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> Raymond Queneau (Préfacier, etc.)
> Gilbert Pestureau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253006629
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.93/5 (sur 986 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enferme... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 25 février 2013

    lecassin
    « L'arrache cœur », le dernier roman de Boris Vian dont le flop en librairie provoqua son abandon de la carrière d'écrivain n'en est pas moins mon préféré. Une auto analyse ? Peut-être…une tentative de vengeance vis-à-vis d'une mère castratrice ? Peut-être…
    Reste un village bien étrange et un psychanalyste, Jacquemort, arrivé là comme par hasard. Il débarque opportunément chez Angel et Clémentine qu'il aidera à accoucher de trois garçons : Noël, Joël et Citroën. Lorsque l'enfant paraît… vous connaissez la suite ; alors trois, enfantés dans la douleur… Clémentine développera un syndrome de rejet à l'encontre d'Angel.
    Un village bien étrange disais-je : il y a bien le curé, comme dans tous les villages, mais on met les enfants en cage pour ne pas qu'ils volent après consommation de limaces bleues, on leur met des fers aux pieds, on organise une foire aux vieux… et puis Jacquemard, arrivé « vide d'émotions » au village, entend bien se remplir de celles des autres…
    Il y a également le ruisseau… rouge ; le ruisseau dans lequel la Gloïre repêche le fruit de la honte des villageois qui le payent pour ça…
    « L'arrache-cœur », un grand roman dans la lignée de « L'écume des jours » ; mais tellement plus noir, tout en restant poétique, onirique… Bref, du grand Boris Vian.


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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 25 août 2012

    olivberne
    L'Arrache-Coeur est le dernier roman de Vian, le plus sombre, le plus noir, celui où il jette tout son dégoût et sa hargne. Il règle ses somptes avec sa mère qui l'a trop couvé et montre jusqu'où l'amour maternel peut mener. le monde qui environne ce petit havre de paix qui se révelera aussi celui de l'horreur, ce monde est triste, glauque, avec la foire aux vieux et les apprentis qui sont battus. C'est tout de même un univers fascinant et révélateur de ce que vivait Vian qui écrivait aussi pour lui et pour s'analyser. Ce n'est pas le roman le plus facile à lire, il ne faut pas être dépressif (ou parent!), mais c''est un de mes préféré car il est unique, il crée une véritable histoire et il est bien écrit. Vian avait un projet de roman vers sa mort, celui-ci fut pourtant le dernier, qui lui fera tourner le dos à sa carrière de romancier.
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    • Livres 3.00/5
    Par araucaria, le 18 mars 2013

    araucaria
    Toujours la recherche de nouveaux mots et des situations étranges dans ce roman de Boris Vian. Pourtant cette fantaisie est teintée de tristesse, de désespérance. Ce livre m'a semblé sombre et je l'ai moins apprécié que d'autres titres du même auteur.

    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par Megelio, le 23 avril 2013

    Megelio
    Dans l'arrache cœur, on retrouve le surréalisme et le burlesque si attrayant de L'ecume des jours.
    Encore une fois, l'ambiance est étrange et très sombre aussi. le lieu où Jacquemort décide de se poser est pour le moins curieux. Les événements qui y ont courts sont totalement décalés, déjantés, drôles ou terrifiants parfois.
    Je pense notamment à Clémentine, une mère surprotectrice et étouffante, qui se trouve dans une situation impossible : celle de protéger ses enfants du monde extérieur, quitte à les priver de leurs libertés et même de leurs humanités. Je crois que c'est l'une des images du livre qui m'a le plus marqué.
    Et tout cela est raconté avec la belle poésie qui plait tant de Boris Vian. Encore une fois, il m'a embarqué dans son monde aussi farfelu que fascinant.
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    • Livres 5.00/5
    Par greg320i, le 12 décembre 2013

