ISBN : 9782847200782
Éditeur : Gaïa (2011)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Dans la dernière léproserie d’Europe,dans la Roumanie de 1989, les pensionnaires sont coupés du monde. Le peu qu’ils aperçoivent de l’extérieur est une cimenterie dont le mur est décoré de l’effigie de Ceaucescu. Alors que les malades organisent leur évasion, l’émeute ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par moustafette, le 12 mai 2012

    moustafette
    Avril 1989, quelque part dans le sud-est de la Roumanie, derrière les grilles d'une bâtisse délabrée est regroupée une curieuse population. Des vieux, une Russe et un Hongrois, des plus jeunes, Polonais, Roumains et même un Américain, en tout treize humains qui vivent là à l'écart du monde sous l'oeil vigilant de l'immense portrait de Nicolae Ceauşescu qui orne le mur de l'usine d'engrais chimiques qui leur fait face
    Ils sont-là depuis des années et le resteront. Personne n'osent s'approcher d'eux, pourtant on pourvoit à leur alimentation et à leur trousseau et de réguliers colis en provenance de la Croix Rouge Internationale améliorent leur ordinaire, colis qui contenaient encore à une époque certaines préparations pharmaceutiques. Car ces hommes et cette femme sont tous atteints de la lèpre. Peu à peu, parallèlement au délabrement du pays, leurs conditions de vie se dégradent.
    Si on ne sait ni comment le narrateur a été contaminé, ni avec précision à quelle date il arrive à la léproserie, on en sait plus sur Robert W. Duncan, cet ancien officier de renseignements américain, "pensionnaire" depuis 1969. Une étrange amitié va se nouer entre ces deux-là jusqu'à cet hiver 1989 qui verra la chute de Ceauşescu. A l'unisson de leurs uniques voisins, les ouvriers chez lesquels monte la révolte contre le pouvoir, des velléités de liberté naissent dans l'esprit des deux hommes. Mais, c'est sans compter sur le reste de la communauté qui voit peu à peu son quotidien chamboulé.
    A l'image du bacille de Hansen, que voilà un livre corrosif ! Ne chercher ni humour, ni ironie, le ton est plutôt brut, acide et sans fioritures, juste le quotidien auquel se mêlent des va et vient chronologiques, les rêves et les cauchemars de quelques exclus parmis les exclus. Un microcosme où, comme toujours, se reproduit le jeu de l'amour et de la haine avec ses grandeurs et ses bassesses. Sous le vernis, entre la couche de vie et celle de mort, un reste d'humanité subsiste et l'espoir, même s'il est mince, réussit cependant à s'y faufiler. La dignité, elle, est immense.
    Un thème inhabituel pour un texte qui bouscule et qui forcément vous farfouille les tripes (qui réveillera aussi de bien douloureux souvenirs si on pense au sort réservé aux premières victimes du sida dans ces mêmes années 80). Se fondant naturellement dans le récit, s'insèrent çà et là des éléments historiques concernant la maladie à travers les âges et la peur qu'elle généra de tout temps.
    Au-delà d' "une superbe métaphore de la dictature de la Roumanie communiste" (Corriere della Sera), et je ne le dirai jamais assez, y voir l'originalité du talent des jeunes auteurs des Balkans - Ognjen Spahić est Monténégrin - n'est pas superflu.
    Je savais qu'il existait encore des léproseries en Afrique, en Inde et en Asie mais, l'éditeur ne le précisant pas, j'ai quand même voulu vérifier que ce roman ne s'étayait pas sur une certaine réalité. Si en Europe une léproserie est encore en activité à côté de Valence, en Espagne, il en existe bel et bien une également en Roumanie à Tichileşti, ouverte comme celle du livre en 1928. Les articles ne révèlent pas si des faits similaires s'y sont produits...


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2012/05/12/index.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Persepolis, le 27 novembre 2011

