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Éditeur : Le Livre de Poche (2014)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 844 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qui n'a jamais rêvé de devenir un objet ? Mieux même, un objet d'admiration?
Tel est le pacte que scellent un artiste excentrique et un jeune homme désespéré. Le premier, avide de scandale, propose au second, avide d'exister, de le transformer en oeuvre d'art.> Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Laurence64, le 21 février 2013

    Laurence64
    Il est jeune mais du haut de ses 20 ans (quel vieux couillon a parlé du bel âge?), il désespère, le garçon. Il ne se sent pas exister. D'ailleurs son créateur a même omis de le nommer. C'est dire. Il désespère donc et déprime sacrément. Au point d'envisager le suicide.
    Pas tout à fait au bas du bas, il réfléchit à la méthode. La pendaison le séduit. Je ne frissonne pas. Je demeure stoïque. Rien ne me semble perdu. Si le héros estime encore valoir une corde pour se pendre, l'espoir demeure.Le présage est favorable.
    Et, aussi futée qu'un troupeau de bisons, je contemple le nombre de pages restant. Aucune chance qu'à la sixième page, le héros romanesque achève sa jeune vie, la langue bleue, la cervicale rompue.
    Je le suis donc dans la grange censée abriter l'acte fatal qui s'avère contagieux. Un parfait inconnu y dresse son gibet. Il y a des épidémie de pendaisons comme des épidémies de grippe. Ou des lieux infestés par les potences comme d'autres par les souris. Ou des jours qui poussent à l'accrochage vertical. Je ne sais…
    Mais à la page 6 (ou dans ses environs), une poutre syntaxique s'effondre, abime mon oeil droit qui s'affole. Nan, j'ai mal lu. Je reprends la phrase, ânonne, bêle, hennit. Rien n'y fait. La phrase rédhibitoire clignote, m'aveugle. Je tente de récupérer la vue et récite à haute voix afin d'évacuer la scorie visuelle. "La corde où je me suis pendu".
    Fébrile, je cherche le nom du traducteur français de notre écrivain francophone. Parce que… Dites, un écrivain, ça ne peut pas laisser passer ça! La corde, ce n'est pas un lieu à moins qu'il ne soit question du charmant village de Cordes? Mais pourquoi aller se tuer dans le Tarn?
    D'accord, le héros se sent méprisable. Mais faut-il mépriser la langue française afin qu'écrivain et créature se mettent au diapason? Et ce n'est pas parce que son héros confesse avoir "toujours tout raté, pour être exact, ma vie comme mes suicides", qu'il convient de s'appliquer à rater l'écriture de son livre.
    J'ai poursuivi un peu ma lecture, délaissant la grange aux suicides aussi encombrée que les toilettes d'un pub irlandais. Près de la falaise prometteuse d'une chute finale, une autre aberration grammaticale m'attendait en compagnie d'un individu aux dents chargées.
    Plus bégueule que Monsieur Grévisse, j'abandonnais ma lecture avant la vingtième page, convaincue que ce bouquin fut peut-être une oeuvre d 'art avant sa rédaction.
    J'avoue, à ma grande honte, avoir commis le geste impardonnable dont je ne me remets pas malgré les huit années écoulées: j'ai enfermé le bouquin dans un sac noir que j'ai fermé et jeté. La corde où j'ai fermé la poubelle me hante encore.
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    • Livres 3.00/5
    Par Ode, le 31 juillet 2013