    greg320i
    L'arrache-coeur ? Porte malheur ! Un titre qui reste le viager de Vian . Son dernier périple, son ultime écrit , qui pourtant se voulant partir en trilogie , n'a hélas jamais vu le jour , la faute à la mort comme dirai Boris,l' éternel insolite solitaire ,,puisse tes bouquins porter encore loin ton nom et ton écho l'ami .
    Comble d'ironie , son personnage central ici se nomme Jacquemort justement .
    Un psy tordant, cocasse, légèrement lubrique,un tantinet minet après l'analyse d'un chat. Comme un aspirateur, il canalise ses patients, bêtement à deux dos les patientes. Sa passion ? L'inspiration : Se voulant vide, 'neuf' il n'aspire qu'au soixante-neuf avec les bonnes. Bonbonne de réflexion , sage-femme sur le pouce au début du roman, le frêreuuh Jaques fait mine de savoir à défaut d'être .
    Un poli valant si vous voulez ( de même si vous ne voulez pas) .
    Et l'impoli ici sera le village entier , damnées campagnards aux méthodes bizarres : faisant travailler les enfants dans les champs ;qui fort heureusement pour eux ne sortent pas de chez Stephen King ,, (les fans me comprendront ou relirons Children Of The Corn) , les ferrant, tandis que les maréchaux crucifie les chevaux défectueux à froid .
    Une histoire à se tirer les cheveux ! Mais ce n'est pas tout , car ce n'est encore rien..
    Le curé consigné à doré Dieu comme valeur marchande , son sacristain jouant le diable pour "la scène", le prétexte d'un combat pour l'éloge de la gagne du bien contre le mal .
    Mais oui tient ,où est notre mal au point à ce propos ? Sur le dos de la ... A non, oups perdu, délaissant pour l'instant les occupation de derrières , il détient désormais la familiarité des enfants de Clémentine .
    Devenu donc oncle après désertion d' Angel ,le mari incompris et corrompu d'avoir toucher sa femme car l'obligeant à accoucher de trumeaux ( vous vous y ferais avec le lexique spécifique de Vian à force ) il vivra le quotidien insolite des trois enfants pouvant voler ( oui c'est naturel vous ne saviez pas ? ) : mais surprotégé, materné à outrance , cajolé dans l'excès Clé. ira jusqu' à encager 'ses pauvres petits poulets chéris' . Un petit brin de folie,, un petit brin de furie dans la têêête..
    La prison selon Vian . Voilà le triste mais vrai message final qui terminera l'innommable et l'indéchiffrable abomination de l’arrache-cœur. Vous voyez , l'horreur, se trouve PARTOUT !
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Citations et extraits

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  • Par EffeLou, le 17 octobre 2014

    "Je ne sais pas où sont Noël, Joël ni Citroën. En ce moment ils peuvent être tombés dans le puits, avoir mangé des fruits empoisonnés, avoir reçu une flèche dans l'oeil si un enfant joue sur le chemin avec une arbalète, attraper la tuberculose si un bacille de Koch se met en travers, perdre connaissance en respirant des fleurs trop parfumées, se faire piquer par un scorpion ramené par le grand-père d'un enfant du village, explorateur célèbre revenu récemment du pays des scorpions, tomber d'un arbre, courir trop vite et se casser une jambe, jouer avec l'eau et se noyer, descendre la falaise et trébucher et se rompre le cou, s'écorcher à un vieux fil de fer et contracter le tétanos ; ils vont aller au fond du jardin et retourner une pierre ; sous la pierre il y aura une petite larve jaune qui va éclore instantanément, qui va s'envoler vers le village, s'introduire dans l'étable d'un méchant taureau, le piquer près du nase ; le taureau sort de son étable, il démolit tout: le voilà qui part sur le chemin dans la direction de la maison, il est comme un fou et il laisse des touffes de poils noirs dans les virages en s'accrochant aux haies d'épine-vinette ; juste devant la maison, il se rue tête baissée contre une charette lourde tirée par un vieux cheval à moitié aveugle. Sous le choc la charrette se disloque et un fragment de métal est projeté en l'air à une hauteur prodigieuse : c'est peut-être une vis, un boulon, un écrou, un clou, une ferrure de brancard, un crocher de l'attelage, un rivet des roues, charronnées puis brisées, réparées au moyen d'éclisses de frêne taillées à la main et le morceau de fer monte en sifflant vers le ciel bleu. Il passe par -dessus la grille du jardin, mon Dieu, il retombe, il retombe et en tombant effleure l'aile d'une fourmi volante et l'arrache, et la fourmi mal dirigée, perdant sa stabilité, vague au-dessus des arbres comme une fourmi abîmée, s'abat soudain dans la direction de la pelouse, mon Dieu, il y a là Joël, Noël et Citroën, la fourmi tombe sur la joue de Citroën et, rencontrant peut-être des traces de confiture, le pique...
    -Citroën ! Où es-tu ?
    Clémentine s'est précipitée hors de sa chambre, et criait, hors d'elle tout en descendant l'escalier au grand galop. Dans le vestibule, elle se heurta à la bonne.
    -Où sont-ils ? Où sont mes enfants ?
    - Mais ils dorment, répondit l'autre, l'air étonné. C'est l'heure de leur sieste.
    Eh bien oui, ce n'est pas arrivé cette fois : mais c'était parfaitement plausible."
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  • Par annie, le 21 août 2008

    A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus?

