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ISBN : 2070144240
Éditeur : Gallimard (02/01/2014)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 279 notes)
Résumé :
Devant les coups du sort il n'y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l'on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s'abandonne à vivre. C'est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.
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Critiques, Analyses & Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Sando
05 avril 2014
★★★★★
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« S'abandonner à vivre » est une manière, pour Sylvain Tesson, de résumer le « pofigisme », un mot venu de Russie désignant un état d'esprit, une philosophie. Cela consiste à accepter « l'absurdité du monde » et « l'imprévisibilité des évènements », à se laisser porter par la vie sans chercher à lutter car le combat est perdu d'avance. Pour autant, il n'y a rien de déprimant dans cette résignation, au contraire ! Dès lors qu'elle est acceptée, la vie peut être vécue pleinement et avec une réelle jouissance.

C'est ce que s'efforce de mettre en pratique les personnages de ce recueil composé de dix-neuf nouvelles qui nous font voyager à travers le monde. Dix-neuf histoires pour un ouvrage de 221 pages, c'est beaucoup, néanmoins Sylvain Tesson réussi, grâce à la justesse de son ton et à la finesse de sa plume, à créer juste ce qu'il faut d'intérêt et de plaisir pour que le lecteur ne se sente jamais frustré par la brièveté des différents récits. On y croise des amoureux transis, des amants intrépides, des immigrés plein d'illusions, des guerriers célèbres, des aventuriers, des amateurs de sensations fortes, des solitaires et tant d'autres qui partagent, le temps d'un instant, un bout de leur vie.

