Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2253109584
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 674 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qui n'a jamais rêvé de devenir un objet ? Mieux même, un objet d'admiration?
Tel est le pacte que scellent un artiste excentrique et un jeune homme désespéré. Le premier, avide de scandale, propose au second, avide d'exister, de le transformer en oeuvre d'art.> voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (86)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 1.00/5
    Par Laurence64, le 21 février 2013

    Laurence64
    Il est jeune mais du haut de ses 20 ans (quel vieux couillon a parlé du bel âge?), il désespère, le garçon. Il ne se sent pas exister. D'ailleurs son créateur a même omis de le nommer. C'est dire. Il désespère donc et déprime sacrément. Au point d'envisager le suicide.
    Pas tout à fait au bas du bas, il réfléchit à la méthode. La pendaison le séduit. Je ne frissonne pas. Je demeure stoïque. Rien ne me semble perdu. Si le héros estime encore valoir une corde pour se pendre, l'espoir demeure.Le présage est favorable.
    Et, aussi futée qu'un troupeau de bisons, je contemple le nombre de pages restant. Aucune chance qu'à la sixième page, le héros romanesque achève sa jeune vie, la langue bleue, la cervicale rompue.
    Je le suis donc dans la grange censée abriter l'acte fatal qui s'avère contagieux. Un parfait inconnu y dresse son gibet. Il y a des épidémie de pendaisons comme des épidémies de grippe. Ou des lieux infestés par les potences comme d'autres par les souris. Ou des jours qui poussent à l'accrochage vertical. Je ne sais…
    Mais à la page 6 (ou dans ses environs), une poutre syntaxique s'effondre, abime mon oeil droit qui s'affole. Nan, j'ai mal lu. Je reprends la phrase, ânonne, bêle, hennit. Rien n'y fait. La phrase rédhibitoire clignote, m'aveugle. Je tente de récupérer la vue et récite à haute voix afin d'évacuer la scorie visuelle. "La corde où je me suis pendu".
    Fébrile, je cherche le nom du traducteur français de notre écrivain francophone. Parce que… Dites, un écrivain, ça ne peut pas laisser passer ça! La corde, ce n'est pas un lieu à moins qu'il ne soit question du charmant village de Cordes? Mais pourquoi aller se tuer dans le Tarn?
    D'accord, le héros se sent méprisable. Mais faut-il mépriser la langue française afin qu'écrivain et créature se mettent au diapason? Et ce n'est pas parce que son héros confesse avoir "toujours tout raté, pour être exact, ma vie comme mes suicides", qu'il convient de s'appliquer à rater l'écriture de son livre.
    J'ai poursuivi un peu ma lecture, délaissant la grange aux suicides aussi encombrée que les toilettes d'un pub irlandais. Près de la falaise prometteuse d'une chute finale, une autre aberration grammaticale m'attendait en compagnie d'un individu aux dents chargées.
    Plus bégueule que Monsieur Grévisse, j'abandonnais ma lecture avant la vingtième page, convaincue que ce bouquin fut peut-être une oeuvre d 'art avant sa rédaction.
    J'avoue, à ma grande honte, avoir commis le geste impardonnable dont je ne me remets pas malgré les huit années écoulées: j'ai enfermé le bouquin dans un sac noir que j'ai fermé et jeté. La corde où j'ai fermé la poubelle me hante encore.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          13 44         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Ode, le 31 juillet 2013

    Ode
    Jusqu'où peut-on aller au nom de l'art ? C'est la question que pose Éric-Emmanuel Schmitt dans ce court roman qui, sans prétendre au chef-d'œuvre, fustige une certaine forme d'art contemporain et la superficialité ambiante.
    Zeus-Peter Lama, peintre et sculpteur aussi riche que prétentieux, détourne du suicide un jeune homme persuadé d'avoir raté sa vie. Son élan n'a rien d'altruiste : il convainc son protégé de devenir une sculpture vivante. Et quelques coups de bistouri plus tard, le garçon sans attrait devient "Adam bis", une créature monstrueuse qui fascine le monde de l'art...
    "Lorsque j'étais une œuvre d'art" est un récit excentrique et dérangeant, qui appelle nécessairement une lecture rapide, tant on veut en finir. Pour connaître l'issue de ce conte moderne, bien sûr, mais aussi pour sortir de ce cauchemar. Cauchemar d'autant plus horrible que l'auteur prend bien garde de décrire la transformation physique du narrateur : à chacun d'imaginer le pire.
    Comparé à mes autres lectures d'Eric-Emmanuel Schmitt, ce roman m'a déçue par son écriture moins travaillée. On dirait presque une nouvelle, avec une mise en situation rapide, des symboles faciles (Zeus le dieu crée un nouvel homme qu'il appelle Adam...) et des personnages caricaturaux : l'artiste contemporain vaniteux, l'agent artistique méprisant et drogué, les mannequins et groupies sans cervelle... etc. J'ai même eu la vilaine impression que l'auteur se rapprochait de sa compatriote Amélie, dont je goûte de moins en moins les histoires courtes et emberlificotées. À commencer par le nom farfelu des personnages, comme Zeus-Peter Lama ou Carlos Hannibal...
    Sur le fond, la réflexion est intéressante, car la mésaventure d'Adam bis montre le côté vain et cruel de notre "société du spectacle" qui privilégie les apparences au détriment de l'humain. L'auteur définit trois niveaux d'existence : le corps, la conscience et le discours ; le troisième dominant les deux autres car « nous sommes ce dont les autres parlent ». Bien que datant de 2002, cette conception préfigure l'avènement de réseaux sociaux bien connus (cui-cui ?). Or ne faut-il pas s'alarmer lorsque, systématiquement et instantanément, l'opinion répandue sur une personne ou un événement prend le pas sur la réalité de son sujet ? Ce livre nous aide à regarder au-delà des apparences.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 28         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 02 avril 2012