    C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.

    C'est les jeunes qui se souviennent. Les vieux, ils oublient tout.

    Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes c'est celui de chacun.

    Dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante.

    Du temps que les femmes ne votaient pas, on faisait la guerre pour elles. Maintenant qu'elles votent, on la fait pour le pétrole. Est-ce un progrès?

    Il est évident que le poète écritSous le coup de l'inspiration
    Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.

    Il vaut mieux être déçu que d'espérer dans le vague.

    Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça?

    Je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai.

    L'homme est une prison où l'âme reste libre.

    Le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué.

    Le malheur avec un type intelligent, c'est qu'il n'est jamais assez intelligent pour ne pas se dire qu'il est le plus intelligent.

    Le propre du militaire est le sale du civil.

    Le ridicule ne tue nulle part mais, aux U.S.A., il enrichit drôlement.

    Le travail est l'opium du peuple... Je ne veux pas mourir drogué!

    Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière.

    Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme. Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, celui de chanter…

    Les prophètes ont toujours tort d'avoir raison.

    L’absurdité des batailles qui sont des batailles de mots mais qui tuent des hommes de chair.

    N’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas.

    On commence à avoir des malheurs quand on a cessé de ne penser qu'à soi.

    Supprimez le conditionnel et
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  • Par araucaria, le 18 mars 2013

    Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille petits trous; sous les pieds, c'était comme de l'éponge morte de froid.
    Jacquemort avançait sans se presser et regardait les calamines dont le coeur rouge sombre battait au soleil. A chaque pulsation, un nuage de pollen s'élevait, puis retombait sur les feuilles agitées d'un lent tremblement. Distraites, des abeilles vaquaient.
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  • Par dadotiste, le 07 novembre 2012

    "Et maintenant, les mois sont devenus si drôle - à la campagne, le temps, plus ample, passe plus vite et sans repères."

    "28 Août
    29 Août
    30 Août
    31 Août
    02 Septembre
    02 Septembre
    07 Mai
    08 Mai
    ............................................................................................................................................
    09 Mars
    24 Mars
    30 Mars
    16 Avril
    20 Mai
    13 Juillet
    24 Juillet
    ............................................................................................................................................
    27 Juinet (P.128, Pauvert 1962)
    27 Juinet (plus tard)
    27 Juinet (encore après)
    39 Juinet
    39 Juinout
    ............................................................................................................................................
    55 Janvril (4 ans)
    59 Janvril
    73 Fevruin
    98 Avroût
    99 Avroût
    107 Avroût
    135 Avroût
    135 Avroût
    136 Avroût
    ............................................................................................................................................
    1er Juillembre
    347 Juillembre
    348 Juillembre
    ............................................................................................................................................
    07 Octembre
    08 Octembre
    11 Octembre
    27 Octembre
    28 Octembre
    28 Octembre
    67 Novrier
    79 Decars
    ............................................................................................................................................
    12 Marillet
    14 Marillet ("Et maintenant, les mois sont devenus si drôle - à la campagne, le temps, plus ample, passe plus vite et sans repères.")
    15 Marillet
    16 Marillet"
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  • Par Lunatique, le 22 avril 2011

    Je suis vide. Je n’ai que gestes, réflexes, habitudes. Je veux me remplir. C’est pourquoi je psychanalyse les gens. Mais mon tonneau est un tonneau des Danaïdes. Je n’assimile pas. Je leur prends leurs pensées, leurs complexes, leurs hésitations, et rien ne me reste. Je n’assimile pas, ou j’assimile trop bien …, c’est la même chose. Bien sûr, je conserve des mots, des contenants, des étiquettes ; je connais les termes sous lesquels on range les passions, les émotions mais je ne les éprouve pas.
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