ISBN : 2253141437
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 444 notes) Ajouter à mes livres
Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi ch... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par nanougo44, le 02 janvier 2012

    nanougo44
    Il y a des livres qui vous déroutent...
    Je ne sais pas trop comment commencer cette critique mais je ne m'attendais pas du tout à ça !
    Bien sûr, le titre évocateur, vous fait quand même comprendre que vous n'allez pas ouvrir un roman à l'eau de rose ou un conte pour enfant...non... je dirais même que c'est l'extrême opposé !

    Quatrième de couverture :
    « Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein. »
    Vernon Sullivan (pseudo donc utilisé par Boris Vian pour l'écriture de ce livre) ne fait pas dans le détail ni dans le délicat pour cette histoire dérangeante, choquante, violente...Plus on avance dans l'histoire et plus on se sent mal à l'aise...enfin, je parle pour moi bien sûr !
    Au début, je ne comprenais pas que Boris Vian ait été condamné pour ce livre que je trouvais un peu « osé » mais sans plus ! Je me disais qu'en 1949, les gens étaient un peu coincés et que le style devait choquer leur bonne éducation et leur bonne conscience...pas du tout ! Après plusieurs chapitres, les scènes d'orgies et de pornographie se font de plus en plus présentes...pour ne pas dire qu'il n'y a presque plus que ça !
    Je me demande ce qu'il s'est passé dans la tête de l'auteur de « L'écume des jours » pour écrire ce livre noir et violent, et malgré la claque ramassée à la lecture de ce roman, il reste quand même un livre fort qui ne vous laissera pas de marbre...
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 15 décembre 2011

    LiliGalipette
    Lee Anderson livre l'aveu jouissif d'une vengeance implacable. « Gérant de librairie à Buckton : voilà mon nouveau boulot. » (p. 12) Mais ce après quoi il court, c'est un objet sur lequel déverser sa haine et venger la mort du gamin, son petit frère. En attendant, il tue le temps avec une bande de jeunes gens aux mœurs plutôt légères. Puis il rencontre Jean et Lou Asquith et il sait qui subira ses foudres. Contrairement à Tom, son frère à la peau noire, Lee ne croit pas en la force de la religion pour surmonter les épreuves. « Il était trop honnête, Tom, c'est ce qui le perdait. Il croyait qu'en faisant le bien, on récoltait le bien, or, quand ça arrive, ce n'est qu'un hasard. Il n'y a qu'une chose qui compte, c'est de se venger et se venger de la manière la plus complète qui soit. » (p. 88)
    Ce que personne ne sait, mais que certains soupçonnent, c'est que Lee Anderson est un nègre blanc. Et être nègre, ce n'est pas la meilleure façon pour un homme de rester en vie dans les années 1940, surtout s'il fricote avec des jeunes filles blanches. Mais Lee dissimule sa vraie nature. « Avec ces cheveux blonds, cette peau rose et blanche, vraiment, je ne risquais rien. Je les aurai. » (p. 49) Lee Anderson ne renie pas son sang, bien au contraire : « je sentais le sang de la colère, mon bon sang noir, déferler dans mes veines et chanter à mes oreilles. » (p. 85) Mais il se sert de sa différence de peau à son avantage pour exercer sa vengeance. Quoi de plus jouissif que de souiller deux filles blanches de toutes les manières possibles ? La vengeance de Lee s'accompagne en effet d'une quête de jouissance : le plaisir qu'il donne aux filles est d'autant plus partagé qu'il est lourd d'ironie et de cynisme. Au-delà des apparences, le mal se joue des pudeurs et des tabous.
    Le récit que livre Lee Anderson est le lent déroulement d'une projection sur le futur. Dès le titre, une haine pure coule sur le texte et toute l'écriture en est imprégnée. La plume de Vian célèbre également le plaisir de blesser et de pervertir. Une fois sa vengeance consommée, la narration échappe à Lee et la fin du récit, attendue, est menée par un narrateur neutre, comme une caméra embarquée sur le capot d'une voiture de police qui filme tout au ralenti.
    J'avais lu ce roman quand j'étais môme. Mon souvenir était flou et je ne me rappelais qu'un certain déplaisir. À le relire aujourd'hui, j'ai bien plus apprécié le style de Boris Vian et le cynisme de cette histoire. Au-delà d'une critique de la ségrégation et des brimades faites aux noirs, ce roman célèbre la liberté d'agir sans entrave et sans tabou. Tout simplement exaltant.
    Le film de Michel Gast avec Christian Marquant, sorti en salle en 1959, est loin d'être fidèle au roman. Les personnages ont des noms différents et la poursuite de la vengeance n'est pas le cœur du film. Un autre méchant entre en scène et le héros principal a le cœur bien plus tendre que son homologue de papier. de noir, le film n'a en fait que la pellicule et l'histoire verse assez vite dans la parabole grossière du bon nègre/méchant blanc. La fin est d'un ennui considérable. Pas étonnant que ce pauvre Boris Vian soit mort durant la première projection du film…
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Eric75019, le 28 décembre 2011

