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Résumé : Catherine Nicolle est née dans la merde. C'est le cas de le dire. Fille cadette de paysans qui ne l'ont jamais aimés, Catherine grandit par elle-même. Vivant au bord de la route nationale, elle s'éprend des camions qui passent et de leur chauffeur. Elle apprend à lire grâce aux inscriptions des remorques, elle apprend à compter grâce à leurs plaques minéralogiques. A l'aide d'une C.B, elle arpente la bande sonore à la recherche de l'homme de ses rêves, un routier bien évidemment. Ce bout de femme enchaîne les galères à un rythme insoutenable...
Mon avis : ++++
Encore un Jean Teulé qui me donne un bon coup de poing au ventre... Ce roman n'en est pas un puisqu'il s'agit d'une histoire vraie. En filigrane, des extraits de dialogue entre Darling et Jean Teulé rendent le récit encore plus proche de nous. On ne peut que lire cette histoire navrante, ce combat perdu, ce désespoir. Et encore, Darling semble très froide vis-à-vis des drames qu'elle a vécu lorsqu'on lit ses "interwiew".
On est choqué, on est blessé, on se demande comment cette femme tient encore debout. Jean Teulé n'est jamais compatissant, n'emploie pas un ton mielleux pour faire basculer le lecteur dans le pathos. Il utilise son style percutant, sans concession, narrant une histoire "vraie". Je ne regrette absolument pas ce moment de lecture. Même si le contenu est dur, comme la vie.
Difficile de cataloguer Darling ! roman ? biographie ? une plongée dans le quart-monde, rongé par l'alcoolisme et qui ignore Dolto (entre autre) ! Darling, malgré tout ce que la vie lui a fait subir, conserve une volonté de vivre malgré tout et déclenche l'admiration
Ce livre ne se raconte pas. Ce livre se lit. C'est beau, c'est atroce, c'est abominable. Une claque énorme pour moi !
La suite par ici :
Lien : http://peggylit.canalblog.com
Je ne vais pas le raconter, ça se vie ! de toute façon c'est inimaginable la profondeur de l'abomination de ce livre, mais il est horrible et BEAU. Teulé est brut de décoffrage !
Je l'ai dévoré.
Quel livre :choc: et quelle vie :choc: Mon dieu! On peut se dire qu'on a de la chance de ne pas avoir vécu ça!
Jean Teulé a vraiment une très bonne narration et une très bonne écriture, c'est fou comment d'un livre à un autre son style change. J'aime beaucoup cet auteur parmi tous les livres que j'ai lu de lui, un seul ne m'avait pas vraiment emballé peut être du fait qu'il y a eut pas mal d'éloges dessus (Le magasin des suicides).
Cette fois encore j'ai beaucoup aimé ce roman même s'il est très dur, je pense notamment à l'histoire des cailloux (ceux qui l'ont lu comprendront).
Catherine, alias "Darling" nom de code pour la C.B, a quand même bien "merdé". Elle est née dans la merde et restera dans la merde, quelle vie :pfff: il faut vraiment avoir du courage pour affronter cela et on peut dire qu'elle en déborde, de courage! Jean Teulé dans ses propos m'a bien fait rire car il est direct avec elle et c'est souvent ce qu'on pense (notamment avec la fille au pairs et le billet du keno). C'est clair que Catherine n'est pas très fûte fûte mais dans ce roman on voit qu'elle a un grand coeur, qu'elle ne se laisse pas abattre même si des fois c'est plus difficile. Il a voulu un routier et bien elle l'a eu et à quel prix!! C'est dommage de voir que l'on peut passer devant pleins de choses biens tout simplement parce qu'on n'en veut pas, que ce n'est pas ce qu'on recherche, ce qu'on espère, ce dont on rêve... c'est ça la vie de Darling, elle aurait pu avoir beaucoup mais butée comme elle est, sa vie va être difficile et invivable.
Maintenant je n'ai plus qu'à regarder le film :wink:
Lien : http://aufildespagestournees.blog4ever.com/blog/index-309386.html
C'est un lire vraiment poignant duquel j'avais beaucoup de mal à me décoller. L'histoire de Catherine est tellement insensée, tellement terrible... Achaque chapitre, on pense qu'on a atteint le paroxisme de la cruauté, mais jusqu'au bout, la situation de cette femme ne cesse d'empirer. Même à la fin, alors qu'elle semble à peu près poser, avec un homme qui la respecte, elle se demande si elle veut garder ses enfants près d'elle.
