ISBN : 2246625815
Éditeur : Grasset (2007)


Note moyenne : 3.08/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Qui a tué l'enfant du Temple ? C'est la question que se pose aussitôt Henri Norden, quand on lui demande d'écrire le scénario d'un film consacré au fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI. Principal suspect : Jacques-René Hebert, écrivain favori des sans-culottes et di... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 06 septembre 2011

    Malaura
    Scénariste à ses heures, l'écrivain Henri Norden accepte la proposition d'une riche femme d'affaires de faire un film sur Louis XVII.
    Ses recherches sur le sujet l'entraînent sur les traces de Hébert, un écrivain révolutionnaire qu'Henri considère comme le véritable assassin du petit Capet.
    Hébert, fondateur du "Père Duchesne" le plus célèbre brûlot de la Révolution, n'a cessé dans ses écrits, d'attiser la violence et la haine du peuple en prônant l'anéantissement complet de la famille royale.

    La Révolution, synonyme de haine aveugle, de barbarie, de chaos.
    C'est ce que dénonce Christophe Donner dans ce féroce réquisitoire, l'accablant constat de la liberté devenue animale.
    A cette période tourmentée, s'ajoute une réflexion pertinente sur le pouvoir et l'influence de l'écrivain sur ses contemporains.
    Ce "Roi sans lendemain", où l'enfant martyr tend vers le sacré, le divin, est une captivante leçon d'histoire aux échos résolument modernes.
    L'auteur de "Bang Bang" a réussi à combiner le roman contemporain à la réalité historique avec une telle passion contagieuse, une telle volonté de partage, que le lecteur, conquis, ne peut faire autrement que de plonger à ses côtés dans les marécages fangeux de la Révolution.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 16 janvier 2011

    LiliGalipette
    Roman de Christophe Donner.
    Henri Norden, auteur et scénariste, est contacté pour écrire un scénario sur Louis XVII, le fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, le fameux enfant du Temple. Il se lance à corps perdu dans l'histoire et les mystères qui entourent ce petit prince: l'enfant est-il mort au Temple? S'est-il échappé? Et surtout qui est coupable de son meurtre? "Louis XVII a toujours été considéré comme un dommage collatéral, et non comme un sommet de la Terreur. L'histoire officielle est passée à côté de Louis XVII." (p. 20) Henri veut réhabiliter la mémoire de l'enfant du Temple et dénoncer les responsables de sa mort. le premier coupable est Jacques-René Hébert, un écrivain raté mais révolutionnaire enragé. Dans les pages du Père Duchesne, il se déchaîne contre la famille royale et n'a de cesse d'appeler au procès et à la mort des Capet. Ses complices sont des milliers, des millions: pour Henri Norden, le peuple français tout entier est coupable de la mort du petit roi. le scénario glisse lentement vers la traque d'Hébert: Henri reconstitue le chemin qui a fait de cet enfant d'Alençon le meurtrier de l'enfant du Temple. Cette enquête met à jour un meurtre dont on connaît l'issue et le verdict mais dont on ignore les mécanismes.
    Henri Norden est un personnage ambigu: notoirement bisexuel, il se lamente de la perte d'un amant. Dora Ishar, animatrice d'une émission littéraire à succès, lui semble la compagne idéale et il n'a de cesse de la conduire à l'autel après le premier rendez-vous. Henri Norden dissimule de la perversion et un goût prononcé pour la violence: collectionneur de représentations d'exécutions publiques au Tonkin, il se déclare en outre passionnément révolutionnaire et dégoûté par les mémoires oublieuses de l'histoire. "En France, le souci de préservation est en train de massacrer ce que la Révolution n'avait pas réussi à détruire. [...] On préfère oublier. Restaurer." (p. 61)
    Ce roman réussit le tour de force de fondre des genres littéraires divers dans un creuset qui produit un texte polymorphe: la chronique des déboires d'un auteur ouvre la voie à l'essai historique, à l'enquête et au pamphlet anti-révolutionnaire. Si Henri Norden est clairement le personnage principal des premières pages, il s'efface derrière Louis XVII et Hébert. De ces derniers, difficile de définir lequel a la préséance puisque le second n'existe pas sans le premier. "Comment voulez-vous faire un film sur Louis XVII, sans faire un film sur son assassin!" (p. 125)
    Gros bémol sur la fin du texte: si la logique historique conduit à la reconnaissance du coeur de Louis XVII en 2004, la chute de l'histoire est déceptive: Henri Norden a-t-il achevé son scénario? A-t-il réussi à l'imposer auprès de ses commanditaires? Cette fin de roman me semble bâclée et c'est bien dommage.
    Le roman de Christophe Donner porte un éclairage original sur la Révolution, ses conséquences et ses crimes. Louis XVII est présenté en victime expiatoire, éternellement molestée." 'Maman, est-ce qu'hier n'est pas encore fini?' C'est bien la question qui se pose à la Révolution: est-ce que hier va continuer encore longtemps? L'enfant qui la pose est à jamais prisionnier d'hier, Un roi sans lendemain." (p. 285) Un moment de lecture plaisant qui devrait ravir les amateurs d'énigmes historiques.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/01/16/20090902.html
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    • Livres 4.00/5
    Par AireLibre, le 06 janvier 2008

