lire!!
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 31 mars 2011

    cicou45
    Bien qu'il ait tout pour être heureux : la beauté puisque Tazio Firelli et son frère jumeau sont tous les deux mannequins, la jeunesse puisque ce dernier est âgé de 20 ans à peine, Tazio n'est pas heureux. Il a le sentiment d'être transparent et de ne pas exister. Aussi, alors qu'il s'apprête à se suicider en se jetant d'une falaise, une étrange silhouette derrière son dos lui fait une étrange proposition : attendre 24 heures avant de passer à l'acte car il lui promet que son existence va alors être bouleversée. Qui est cette étrange silhouette ? Il s'agit en fait du célèbre artiste Zeus-Peter Lama, qui va transformer son « nouveau jouet » en une véritable oeuvre d'art car Tazio s'est alors engagé à donner son corps et à se soumettre entièrement à la volonté de l'artiste. Certes, Tazio, appelé dorénavant « Adam bis » va être adulé de tous, « trimbalé » de musée en musée et sera donc reconnu de tous mais sera-t-il heureux pour autant ? Rien n'est moins sûr car Zeus-Peter Lama a eu beau transformer son corps, il ne lui a pas enlevé sa capacité à penser, à réfléchir et à avoir des sentiments...
    Magnifique roman d'Éric-Emmanuel Schmitt, plein de sensibilité, émouvant (voire parfois triste par moments) qui nous rend le personnage d'Adam bis très attachant. À découvrir !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par leolechat, le 12 septembre 2011

    leolechat
    "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" est un roman qui relève du conte philosophique. Éric-Emmanuel Schmitt nous livre ici les clés d'une intéressante réflexion sur l'art contemporain, sur l'homme en tant qu'objet et sur le culte des apparences.
    Tazio le frère des célèbres et sublimes jumeaux Firelli, se considère comme un raté. Déçu par la banalité de sa vie et par un physique des plus communs, il décide de mettre fin à ses jours en se jetant d'une falaise. Sur le point de commettre l'irréparable, il va conclure un pacte avec le diable qui nous apparaît sous les traits de Zeus-Peter Lama, gourou de l'art contemporain et véritable Méphistophélès. Celui-ci lui propose de le rendre célèbre et unique en échange de son corps qu'il façonnera selon ses souhaits et sa créativité d'artiste avant-gardiste. Il devient Adam bis, une créature unique et hétéroclite et accepte de renoncer à son identité, à la parole, à la pensée.
    Adam lors de sa "renaissance" en tant qu'"oeuvre d'art" devient un objet de convoitise, une "chose" sans âme modelée par de son créateur. Flatté dans un premier temps il va vite découvrir la désillusion et mesurer la valeur de l'être humain dans son essence même, s'apercevoir qu'il a envie d'aimer, d'exister et de se réaliser par lui-même, indépendamment de son créateur. Mais peut-on rompre sans dommages un pacte conclu avec le diable ?

    Le thème traité par Éric-Emmanuel Schmitt est vraiment d'actualité à l'heure où fleurissent les émissions de télé-réalité sur notre petit écran et où les stars d'un jour finissent pour la plupart aux oubliettes comme de vieux kleenex usagés une fois l'émission achevée. Les questions qui se posent : doit-on vendre son âme au diable au prix d'une célébrité éphémère ? Quel est le plus important : l'être ou l'apparaître ? le corps doit-il être annihilé au prix de l'art ? L'âme et le corps sont-ils dissociables ?
    Le présent ouvrage rédigé d'une écriture fluide et linéaire ne peux manquer de nous faire réfléchir sur l'ensemble de ces problématiques et questions universelles qui nous ont tous interpellés un jour ou l'autre !


