> Claude Demanuelli (Traducteur)

ISBN : 2070411729
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
"Tout ce qu'on peut dire de l'Inde est vrai, on y voit les choses plus clairement parce que c'est le chaos", affirme Arundhati Roy à propos de ce premier livre qui lui a valu le Booker Prize en 1997. La jeune romancière indienne s'est inspirée du village ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    C'est un roman assez court mais qui foisonne, c'est vrai. De personnages mais surtout d'impressions, de couleurs, de mille images sur l'Inde. le premier roman que j'ai lu sur ce pays était "La mousson" de l'Américain Louis Bromfield et j'en étais sortie (j'étais pourtant très jeune à l'époque) avec la certitude qu'on ne pouvait faire pays plus coloré, plus chaud que l'Inde. Bromfield, qui n'y était jamais allé, dépeignait cette contrée avec un amour que je n'ai pas trouvé par exemple dans E.M. Forster. Avec Arundhati Roy, qui est Indienne, cette passion, qui se combine souvent à une exaspération latente envers le système de castes par exemple, est bien au rendez-vous.
    Mais c'est un drame qui se vit ici, dans cette atmosphère lourde et paresseuse, où le passé et le présent entremêlent leurs lents tissages d'araignées. Dès le départ, on sait que ce drame tourne autour de la mort de Sophie, la fille de Chacko et de son épouse anglaise, Margaret. La petite fille, "Sophie Mol" comme on l'appelle lorsqu'elle arrive en Inde pour y retrouver son père biologique, est morte noyée une quinzaine d'années plus tôt, dans un accident qui fut maquillé en kidnapping et en meurtre par la grand-tante des héros, Baby Kochama.
    Avec leur mère, Ammu, elle aussi disparue et morte dans la déchéance, les jumeaux Rahel (la fille) et Estha (le fils) sont les personnages-clefs du livre. Deux enfants nés de l'union d'un père fonctionnaire qui s'adonnait trop à la bouteille pour que son épouse, un jour, ne finisse pas demander le divorce.
    En ces années 60 qui s'achèvent (le drame se place en 1969), Ammu a en effet osé divorcer pour revenir chez elle, auprès de sa mère, Mammachi et de sa tante, Baby. Pour ces femmes qui ont connu l'époque où les Intouchables se devaient de s'éloigner à reculons en balayant jusqu'à leurs propres traces sur le sol, Ammu n'a pas de "statut légal" - ce que les jumeaux, voletant entre l'Hindi et l'Anglais, déforment en "Statue L'Egale." Certes, elles la tolèrent mais elles n'en pensent pas moins : Ammu a en elle quelque chose d'incontrôlable et de masculin.
    Aussi la grand-mère et la grand-tante ne ressentent-elles pas un amour extraordinaire pour les jumeaux. Baby surtout semble vraiment les détester. Il est vrai que Baby est une aigrie ...
    Quand Margaret, qui a jadis divorcé elle aussi de Chacko pour se remarier avec un Anglais, devient veuve de celui-ci, son premier mari lui propose de venir passer la Noël dans sa famille, à Ayanemen. Il espère ainsi revoir la seule femme qu'il ait jamais aimée et, bien entendu, la fille qu'elle lui avait donnée, la petite Sophie.
    Et, en dépit des espoirs de Baby Kochama, Sophie sympathise très vite avec ses jumeaux de cousins.
    A partir de là, tout est en place et la pièce peut se jouer avec, en toile de fond, l'amour que Velutha, l'Intouchable, ressent pour Ammu. Amour partagé mais amour voué à la Mort, on s'en doute.
    Le drame final entraînera la désagrégation de la famille Kochama. Chacko s'exilera au Canada. Margaret ne se pardonnera jamais d'avoir amené sa petite fille avec elle pour ce fameux Noël. Ammu sera chassée de la maison de ses ancêtres. Velutha ... Velutha, vous verrez bien, hélas ! Quant à Rahel et à Estha, ils seront séparés. La première restera auprès de sa grand-mère, le second sera, selon l'expression de Baby Kochama, "renvoyé à l'expéditeur", c'est-à-dire à son père divorcé.
    A 31 ans, Estha reviendra à la demeure familiale. Mais il sera devenu muet, comme si la mort de Sophie, la liaison d'Ammu et surtout la disparition de celle-ci l'avaient figé quelque part, entre le Passé et le Présent. Il faudra tout l'amour de Rahel, revenant elle des USA où elle avait émigré à sa majorité, pour le ramener - un peu, un tout petit peu et d'une façon très particulière - à la réalité, une réalité où Baby Kochama, maintenant âgée de 83 ans, fait plus que jamais figure de parasite borné et haineux, dans la droite ligne de ces fondamentalistes de tout poil qui, au nom de Dieu, ne savent qu'infliger malheur et torture à leurs semblables.
    Un beau livre dont il ne faut guère s'étonner qu'il ait connu un tel succès. Oui, il y a des méandres mais l'Inde, dans toute ses beautés et dans toutes ses hideurs, n'est-elle pas, justement, que méandres - nos méandres originels peut-être ? ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par akialam, le 23 juillet 2008