    Audreyy
    Quelle originalité. C'est vraiment un livre surprenant et original, c'est le cas de le dire. Un jeune homme, desespéré, prétend avoir raté sa vie. Il est donc prêt à se jeter d'une falaise mais un artiste, plus précisément, un sculpteur va lui proposer un accord. Un accord que Tazio acceptera.
    Il va lui vendre son corps et son âme pour devenir un objet. Une sculpture exposée devant tous. Tazio qui a toujours été un moins que rien, une personne non admirée, non aimée est heureux. Heureux d'être considéré comme unique. Heureux d'être enfin admiré. Mais grâce à Fiona, une jeune femme qui accompagne son père peintre, va lui ouvrir les yeux. Cet artiste n'est qu'un manipulateur. Ce qu'il veut c'est le succès, la gloire et l'argent. Ce qu'il a, grâce à Tazio. D'ailleurs, cet artiste qui se nomme Zeus Peter Lama veut à tout prix déshumaniser Tazio.
    Ce petit livre de moins de 300 pages est très intéressant et fait réfléchir. Tout d'abord, sur l'importance de la vie. Mais aussi, sur l'importance du succès, de la célébrité. le narrateur de l'histoire est tout de même prêt à se suicider car à côté de ses frères, il n'est rien. Sa vie est banale. de nos jours, l'apparence est très importante tout comme l'envie d'être reconnu. Tazio ne veut pas vivre pour lui mais pour les autres. Et on se rend compte que finalement, ce qu'il a toujours voulu ne sera pas si plaisant que cela. La célébrité rend égoïste, excentrique et Tazio l'apercevra à travers Zeus, son créateur. Ensuite, ce livre place l'art comme grand importance. Non seulement car le narrateur perd son corps et pourrait perdre son humanité en devenant un objet d'art. Puis, en regardant un artiste profité d'une situation de désespoir pour devenir riche et célèbre. Est-ce que les gens admirables et connus pour leur travail sont ils tous si superficiels? Finalement, la gloire rend-il égoïste et méchant?
    Ce livre ne s'arrête pas là. Il nous montre aussi la prise de conscience. Eric Emmanuel Schmitt rend la femme importante. En effet, car ici, Tazio ouvre les yeux sur ce qu'il a fait, sur ce qu'il est devenu grâce à Fiona. Cela valait-il vraiment le coup finalement?
    Il y a petit quelque chose qui ne m'a pas plu, c'est que l'auteur nous décrit pas beaucoup l'oeuvre. Comment est-il? Est-il humain? A quoi il ressemble? Les descriptions peuvent être importantes sur certaines choses. Là, j'étais dans le flou. L'auteur a peut-être voulu laisser planer un mystère mais c'est un point que je regrette. Mais c'est minimum comparé à tout le reste car j'ai adoré. J'ai apprécié les personnages et l'ambiance. Je le recommande.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 19         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Mademoiselle_Lecture, le 06 octobre 2014

