> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 9782246759515
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Histoire d’Early Taggart, qui doit son surnom à son visage défiguré à la naissance par sa mère qui tenta de le noyer. Destin peu commun, si tant est que tous les épisodes soient avérés, de cet homme devenu une légende vivante, tour à tour monstre de foire, prédicateur, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Zora-la-Rousse, le 23 février 2012

    Zora-la-Rousse
    Une couverture qui m'attire l'œil, une quatrième de couverture dithyrambique (l'auteur est tout de même présenté comme héritier de Twain, Faulkner et Mc Cullers…), mazette, voilà qui en est presque trop. ..Mais j'ai finalement cédé à l'attrait de cette balade « picaresque » comme ils disent, surtout pour ce surnom : Gueule-Tranchée.
    Et je ne l'ai pas regretté.
    Au travers de la rencontre d'un homme multiple sur un siècle d'existence, tour à tour charmeur de serpent, tireur d'élite, ermite, harmoniciste ou journaliste, Glenn Taylor nous dresse surtout le portrait d'une certaine Amérique, aux traits classiques et éternels : racisme, ruralité, alcool, religion, bref…mais c'est aussi et surtout la beauté d'une région sauvage, forestière,montagneuse, riche de ressources naturelles : la Virginie occidentale.
    Les passages les plus réussis tiennent sans nul doute pour moi à la suggestion de la bataille de Matewan (ou l'un des faits marquants de l'histoire syndicale américaine), aux descriptions de l'exploitation charbonnière, à l'évocation de la vie des mineurs [entre nous soit dit, leurs conditions de vie n'ont pas véritablement évoluées depuis et restent germinalesques…mais je m'éloigne du sujet]. La fin du livre évoque aussi la mise en place de nouvelles techniques d'exploitation comme le « mountain top removal » ou comment décapiter les montagnes pour accéder plus vite au charbon… Bon, je ne vais pas me lancer dans une diatribe économico-écologique mais me contenter de cette extrait d'un site consacré au sujet : « La foi dit-on, déplace les montagnes. La cupidité est capable, elle, de les araser ». A méditer…
    Pour un premier roman, c'est une belle réussite. J'attends la confirmation avec impatience.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 19 novembre 2011

    caro64
    La ballade de Gueule-Tranchée, premier roman de Glenn Taylor, pourrait être une vieille chanson de blues. On imagine très bien un vieux Monsieur avec son harmonica conter l'histoire de ce personnage.
    Gueule-Tranchée n'était pas destiné à vivre très longtemps. Jeté par sa mère dans une rivière gelée dans le but de le baptiser, il survivra et sera recueilli par une vieille bouilleuse de cru. de son séjour dans la rivière il gardera une infection des gencives qui lui donnera son nom. de là commence pour lui une vie de légende, de mystification durant la première moitié du XIXeme siècle. Héros, hors la loi, ermite, il finira par se coudre les lèvres pour ne plus avoir de contact avec les hommes.
    Glenn Taylor nous raconte une histoire totalement invraisemblable mais avec beaucoup de talent. On y croit... La gnôle et la musique, la vengeance et les liens du sang, l'amour et la nature, le partage et l'apprentissage, autant de moments forts et importants qui rythment la vie de cet antihéros qu'on ne peut qu'aimer même s'il ne cesse de faire preuve de faiblesse. Un personnage incroyable ! C'est un vrai bonheur d'écouter ce vieil affabulateur nous raconter sa vie et les moments forts du XXème siècle américain. Un auteur à suivre !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par smiroux, le 23 janvier 2012

    smiroux
    Coup de maître pour ce premier roman qui met en scène un personnage hors normes, qui a traversé le siècle et qui devient symbole, figure mythique de l'histoire des Etats-Unis.
    Le roman s'ouvre sur cette scène hallucinante : "Le 3 décembre 2010, le vieux se cousit les lèvres avec du fil de pêche. Les douleurs et les palpitations étaient de retour. Ce jour-là, qui était aussi celui de son cent-huitième anniversaire [...] Il avait juste laissé un petit trou, de la taille d'un haricot pinto, afin de pouvoir ingérer avec une paille sa chicorée et son thé aux aiguilles de pin. Pour parler, le cas échéant. Et pour fumer ses Chesterfield."
    C'est ce jour-là que choisit le magazine Time pour dépêcher auprès du vieux un journaliste, afin qu'il récolte les "mémoires" de Early "Gueule-Tranchée" Taggart.
    "Tu veux que je te fasse tinter les oreilles ? dit-il. D'accord. Mais tes oreilles vont jamais s'arrêter de tinter. A force, tu risques de devenir sourd."
    Et nous voilà plongés dans un siècle d'histoire, celle de Gueule-Tranchée, qui est aussi celle du pays qui l'a vu naître.
    Et quelle naissance !
    Fils considéré démoniaque, oeuvre de satan, par sa mère biologique, une vieille folle bigote abandonnée par son mari, il réchappe de peu à une tentative de meurtre de sa mère, lors d'un baptème dans la rivière gelée. Secourue par celle qui deviendra sa mère, Ona Dorsett, une veuve bouilleuse de cru, il restera à jamais marqué dans sa chair : une maladie des gencives contractée lors de ce bain glacial lui vaudra moqueries, souffrances indicibles, et surnom : Gueule-Tranchée.
    N'ayant de cesse de mettre ses deux enfants adoptifs en garde (Gueule-Tranchée a une soeur, Clarissa) contre tous ceux qui voudront les manipuler, Ona Dorsett offre ce que personne d'autre pouvait offrir : une éducation à la liberté et la liberté de se fourvoyer.
    Pourtant, après avoir oeuvrer "au bon soin de ses dames de la paroisse", dans une sete adulant le Dieu Serpent, durant la fin de son enfance, Gueule-Tranchée se retrouve engagé dans les luttes et les grèves des mineurs qui finiront en bain de sang. Contraint de se retrancher dans les montagnes pour s'y cacher, il n'en émergera que deux décennies plus tard, avec un harmonica et une nouvelle identité.
    Faire la liste de tous les actes et de tous les engagements de Gueule-Tranchée n'est pas possible ici, mais il sera le témoin des combats de l'Amérique au XXème siècle. Sous nos yeux, en même temps qu'un homme, un pays prend forme.
    Ce premier roman est une magistrale réussite ! le récit nous entraine du début du siècle en Virginie Occidentale, jusqu'aux années 60, où l'on croise JFK en campagne. le thème de la lutte traverse le récit ; luttes sociales, luttes raciales, expression des petits contre les pouvoirs qui les oppriment.
    Gueule-Tranchée, et son sourire difforme symbolise et synthétise parfaitement ce pays qui fascine et repousse à la fois. Homme de paradoxe, il représente véritablement le pays dans lequel il a vécu.
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    • Livres 5.00/5
    Par trust_me, le 14 février 2011