    akialam
    Voici un roman que j'ai acheté un peu par hasard. Ces "petits riens" m'évoquaient ces petits bonheurs de la vie quotidienne, et puis le titre me disait vaguement quelque chose, j'ai dû en entendre parler à la Fac en cours de "littérature du Commonwealth". Un livre assez abrupt au départ. J'ai eu du mal à plonger dedans: dislocation du temps, fusion des personnages féminins... il faut être claire, au départ, j'ai tout mélangé. De ce chaos émerge peu à peu un simple fait, un drame familial, que l'on sent poindre, puis dont on raconte les conséquences. Très vite, la curiosité est piquée? Mais que s'est -il donc passé? Question lancinante, puisqu'on ne connaîtra le fin mot de l'histoire et l'ampleur du drame que dans les dernières pages du roman, qui constituent la dernière pièce du puzzle narratif qui se met en place, page après page.
    Les jumeaux, quant à eux, sont des personnages étranges, qui ne se représentent que comme une seule et même entité, vivent les mêmes drames, chacun à leur manière. Enfants, ils semblent avoir grandi trop vite, et même s'ils l'expriment avec des mots d'enfants, Estha et Rahel comprennent instinctivement la gravité de ce qui se passe autour d'eux. Adultes, ils portent sur les choses un regard enfantin, ce qui donne lieu à des métaphores pleines de rêves, d'imagination rares chez des adultes. En fait, qu'ils soient enfants ou adultes, ils semblent être les mêmes, seule leur compréhension des choses est raisonnée au lieu d'être instinctive. Ce qui contribue à accentuer le fractionnement du temps narratif et à brouiller les pistes.
    Sont brassés une infinité de thèmes: la gémellité, l'amour, l'histoire (la lutte des classes), les castes, la mentalité indienne, l'exil, le divorce, la solitude, la culpabilité, le souvenir, le sexe, la misère, le colonialisme, etc... un livre qui doit régaler tous les littéraires férus d'étude de textes, car il est véritablement extrêmement riche en contenus.
    En bref, si du point de vue du plaisir du lecteur, ce livre peut être un peu plat, il est vraiment excellent du point de vue intellectuel!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par elfe, le 17 juillet 2009

    elfe
    Rahel et Estha Kochamma, deux jumeaux de huit ans, vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l'oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, esprit romantique converti au marxisme pour les besoins de son portefeuille, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu, désertée par son mari, qui aime secrètement Velutha, un Intouchable. Un drame va ébranler leur existence et les séparer. Comment réagir quand, à huit ans, on vous somme de savoir " qui aimer, comment et jusqu'où " ? Comment survivre quand, après un événement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ? Un récit envoûtant, plein d'humour et d'émotion, servi par une écriture neuve et poétique, qui recrée le monde de l'enfance - celui de l'imaginaire et de la liberté." (4e de couverture)
    voilà un roman qui m'a bien plu malgré quelques longueurs par moments. Il parle franchement de la vie au quotidien en Inde pour une famille hors norme et à travers les yeux de deux enfants. Des personnages haut en couleurs et qui vous laisseront un souvenir marquant. Mais ce roman c'est surtout une histoire douloureuse et tragique, où le monde de l'enfance cotoie la dure loi de la vie d'adulte et du mensonge.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ladybug, le 09 août 2011