    Mademoiselle_Lecture
    Il a vingt ans et veut se jeter du haut d'une falaise. Il n'est pas réellement malheureux, juste désespérément vide. Est-ce que le non-être n'est pas pire que le mal-être ? Pour confirmer cette sensation, l'auteur ne lui donne pas de nom. Il n'est pas vraiment.
    Zeus-Peter Lama, grand artiste de son époque, l'aperçoit quelques minutes avant le grand saut et lui propose un marché : il lui demande vingt-quatre heures. Cet homme est égocentrique, arrogant, détestable, ambitieux… Au cours de cette journée, il va lui proposer un pacte fou, devenir SON œuvre d'art. Il renoncera à sa liberté mais ne passera plus jamais inaperçu.
    Ce livre est étonnant ! le narrateur accepte cet accord hors du commun et devient la sculpture vivante de son créateur. Là où l'auteur a fait fort, c'est qu'à aucun moment, il nous décrit l'apparence de ce jeune homme. On a quelques bribes de description mais concernant l'ensemble, c'est au lecteur de faire sa propre idée. Et il faut avouer que sur ce point nous agissons souvent de la même manière, en imaginant le pire.
    C'est un roman qui pose évidemment plein de questions. La beauté est-elle celle que l'on croit ? Est-on plus aimé quand tout le monde nous admire ? Comment faire la différence entre un amour d'apparence ou un amour profond ?
    A une époque où l'apparence semble compter plus que tout, je reconnais que la beauté a son importance. Elle est ce que l'on voit en premier chez une personne. Elle est un sourire, un rire, une intonation, un regard, une voix, un toucher… Certains voudront être aimés pour ce qu'ils représentent et d'autres pour ce qu'ils ressentent. le mieux n'est pas de l'être pour ce que nous sommes ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par PremiereL, le 06 octobre 2013

    PremiereL
    Critique de Mathilda
    Ce roman s'intitule « Lorsque j'étais une œuvre d'art », écrit part Eric-Emmanuel SCHMITT. Il raconte l'histoire d'un homme du nom de Tazio Firelli lassé par la vie et par son physique qui manque cruellement d'intérêt à ses yeux ; un jour il rencontre un célèbre artiste qui lui promet monts et merveilles, une nouvelle identité, un nouveau corps, une nouvelle vie mais à quel prix ?
    Ce livre mêle drame et fantaisie, avec en plus une pointe de fantastique... L'histoire amène le lecteur à s'interroger sur la valeur de la Personne et la nature humaine est abordée sous tous les angles, de l'homme sans cœur, égoïste et profiteur à l'homme au grand cœur capable, non de voir une personne, mais de la regarder comme nous aimerions tous l'être au moins une fois dans notre vie.
    C'est tout ce qui fait le charme de ce livre, une fois plongé dans la lecture difficile de ne pas s'attacher aux personnages qui sont tous très intéressants et parfois même surprenants. Une question s’immisce d'elle même dans notre pensée : jusqu'où l'homme est-il capable d'aller pour se sentir aimé ?
    C'est une merveilleuse histoire pleine de sens, de vérités et de sensibilité, il serait bien dommage de passer à coté. Eric-Emmanuel Schmitt nous bouscule encore une fois avec ce récit poignant. Après avoir terminé le livre, la petite flamme du souvenir reste allumée et ne s'éteint jamais.
    Critique d' Hannah
    Qui sommes- nous prêt à croire en plein désespoir pour tenter de trouver un sens à la vie ? Jusqu'où peuvent aller nos actes lorsqu'on est près à tout pour approcher la gloire ?
    « Lorsque que j'étais une œuvre d'art », c'est l'histoire d'un jeune homme avec une vie banale, sans artifices, talents ou originalité. Du moins, c'est sa vision de sa vie. « Lorsque j'étais une œuvre d'art » c'est surtout l'histoire d'un bon à rien pour qui la vie ne tient qu'à un fil, celui de son destin. Un homme va pourtant changer ses plans de suicide miséreux et lui proposer de devenir un symbole d'art contemporain. Une statue vivante. Cet homme, c'est Zeus-Peter-Lama. Retenez bien son nom. Un artiste débordant d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres avec pour seul but : entretenir sa popularité et la croyance en son génie. Il faut pourtant se méfier de l'eau qui dort dans chacun d'entre nous...
    « On lutte longtemps contre les évidences et, parfois, les projets les plus fous nous séduisent immédiatement. »
    Le projet d'Eric Emmanuel Schmitt avec ce livre est audacieux. L'auteur veut nous faire réfléchir sur la place de l'apparence dans la société, du moins son importance. L'histoire est dangereusement addictive. Jusqu'où peut aller l'esprit diabolique de Zeus -Peter-Lama pour la gloire ? Comment le héros, un homme parmi tant d'autres, peut-il survivre alors qu'il est abaissé au statut d'objet et que plus rien ne l'humanise ?
    Beaucoup de question qui pousse le lecteur à lire d'un seul trait cette histoire qui est tout autant terriblement représentative de notre société actuelle mais si dérangeante.
    De plus, l'écriture est accessible et nous pouvons noter quelques réflexions humoristiques comme des caricatures sur la célébrité et la superficialité de ce monde.
    L'auteur laisse libre cours à notre imagination car l’œuvre d'art n'est pas précisément décrite et le lecteur au fil des pages cherche donc à en savoir plus sur cette « bête » ce qui lui permet de se faire sa propre image de l'art de Zeus-Peter-Lama.
    N'est-ce pas cela un bon livre ? Un livre qui vous tient en haleine jusqu'à la fin et qui, en plus, fait réfléchir ? C'est bien le pouvoir de celui d'Eric- Emmanuel Schmitt , « Lorsque j'étais une œuvre d'art ».
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