    Ode
    Jusqu'où peut-on aller au nom de l'art ? C'est la question que pose Éric-Emmanuel Schmitt dans ce court roman qui, sans prétendre au chef-d'oeuvre, fustige une certaine forme d'art contemporain et la superficialité ambiante.
    Zeus-Peter Lama, peintre et sculpteur aussi riche que prétentieux, détourne du suicide un jeune homme persuadé d'avoir raté sa vie. Son élan n'a rien d'altruiste : il convainc son protégé de devenir une sculpture vivante. Et quelques coups de bistouri plus tard, le garçon sans attrait devient "Adam bis", une créature monstrueuse qui fascine le monde de l'art...
    "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" est un récit excentrique et dérangeant, qui appelle nécessairement une lecture rapide, tant on veut en finir. Pour connaître l'issue de ce conte moderne, bien sûr, mais aussi pour sortir de ce cauchemar. Cauchemar d'autant plus horrible que l'auteur prend bien garde de décrire la transformation physique du narrateur : à chacun d'imaginer le pire.
    Comparé à mes autres lectures d'Eric-Emmanuel Schmitt, ce roman m'a déçue par son écriture moins travaillée. On dirait presque une nouvelle, avec une mise en situation rapide, des symboles faciles (Zeus le dieu crée un nouvel homme qu'il appelle Adam...) et des personnages caricaturaux : l'artiste contemporain vaniteux, l'agent artistique méprisant et drogué, les mannequins et groupies sans cervelle... etc. J'ai même eu la vilaine impression que l'auteur se rapprochait de sa compatriote Amélie, dont je goûte de moins en moins les histoires courtes et emberlificotées. À commencer par le nom farfelu des personnages, comme Zeus-Peter Lama ou Carlos Hannibal...
    Sur le fond, la réflexion est intéressante, car la mésaventure d'Adam bis montre le côté vain et cruel de notre "société du spectacle" qui privilégie les apparences au détriment de l'humain. L'auteur définit trois niveaux d'existence : le corps, la conscience et le discours ; le troisième dominant les deux autres car « nous sommes ce dont les autres parlent ». Bien que datant de 2002, cette conception préfigure l'avènement de réseaux sociaux bien connus (cui-cui ?). Or ne faut-il pas s'alarmer lorsque, systématiquement et instantanément, l'opinion répandue sur une personne ou un événement prend le pas sur la réalité de son sujet ? Ce livre nous aide à regarder au-delà des apparences.
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    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 02 avril 2012

    Audreyy
    Quelle originalité. C'est vraiment un livre surprenant et original, c'est le cas de le dire. Un jeune homme, desespéré, prétend avoir raté sa vie. Il est donc prêt à se jeter d'une falaise mais un artiste, plus précisément, un sculpteur va lui proposer un accord. Un accord que Tazio acceptera.
    Il va lui vendre son corps et son âme pour devenir un objet. Une sculpture exposée devant tous. Tazio qui a toujours été un moins que rien, une personne non admirée, non aimée est heureux. Heureux d'être considéré comme unique. Heureux d'être enfin admiré. Mais grâce à Fiona, une jeune femme qui accompagne son père peintre, va lui ouvrir les yeux. Cet artiste n'est qu'un manipulateur. Ce qu'il veut c'est le succès, la gloire et l'argent. Ce qu'il a, grâce à Tazio. D'ailleurs, cet artiste qui se nomme Zeus Peter Lama veut à tout prix déshumaniser Tazio.
    Ce petit livre de moins de 300 pages est très intéressant et fait réfléchir. Tout d'abord, sur l'importance de la vie. Mais aussi, sur l'importance du succès, de la célébrité. le narrateur de l'histoire est tout de même prêt à se suicider car à côté de ses frères, il n'est rien. Sa vie est banale. de nos jours, l'apparence est très importante tout comme l'envie d'être reconnu. Tazio ne veut pas vivre pour lui mais pour les autres. Et on se rend compte que finalement, ce qu'il a toujours voulu ne sera pas si plaisant que cela. La célébrité rend égoïste, excentrique et Tazio l'apercevra à travers Zeus, son créateur. Ensuite, ce livre place l'art comme grand importance. Non seulement car le narrateur perd son corps et pourrait perdre son humanité en devenant un objet d'art. Puis, en regardant un artiste profité d'une situation de désespoir pour devenir riche et célèbre. Est-ce que les gens admirables et connus pour leur travail sont ils tous si superficiels? Finalement, la gloire rend-il égoïste et méchant?
    Ce livre ne s'arrête pas là. Il nous montre aussi la prise de conscience. Eric Emmanuel Schmitt rend la femme importante. En effet, car ici, Tazio ouvre les yeux sur ce qu'il a fait, sur ce qu'il est devenu grâce à Fiona. Cela valait-il vraiment le coup finalement?
    Il y a petit quelque chose qui ne m'a pas plu, c'est que l'auteur nous décrit pas beaucoup l'oeuvre. Comment est-il? Est-il humain? A quoi il ressemble? Les descriptions peuvent être importantes sur certaines choses. Là, j'étais dans le flou. L'auteur a peut-être voulu laisser planer un mystère mais c'est un point que je regrette. Mais c'est minimum comparé à tout le reste car j'ai adoré. J'ai apprécié les personnages et l'ambiance. Je le recommande.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mademoiselle_Lecture, le 06 octobre 2014