    trust_me
    « Un nouveau-né apparu en ville, c'est le diable qui parle, maman doit le noyer. »
    Ainsi commença la vie d'Early Taggart, dans un coin paumé de la Virginie Occidentale, en 1903. Une mère illuminée qui pense avoir enfanté un démon et décide de le baptiser en plein hiver dans les eaux d'une rivière gelée. le nourrisson s'en sort miraculeusement mais il gardera à jamais les stigmates de cet acte de maltraitance. En effet, suite à ce terrible plongeon, le bébé développe une infection majeure au niveau de la bouche et des gencives qui lui vaudra le surnom de Gueule-Tranchée. Quand sa mère est arrêtée puis internée, l'enfant est recueilli par une bouilleuse de cru et grandit dans une maison nichée au pied des montagnes. Très vite, il développe des dons particuliers pour l'escalade et le maniement de la fronde. Devenu adolescent, il s'engage auprès des syndicats de cette région minière dans le conflit qui oppose ouvriers et patrons. Ses talents de tireur d'élite feront de lui un assassin qui, pour échapper aux poursuites, va se cacher pendant 25 ans dans la montagne.
    Entre 1946 et 1961, revenu à la civilisation, Gueule-Tranchée devient successivement bluesman puis journaliste, couvrant notamment la campagne électorale de Kennedy dans sa région natale. Puis ce fut un retour à la vie sauvage pendant près de 30 ans, jusqu'au début des années 90…
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    • Livres 4.00/5
    Par Ness, le 18 avril 2011

    Ness
    La Ballade Gueule-Tranchée fait parti de ces romans dont on se dit « heureusement que je ne l'ai pas manqué ». Tout dans l'écriture, le ton, l'atmosphère m'a plu et je le dis d'emblée. Il n'y a pas une seule fausse note. L'auteur maintient son roman d'un bout à l'autre sans jamais pencher d'un coté plutôt que de l'autre.
    Dès les premiers mots j'ai pensé aux nouvelles d'Annie Proulx, à cette Amérique pur jus bien trop souvent ignorée par la littérature ou le cinéma contemporain.
    Jeté dans une rivière gelée à l'âge de deux mois, par sa mère qui le prend pour la réincarnation du diable, Early Taggart est élevé par une veuve. Très vite une maladie de la bouche lui vaut d'être surnommé Gueule-Tranchée par tout les habitants. Un surnom qu'il gardera toujours et qui marquera sa légende.
    Le jeune garçon vivra mille vies toutes plus fabuleuses les unes que les autres mais pas toujours sans danger.
    L'auteur a construit finement son roman notamment en utilisant le procédé du conte. En effet, Gueule Tranchée raconte lui-même son histoire à un journaliste mais en la plaçant à la troisième personne ce qui enrichit le récit.
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Citations et extraits

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  • Par Marsup, le 02 mars 2011

    Une ballade à travers les USA à la fois dans l’espace et dans le temps, aux côtés de ce personnage aussi repoussant qu’attachant.
    Certaines descriptions sont parfois trop crues, des longueurs et des périodes de flottements dans la seconde partie du roman alourdissent la lecture.

    Pas mal pour un premier roman mais rien de transcendantal !
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  • Par Zora-la-Rousse, le 20 février 2012

    Johnnie Jonhston était installé dans le train de sept heures trente à destination de l'Ouest. Et de Chicago. Il n'aurait jamais pu deviner que Chicky d'Or l'homme à l'harmonica serait assis à côté de lui, le souffle court parce qu'il avait failli tuer un homme, l'haleine empestant le tord-boyaux, essayant une fois encore d'oublier tout ce qu'il n'avait jamais appris.
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  • Par mfornero, le 11 septembre 2011

    Alors que les heures passaient en cette veille de nouvel an et que la pluie se transformait en grésil, la cabane au toit de chaume de Chicky dans les montagnes proches de Bluefield lui parut de plus en plus séduisante. Il s'étonna d'y avoir passé presque un quart de siècle, tout seul, et sans gnôle. Pendant tout ce temps, il avait cru en écluser au goulot de la flasque magique, mais il avait fini par découvrir le pot aux roses. Il n'y avait aucune magie dans ce monde. Seulement de la folie.
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