> voir toutes (66)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par zazimuth, le 28 septembre 2010

    Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pasplus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théâtre, une scène, un public ; nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres ; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous. (p.103-104)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation

  • Par missmolko1, le 01 février 2011

    - Laissez moi tranquille. Je suis en train de me suicider.
    -Oui, oui... j'avais remarqué... je vous proposais justement d'attendre vingt-quatre heures...
    - Non.
    - Qu'est-ce que vingt-quatre heures, quand on a déjà raté sa vie ?

    Commenter     J’apprécie          1 57         Page de la citation

  • Par Ginettel, le 08 novembre 2011

    des mots que j'aime: à chaque fois je pense à M. Pontbriand. Nous n'étions pas souvent d'accord.

    Le vide m'attirait comme deux bras ouverts. Tapie en dessous de moi, la mer léchait ses babines d'écume en m'attendant.

    Il s'approcha et entrebâilla, sous sa moustache, sa vitrine de pierres précieuses.

    Les voix piquaient dans l'aigu, disparaissaient dans le grave, s'égrenaient en rires perlés, fusaient, sautaient, se chevauchaient, s'ébrouaient au-dessus des plats comme des saumons essayant de franchir un torrent.

    ... un froid hostile.

    ...Mes yeux dégringolèrent dans le piège du décolleté sans que j'arrive en m'en extraire. Son visage me semblait plus haut que la lune.

    La femme ramassa une poignée de sable, l'homme l'introduisit dans une vessie de tissu, il souffla par une paille et pulvérisa les cristaux de quartz sur la toile.

    Elle tourna vers moi un visage qui m'éblouit, d'un blanc miraculeux, d'un blanc arraché au danger du rose et du beige, d'un blanc fragile et insoutenable, d'un blanc qui n'était pas seulement une couleur mais une consistance, douce , souple, aérienne, poudrée. Elle avait un sourcil qui s'arrondissait plus haut que l'autre, comme si l'un s'interrogeait tandis que l'autre riait.

    La joie nous encombrait...

    ...les yeux presque fermés par l'ourlet gras de ses paupières.

    Adam est devenu une sculpture parce qu'il n'avait plus envie de vivre. (Je n'en dis pas plus) Un jour, il va sur la plage et rencontre Hannibal et Fiona, sa fille. Hannibal peint le temps présent.

    Adam dit: Je passai l'après-midi derrière Hannibal et sa fille. À chaque initiative du peintre, je craignais qu'il n'abimât ce qu'il avait déjà réussi; à l'issue de chaque geste, je comprenais ce qu'il venait d'accomplir. J'avais l'impression d'apprendre quelque chose de fondamental et d'énorme. Mais quoi? .... Il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol... Mais, dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyais ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, ... Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement: j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand chose et beaucoup à la fois: une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par Ode, le 01 septembre 2013

    Je n'ai jamais ramé, mon jeune ami, jamais bouffé des nouilles ni de la vache enragée. J'ai toujours eu le cul dans le beurre, je suis connu et reconnu dans le monde entier, sauf par des cas psychiatriques comme vous, chacun de mes gestes vaut une fortune, le moindre gribouillis me rapporte le salaire à vie d'un professeur, je suis riche à crever mais pas près de crever pour autant. Bref, pour dire les choses en peu de mots, j'ai le génie, la gloire, la beauté et l'argent. Agaçant, non ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par Ode, le 08 septembre 2013

    Je ne souhaite à personne de de cohabiter, dès l'enfance, avec la beauté. Entrevue rarement, la beauté illumine le monde. Côtoyée au quotidien, elle blesse, brûle et crée des plaies qui ne cicatrisent jamais

    Commenter     J’apprécie          0 26         Page de la citation

> voir toutes (43)

Videos de Eric-Emmanuel Schmitt

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt

"Je me suis endetté pour acheter le Théâtre Rive-Gauche" - Extrait - 25/05 .
Le 25 mai à 12h00, Eric-Emmanuel Schmitt est l'invité de l'émission "À Nous Deux" sur France Ô. Il évoque notamment son combat pour la pièce "Le Journal d'Anne Franck".








Sur Amazon
à partir de :
4,14 € (neuf)
2,06 € (occasion)

   

Faire découvrir Lorsque j'étais une oeuvre d'art par :

  • Mail
  • Blog

Listes avec ce livre (3) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (1282)

> voir plus

Quiz