    Mademoiselle_Lecture
    Il a vingt ans et veut se jeter du haut d'une falaise. Il n'est pas réellement malheureux, juste désespérément vide. Est-ce que le non-être n'est pas pire que le mal-être ? Pour confirmer cette sensation, l'auteur ne lui donne pas de nom. Il n'est pas vraiment.
    Zeus-Peter Lama, grand artiste de son époque, l'aperçoit quelques minutes avant le grand saut et lui propose un marché : il lui demande vingt-quatre heures. Cet homme est égocentrique, arrogant, détestable, ambitieux… Au cours de cette journée, il va lui proposer un pacte fou, devenir SON oeuvre d'art. Il renoncera à sa liberté mais ne passera plus jamais inaperçu.
    Ce livre est étonnant ! le narrateur accepte cet accord hors du commun et devient la sculpture vivante de son créateur. Là où l'auteur a fait fort, c'est qu'à aucun moment, il nous décrit l'apparence de ce jeune homme. On a quelques bribes de description mais concernant l'ensemble, c'est au lecteur de faire sa propre idée. Et il faut avouer que sur ce point nous agissons souvent de la même manière, en imaginant le pire.
    C'est un roman qui pose évidemment plein de questions. La beauté est-elle celle que l'on croit ? Est-on plus aimé quand tout le monde nous admire ? Comment faire la différence entre un amour d'apparence ou un amour profond ?
    A une époque où l'apparence semble compter plus que tout, je reconnais que la beauté a son importance. Elle est ce que l'on voit en premier chez une personne. Elle est un sourire, un rire, une intonation, un regard, une voix, un toucher… Certains voudront être aimés pour ce qu'ils représentent et d'autres pour ce qu'ils ressentent. le mieux n'est pas de l'être pour ce que nous sommes ?
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    • Livres 3.00/5
    Par Rodin_Marcel, le 04 juin 2015

    Rodin_Marcel
    Eric-Emmanuel Schmitt, - "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" – Albin-Michel, 2002 (ISBN 978-2-226-10955-2)

    Ce roman est – à mes yeux – l'un des plus intéressants de cet auteur à la production inégale. Sur le mode du conte, il y met en scène un homme jeune, qui se croit dégoûté de la vie, veut se suicider, et se vend donc corps et bien à un créateur artistique à la mode contemporaine, de ces créateurs surtout prêts à faire de l'argent, beaucoup d'argent, avec le peu de talent dont ils disposent. Ce créateur lui fait subir des opérations drastiques modifiant considérablement son aspect physique, pour ensuite l'exposer dans les mêmes conditions que n'importe quelle autre oeuvre d'art, sur un socle, dans des salles publiques. Entre ces expositions, reclus dans une vaste propriété, l'homme-statue parvient à s'échapper et à faire connaissance avec un peintre (aveugle comme il se doit, ce qui constitue l'une des lourdes bourdes du texte) et sa fille, un duo qui l'accepte sans se formaliser, et qu'il se met à fréquenter régulièrement et clandestinement, jusqu'à ce que – bien sûr – une idylle se noue entre lui et la fille du peintre. Comme n'importe quelle autre oeuvre d'art, son créateur finit par le mettre en vente pour en tirer un bon prix, et voilà l'homme statue devenu un objet entré dans les collections publiques muséales. le jour où il apprend que sa compagne est enceinte, il se décide à intenter un procès : est-il un humain, est-il un objet ?

    Ce récit est délibérément écrit sur le mode du conte, de façon à faire admettre toute sorte d'invraisemblances au lecteur, et l'auteur y parvient avec un certain brio. C'est un texte "à thèse", incluant une violente satyre des pratiques de certains "artistes" contemporains et de leurs thuriféraires, puis du monde des musées et des galeristes, en explorant deux limites de la condition humaine : l'individu peut-il vraiment disposer de son corps comme il l'entend ? L'artiste peut-il vraiment "tout" faire ?

