> Mélanie Basnel (Traducteur)

ISBN : 2809701318
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2009)


Note moyenne : 3.41/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Après La colère des aubergines, Bulbul Sharma nous revient avec des histoires pétillantes de drôlerie.
Des femmes partent en voyage, et leur vie bascule. Elles partent pour se marier, pour aller voir leur fils, pour échapper au crime qu'elles croient avoir commis... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 22 mai 2012

    Cath36
    Il y a un peu de Tatie Danielle version hindoue et beaucoup d'humour à la manière de "trois hommes et un bateau" dans ce recueil de nouvelles qui nous présentent le visage de L'inde actuelle à travers des femmes très différentes. L'art de la nouvelle consiste ici à ciseler des portraits aussi riches que chaleureux, dans situations originales, et à nous montrer le rapport des femmes hindoues avec leurs maris. Pleins d'humour, chaleureux et humains, ces textes nous entraînent dans les profondeurs de l'Inde, celle non seulement des rites et des traditions, mais aussi celle des usages de la vie quotidienne, des petits gestes et des habitudes, de tout ce qui compose une existence aux détours parfois inattendus. Ce livre se savoure comme un plat délicatement épicé , c'est un régal !
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sharon, le 22 janvier 2012

    Sharon
    Je dois reconnaître un premier fait : le genre de la nouvelle n'est vraiment pas fait pour moi (mis à part les nouvelles de Guy de Maupassant, extrêmement concises). J'ai besoin de plus de temps pour m'imprégner des personnages, d'autant plus que leur culture, leur manière d'être et de penser sont radicalement différents de la mienne. J'avais éprouvé moins de difficulté avec Compartiment pour dames d'Anita Nair bien que chaque femme raconte tour à tour son histoire. L'enchâssement de chaque récit dans un récit plus vaste, le crescendo dans la désespérance y était sans doute pour beaucoup.
    Ici, le ton est plus varié, et parfois même franchement comique. Je pense en particulier à deux nouvelles, le pèlerinage de Mayadevi et Les premières vacances de RC. Dans le pèlerinage de Mayadevi, l"héroïne prend l'avion pour la première fois, pour rendre visite à son fils, dentiste à Londres. Elle ne l'a pas revu depuis des années parce que môssieur a pris l'avion une fois pour l'Angleterre et qu'il n'a jamais osé le reprendre depuis. Tant pis pour les périls encourus : sa vieille mère va lui montrer ce que c'est que le courage, en dépit des risques qu'elle prend, et lui rappellera les devoirs qu'un fils doit à sa mère. Non mais ! Elle a même appris l'anglais de manière intensive afin d'être fin prête le jour dit. Ne croyez pas que ce voyage se passera exactement comme prévu, et si Mayadevi renvoie certains européens à leurs clichés et autres phrases toutes faites sur l'Inde, elle est profondément émue par Martha sa belle-fille, qui lui offre quelque chose, au contraire des autres membres de sa famille qui ne lui donne que ce qu'elle leur a demandé.
    Dans les premières vacances de RC, nous avons ce fameux RC, chef d'entreprise à la vie réglée à la minute près. Il régente mère, femme et fille d'un chronomètre de maître, et gare à celles qui changerait quoi que ce soit à sa vie !!!! Pourtant, c'est lui qui décide d'emmener toute sa famille en voyage. S'il s'était douté de toutes les changements que celui-ci allait apporter dans sa vie.... il serait parti beaucoup plus tôt.
    Quant aux Sacrées tantes, qui donnent leur nom au recueil, nous les retrouvons dans Les tantes et leurs maux, la troisième nouvelle. Des maux, elles en ont, et pas qu'un seul. Je crois en fait que leur existence a été traversée par tellement de maladies que c'est une chance bien réelle qu'elles soient parvenues jusqu'à l'âge qu'elles ont. La rencontre avec la veuve d'un médecin, lors qu'un voyage en train, changera leur vie : que de nouveaux maux ne vont elles pas connaître grâce à elle !!!
    Tout n'est pas aussi riant dans les autres nouvelles, et le mariage reste souvent douloureux pour les femmes. La "trop grande épouse" de l'avant-dernière nouvelle doit son malheur à sa grande taille - 1 m 75 - ce qui donne des accès de fureur à son nabot de mari. La manière dont elle retrouve sa liberté face à la violence de son mari est extrêmement courageuse. Autre extrême : la très jeune mariée n'est qu'une enfant lorsqu'elle est envoyée dans le palais de son mari. Son père a voulu un mariage somptueux pour elle, elle découvre non seulement la condition de femme mariée, dans une famille où la grand-mère règne comme une despote, mais aussi celle de veuve, en la personne de la toute jeune Uma, dont le mari est décédé.
    Mes sacrées tantes est un recueil que je conseillerai aux amateurs de nouvelles et à ceux qui veulent découvrir petit à petit la littérature indienne.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-mes-sacrees-tantes-de..
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    • Livres 4.00/5
    Par mguy, le 14 octobre 2011