L'écriture est riche, travaillée, exigeante et offre un excellent moment de lecture. Plus d'une fois j'ai été saisie par cette narration captivante et soigneusement élaborée. Bien sûr, comme dans tout recueil de nouvelles, c'est toujours un peu inégal et certaines histoires sont parfois en dessous des autres, mais le charme de l'ensemble reste intact et offre une très jolie découverte !
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ATOS
12 février 2016
★★★★★
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« J'avais une gueule de bois à flotter sur l'eau », alors si la barque prend l'eau, le radeau prend le large , d'un geste sec, d'un coup large, avec inconscience ou hardiesse, avec l'élégance de celui qui sait le vide et l'équilibre . Ça tient à quoi ? À soi, peut être même pas. S'abandonner à vivre cela aurait pu être le titre d'un joli roman, où les personnages auraient été les maîtres de leur destin, seraient devenus des héros des temps futiles, auraient décidé de tout bien « penser à vivre », oui mais voilà avec Tesson ça ne peut pas être ça. On lâche prise. Comme ça. On s'abandonne à vivre ? Voilà sans raison. Parce que les destins ont la taille qu'ils ont. Les hommes ont le poids qu'ils ont. le monde est ce qu'il est. Il ne tourne pas rond. Mais très vite. Et quelque fois ne vole pas très haut. On ne maîtrise pas vraiment les choses. Ni la route, ni l' amour, ni l'exil , ni les petits rouages de la grande horloge. Un passeport, un pays, une époque, une guerre, un clop, une rencontre, une gouttière, un changement de saison. Y a peut être qu'au pays des fées que tout fonctionne, question de degrés. Vodka Tesson ! « Beaucoup de gens boivent, très peu savent être bourrés » disait Dutronc. Et bien la vie c'est un peu pareil. C'est toujours moins bon sans les glaçons. Comme l'écriture d'ailleurs. C'est pas que ça soit moins fort, c'est moins bon.
Des nouvelles de Tesson ? Ouais, il est parti « faire voir du pays à sa déception » … au fait, comme ça : une descente en rappel... au bout du fil qui tient la corde ?
(ps : ce livre est un bonheur )
Astrid Shriqui Garain
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Bazart
03 juillet 2015
★★★★★
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Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson creuse son sillon et impose une voie à part dans la littérature française. Il s'est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L'axe du loup (Robert Laffont)puis avec Dans les forets de Sibérie, qui est un livre culte pour énormémentde gens..
Après le succès de son récit dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson a écrit en 2014 ce recueil de nouvelles dont chaque héros choisit face à un coup du sort ou une absurdité de la vie,une sorte de résignation joyeuse, selon le concept de "pofigisme" cher à la Russie.
Les héros de Tesson habitent à Paris, en Afghanistan, en Yakoutie, en Russie, au Sahara mais tous vont devoir montrer comment leur pogigisme se manifestent face à l'adversité.
L'exil et l'ermite sont deux nouvelles font partie des récits les plus forts de ce recueil certes inégal mais qui montre parfaitement le talent de conteur, un humour noir assez grincant, et la grande capacité d'imagination de Sylvain Tesson.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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ninachevalier
19 novembre 2016
Sylvain Tesson - S'abandonner à vivre – nouvelles
nrf Gallimard (17,90€ -221 pages)
La propension de Sylvain Tesson à faire usage des citations se retrouve dans le copieux exergue et au début des 19 nouvelles (Cioran,Fitzgerald, Bukowski), dont une en anglais: « To muse, to creep, to halt at will, to gaze » du poète Wordsworth. Je pense en effet qu'elles « révèlent l'âme de celui qui les brandit », comme le justifie l'auteur dans un roman précédent.
L'écrivain, bourlingueur, alpiniste chevronné, campe ses dix-neuf nouvelles dans les lieux qu'il a gravis, sillonnés, arpentés, depuis Paris, la Bretagne, la Chine (Le Yunnan) à la Lettonie et Russie, en passant par l'Algérie. Certaines plus viriles rendent hommage aux pionniers de la conquête de sommets mythiques, à ceux qui ont accompli des exploits de l'extrême, y perdant parfois la vie. Les pitons évoque les ascensions communes du narrateur avec Jack (double de l'auteur), « alpiniste américain », et les exploits de ce dernier devenu « le poète des cimes ».
Sylvain Tesson met en exergue cette fraternité née dans l'effort,concluant par cette remarque: « La distance est l'ingrédient des amitiés rares ».
Il étrille les sportifs du dimanche: « Vingt mille hamsters échappés de la cage... ».
Le jogging étant devenu « la névrose d'une société qui n'avançait plus ». Par contre Jack est convaincu des bénéfices de la marche pour stimuler l'inspiration. Dans Paris, « il partait chalouper le fond de son crâne » « attendant la fécondation par l'effort ».
Dans ces nouvelles,on croise des figures féminines: Marcella, la compagne de Jack, envers qui celui-ci « ne se sentait contraint à aucune fidélité ». Marianne, « une biche avec un coeur d' hyène », rencontrée dans un vernissage. Marianne , au coeur d'une scène qui tourne au vaudeville, quand le mari de retour plus tôt que prévu cause la fuite de l'amant, escaladeur aux mains nues. Valia, dont Jack avait aimé le « corps blanc, beurré ». Venda dont les déhanchements aimantaient Ivan. D'autres couvertes de fourrure.Viéta, « une femme-icône » faisant penser aux vahinés de Gauguin. Quant à Greta, elle engraissait ses convives, abusait de crème, débordait de tendresse.
On découvre le quartier de Riga , « aux façades lascives », avec le protagoniste, qui y débarque à Noël, avec l'intention de faire une surprise à Olga, aux «  yeux altaïques » dont il s'était entiché, un an plus tôt. Son plan tourne au fiasco, car il avait oublié que Noël, dans le calendrier orthodoxe n'était qu'en janvier.
Dans la nouvelle le bar, quatre russes s'entretiennent des coutumes des pays, pensant que « Ce n'est pas une infamie de se conformer aux usages des gens ».
L' auteur géographe sait nous embarquer dans des pays lointains et nous faire partager l'enchantement des protagonistes devant la beauté d'une nuit sibérienne, un barrage « titanesque » alors que « D'habitude, voyager c'est faire voir du pays à sa déception ». D'autres nouvelles renvoient à la triste réalité des guerres (Afghanistan).
Si Christian Bobin et Charles Juliet déplorent qu'on ne s'écrive plus, dans 2 nouvelles de Sylvain Tesson, les protagonistes envoient des lettres. L'auteur met en lumière l'écriture , « processus mantique qui entraîne une cascade karmique », la correspondance qui « s'inscrit dans le solfège de l'existence » et le travail des facteurs, « messagers du destin », qui en « battent les cartes » .
Sylvain Tesson laisse deviner ses craintes quant à l'avenir de la planète. Il s'insurge contre « la côte massacrée par le surpeuplement » et « l'enlaidissement par les baraques à frites ». Il ne cache pas sa désapprobation de voir des femmes ramper « écrasées de culpabilité d'exister». En globetrotter habitué au dénuement et dépouillement, il fustige notre société de consommation à l'époque de Noël, cette bombance qu'Ernst et Karl avaient décidé de fuir car elle « heurtait leur protestantisme ». Un brin de nostalgie chez Émile pour les nuits à la bougie.