    Remarque : certains critiques auraient vu dans ce récit une réinterprétation du mythe de Faust, ce qui montre surtout qu'ils ne connaissent ce mythe que de très loin.

    Autre remarque, pour les incrédules : il a existé et continue d'exister des gens se présentant comme "artistes" faisant commerce de leurs propres mutilations, déchéances, souffrances corporelles, qui – bien entendu – trouvent dans les cercles distingués des admiratrices et admirateurs "très éclairé-e-s" : vous trouverez un aperçu dans Wikipedia, à l'article "art corporel". le plus drôle étant que ces gens se croient profondément originaux, alors que ce type de pratiques est déjà attesté dans la Rome décadente…

    Comme "L'Evangile selon Pilate", ce roman possède les trois caractéristiques délibérément assurées par E.E. Schmitt dans la plus grande partie de son oeuvre : primo, ils sont écrits pour un très large public (cf la trame de la nouvelle "Odette Toulemonde") sans pour autant renoncer à évoquer des questions complexes, secondo ils passent par la référence à des évènements sortant de l'ordinaire, sur le mode du conte, tertio, ils se terminent positivement, sur une note optimiste. Par ailleurs, ces deux fictions constituent clairement ce que l'on appelle des "romans à thèse", un genre qui ne plaît pas forcément à tous les lecteurs, même s'il est habilement utilisé comme c'est le cas ici. Enfin, il faut avouer que toutes les oeuvres de cet auteur ne sont pas forcément d'un même niveau de qualité.

    Ces textes sont d'une écriture "faussement simple", il est plus que probable que l'auteur les a travaillé tant et plus, jusqu'à être certain d'en avoir ôté toute trace de pédantisme germanopratin ou sorbonnard ou cultureux, pour aboutir à une écriture limpide, compréhensible par le plus grand nombre. D'une certaine manière, en considérant le dépouillement de l'écriture, le recours au conte, l'optimisme mesuré et l'art de la nuance, de tels récits – certes menés différemment – font penser à un roman comme "la Peste" d'Albert Camus, sans pourtant atteindre à la même qualité, au même niveau de génie : il manque encore un petit quelque chose, qui réside peut-être dans l'aspect un peu trop appuyé de roman à thèse.

    Ceci étant, aux yeux de certain(-e)s dans les milieux branchés, là où l'on attribue des prix prestigieux à de pitoyables navets comme "Les Bienveillantes" ou "L'art français de la guerre", c'est tout juste si E.E. Schmitt ne passe pas pour une variante de Barbara Cartland, ce que Schmitt renvoie magnifiquement dans le personnage odieux du critique littéraire branché intervenant dans "Odette Toulemonde" ou dans la féroce description des expositions dites "d'art contemporain".

    A l'autre bout de cette échelle des romans publiées ces dernières années et largement cautionnés par les membres de la nomenklatura cultureuse, on trouve par exemple Virginie Despentes. Incontestablement dotée d'un talent d'écriture largement égal (si ce n'est supérieur) à celui de Schmitt, elle ne mobilise délibérément son talent que pour rouler son lectorat dans l'ignoble, l'abject, le fangeux et le putréfié, susciter le scandale complaisant du monde médiatique illettré, et ainsi ramasser le plus d'argent possible dans le plus court laps de temps : cela s'appelle de la prostitution (leçon première du management : savoir se vendre). Elle l'assume fort bien, voire le revendique hautement.
    A chacun ses choix…

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Citations et extraits

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  • Par boubi, le 31 août 2015

    Dans un salon isolé, il me présenta à un homme tout rond. Lunettes cerclées, les yeux en billes, la bouche en O, l'individu semblait avoir été conçu autour de son ventre : son corps était une boule terminée en haut par une tête chauve, en bas par deux pieds chaussés. Il était emballé plus qu'habillé dans des tissus de lin froissés et une ceinture en cuir bouclait le paquet; Cette lanière divisait exactement le tronc en deux, sans causer aucun bourrelet - ce qui était fascinant, vu la corpulence - et, plutôt qu'elle n'ajustait les vêtements à la taille, elle marquait l'endroit exact où les deux demi-sphères se rejoignaient, comme la trace extérieure d'une vis intérieure. (34)
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  • Par boubi, le 31 août 2015