    mguy
    Il s'agit d'un recueil de nouvelles ayant l'Inde pour décor. Chaque nouvelle est centrée sur le parcours initiatique d'un personnage, de son rapport souvent complexe au monde qui l'entoure. Une personne apprend la reconnaissance et le lien nécessaire aux autres, une autre apprend à s'ouvrir au monde et à la vie. Ce sont des petites histoires qui sont ainsi racontées. C'est vraiment une écriture très originale, entre le récit et le conte. On se balade dans ces différentes nouvelles un peu comme on se promènerait dans un parc avec différents paysages. de plus, les fins sont souvent une ouverture sur la vie. C'est réellement à découvrir et à lire, car c'est un régal.
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  • Par keisha, le 17 octobre 2010

    keisha
    Pour cette deuxième rencontre avec Bulbul Sharma, auteur de La colère des aubergines, point d'odeurs et de saveurs de cuisine indienne, mais des voyages dont les personnages de ces huit nouvelles ressortent souvent différents, et donnant la part belle à des femmes parfois inflexibles et autoritaires.

    Mayadevi va jusqu'à apprendre l'anglais toute seule, « à la force du poignet » pourrait-on dire, pour aller rendre visite à son fils établi en Angleterre. Et malheur à sa voisine dans l'avion!(Le pélerinage de Mayadevi)

    "Lorsque l'hôtesse leur apporta les plateaux-repas, Mayadevi secoua fermement la tête et croisa les mains sur ses genoux, la manière traditionnelle de refuser de la nourriture dans une fête bengalie, pour qu'il n'y ait pas le moindre doute."

    Les trois tantes de Meera prennent possession du train mais fort heureusement au cours du long voyage elles se lieront d'amitié avec une forte femme, après concours de souvenirs de maladies plus intéressantes les unes que les autres.(Mes sacrées tantes)

    - "Vous êtes veuve, non? demanda-t-elle avec douceur à la passagère.
    (...)
    - Et vous mangez du poulet? Ah bon? C'est bizarre!
    (...)
    - Mais où va le monde! Bientôt les veuves porteront des pantalons, du rouge à lèvres et des chaussures à talons.
    - Et peut-être qu'elles iront danser comme des memsahibs!
    La veuve du docteur se sentait de plus en plus mal et jeta un regard désemparé autour d'elle."

    Une jeune mariée a le malheur de toucher par accident l'aîné de ses beaux-frères, une très jeune mariée de sept ans fait connaissance de sa belle-famille. Des épouses quittent leur famille. Seule Les premières vacances de R.C. a pour héros un père de famille rigide et petit-chef, mais il devra accepter- finalement pour son bonheur- de lâcher prise.

    Beaucoup d'humour et d'imagination dans ces nouvelles pas toujours contemporaines. Certaines paraîtront sans doute une peu longuettes à un public non indien, mais globalement c'est une lecture agréable, un joli voyage à travers l'Inde d'hier et d'aujourd'hui.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-mes-sacrees-tant..
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    • Livres 2.00/5
    Par liratouva2, le 20 mai 2010

    liratouva2
    Le trait commun de ces courts récits tient dans les voyages que doivent entreprendre des femmes indiennes de toutes conditions mais encore très soumises aux lois de la religion, des coutumes locales et surtout de la famille toute puissante de l'époux.
    Ces femmes sont attachantes même l'implacable Mayadevi qui tient sa maison d'une poigne de fer et y fait régner la terreur et qui décide le jour de ses soixante quinze ans de partir seule à Londres faire honte à son fils aîné qu'elle n'a plus vu depuis quarante ans , depuis son départ à l'âge de dix-huit ans en Angleterre! C'est un bon fils qui n'a qu'un défaut: la peur de l'avion qui l'empêche de retourner en Inde! Durant tout le voyage elle ne parle pas, ne dort pas, ne mange pas, traite sa bru en servante, se montre d'une intransigeance absolue, interdisant tout contact de quelque sorte que ce soit. Bref, elle se montre odieuse jusqu'à ce que sa belle fille découvre par hasard son point faible et réussisse enfin à l'attendrir...un moment!
    (...)
    Titre des autres nouvelles avant que je les oublie: Une très jeune mariée, Les premières vacances de R.C., jusqu'à Simla en tonga, La vie dans un palais.
    Heureusement il existe un glossaire à la fin où on nous dit que la tonga est une carriole légère!