Un souffle glacial de Sibérie s'est infiltré dans quelques nouvelles, rappelant le roman précédent de l'auteur. On perçoit le ressac, les rafales qui « froissaient la lande », les « gifles de grésil » qui « crépitaient contre les vitres », le stridulations des insectes, « La rumeur du Mékong ». On hume la citronnelle.
Les comparaisons sont très imagées: « L'océan était une babine de chien, bavante », ou « le ciel qui virait au Turner ». « Les rues étaient meringuées de gel ».
L'infatigable promeneur, « poète aux semelles de vent » dépeint La Seine serpentant , « La malachite des colverts », les cours de danse « sous les jaunes larmes d'un saule », l'automne qui « caparaçonnait la ville de cuivre ». C'est avec le pinceau du peintre que l'auteur sublime certains paysages comme les « déchirures dans les cumulus bourgeonnant au-dessus des cimes » qui « laissaient entrevoir des pyramides couleur lavande »: un coucher de soleil pastel qui « léchait les glaces ». Ou « Le vert fluorescent des arpents de riz » se mouchetant « du fuchsia des turbans paysans ».
Sylvain Tesson nous initie au « pofigisme », cette forme de fatalisme dont les russes sont coutumiers, « une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient », une façon de « s'abandonner à vivre », qui donne le titre à ce recueil.
L'auteur rend hommage aux personnalités ( athlètes battant des records) et aux livres qui ont jalonné son parcours, ceux de Cendrars, Toulet, Kafka, Drieu la Rochelle, Paul-Jean Toulet. Sans oublier Allexandra David-Néel, Mishima. Cette passion pour la lecture , l'ermite diariste l'assouvit l'année de son exil dans une cabane au bord du lac Baïkal. le fantôme de Lao-tseu habite la nouvelle intitulée le barrage.
On retrouve les qualités littéraires déjà présente Dans les forêts de Sibérie.
Le nouvelliste maîtrise l'art de la chute ( parfois fracassante), insuffle du suspense comme dans La gouttière et le téléphérique, surprend par le dénouement souvent imprévisible. Certains textes font penser à une fable et sa morale . le ton est tour à tour léger, drôle, grave. Un ouvrage qui mériterait le Goncourt de la nouvelle 2014.
Sylvain Tesson signe un recueil prodigieusement intéressant par son éclectisme, sa richesse, traversé par «  des chinoiseries », pétri de poésie et d'humour, truffé d'aphorismes que l'on a envie d'apprendre par coeur. A mettre dans son sac à dos pour s'abandonner à lire pour oublier « l'absurdité de la vie ».
Pour rester en compagnie de cet écrivain voyageur si apprécié, je vous conseille un petit opus très jouissif: Les anagrammes à la folie, encore plus percutantes
de Perry-Salkow & Sylvain Tesson ( Équateurs). Par exemple:
le titre: Dans les forêts de Sibérie devient de lentes braises froides.
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mariech
07 juillet 2015
★★★★★
★★★★★
En lisant S'abandonner à vivre de Sylvain Tesson , j'ai pensé encore une fois à la subjectivité d'aimer un livre ou pas .
Je pense que c'était une de ces lectures ' venant à point à un moment difficile de ma vie , une lecture réconfort qui a eu comme effet de me faire sourire un peu , une lecture avec la dose exacte de cynisme , un peu de cynisme n'est pas pour me déplaire .
J'avais lu de l'auteur Dans les forêts de Sibérie et il m'avait un peu agacé , et puis j'ai été bien inspirée de lire d'autres livres de l'auteur , d'autres critiques positives suivront , j'avais trouvé comme certains lecteurs dans ma lecture de Dans les forêts de Sibérie , que l'auteur n'était pas assez nuancé , il m'avait gonflé même avec ce qui me semblait des pseudo aventures de bobo parisien , oui je sais , j'exagère .
Et puis oui l'auteur est doué par les nouvelles , ça correspond bien à sa personnalité d'éternel insatisfait , ça m'engage que moi , en tout cas il ne peut vivre longtemps au même endroit , pratique la fuite , moi qui pratique la fuite immobile , les voyages par livres , je l'envie un peu .
Et ces nouvelles donc , oh celle où il raconte la reconstitution de la bataille de Borodino , on a l'impression d'y être et ça pour moi c'est talentueux .
Il y a bien sur des inégalités , c'est souvent le cas dans ce genre de recueils
Mais il y a des phrases choc qui marquent les esprits , notamment celle où il le voyage d'Idriss , je la cite à présent , c'étaient les esclaves eux- mêmes qui payaient le voyage ' , tellement évidente cette phrase
Maintenant me reste le plus difficile , c'est d'essayer , au moins essayer , de m'abandonner à vivre , oui je pense aussi qu'il faut être Russe pour réussir ce difficile abandon .
Impossible de parler de toutes les nouvelles , ça prendrait trop de temps mais le mot de la fin : belle lecture .
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Les critiques presse (2)
Lexpress24 février 2014
L'écriture est solide, souvent brillante, irriguée par de nombreuses lectures (Cioran, Dostoïevski...), portée par un art consommé de la chute, qui fait parfois songer au K de Buzzati.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos22 janvier 2014
On voyage beaucoup dans ce savoureux recueil au style funambule qui excelle dans l'art de la chute.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
Jean_AvesnesJean_Avesnes12 mars 2017
Le soir, dans les oasis, on écoutait le froissement des jusquiames en piochant mollement dans les coupelles de dattes et les palmes époussetaient les étoiles. Ces jouissances fugaces ne nous seraient d'aucune utilité plus tard. Le bon temps, comme l'énergie, ne se stocke pas. Les moments heureux ne sont pas des viatiques pour l'avenir.
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romain29romain2902 février 2014
Des baraquements en ciment avaient poussé sur les versants de la jungle, des villages de toiles de tente avaient recouvert les champs cultivés pour contenir les flots de l'armée des terrassiers. Des enfants étaient nés et se voyaient enrôlés aussitôt en âge de brouetter. Le chantier digérait les hommes en Moloch insatiable. A la pelle, à la pioche, charriant la terre dans les paniers d'osier, l'immense marée humaine, à peine mieux équipée que les troupes des bâtisseurs de pyramides, à petits gestes d'insectes, avait commencé l'entreprise titanesque. On avait crevé la terre, arasé les reliefs, tranché le bois des forêts, canalisé les cours d'eau et levé une muraille de retenue de cent quarante mètres de haut à la force des muscles. Les maîtres du grand œuvre savaient pouvoir compter sur l'inépuisable réservoir humain pour suppléer le manque de machines. Sur le chantier, des adolescents, des vieillards épuisés, des femmes enceintes obéissaient aux hurlements des contremaîtres claquants comme des ordres de matons. Les lignes de trains déversaient le ressac humain au fur et à mesure que les besoins de bras s’accroissaient. Dans l'effort collectif, on avait retrouvé l'enthousiasme des travaux de l'époque de Mao, c'était du moins ce que les médias d'Etat serinaient dans leurs bulletins. C'était l'un de ses chantiers prométhéens tels que l'Europe de l'Ouest anesthésiée par ses régulations, tétanisé par ses doutes, intoxiquée de haine de soi aurait été incapable de mener.
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cardabellecardabelle16 juin 2016
L'ennui