    Lien : http://leslecturesdisabello.blogspot.com/2011/09/lorsque-jetais-une-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Sarah_DD, le 04 juin 2008

    Sarah_DD
    Le thème est neuf et la fin n'est pas tellement prévisible. le rythme est bien tenu, on ne s'ennuie jamais. Il n'y a pas tellement de descriptions, mais ce n'est pas superficiel. J'aime bien cet auteur (il habite près de chez moi en plus, mais je ne lui ai jamais parlé).
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    • Livres 5.00/5
    Par malau, le 02 janvier 2010

    malau
    J'ai aimé cette sorte de conte moral. Même si l'histoire est assez irréaliste, les sentiments qu'elle provoque, eux, sont authentiques. Il y a, comme souvent chez Schmitt, une profondeur qui pousse à la réflexion sous une apparence de simplicité. En effet, le livre est facile à lire, plaisant. Un très bon moment de lecture, même s'il n'est pas long.
    Lu en décembre 2009
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 28 septembre 2010

    Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pasplus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théâtre, une scène, un public ; nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres ; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous. (p.103-104)
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  • Par Ginettel, le 08 novembre 2011

    des mots que j'aime: à chaque fois je pense à M. Pontbriand. Nous n'étions pas souvent d'accord.

    Le vide m'attirait comme deux bras ouverts. Tapie en dessous de moi, la mer léchait ses babines d'écume en m'attendant.

    Il s'approcha et entrebâilla, sous sa moustache, sa vitrine de pierres précieuses.

    Les voix piquaient dans l'aigu, disparaissaient dans le grave, s'égrenaient en rires perlés, fusaient, sautaient, se chevauchaient, s'ébrouaient au-dessus des plats comme des saumons essayant de franchir un torrent.

    ... un froid hostile.

    ...Mes yeux dégringolèrent dans le piège du décolleté sans que j'arrive en m'en extraire. Son visage me semblait plus haut que la lune.

    La femme ramassa une poignée de sable, l'homme l'introduisit dans une vessie de tissu, il souffla par une paille et pulvérisa les cristaux de quartz sur la toile.

    Elle tourna vers moi un visage qui m'éblouit, d'un blanc miraculeux, d'un blanc arraché au danger du rose et du beige, d'un blanc fragile et insoutenable, d'un blanc qui n'était pas seulement une couleur mais une consistance, douce , souple, aérienne, poudrée. Elle avait un sourcil qui s'arrondissait plus haut que l'autre, comme si l'un s'interrogeait tandis que l'autre riait.

    La joie nous encombrait...

    ...les yeux presque fermés par l'ourlet gras de ses paupières.

    Adam est devenu une sculpture parce qu'il n'avait plus envie de vivre. (Je n'en dis pas plus) Un jour, il va sur la plage et rencontre Hannibal et Fiona, sa fille. Hannibal peint le temps présent.

    Adam dit: Je passai l'après-midi derrière Hannibal et sa fille. À chaque initiative du peintre, je craignais qu'il n'abimât ce qu'il avait déjà réussi; à l'issue de chaque geste, je comprenais ce qu'il venait d'accomplir. J'avais l'impression d'apprendre quelque chose de fondamental et d'énorme. Mais quoi? .... Il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol... Mais, dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyais ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, ... Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement: j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand chose et beaucoup à la fois: une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable.
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  • Par hephaiton, le 20 février 2011

    - Ce qu'il faudrait c'est lui enlever l'âme.
    - L'âme ? Vous parlez comme un curé Fichet ! Par ce que ça existe, selon vous, l'âme ?
    - Hélas ! C'est une blessure qui saigne toujours et ne guérit jamais. On ne la supprime qu'avec la vie."

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  • Par missmolko1, le 01 février 2011

    - Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui... j'avais remarqué... je vous proposais justement d'attendre vingt-quatre heures...
    - Non.
    - Qu'est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?
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  • Par julifly, le 26 avril 2011

    Adam bis occupait la une des quotidiens et la couverture des hebdomadaires. Etre célèbre me parut normal. Mieux, une réparation qui m'était due. N'ayant jamais eu d'autre lecture que celle de la presse, je pensais que les journalistes ne parlaient que de ce qui est important; or, quoique important à mes propres yeux, j'avais été scandaleusement ignoré d'eux; me retrouver à chaque page m'apparut comme la fin d'une injustice. Mon existence était attestée. Mieux: célébrée.
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