Catherine Nicolle n'est pas née sous une bonne étoile. C'est le moins que l'on puisse penser quand on lit son histoire. Elle désirait tellement que quelqu'un l'écoute, au moins une fois dans sa sinistre existence, qu'elle aurait fait n'importe quoi pour cela. Elle a croisé la route de Jean Teulé - son cousin -, qui l'a écoutée, interloqué, sidéré, stupéfait. Il a décidé de raconter l'histoire de Catherine.
Cette fille savait, dès sa naissance, que sa vie ne serait qu'une suite d'ennuis, de problèmes qui s'enchaîneraient comme d'autres enfilent des perles. De son enfance dans la campagne normande, elle ne vivra qu'une série de catastrophes, pathétiques, calamiteuses et monstrueuses. Née la dernière après deux frères, elle sera le souffre-douleur de sa famille, leur tête de turc, leur punching-ball.
Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2009/07/des-coups.html
"Darling" est une histoire vraie romancée par Jean Teulé qui après avoir rencontré cette femme a été frappé par son histoire et a voulu la raconter. Cette biographie d'une vie est à la fois ordinaire et extraordinairement violente. Les parties biographiques racontées par Jean Teulé sont entre-coupées de dialogues entre lui et Darling.
Darling, c'est d'abord Catherine, une petite fille mal aimée (ou pas du tout) dans une famille sans émotions au fin fond de la campagne normande. Mal aimée, mal traitée... C'est ensuite une jeune fille mal dans sa peau qui n'attend qu'une chose : rencontrer un routier qui l'emmènera loin de cette vie...et qui découvre que par la C.B qu'elle installe dans sa chambre elle peut communiquer avec ses potentiels sauveurs...potentiels princes charmants
Malheureusement, elle rencontre "Roméo", un routier qui deviendra son mari et son tortionnaire... [...]
Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2008/11/03/11094256.html
Voilà un livre bien singulier. Histoire a priori banale de fuite, de maltraitance et de personnes en marge du système, qu’on a l’impression d’avoir déjà entendue 1.000 fois aux infos, dans les journaux,… puisque la violence familiale est malheureusement loin d’être une exception.
Lien : http://lemonde2cely.canalblog.com/archives/2008/02/20/8030961.html
Livre étonnant qui retrace l'histoire vraie d'une normande, élevée par des gens simples, à la campagne. Elle s'échappe rapidement de ce milieu et épouse le premier venu, un routier. Elle va connaître la violence conjugale, l'humiliation devant ses enfants. Certaines scènes sont horribles et marquantes (le bouquin m'a pas donné envie d'aller voir le film). Cette femme accepte des trucs chez elle juste pas imaginable(nounou pour les enfants, ex prostituée, qui devient très vite maîtresse du mari, et je vous passe les détails). Le genre de bouquin qui vous marque.
Ce billet est rédigé dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.Massecritiquecom.
Merci à eux !
Darling de Jean Teulé est un petit roman ( 242 p., pocket). D’habitude les petits romans je les lis vite. Mais là je me suis dit qu’il fallait que je m’applique, alors j’ai un peu traîné. J’ai commencé mercredi soir de la semaine dernière, je me suis arrêtée au premier tiers alors que normalement j’aurais enchaîné et bouclé ma lecture dans la soirée. Le jeudi j’ai regardé Envoyé Spécial sur France 2 (ça a son importance pour la suite). J’ai repris vendredi dans le TGV pour Nantes, et le TER pour Pontchateau, un second tiers. Et dimanche matin pour finir.
Si j’avais lu Darling d’une traite, je n’aurais sans doute pas relevé les petites choses qui m’ont gênées dans le style (j’y reviendrai) et je serais restée sur l’impression de grande originalité et de force de ce petit sujet.