    Ladybug
    Ce livre est un puzzle, mais un puzzle extrêmement bien construit. On voit évoluer les personnages à diverses époques de leurs vies, sans jamais être perdu. J'aime le procédé de l'auteure qui distille très adroitement tout au long du roman, les informations, quelquefois de vagues sous-entendus, puis parfois les allusions se font plus précises allant jusqu'à nous révèler un fait essentiel des drames qui vont se jouer. Cela ajoute au mystère et aiguise notre curiosité. J'ai trouvé poignant de voir dévoiler à un moment le destin des personnages, puis de revenir à une époque de leur vie où bien sûr ils ne se doutent de rien...Cela ajoute à l'émotion et à l'attachement qu'on éprouve pour eux.
    J'ai aimé le regard ironique et le ton sarcastique de l'auteure. C'est un roman passionnant, fort, émouvant, foisonnant (tout ce que j'aime !). Il y a de beaux portraits de personnages principaux et secondaires, des anecdotes sur leurs parcours etc. Chez les jumeaux, qu'on sent à part dans cette famille dès le début, il y a une fraîcheur et une naïveté qui sont très touchantes, ils sont singulièrs et attachants.
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    ahel et Estha Kochamma, des jumeaux de huit ans, vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l'oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, esprit romantique converti au marxisme pour les besoins de son portefeuille, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu, abandonnée par son mari, qui aime secrètement Velutha, un Intouchable.
    Un drame va ébranler leur existence et les séparer. Comment réagir quand, à huit ans, on vous somme de savoir " qui aimer, comment et jusqu'où " ? Comment survivre quand, après un événement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ?
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Citations et extraits

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  • Par boreale, le 22 juin 2008


    (... ) ... de temps à autres quand elle écoutait ses airs favoris à la radio , Ammu se sentait toute remuée. comme s'ils distillaient en elle une douleur diffuse, comme si , métamorphosée en sorcière , elle quittait ce monde pour un monde meilleur.

    Ces jours là elle se montrait agitée , parfois même rebelle. Comme si elle abandonnait momentanément son rôle de mère et de divorcée. jusqu'à sa démarche qui , de tranquille et de posée, se faisait soudain plus dansante.

    Elle mettait des fleurs dans ses cheveux et ses yeux étaient plein d'étranges sortilèges. elle ne parlait à personne. Passait des heures au bord du fleuve avec pour seul compagnon son petit transistor en forme de mandarine. Fumait cigarette sur cigarette et prenait des bains de minuit.

    qu'était-ce au juste qui donnait parfois à Ammu ce côté inquiétant ? totalement imprévisible ? Les forces antagonistes au dedans d'elle se livraient bataille. Comme un mélange aux composantes irreductibles .
    l'infinie tendresse de la mère et l'audace du kamikaze. Voilà ce qui finit peu à peu par l'envahir jusqu'à l'amener à aimer la nuit l'homme qui aimait ( .... )
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  • Par dreulma, le 20 avril 2011

    Murlidharan, l'aliéné qui hantait le passage à niveau, était assis en parfait équilibre sur la borne kilométrique. Il avait les jambes croisées et l'on voyait ses testicules et son pénis pointer vers l'inscription :
    COCHIN
    23
    Murlidharan était nu comme un ver, à l'exception d'un sac en plastique cylindrique que quelqu'un lui avait enfoncé sur la tête et qui lui faisait une toque de cuisinier transparente à travers laquelle il continuait de voir défiler le monde, vision certes imparfaite et déformée, mais nullement limitée. L'eût-il voulu qu'il aurait été bien incapable d'enlever son couvre-chef : il n'avait plus de bras. Il se les était fait arracher par un obus à Singapour en 1942, une semaine à peine après s'être enfui de chez lui pour s'engager dans les unités combattantes de l'armée indienne. Après l'Indépendance, il avait obtenu le statut de Combattant de la Liberté, classe 1, ce qui lui avait donné le droit à une carte lui permettant de prendre le train gratuitement et en première pour le restant de ses jours. Mais cette carte, il l'avait perdue ( en même temps qu'il perdait l'esprit), si bien qu'il ne pouvait plus vivre dans les trains ou les buffets de gare. Il n'avait pas de domicile, pas de porte à fermer, mais il avait conservé ses anciennes clés. Solidement attachées à sa taille par une ficelle, elles formaient une grappe luisante. Son esprit était rempli de tiroirs renfermant ses petits plaisirs secrets.
    Un réveil. Une voiture rouge dotée d'un klaxon musical. Un verre à dents rouge. Une épouse ornée d'un diamant. Une serviette bourrée de documents importants. Un retour du bureau. Un déolé, colonel S., mais il fallait que je dise ce que j'avais à dire. Et des beignets de bananes croustillants.
    Il regardait passer les trains. Et il comptait ses clés.
    Il regardait passer les gouvernements. Et il recomptait ses clés.
    Il regardait les visages aux traits indistincts des enfants qui écrasaient leurs nez de guimauves concupiscents contre les vitres des voitures.
    Les sans-abris, les sans-espoirs, les déclassés, les malades et les égarés, tous défilaient devant sa fenêtre. Et il comptait toujours ses clés.
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  • Par dreulma, le 08 mai 2011

