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Raymond Queneau (Préfacier, etc.)Gilbert Pestureau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006629
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1992)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.86/5 (sur 1541 notes)
Résumé :
Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande - puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
25 février 2013
★★★★★
★★★★★
« L'arrache coeur », le dernier roman de Boris Vian dont le flop en librairie provoqua son abandon de la carrière d'écrivain n'en est pas moins mon préféré. Une auto analyse ? Peut-être…une tentative de vengeance vis-à-vis d'une mère castratrice ? Peut-être…
Reste un village bien étrange et un psychanalyste, Jacquemort, arrivé là comme par hasard. Il débarque opportunément chez Angel et Clémentine qu'il aidera à accoucher de trois garçons : Noël, Joël et Citroën. Lorsque l'enfant paraît… vous connaissez la suite ; alors trois, enfantés dans la douleur… Clémentine développera un syndrome de rejet à l'encontre d'Angel.
Un village bien étrange disais-je : il y a bien le curé, comme dans tous les villages, mais on met les enfants en cage pour ne pas qu'ils volent après consommation de limaces bleues, on leur met des fers aux pieds, on organise une foire aux vieux… et puis Jacquemard, arrivé « vide d'émotions » au village, entend bien se remplir de celles des autres…
Il y a également le ruisseau… rouge ; le ruisseau dans lequel la Gloïre repêche le fruit de la honte des villageois qui le payent pour ça…
« L'arrache-coeur », un grand roman dans la lignée de « L'écume des jours » ; mais tellement plus noir, tout en restant poétique, onirique… Bref, du grand Boris Vian.


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Ellane92
13 mai 2016
★★★★★
★★★★★
Jacquemort est un psychiatre né de la veille. Vide, il cherche des gens à analyser, pour se remplir de leurs histoires. Il arrive dans un petit village dans lequel Clémentine est sur le point d'accoucher. En compagnie de Cul Blanc, la bonne, il la délivre de ses "trumeaux", des jumeaux, Noël et Joël, et de Citroën, à part. Il délivre également leur père, Angel, enfermé dans le bureau depuis deux mois par Clémentine qui, souffrant trop, ne voulait plus le voir.
Sur invitation d'Angel et Clémentine, Jacquemort reste un peu dans ce village si spécial, dans lequel se déroule la foire aux vieux, où les apprentis sont maltraités jusqu'à en mourir, et où le prêtre se bat sur un ring avec le Diable, son Sacristain. Et puis il y a la Gloïre, qui parcourt le ruisseau rouge et visqueux, repêchant entre ses dents toute la honte du village.
L'arrache-coeur ! Quel ouvrage fantastique nous livre Boris Vian avec ce livre, l'un de mes préférés de cet auteur ! Tout se déroule dans un village dans lequel la honte est annihilée, dévorée, digérée par la Gloïre. le temps s'y étire comme nulle part ailleurs ("octembre, déçars"), mâcher des limaces donne des pouvoirs magiques (les bleues permettent de voler), on montre l'amour que l'on porte à ses enfant en leur réservant le meilleur et en se réservant le pire, en anticipant toutes les catastrophes improbables, on vend ses vieux, on tue les enfants, et on casse la figure à tous ceux qui prononcent le terme de honte. Vian explore l'amour maternel de Clémentine, paroxystique, délirant et paranoïaque, les liens enfants-parents, le désir comme idéal de vie. Peut-on être femme et mère ? Jusqu'où aller pour protéger nos chères têtes blondes ? Vian en profite également pour nous livrer une critique acerbe de la psychanalyse, tout comme dans L'herbe rouge, si mes souvenirs sont exacts ; il n'y a qu'à voir le sens que donne Cul Blanc à ce terme ! Il critique de façon assez violente également la religion.
L'arrache-coeur allie un imaginaire extraordinaire à une écriture à la limite du surréalisme. Ou inversement. Un morceau de choix dans l'oeuvre de Bison Ravi !
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olivberne
25 août 2012
★★★★★
★★★★★
L'arrache-coeur est le dernier roman de Vian, le plus sombre, le plus noir, celui où il jette tout son dégoût et sa hargne. Il règle ses somptes avec sa mère qui l'a trop couvé et montre jusqu'où l'amour maternel peut mener. le monde qui environne ce petit havre de paix qui se révelera aussi celui de l'horreur, ce monde est triste, glauque, avec la foire aux vieux et les apprentis qui sont battus. C'est tout de même un univers fascinant et révélateur de ce que vivait Vian qui écrivait aussi pour lui et pour s'analyser. Ce n'est pas le roman le plus facile à lire, il ne faut pas être dépressif (ou parent!), mais c''est un de mes préféré car il est unique, il crée une véritable histoire et il est bien écrit. Vian avait un projet de roman vers sa mort, celui-ci fut pourtant le dernier, qui lui fera tourner le dos à sa carrière de romancier.
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Myriam3
30 mai 2014
★★★★★
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J'avais beaucoup aimé l'Ecume des Jours, puis l'Automne à Pékin, mais j'ai adoré l'Arrache-Coeur, que j'ai lu et relu pendant des années.