    Persepolis
    Une belle découverte... Je l'avoue, j'ai mis du temps avant d'ouvrir ce livre et de me plonger dans cet univers empli de souffrances, de personnages bannis du monde extérieur.
    Cela m'intéressait de voir comment serait traité un thème aussi inhabituel, associé à un événement historique aussi important (la révolution de 1989).
    J'ai passé plusieurs jours à contempler la couverture mais sans être convaincue de ce que j'allais découvrir à l'intérieur du livre. Une certaine appréhension, un livre arrivé au mauvais moment.
    Et puis, je me suis lancée et j'ai parcouru ce livre très rapidement. Même si l'on sait peu de choses de ces personnages, même s'il règne de la violence, je me suis laissée porter par les rêves d'évasion du personnage, par ses désillusions, par ses hauts et ses bas.
    Certes, on ne sait plus trop qui encadre ces patients, mais cela renforce d'autant plus le fait qu'ils aient été abandonnés par tous.
    Et cette évasion... Où cela pourrait-il donc mener ces "damnés"?
    Tout au long du roman, l'auteur revient par touches successives sur cette maladie dont on parle peu, qui éveille la plus profonde peur et retrace ainsi l'origine, l'évolution de la maladie et surtout le regard que portent les "non-contaminés" sur celle-ci.
    Un thème atypique mais un roman qui explore les tréfonds de l'âme et des profondeurs humaines...
    Merci aux éditions Gaïa de m'avoir fait découvrir ce livre; je n'hésiterai pas à partager cette découverte.
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    • Livres 3.00/5
    Par Thoxana, le 19 octobre 2011

    Thoxana
    La quatrième de couverture me laissait espérer le meilleur, même si j'avais immédiatement perçu la noirceur de l'ouvrage : Dans la Roumanie de 1989, voici que nous est proposé le portrait d'un groupe improbable d'occupants de la dernière léproserie d'Europe. L'ensemble semblait d'autant plus intéressant que ceux-ci allaient se trouver confrontés à la fameuse révolution qui allait renverser Ceausescu... Hélas !! Mes espoirs furent en partie déçus... L'ambiance est évidemment glauque - avec un sujet tel que la lèpre, difficile de faire amusant... Certes. Mais les personnages sont vraiment "gratinés" et on passe une partie du roman à se promener de règlement de compte en meurtres... Ils ne sont qu'une poignée, mais on se dit que, à ce rythme, personne ne finira par assister à cette fameuse révolution. Révolution qu'on attend. Et qu'on entrevoit de bien loin. de trop loin à mon goût... de plus, ce groupe ne semble encadré d'aucun médecin, pas la moindre infirmière... Ils reçoivent plutôt des chiens un peu fous qui viennent se nourrir de cadavres... Bref, un ouvrage fort heureusement très court, très noir et assez ennuyeux - impossible de m'attacher à l'un des protagonistes...
    Pourtant, j'ai toujours un a priori positif sur les récits se déroulant dans cette partie du monde. Mais là... Franchement... J'ai du mal à être enthousiaste...
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    • Livres 3.00/5
    Par benne, le 22 octobre 2011

    benne
    Ce huis clos roumain de Ognjen Spahic est étouffant. le fameux bacille de Hansen (celui de la lèpre) est au coeur de tout, au milieu de chaque mètre carré, sur chaque visage, dans chaque parole. La maladie qui s'est abattue sur le narrateur - dont on ne sait presque rien - et ses condisciples occupe le terrain. Mais une parcelle d'humanité persiste. La révolution est là, la fuite du héros et de son ami Robert semble inéluctable. Jusqu'au dénouement. Une dictature politique laisse des traces, une dictature physique aussi. le récit est noir, très noir, et manque parfois de volume (car basé sur un quasi monologue) mais reste bien mené.
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    • Livres 4.00/5
    Par tesla, le 28 avril 2012

    tesla
    Je crois pouvoir dire que j'ai aimé ce livre si particulier, où chaque mot est compté, pour décrire ce lieu et les habitants si particuliers de cette léproserie.
    Certes, je me suis demandée, "mais où l'auteur veut il nous emmener ? Que veut il nous faire comprendre ?"Et puis je suis arrivée à la conclusion qu'au final ce livre est une "simple" narration qui nous fait vivre une tranche de vie d'un des protagonistes, et que finalement, savoir s'en contenter était peut être là l'objectif non avoué d 'O. Spahic
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Citations et extraits

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  • Par moustafette, le 12 mai 2012

    J'ai toujours eu l'impression que notre bâtisse et son environnement immédiat ressemblaient davantage à un vieux cimetière maudit où rodent les esprits qu'à un établissement de soins. Cela tenait, je crois, aux longues tuniques de lin que nous portions, indispensables pour nous protéger du soleil et du regard des autres malades - enfin ceux qui avaient encore des yeux.
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  • Par moustafette, le 12 mai 2012

    Les morceaux de carte, toujours éparpillés sous le lit mais maintenant portés par le courant d'air, s'agitent comme les fragments d'une sinistre prophétie. Les villes européennes dispersées, les mers scindées, les rivières au cours stoppé bruissent, et il me suffirait d'un peu d'imagination pour entendre les ricanements acerbes de toutes les routes et chemins, des déserts merveilleux de l'Orient et des parcs maquillés de l'Occident qui, sans trêve, rabâchent : never more, never more, never more.
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