Lorsque le film Darling de Christine Carrière – que je n’ai pas vu – est sorti, j’avais entraperçu une interview télé de Jean Teulé qui expliquait que Catherine-Tartine-Darling s’était un jour présentée à lui en chair et en os à la sortie d'un tournage de l’émission littéraire de Bernard Rapp. Catherine est une cousine éloignée de Jean, et quand elle lui raconte les premiers épisodes d’une incroyable histoire familiale qu’il ignorait jusque là, Jean Teulé n’en croit pas ses oreilles. Pas d’hésitation, Darling est un formidable personnage de roman, de roman noir, misérabiliste, allant jusqu'au gore.
On est en 1970 en basse Normandie, mais on se croirait dans le décor d’un roman d’Erskine Caldwell. La ferme isolée perchée en haut d’une côte sur une route nationale même pas bordée d’arbres, juste les pylônes et poteaux électriques, les champs à perte de vue, la boue, la porcherie, les vaches. L’idée formidable au centre du roman c’est la CiBi (vous vous souvenez c’était avant les chats sur internet). Est-ce une invention du romancier, ou bien la vraie bouée de sauvetage mais aussi de perdition de la malheureuse Darling ? Peu importe, car l’utilisation qu’elle en fait, comment elle le fait, et ce qui s’en suit sont au cœur du roman et que c'est formidablement raconté.
Quelques descriptions d’ambiance ou de personnages m’ont paru inutilement trop travaillées. Par deux fois c’est « le rire de fourmi » de la mère, plus souvent c’est le "rire d’allumette" du père au point qu’aujourd’hui encore, il parait que la vraie Darling repense à lui chaque fois que l’on craque une allumette près d’elle ! Les métaphores hardies, ou on marche et on adore, ou ça coince.
Pour ce qui est de la description des scènes de tortures variées que subit Darling à tous les âges, et à toutes les pages, l’écœurement n’est pas loin, mais heureusement l'ahurissement du lecteur devant tant de brutalités et de bêtise touche à l'hypnose et à la fascination. Le sommet est atteint avec la narration du jour des noces de l’héroïne, depuis la campagne de dénigrement organisée par les parents de la mariée auprès des invités qui ne tardent pas à déguerpir, jusqu'à la dissolution des pierres de la bague de mariage sous l’eau du robinet des toilettes (c'était du sucre coloré), en passant par les coussins péteurs et verres baveurs du banquet dans la salle polyvalente, rien ne nous est ne lui est épargné. Ce jour là il y a peu de sang versé, juste du vin sur la robe blanche, mais elle ne perd rien pour attendre, la pauvre Darling.
Je vous l’ai dit au début, le roman est basé sur des faits et comportements véridiques, des personnages de chair et de sang. Y croire ou pas ce n’est pas le problème, Jean Teulé y a cru et la compassion pour son héroïne qui soustend tout le roman est palpable, et se transforme petit a petit en admiration dicible. Moi aussi en refermant le petit livre, j’aime et j’admire Darling. Mais j’ai regretté les coupures (texte en italiques) qui interrompent la narration par des dialogues entre l’auteur et la vraie Darling qui lui raconte sa vie. Est-ce que c’est pour faire plus vrai ? Jean Teulé avait-il peur que l’on y croit pas ? Est-ce qu’il faut croire l’histoire vraie pour supporter le récit littéraire ? Pour moi, c’est non. Je n’aurais pas su que Darling existait vraiment, je crois que j’aurais autant apprécié sinon mieux le ton orignial de ce portrait d'une enfant martyre, devenue une femme battue puis une mère déchue de ses droits.
Jeudi à Envoyé Spécial, je regardais le reportage sur les jeunes sans abri. Ils ont 20 ans mais peut-on dire qu'ils sont jeunes ? Cela fait déjà plusieurs années qu'il sont à la rue abandonnés par leurs parents ou ceux qui leur en tenaient lieu. Certains avaient choisi la fugue et se sont enfoncés très vite dans la marginalité. Il suffit de savoir que cela existe pour croire en la vie de Darling, ses efforts éperdus, répétés mais toujours anéantis pour être un petit peu comme les autres, normale. Il aura fallu quarante ans à Darling pour faire entendre sa voix par la plume de Jean Teulé, sa voix que j'imagine gouailleuse, un peu cassée et tendre.