> Christiane Besse (Traducteur)

ISBN : 222111180X
Éditeur : Robert Laffont (2010)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
L'Ibis, ancien transporteur d'esclaves reconverti en navire marchand, est au cœur de cette extraordinaire saga indienne. Parti de Baltimore, aux États-Unis, il rejoint Calcutta pour embarquer une cargaison de coolies attendue à l'île Maurice. Parmi eux Deeti, une paysan... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 18 août 2010

    Woland
    Un grand remerciement aux Editions Robert Laffont qui nous ont gracieusement offert ce livre, dans le cadre du partenariat avec Blog-O-Book.
    Quiconque s'intéresse un tant soit peu à la littérature indienne sait combien nombre de ses auteurs sont attachés aux livres-fresques : Vikram Seth avec son "Garçon Convenable", Vikram Chandra avec son "Seigneur de Bombay" ou même V. S. Naipaul avec des ouvrages comme "Jusqu'au bout de la foi" ou "L'Inde : Un million de révoltes." Avec la "Trilogie de l'Ibis", Amitav Ghosh ne fait pas exception à ce courant littéraire puisque "Un Océan de Pavot", premier tome de l'ensemble, assume dès le départ le ton et la construction des romans-fleuves.
    Bien que l'auteur consacre près des deux tiers de ce livre à mettre en place les personnages principaux, encore en proie aux affres de leur "première" vie, celle à laquelle les événements, bons ou mauvais, les forceront à renoncer dans le dernier tiers, le miracle du conteur s'accomplit dès les premières pages. Dès l'entrée en scène de Deeti, la jeune paysanne indienne qui, jouant avec sa fille dans le Gange, "voit" brusquement se dresser devant elle non seulement "L'Ibis" mais aussi cette mer qu'elle n'a jamais approchée, s'éveille dans le coeur du lecteur le désir, vorace, absolu, d'aller plus loin et de savoir où cette flamboyance de mots, ces descriptions rêveuses des champs de pavots à l'aube de la récolte, ce souffle d'émotions violentes qui se lève à l'horizon des pages va les conduire, lui et les personnages du romancier.
    "L'Ibis", ancien navire négrier reconverti en transporteur de coolies et d'opium - nous sommes en 1838 et les Britanniques exploitent à fond toutes les richesses du pavot, imposant sa culture aux paysans du Bengale à seule fin d'expédier en Chine la drogue qu'il produit - compte lui aussi parmi les principaux protagonistes. du début jusqu'à la fin, Amitav Ghosh fait de lui un être vivant, qui craque, frémit, tangue, lutte et vainc au même titre que ceux qu'il héberge. Il est à la fois le moyen de transport qui va permettre aux héros de quitter L'Inde pour tenter de refaire leur vie en Chine, et celui qui rend également possible ce changement spirituel qui fera d'eux des femmes et des hommes nouveaux. De l'humble paysanne devenue veuve (Deeti) et qui a fui les flammes de la sâti jusqu'au rajah déchu (Neel), en passant par Paulette, la jeune orpheline française fuyant un mariage non désiré et Zachary, le capitaine en second au teint si blanc qu'on ne croirait jamais qu'il a pour mère une quarteronne, tous sont contraints à rejeter leur identité passée et à endosser une nouvelle personnalité mais, pour y arriver, la souffrance ne suffit pas : il faut aussi vouloir survivre.
    Un roman extrêmement attachant qui embarque son lecteur sans que celui-ci s'en aperçoive - ou presque. A lire en attendant la parution des deux autres tomes. (Petit bémol : on aurait aimé un glossaire des très nombreux mots indiens, pidgin et autres couramment utilisés au fil des pages.) ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 28 novembre 2010