    AireLibre
    Un roi sans lendemain de Christophe Donner est un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire.
    L'auteur y mêle très habilement auto-fiction et roman historique.
    Henri Norden, le narrateur-alter ego, se voit proposer par une productrice dilettante d'écrire le scénario d'un film sur Louis XVII, victime tragique de la révolution française. Au fur et à mesure de ses recherches historiques sur les évènements qui ont conduit à la mort du jeune roi, Henri échaffaude une théorie : Jacques-René Hebert, écrivain favori des sans-culottes et directeur du Père Duchesne, le journal le plus scandaleux et le plus célèbre de la Révolution, est coupable de cet infanticide. De plus en plus fasciné par cette Histoire qu'il ausculte et sculpte, Henri va accorder aux personnages qu'il fait revivre une place grandissante dans sa vie privée.
    Christophe Donner a réussi un roman très bien composé, où la forme et le fond se répondent à la perfection. C'est un récit envoutant, où la fascination que ressent le narrateur se propage bientôt vers le lecteur lui-même, incapable de se défaire de cette histoire dont il connaît pourtant déjà la fin...
    Plus qu'un récit, Donner nous offre également une véritable réflexion sur l'histoire (comment elle est écrite, comment elle est transmise...), iconoclaste assurément !
    En bref, un grand roman, de ceux dont on sort nourri.
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 25 mai 2011

    litolff
    Une terrible évocation de la Révolution, de ses violences et de ses excès, abordée sous un angle peu courant, la (courte) vie du petit duc de Normandie, le jeune roi Louis XVII : cet enfant a cristallisé toutes les haines, les violences et les désillusions de la Révolution et l'auteur s'attache à nous montrer qu'au delà des idéaux de liberté, c'est avant tout la violence pure qui a nourri la révolution. Une histoire tragique racontée de façon originale, poignante et bien documentée, que j'ai trouvée très complémentaire de "La Chambre" de Françoise Chandernagor (même si j'ai préféré le livre de Françoise Chandernagor)
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    • Livres 2.00/5
    Par Elahbulle, le 27 novembre 2011

    Elahbulle
    Voilà un thème qui était fort prometteur, un auteur à polémiques (Henri Norden) auquel on demande d'écrire un scénario sur Louis XVII, ce dernier se met en quête la vérité ou plutôt de la réalité. Qu'est-il véritablement arrivé à «L'enfant du Temple» ? Est-il mort ? A-t-il été sauvé ?…
    Malheureusement les promesses ne sont pas toujours au rendez-vous. de ce livre, en ressort un avis mitigé.
    Une nouvelle approche de la Révolution Française, moins académique que celles des historiens, où la violence n'aurait été motivée que par la violence et non un contexte social, où la plume acerbe d'un homme – Jacques René Hébert – et son «Père Duchesne» attise la haine des «sans-culottes» envers la famille royale, est assez convaincante.
    Là où le roman pêche, c'est d'avoir voulu mêler l'histoire de Louis XVII à celle d'Henri Norden.
    D'autant que le vrai personnage central n'est pas Louis XVII, mais Jacques René Hébert pour qui Henri voue un culte à peine dissimulé et dans lequel il se retrouve. L'idée semblait intéressante, seulement le parallèle est maladroitement amené et trop peu approfondi.
    S'il fallait retenir une chose de ce livre c'est la partie «historique», si tant est que tous les faits soient avérés mais dans le cas contraire c'est une belle histoire romancée bien ficelée.
    Quand au concept de l'élaboration du scénario qui amène le récit historique, il n'a aucun intérêt, on ne s'en porterait pas plus mal s'il n'en avait jamais été question, d'autant qu'aux deux-tiers du livre il disparaît tout bonnement.
    A lire donc, pour connaître un peu mieux ce petit roi qui ne sera jamais.

    Lien : http://chroniquesdunebulle.net/2010/12/20/un-roi-sans-lendemain
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Citations et extraits

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  • Par grisette, le 19 juin 2010

    De cette nuit de fous par le manque de sommeil sort la Déclaration des droits de l'homme. On parle alors d'un homme majuscule, au-dessus de tout, un homme qui ne craint plus personne, ni Dieu ni César. On édicte des principes qui effacent les dix commandements, car s'ils s'en inspirent dans la forme, au fond c'est le contraire : le décalogue est une série de neufs interdits, fonde la morale à coups d'empêchements, de barrières dressés face aux instincts. Dix remparts pour protéger l'homme contre lui-même. Les droits de l'homme autorisent, distribuent des avantages, et ce faisant ils sapent tout ce que la religion a construit, ils instituent cette félicité primitive, qu'on appelle, pour faire moderne, la Révolution.
    Or rien n'est moins moderne que le chaos.
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  • Par litolff, le 07 octobre 2011

    Le 6 mai 1795, alors qu'il est enfermé dans son cachot depuis un an, dévoré par l'ennui, le remords, la faim et la vermine, Louis XVII tombe malade. Il vient d'avoir dix ans, c'est l'âge qu'avait son grand frère quand il est mort, à Meudon. Normandie n'a pas besoin de ce rappel pour comprendre ce qui l'attend.
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  • Par litolff, le 07 octobre 2011

    Les Parisiens m'adoraient, ils auraient voulu que je sois déjà le roi à la place de papa. Papa-roi ne venait plus à la promenade parce-qu'il était traité de cocu, il était sifflé, moi j'étais applaudi. Tout ce que je voulais, ils me le donnaient.
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  • Par LiliGalipette, le 16 janvier 2011

    " 'Maman, est-ce qu'hier n'est pas encore fini?' C'est bien la question qui se pose à la Révolution: est-ce que hier va continuer encore longtemps? L'enfant qui la pose est à jamais prisionnier d'hier, un roi sans lendemain." (p. 285)
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  • Par LiliGalipette, le 16 janvier 2011

    "En France, le souci de préservation est en train de massacrer ce que la Révolution n'avait pas réussi à détruire. [...] On préfère oublier. Restaurer." (p. 61)
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