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> Raymond Queneau (Préfacier, etc.)
> Gilbert Pestureau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253006629
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.88/5 (sur 1214 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 25 février 2013

    lecassin
    « L'arrache coeur », le dernier roman de Boris Vian dont le flop en librairie provoqua son abandon de la carrière d'écrivain n'en est pas moins mon préféré. Une auto analyse ? Peut-être…une tentative de vengeance vis-à-vis d'une mère castratrice ? Peut-être…
    Reste un village bien étrange et un psychanalyste, Jacquemort, arrivé là comme par hasard. Il débarque opportunément chez Angel et Clémentine qu'il aidera à accoucher de trois garçons : Noël, Joël et Citroën. Lorsque l'enfant paraît… vous connaissez la suite ; alors trois, enfantés dans la douleur… Clémentine développera un syndrome de rejet à l'encontre d'Angel.
    Un village bien étrange disais-je : il y a bien le curé, comme dans tous les villages, mais on met les enfants en cage pour ne pas qu'ils volent après consommation de limaces bleues, on leur met des fers aux pieds, on organise une foire aux vieux… et puis Jacquemard, arrivé « vide d'émotions » au village, entend bien se remplir de celles des autres…
    Il y a également le ruisseau… rouge ; le ruisseau dans lequel la Gloïre repêche le fruit de la honte des villageois qui le payent pour ça…
    « L'arrache-coeur », un grand roman dans la lignée de « L'écume des jours » ; mais tellement plus noir, tout en restant poétique, onirique… Bref, du grand Boris Vian.


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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 25 août 2012

    olivberne
    L'arrache-coeur est le dernier roman de Vian, le plus sombre, le plus noir, celui où il jette tout son dégoût et sa hargne. Il règle ses somptes avec sa mère qui l'a trop couvé et montre jusqu'où l'amour maternel peut mener. le monde qui environne ce petit havre de paix qui se révelera aussi celui de l'horreur, ce monde est triste, glauque, avec la foire aux vieux et les apprentis qui sont battus. C'est tout de même un univers fascinant et révélateur de ce que vivait Vian qui écrivait aussi pour lui et pour s'analyser. Ce n'est pas le roman le plus facile à lire, il ne faut pas être dépressif (ou parent!), mais c''est un de mes préféré car il est unique, il crée une véritable histoire et il est bien écrit. Vian avait un projet de roman vers sa mort, celui-ci fut pourtant le dernier, qui lui fera tourner le dos à sa carrière de romancier.
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    • Livres 5.00/5
    Par Myriam3, le 30 mai 2014

    Myriam3
    J'avais beaucoup aimé l'Ecume des Jours, puis l'Automne à Pékin, mais j'ai adoré l'Arrache-Coeur, que j'ai lu et relu pendant des années.
    Dans ce roman flotte une atmosphère cauchemardesque, avec ses pauvres créatures, sa logique absurde et son merveilleux:
    Un psychanalyste "vide", un homme - La Gloïre - qui doit digérer les hontes du village entier, des enfants qui volent dans le ciel, des limaces bleues magiques. Mais, surtout, cette mère tout d'abord "indigne " qui vit mal sa grossesse, s'occupe à peine de ses bébés -des trumeaux - avant de devenir une mère étouffante, obsédée par la santé de ses enfants pour qui elle prémâche de la viande crue avariée pour se racheter. Cette image m'avait fortement marquée adolescente mais vu de mon regard de maman, elle me touche différemment, et je me dis une fois encore que Boris Vian avait le génie d'évoquer des sentiments ou bien des comportements - la dépression post-natale ici - dans une écriture symbolique, onirique extrêmement émouvante et vraie.
    Bien sûr, je ne parle pas de l'inventivité folle de Vian du point de vue lexical, ce qui est, en fait, la toute première chose qui m'a fait partir quand j'ai commencé ce livre! A quand, un nouveau Boris Vian dans notre littérature actuelle?
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    • Livres 3.00/5
    Par araucaria, le 18 mars 2013

    araucaria
    Toujours la recherche de nouveaux mots et des situations étranges dans ce roman de Boris Vian. Pourtant cette fantaisie est teintée de tristesse, de désespérance. Ce livre m'a semblé sombre et je l'ai moins apprécié que d'autres titres du même auteur.

    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 2.00/5
    Par Luniver, le 08 décembre 2014

    Luniver
    Jacquemort, un psychanalyste vide d'émotions, se rend dans un petit village en quête de personnes à analyser. Il arrive dans la maison d'Angel et de Clémentine, prête à accoucher, et les assistera dans les premiers mois de la naissance. Jacquemort assiste à la dissolution du couple, toute l'attention de Clémentine étant désormais tournée vers ses trois enfants. Il découvre également les curieuses moeurs du village, dont une foire aux vieux, et une personne chargée de prendre sur ses épaules toute la honte des habitants.
    Boris Vian a l'habitude de créer de nouveaux mots et expressions. Ce n'est pas quelque chose qui me dérange d'habitude, mais je trouve ce roman est assez mal dosé de ce point de vue. Dès le premier chapitre, j'ai été noyé de telles expressions, le texte me paraissait incompréhensible. Comme entrée en matière, ce n'était pas très réussi… La suite du récit n'a pas contredit cette première impression désagréable. Autant dans L'écume des jours, les symboles étaient limpides pour moi, autant ici je suis passé à côté de tout. La psychanalyse, la maternité, ne sont pas des thèmes qui me parlent beaucoup.
    Ce livre est donc un rendez-vous manqué. C'est cependant le livre de Vian le plus critiqué. Je retenterai l'expérience avec d'autres titres plus appréciés, en espérant me retrouver du côté de la majorité.
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Citations et extraits