    ivredelivres
    Je me suis embarquée sur l'Ibis, une goélette qui arrivée en Inde après bien des difficultés va repartir vers l'île Maurice, chargée de coolies main-d'oeuvre peu coûteuse, pour remplacer les esclaves que ce bateau négrier transportait jusqu'à l'abolition de l'esclavage par les anglais.
    Nous sommes en 1838, en Inde les anglais ont imposé la culture du pavot aux paysans, l'opium récolté et traité dans des factories assure la richesse de l'Angleterre.
    Cette goélette va devenir l'espoir, le cap pour une multitude de personnages, l'occasion pour eux d'aller au bout de leurs rêves, de faire le choix d'une vie différente, de changer, de devenir autre.
    Pour Deeti qui va tenter de fuir l'Inde et le sort que l'on réserve aux veuves. le pavot a fait mourir son mari, les a asservi et ruiné, elle va se tourner vers l'unique personne qui lui a un jour témoigné de la compassion : Kalua « De taille inhabituelle et d'une carrure impressionnante »
    Pour Jodu qui rêve de pouvoir s'embarquer, de retrouver Paulette sa presque soeur qui a grandi avec lui, partagé ses jeux. Il a tout appris « A force d'écouter les voix qui résonnaient sur le pont des grands navires » il rêve de grimper dans les vergues d'un de ces navires.
    Pour Neel, le jeune rajah si fier qu'il ne veut pas voir les dettes qui s'accumulent, qui a la naïveté de penser que les anglais le respecte, qui découvre que l'on peut du jour au lendemain passer d'un palais des mille et une nuit à une geôle sordide
    Pour Paulette l'Ibis c'est la possibilité de fuir un mariage imposé, orpheline passionnée par l'oeuvre de son père botaniste, grande lectrice de Rousseau et Voltaire, elle se plie mal au destin qu'on lui réserve, aux contraintes religieuses. Mais « une goélette n'est pas un endroit pour une femme » elle va devoir faire preuve de détermination.
    Pour Zachary enfin « de taille moyenne, robuste, un teint de vieil ivoire » marin d'occasion, capitaine en second d'un navire qui a fait la difficile traversée depuis Baltimore. Sans Serang Ali et sa compagnie de lascars embarquée au Cap, ils ne seraient pas arrivé jusqu'au golfe du Bengale.
    Fils d'esclave l'Ibis est pour lui l'occasion de changer, de changer de tout : d'origine, de métier, de destination.
    Passionnant, coloré, épicé, porteur des senteurs de l'Inde, ce roman vous emporte de la première à la dernière page. C'est un tableau vivant, chaleureux, violent. Porté par un souffle romanesque qui ne se dément pas tout au long du récit, ce roman m'a rappelé mon impatience à la lecture des romans de Dumas.
    L'aventure est au rendez-vous, les personnages qui vous invitent à passer d'une barque sur le Gange, à une soirée brillante au palais du Rajah,d'un bûcher funéraire à une prison sordide, des champs de pavots à la cale d'un négrier.
    Tout y est : le valeureux héros, la jeune femme en danger, des lascars dangereux et sympathiques, des hommes sans foi ni loi, bref l'aventure avec un grand A.
    Amitav Ghosh dresse le tableau d'une Inde disparue où le blanc fait la loi et où chacun a un destin tout tracé. En conteur exceptionnel il vous tient à sa merci et vous vous laissez éblouir par sa magie.
    Pourtant attention, romanesque ne veut pas dire mièvre, le récit, les personnages ne sont pas tendres, on est loin des contes pour enfants.
    Cet Océan de pavots et le premier tome d'une trilogie et je vous garantie que je serai au rendez-vous de l'Ibis.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 04 décembre 2011