    Je ne souhaite à personne de cohabiter, dès l'enfance, avec la beauté. Entrevue rarement, la beauté illumine le monde. Côtoyée au quotidien, elle blesse, brûle et crée des plaies qui ne cicatrisent jamais. (19)

    La force de la beauté, c'est de faire croire à ceux qui la côtoient qu'ils sont eux-mêmes devenus beaux. (20)

    La beauté est une malédiction qui n'engendre que la paresse et l'indolence. La laideur est une bénédiction qui appelle l'exception et peut transformer une vie en magnifique destin... (31)

    Jeune, j'ai voulu que la beauté soit en moi, j'ai été malheureux. Maintenant, je sais qu'elle est partout autour de moi, je l'accepte. (253)
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  • Par zazimuth, le 28 septembre 2010

    Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pasplus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théâtre, une scène, un public ; nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres ; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous. (p.103-104)
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  • Par missmolko1, le 01 février 2011

    - Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui... j'avais remarqué... je vous proposais justement d'attendre vingt-quatre heures...
    - Non.
    - Qu'est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?

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  • Par Ginettel, le 08 novembre 2011

    des mots que j'aime: à chaque fois je pense à M. Pontbriand. Nous n'étions pas souvent d'accord.

    Le vide m'attirait comme deux bras ouverts. Tapie en dessous de moi, la mer léchait ses babines d'écume en m'attendant.

    Il s'approcha et entrebâilla, sous sa moustache, sa vitrine de pierres précieuses.

    Les voix piquaient dans l'aigu, disparaissaient dans le grave, s'égrenaient en rires perlés, fusaient, sautaient, se chevauchaient, s'ébrouaient au-dessus des plats comme des saumons essayant de franchir un torrent.

    ... un froid hostile.

    ...Mes yeux dégringolèrent dans le piège du décolleté sans que j'arrive en m'en extraire. Son visage me semblait plus haut que la lune.

    La femme ramassa une poignée de sable, l'homme l'introduisit dans une vessie de tissu, il souffla par une paille et pulvérisa les cristaux de quartz sur la toile.

    Elle tourna vers moi un visage qui m'éblouit, d'un blanc miraculeux, d'un blanc arraché au danger du rose et du beige, d'un blanc fragile et insoutenable, d'un blanc qui n'était pas seulement une couleur mais une consistance, douce , souple, aérienne, poudrée. Elle avait un sourcil qui s'arrondissait plus haut que l'autre, comme si l'un s'interrogeait tandis que l'autre riait.

    La joie nous encombrait...

    ...les yeux presque fermés par l'ourlet gras de ses paupières.

    Adam est devenu une sculpture parce qu'il n'avait plus envie de vivre. (Je n'en dis pas plus) Un jour, il va sur la plage et rencontre Hannibal et Fiona, sa fille. Hannibal peint le temps présent.

    Adam dit: Je passai l'après-midi derrière Hannibal et sa fille. À chaque initiative du peintre, je craignais qu'il n'abimât ce qu'il avait déjà réussi; à l'issue de chaque geste, je comprenais ce qu'il venait d'accomplir. J'avais l'impression d'apprendre quelque chose de fondamental et d'énorme. Mais quoi? .... Il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol... Mais, dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyais ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, ... Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement: j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand chose et beaucoup à la fois: une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable.
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La nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt
http://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=116682
Résumé :
« Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. » Une nuit peut changer une vie. À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard. Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d?heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu?il s?attend à frissonner d?angoisse, une force immense fond sur lui, le rassure, l?éclaire et le conseille. Cette nuit de feu ? ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique ? va le changer à jamais. Qu?est-il arrivé ? Qu?a-t-il entendu ? Que faire d?une irruption aussi brutale et surprenante quand on est un philosophe formé à l?agnosticisme ?Dans ce livre où l?aventure se double d?un immense voyage intérieur, Éric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d?homme autant que d?écrivain, découle de cet instant miraculeux.
INSTAGRAM : http://instagram.com/lesbetisesdemanu LIVRADDICT : http://www.livraddict.com/profil/manuvdw/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/lesbetisesdemanuyoutube TWITTER : @manuvdw13 CONTACT : lesbetisesdemanu@gmail.com








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