    La chaleur matinale laisse présager une chaleur plus grande encore.
    Au-delà du marais qui sent l'eau stagnante, ils passent devant des arbres vénérables recouverts de vigne vierge. Des maniocs gigantesques. Des poivriers sauvages. Des cascades violettes d'acuminus.
    Devant un scarabée bleu foncé en équilibre sur un brin d'herbe qui ne plie pas sous le poids.
    Devant des toiles d'araignées géantes qui ont résisté à la pluie et courent comme des rumeurs colportées d'un arbre à l'autre.
    Une fleur de bananier dans son fourreau de bractées bordeaux s'accroche à un arbre rugueux aux feuilles arrachées. Joyau offert par un écolier dépenaillé. Bijou de la jungle veloutée.
    Des libellules cramoisies s'accouplent dans l'air. Comme un bus à deux étages. Quel art ! Plein d'admiration, un policier regarde et s'interroge brièvement sur la dynamique de la copulation libellulienne. Qu'est-ce qui va dans quoi ? Puis son esprit revient à des Pensées Policières.
    Devant de hautes fourmilières coagulées par la pluie. Écrasées comme des sentinelles dormant d'un sommeil de drogué aux portes du Paradis.
    Devant des papillons flottant dans l'air comme de joyeux messages.
    Des fougères géantes.
    Un caméléon.
    Une étonnante ketmie rose.
    Un canal fourchu. Stagnant. Étouffé par les lentilles d'eau. Comme un serpent mort. Un tronc jeté en travers. Les policiers passent dessus à pas menus. Tout en faisant tournoyer leurs matraques en bambou luisant.
    Fées poilues armées de baguettes qui distribuent la mort.
    Puis le soleil se heurte aux troncs graciles des arbres inclinés qui brisent la lumière.
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  • Par dreulma, le 08 mai 2011

    Les deux hommes eurent une conversation. Brève, laconique, directe. Comme s'ils échangeaient non pas des mots mais des chiffres. Aucune explication ne semblait nécessaire. Il n'y avait entre eux aucun lien d'amitié, et ils ne se faisaient absoluement pas confiance. En revanche, ils se comprenaient parfaitement. L'enfance n'avait laissé sur eux aucune trace. Dépourvus de curiosité comme de doutes, ils étaient à leur manière terriblement adultes. Ils regardaient le monde sans jamais se poser de questions sur son fonctionnement. Pourquoi l'auraient ils fait puisque c'étaient eux qui le faisaient marcher ? Mécaniciens promus à l'entretien de rouages dans une même machine.
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  • Par dreulma, le 01 mai 2011

    L'homme qui, debout dans l'ombre des hévéas, des pièces d'or dansant sur son corps nu, tenait sa fille dans ses bras, leva les yeux et croisa le regard d'Ammu. Des siècles entiers se téléscopèrent pour se ramasser en cet instant unique, évanescent. L'Histoire, surprise, perdit pied. Fut rejetée comme une vieille peau de serpent. Les marques, les cicatrices, les blessures qu'avaient laissées les guerres anciennes et l'époque où certains devaient marcher à reculons s'effacèrent brusquement. Pour faire place à une aura, un tremblement palpable aussi visible que l'eau dans une rivière ou le soleil dans le ciel. Aussi sensible que la chaleur d'une journée d'été ou la brève saccade du poisson qui tire sur la ligne. Tellement patent que personne ne remarqua rien.
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