    Je suis heureuse d'avoir terminé ce recueil dans le cadre du Prix des lecteurs, sans lequel je ne l'aurais sûrement pas lu, heureuse aussi d'avoir plutôt bien apprécié cette lecture qui m'a plongée dans un pays que je ne connais pas du tout et qui m'intrigue.


    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/05/mes-sacrees-tantes-par-bulbul..
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 22 mai 2012

    Pour ajouter à la confusion, le gramophone ralentissait parfois au beau milieu d'une chanson, et la voix haut perchée se mettait à hurler à la mort. Une fois, le son émis ressemblait à s'y méprendre au cri d'une chouette, au point que le frère qui passait par là en fut terrorisé. "Au secours, à l'aide !" cria-t-il, puis elles entendirent un bruit sourd. Elles se précipitèrent dans le couloir et le trouvèrent allongé de tout son long.
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  • Par Sabbio, le 03 janvier 2011

    À une heure précise, ils s’arrêtèrent au bord d’une route aride et poussiéreuse, et Basant sortit le panier-repas de la voiture. Ils étaient passés non loin de coins ombragés et d’arbres étalant généreusement leurs branches le long de la route, mais l’emploi du temps indiquait qu’ils devaient s’arrêter à un heure pile, pas 12h50 ni 13h10, et R.C. ne voulait pas en démordre. Ils s’installèrent donc sur cet espace aride et vide entre deux arbres, le soleil d’après-midi cognant sur leurs têtes, et avalèrent consciencieusement leur repas sous le regard amusé d’un troupeau de vaches qui se prélassaient à l’ombre d’un arbre, non loin de là.
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  • Par Lounima, le 06 mai 2012

    "Que Rupbala, à l’âge de trente-quatre ans, accomplisse un pèlerinage jusqu’à la cité de Badrinath, avait été prévu par les dieux bien avant sa naissance. Tout avait commencé quand les gènes d’un ancêtre amazonien, endormis depuis des centaines d’années, s'étaient soudain réveillés en elle et avaient fait de Rupbala une femme d'un mètre soixante-quinze. Une taille inhabituelle qui n’avait pourtant rien d’extraordinaire, mais qui fit d’elle l’ennemie numéro un de son mari d’un mètre soixante dès l’instant où il posa les yeux sur elle. Ce n'était pas qu'elle fût particulièrement laide ou désagréable à regarder- ce qui aurait peut-être expliqué la haine que lui portait son époux -, elle était même plutôt jolie, avec de grands yeux de biche et de longs cheveux brillants qui lui tombaient dans le dos en cascade. Sa seule faute, considérée comme impardonnable par l’homme en question, était de mesurer quinze bons centimètres de plus que lui. Si elle ne l’avait dépassé que de trois ou quatre centimètres, les choses auraient sans doute été plus simples. Il aurait pu lui dire de ne pas se mettre à côté de lui, de se baisser un peu quand ils marchaient non loin l’un de l'autre, et leur vie commune aurait ainsi pu être différente; Rupbala aurait fait le pèlerinage jusqu’à Badrinath après avoir vécu une vraie vie, à l’âge de soixante-dix ans, peut-être même plus tard. Mais ces quinze centimètres, qui la faisaient dominer son mari, tout en écrasant l'amour-propre de celui-ci, réduisirent en miettes la vie de Rupbala." (Picquier poche - p.195-196)
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  • Par liratouva2, le 20 mai 2010

    Quand le mari de Gita disparut une nuit, discrètement, ne laissant derrière lui qu'une courte lettre disant qu'il renonçait à la vie pour devenir un sage, elle décida elle aussi de partir
    La vie dans un palais
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  • Par liratouva2, le 20 mai 2010

    Il arrive que les dieux réalisent vos souhaits, mais on ne peut quand même pas tout avoir, se dit-elle, puis elle rit. Elle sut qu'elle était enfin libre et laissa la quiétude de Badrinath la submerger à nouveau.
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