    liliba
    Si vous aimez les romans d'aventure, et si vous aimez voyager, dans le temps comme dans l'espace, découvrir de nouvelles contrées et des modes de vie différents des nôtres, ce roman est fait pour vous !
    Nous sommes au début de l'année 1838, dans la plaine du Gange. Deeti, une pauvre paysanne, a une vision alors qu'elle ramasse le pavot dans son champ : elle voit un bateau, mais un bateau comme encore elle n'en n'a jamais vu, totalement différent des petites barques qu'elle aperçoit habituellement sur le fleuve, une goélette immense, qui semble venir de nulle part, mais se diriger vers elle...
    Ses yeux gris de magicienne ont bien vu ce qu'ils ont vu, et ce n'est pas le pavot qui en est la cause, puisque Deeti n'en consomme jamais, au contraire de son mari qui travaille à l'usine de transformation toute proche, tenue par les anglais et cause de la misère dans la région (culture intensive du pavot, les paysans ne peuvent plus planter autre chose par peur de ne pas atteindre un quota satisfaisant, et ne peuvent plus vivre en auto-suffisance en mangeant les produits de leur récolte. Ils sont donc totalement dépendant du pavot, des conditions climatiques, de la qualité de la récolte, et des prix fixés par les anglais...).
    Quand, quelques temps plus tard, elle aura sous les yeux son songe, quand elle découvrira que ce bateau existe bel et bien, Deeti comprendra que ce navire est un signe du destin et qu'elle doit se lier à lui, et pour cela embarquer à son bord.
    L'ibis, qui autrefois transportait des esclaves, est maintenant un navire marchand, même si parfois sa cargaison n'est pas tout à fait conforme à ce qui était prévu au départ. Parti de Baltimore et en route vers "Mareech", l'île Maurice, il fait escale à Calcutta pour embarquer des coolies, cargaison humaine qui servira de bras dans cette île par delà les eaux noires, dont on dit qu'elle est peut-être hantée...
    Sur le bateau se croisent des gens de tous horizons, qui tentent tant bien que mal de supporter les difficultés de la navigation, de même que la promiscuité et parfois les haines tenaces qui les opposent et les lient tout à la fois.
    Ainsi Zachary Reid, le commandant en second, un Noir qui passe pour un Blanc et doit batailler pour se maintenir à son poste, face aux coups bas d'autres marins. Detti, qui embarque avec Kuala, son nouveau mari, l'homme qui l'a sauvée du bûcher funéraire sur lequel elle avait décidé de mourir, y rencontre aussi Paulette Lambert, une jeune française orpheline fuyant en cachette l'Inde et ses contraintes, ses obligations de mariage arrangé et la famille qui l'a accueillie à la mort de son père, de même que Yodu, un jeune indien intrépide qui s'est engagé comme mousse et qui fut le frère de lait de Paulette. Et en fond de cale de l'Ibis sont terrés deux prisonniers condamnés à l'exil, dont l'un est le raja lui-même, Neel Rattan, trahi par les anglais et emprisonné après avoir été accusé de malversations frauduleuses.
    Tous ces personnages évoluent d'abord autour du bateau, puis à son bord, apportant chacun le bagage de leur vie mouvementée, de leurs terreurs, de leurs espoirs. le voyage qui promet d'être long, d'autant plus que personne ne sait vraiment ce qui les attend à l'arrivée, une fois qu'ils auront bravé tempêtes et mutineries, mais aussi vécu malgré tout de belles histoires d'amour, d'échange, de confiance.
    Un roman très dépaysant donc, qui vous offrira une belle traversée de l'Inde, au fil de tous ces personnages aux personnalités marquantes, mais que j'ai trouvé moins extraordinaire que le fabuleux Le pays des marées, que j'avais littéralement adoré.

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/10/05/index.html
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    • Livres 4.00/5
    Par pibole, le 21 novembre 2010

    pibole
    Ce bouquin est pour les lecteurs qui aiment les longues mises en place: en effet les personnages apparaissent les uns après les autres, et avant qu'ils se croisent, Gosh prend son temps.
    mais c'est envoutant;, la condition des femmes et des paysans pauvres, le raja dépouillé par les anglais, l'éducation d'une jeune fille blanche entre deux cultures, le racisme toujours présent. C'est une fresque historique passionnante et très bien documentée. On pressent les histoires d'amour. ils embarquent tous dans un ancien bateau négrier, pour l'île Maurice. Tout est dur et pourtant empreint d'une grande humanité. Car Gosh aime ses personnages, même les méchants.
    Les tendresses sont douces, les amitiés se nouent, c'est beau.
    j'ai adoré.
    je regrette seulement d'avoir à attendre la suite, car là, ils ne sont même pas encore arrivés à l'île Maurice...
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    • Livres 2.00/5
    Par Melo, le 04 septembre 2010

    Melo
    Avant de vous plonger dans ce pavé, assurez vous d'avoir le temps… En effet, quasiment 600 pages que ce premier tome d'une trilogie. Une saga qui commence en 1838 et où fourmille une multitude de personnages. Ils se retrouvent tous à naviguer sur un navire, ancien transporteur d'esclaves qui transporte désormais du pavot, richesse indienne exploitée par les Britanniques et la Chine et très prisée pour l'opium qu'elle devient.
    Deeti, veuve échappée du bûcher, Zachary, marin qui au départ n'en est pas un, Paulette, orpheline recueillie par un riche commerçant et fuyant sa condition, ou encore Kalua, le géant un peu simplet, plus une panoplie d'autres personnages aux personnalités, origines et langage différents, vont se rencontrer et se côtoyer sur l'Ibis pour former une fresque haute en couleurs.
    Cependant, je me suis ennuyée. Les personnages sont trop nombreux, ce qui m'a empêchée de m'attacher à eux. L'intrigue m'a paru fade et ronronnante, les différentes utilisation du langage indien m'ont usées, et l'abus de détails a eu raison de moi.
    Le style, bien que travaillé, n'a pas eu l'effet escompté. Il m'a paru lourd et indigeste.
    Pour terminer sur une note positive, ce livre a tout de même eu le mérite de me faire voyager dans le passé et dans d'autres contrées, de me dépayser, et de m'en apprendre davantage sur cette époque qu'est le début du 19ème siècle en l'Inde, colonisée par la Grande-Bretagne.

    Lien : http://meli-melo-de-songes-et-de-livres.webuda.com/2010/09/un-ocean-..
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