...Au début, elle avait écumé les festivals provençaux...
et puis, lassée de cette illusion de culture, de ce faux appétit de beauté, elle s'était rabattue sur les magasins de Marseille, de Nîmes et d' Avignon, réduisant de plus en plus l'intervalle entre le moment où elle s'achetait un sac à main et le moment où elle le remplaçait.

Sa vie avait consisté à acheter des choses derrière des vitrines et à les essayer devant des miroirs.

Les armoires avaient débordé et l'excitation bien particulière de ne pas savoir exactement tout ce que l'on possède était vite retombée.

Elle avait retrouvé la baie vitrée et la contemplation des Alpilles.
Cet accident de roche dure arrêtait le regard en même temps que l'élan de La Crau.

La première puis la seconde année étaient passées et le soleil imprimant ses nuances sur l'écran de calcaire avait été le seul à offrir un divertissement.

De temps en temps un minuscule sursaut d'énergie la poussait à régenter l'aménagement d'une plate-bande ou la décoration d'un pan de mur.

Et puis tout retombait dans l'ordre , c'est -à-dire dans l'immobilité, et les aiguilles des ridicules petites pendules Directoire... étaient les seules à produire un effort pour traverser le temps.
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MarcoPolo85MarcoPolo8508 janvier 2014
Je n'ai jamais aimé faire l'amour dans la nature. Les étreintes de plein air me dégoûtent...Le foin pique la peau, l'herbe marque le gras des cuisses, le soleil brûle le dos, les buissons hypocrites camouflent les voyeurs, et même la tente n'est d'aucun secours avec son nylon qui colle à la peau. je me souviens d'un jour à Oxford : elle était anglaise et le gazon grattait, nous étions sous un saule, près d'un embarcadère. Je m'aperçus soudain qu'une famille de colverts nous matait et j'en fus plus gêné que si c'était ma mère.
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ChouchaneChouchane18 avril 2014
Le pofigisme n'a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements. Le pofigisme est une résignation joyeuses, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l'inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu'on s'agite dans l'existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d'argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l'élan. Ils s'abandonnent à vivre.
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