Dans ce roman flotte une atmosphère cauchemardesque, avec ses pauvres créatures, sa logique absurde et son merveilleux:
Un psychanalyste "vide", un homme - La Gloïre - qui doit digérer les hontes du village entier, des enfants qui volent dans le ciel, des limaces bleues magiques. Mais, surtout, cette mère tout d'abord "indigne " qui vit mal sa grossesse, s'occupe à peine de ses bébés -des trumeaux - avant de devenir une mère étouffante, obsédée par la santé de ses enfants pour qui elle prémâche de la viande crue avariée pour se racheter. Cette image m'avait fortement marquée adolescente mais vu de mon regard de maman, elle me touche différemment, et je me dis une fois encore que Boris Vian avait le génie d'évoquer des sentiments ou bien des comportements - la dépression post-natale ici - dans une écriture symbolique, onirique extrêmement émouvante et vraie.
Bien sûr, je ne parle pas de l'inventivité folle de Vian du point de vue lexical, ce qui est, en fait, la toute première chose qui m'a fait partir quand j'ai commencé ce livre! A quand, un nouveau Boris Vian dans notre littérature actuelle?
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Ambages
25 décembre 2015
★★★★★
★★★★★
« Je conteste, dit Jacquemort, qu'une chose aussi inutile que la souffrance puisse donner des droits quels qu'ils soient, à qui que ce soit, sur quoi que ce soit. »
Un livre magistral. Une écriture qui ébouriffe. Impossible de l'oublier.
La poésie, l'absurdité, la violence des sentiments déversés dans le ruisseau rouge de ce charmant petit village où les habitants « ont leur conscience pour eux » en font un roman d'une force incroyable. Rouge comme le sang, comme le feu du maréchal-ferrant, rouge comme la honte.
Des constats qui font peur : « On ne reste pas parce qu'on aime certaines personnes ; on s'en va parce qu'on en déteste d'autres. Il n'y a que le moche qui vous fasse agir. On est lâches. ».
Une vision effrayante de l'amour maternel. Tout commence par le sexe, tel que décrit par Vian est loin de l'image romantique. Puis la naissance, violente. « La douleur la violait ». le lien entre la sexualité et l'enfant source de douleur, non désiré à cet instant précis par la mère me semble inscrit dans cette phrase. D'autant que Clémentine est enceinte de trumeaux, (« des trumeaux ? des jumeaux et un isolé. ») Doit-on se venger de ceux -l'homme, la femme elle-même et l'enfant- à l'origine de cette douleur ? Se donner bonne conscience en s'avilissant pour l'amour d'un être ? « Réparation ne se résout pas en pardon » écrira Vian. Apprendre à un enfant à s'envoler, ne pas le maintenir dans une cage sous le prétexte fallacieux de vouloir son bonheur. Lutter contre ses peurs, être honnête avec soi-même. Peut-être un début de réponse... Point d'amour sans liberté. Clémentine a besoin d'un médecin toutefois seul un psychiatre sera présent au moment de l'accouchement. Je ne suis pas certaine qu'elle soit entre les mains du plus compétent, Jacquemort.
Je me suis régalée de cet humour particulier de Vian « Jacquemort remonta, cogitant. Donc il était. Mais que lui » et de ses fantaisies quand il ose un ''voir ci-dessus'' décidant que le ''nous'' ne convient pas et qu'il faut un ''je'' dans un paragraphe : « je trouve... (voir ci-dessus). »
Boris Vian peut tout dire avec ses mots. Voilà un livre qui ne laisse pas indemne. Je me suis sentie bousculée en le lisant car il touche au fond de l'âme, à nos peurs. Vous avez raison les enfants, « Les questions des grandes personnes, c'est réellement insensé. » et il est utile de nous le rappeler pour que les réponses qu'on vous apporte le soient moins.
- T'as fait tes devoirs ?
- T'inquiète maman, je gère
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Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
VvAVvA22 février 2017
C'était une grêle de coups qui pleuvait, si l'on peut dire qu'une pluie peut grêler.
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VvAVvA22 février 2017
- Pour un amateur, continua Jacquemort, vous vous en êtes tiré singulièrement bien.
- Je ne suis pas un amateur, répondit Angel.
- Eh bien, reprit Jacquemort, pour un professionnel vous vous en êtes singulièrement bien tiré.
- Je ne suis pas un professionnel, répondit Angel.
- Qu'est-ce que vous êtes, alors ? demanda Jacquemort un peu furieux.
- Ne commencez pas à poser des questions, c'est une déplorable manie.
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VvAVvA22 février 2017
- [...] Comment vous appelez-vous ?
- J'm'appelle Culblanc, m'sieur, répondit-elle avec un fort accent campagnard.
- J'aime mieux ne pas vous appeler, dans ce cas, grogna Jacquemort.
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VvAVvA22 février 2017
- Ça n'a pas de sens, marmonna la nurse. Elle n'a rien fait de mal.
- Et qu'est-ce qu'elle a fait de bien ?
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VvAVvA22 février 2017
- Votre femme a envie de vous voir, dit Jacquemort.
- Vous n'en savez rien, dit Angel.
- Je le pressens, dit Jacquemort. Je suis un idéaliste.
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