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  • Par terryjil, le 27 août 2015

    Le vent traînait des pailles sur le chemin, pailles arrachées aux litières par les minces brèches des portes, pailles volantes des abords de grange, pailles anciennes des meules oubliées au soleil. Le vent s’était levé matin. Il avait raclé la surface de la mer pour lui prendre le sucre blanc des embruns, il avait grimpé la falaise, faisant sonnailler les bruyères stridentes, il tournait autour de la maison, se taillant un sifflet du moindre recoin, soulevant, çà et là, une tuile plus agile, roulant des feuilles de l’automne passé, filigrane bruni ayant échappé à la succion du compost, tirant des ornières une draperie de poudre grise, écorchant de sa râpe la croûte sèche d’anciennes flaques.
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  • Par Folavrilazuli, le 28 août 2015

    - Vous vous noierez, dit Jacquemort.
    - Je n'aurai pas cette veine-là.
    - C'est que vous êtes banal, remarque Jacquemort avec mépris.
    - Voluptueusement banal, dit Angel.

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  • Par annie, le 21 août 2008

    A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus?

    C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.

    C'est les jeunes qui se souviennent. Les vieux, ils oublient tout.

    Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes c'est celui de chacun.

    Dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante.

    Du temps que les femmes ne votaient pas, on faisait la guerre pour elles. Maintenant qu'elles votent, on la fait pour le pétrole. Est-ce un progrès?

    Il est évident que le poète écritSous le coup de l'inspiration
    Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.

    Il vaut mieux être déçu que d'espérer dans le vague.

    Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça?

    Je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai.

    L'homme est une prison où l'âme reste libre.

    Le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué.

    Le malheur avec un type intelligent, c'est qu'il n'est jamais assez intelligent pour ne pas se dire qu'il est le plus intelligent.

    Le propre du militaire est le sale du civil.

    Le ridicule ne tue nulle part mais, aux U.S.A., il enrichit drôlement.

    Le travail est l'opium du peuple... Je ne veux pas mourir drogué!

    Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière.

    Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme. Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, celui de chanter…

    Les prophètes ont toujours tort d'avoir raison.

    L’absurdité des batailles qui sont des batailles de mots mais qui tuent des hommes de chair.

    N’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas.

    On commence à avoir des malheurs quand on a cessé de ne penser qu'à soi.

    Supprimez le conditionnel et
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  • Par EffeLou, le 17 octobre 2014

    "Je ne sais pas où sont Noël, Joël ni Citroën. En ce moment ils peuvent être tombés dans le puits, avoir mangé des fruits empoisonnés, avoir reçu une flèche dans l'oeil si un enfant joue sur le chemin avec une arbalète, attraper la tuberculose si un bacille de Koch se met en travers, perdre connaissance en respirant des fleurs trop parfumées, se faire piquer par un scorpion ramené par le grand-père d'un enfant du village, explorateur célèbre revenu récemment du pays des scorpions, tomber d'un arbre, courir trop vite et se casser une jambe, jouer avec l'eau et se noyer, descendre la falaise et trébucher et se rompre le cou, s'écorcher à un vieux fil de fer et contracter le tétanos ; ils vont aller au fond du jardin et retourner une pierre ; sous la pierre il y aura une petite larve jaune qui va éclore instantanément, qui va s'envoler vers le village, s'introduire dans l'étable d'un méchant taureau, le piquer près du nase ; le taureau sort de son étable, il démolit tout: le voilà qui part sur le chemin dans la direction de la maison, il est comme un fou et il laisse des touffes de poils noirs dans les virages en s'accrochant aux haies d'épine-vinette ; juste devant la maison, il se rue tête baissée contre une charette lourde tirée par un vieux cheval à moitié aveugle. Sous le choc la charrette se disloque et un fragment de métal est projeté en l'air à une hauteur prodigieuse : c'est peut-être une vis, un boulon, un écrou, un clou, une ferrure de brancard, un crocher de l'attelage, un rivet des roues, charronnées puis brisées, réparées au moyen d'éclisses de frêne taillées à la main et le morceau de fer monte en sifflant vers le ciel bleu. Il passe par -dessus la grille du jardin, mon Dieu, il retombe, il retombe et en tombant effleure l'aile d'une fourmi volante et l'arrache, et la fourmi mal dirigée, perdant sa stabilité, vague au-dessus des arbres comme une fourmi abîmée, s'abat soudain dans la direction de la pelouse, mon Dieu, il y a là Joël, Noël et Citroën, la fourmi tombe sur la joue de Citroën et, rencontrant peut-être des traces de confiture, le pique...
    -Citroën ! Où es-tu ?
    Clémentine s'est précipitée hors de sa chambre, et criait, hors d'elle tout en descendant l'escalier au grand galop. Dans le vestibule, elle se heurta à la bonne.
    -Où sont-ils ? Où sont mes enfants ?
    - Mais ils dorment, répondit l'autre, l'air étonné. C'est l'heure de leur sieste.
    Eh bien oui, ce n'est pas arrivé cette fois : mais c'était parfaitement plausible."
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  • Par araucaria, le 18 mars 2013

    Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille petits trous; sous les pieds, c'était comme de l'éponge morte de froid.
    Jacquemort avançait sans se presser et regardait les calamines dont le coeur rouge sombre battait au soleil. A chaque pulsation, un nuage de pollen s'élevait, puis retombait sur les feuilles agitées d'un lent tremblement. Distraites, des abeilles vaquaient.
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