L'herbe rouge? Une incursion dans la science fiction d'après la préface et cent pages seulement, alors c'est parti pour celui-ci!
A part le Sénateur Dupont, canin qui s'entraîne à miauler pour faire plaisir à la bonne, et dont le rêve est de posséder un ouipiti*, nous avons Saphir Lazuli amoureux de Folavril et Wolf marié à Lil.
"Les quatre autres parlaient, genre conversation-type-de-table, passe-moi le pain, j'ai pas de couteau, prête-moi ta plume, où sont les billes, j'ai une bougie qui ne donne pas, qui a gagné Waterloo, honni soit qui mal y pense et les vaches seront ourlées au mètre."
Lazuli et Wolf ont construit une machine qui emmènera Wolf dans un voyage vers ses souvenirs égarés.
"Certains [lambeaux du temps jadis] avaient la précision, la fixité des fausses images de l'enfance formées après coup par des photographies ou les conversations de ceux qui se souviennet, impossibles à ressentir à nouveau, car leur substance s'est évanouie depuis lontemps."
"Où étaient les souvenirs purs? En presque tous se fondent les impressions d'autres époques qui s'y superposent et leur donnent une réalité différente. Il n'y a pas de souvenirs, c'est une autre vie revécue par une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On n'inverse pas le sens du temps(...)"
Wolf au cours de ses voyages dans le temps retrouvera le souvenir de l'école, du catéchisme, de ses amours. Là enfin il pourra donner libre cours à une certaine révolte (et
Vian aussi par le même occasion?).
Entre deux voyages dans les souvenirs, il retrouve la vie "réelle" dans cet univers où l'herbe est rouge, où Lazuli voit son double (?) quant il s'approche trop de Lazuli, et où finalement les femmes sont les seules à se sentir fortes...
Un roman déroutant, aux inventions verbales, à la grande poésie.
"Par la fenêtre, on voyait les longues traînées de larmes du crépuscule sur les joues noires des nuages."
Une histoire qui réclame de l'attention, une certaine adhésion du lecteur à cet univers imaginaire et imaginatif.
J'avoue n'avoir certainement pas tout compris (le rouge, le sang poisseux, sûrement une symbolique là dessous, le double de Lazuli qui l'empêche de "concrétiser " avec Folavril, etc...).
* "Un ouipiti, c'est vert, ça a des piquants ronds et ça fait glop quand on le jette à l'eau."
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