    Eric75019
    Mais quelle mouche a donc piqué Boris Vian ? Tel ce bon Dr Jekyll, le voici transformé en Mr Hyde sous le nom de plume de Vernon Sullivan. L'auteur de L'ecume des jours écume de rage. Je ne vais pas tenter de raconter le pitch car ce serait déjà trop dévoiler l'intrigue, l'intérêt du livre reposant en grande partie sur de réels effets de surprise – concernant les noirs desseins du narrateur, ses motivations et son jusqu'auboutisme qui n'apparaissent que très tardivement dans le roman. On a lu partout que J'irai cracher sur vos tombes est le récit d'une vengeance (ça n'apparaît pas immédiatement, mais c'est exact) et une dénonciation du racisme et de l'intolérance (cet argument me semble déjà plus hasardeux, mais on peut l'accorder au bénéfice du doute). Car on pourrait tout aussi bien y voir une certaine complaisance, un panégyrique de la violence, de l'auto justice, de la haine, des déviances sexuelles, et j'en passe, mais c'est impossible, puisque l'on sait aujourd'hui qu'il s'agit d'un texte de Boris Vian, tout ceci n'est donc que de la dénonciation de bon aloi, et procède de l'envie de jouer un bon tour au lecteur. Si le livre fut interdit à sa sortie, pour pornographie et immoralité, et si son auteur fut condamné pour outrage aux bonnes mœurs, c'est parce que les censeurs de 1949 n'avaient pas compris l'intention réelle de l'auteur et sont tombés dans le panneau en prenant tout au premier degré.
    Vernon Sullivan piège le lecteur en proposant au départ un héros agréable et sympathique (le narrateur du roman) qui se dévoile peu à peu dans le rôle du vengeur masqué (mais qui reste encore sympathique à ce moment là, les vengeurs masqués sont toujours sympathiques), et qui révèle ensuite, en fin de parcours, sa vraie nature, d'où le malaise ressenti, puisqu'on veut le croire encore sympathique, mais sans vraiment y parvenir, pour le coup. Les cartes sont mélangées. Qui est la victime ? Qui est le coupable ? Qui est noir ? Qui est blanc ? Mais j'en ai trop dit. Disons que Dr Jekyll et Mr Hyde, c'est aussi dans le roman.
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par manu17, le 07 février 2012

    manu17

    Sa réputation l'ayant précédée, je savais en commençant la lecture de J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian que je m'exposais à du sulfureux. D'ailleurs, ce côté sulfureux supposé n'est peut-être pas étranger à mon choix, qui sait ?...
    Dans sa préface, Boris Vian parle au sujet de son livre de "réalisme un peu poussé", le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a un certain sens de l'euphémisme...
    J'irai cracher sur vos tombes est le récit fou d'une vengeance sur fond de racisme. Récit qui se compose de violence, de pornographie, de sodomie, de pédophilie. Un livre, vous l'aurez compris, à ne pas mettre entre toutes les mains. Je dois bien avoué que je m'attendais à du sulfureux mais pas à ce point-là, le final est à la limite du soutenable, accrochez-vous...
    J'ai trouvé l'écriture assez cinématographique. L'histoire commence tranquillement comme un vieux film des années 50 et ça se termine, en apothéose, comme un film de Tarantino.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2012/02/jirai-crach..
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 15 décembre 2011

    MissG
    De Boris Vian, j'avais lu "L'écume des jours" et je gardais un très bon souvenir de cette lecture et de l'univers développé par l'auteur.
    Si vous vous attendez à retrouver cet univers, ce n'est pas la peine d'y compter, car l'auteur livre ici un récit violent, choquant, perturbant, en somme, qui ne laisse pas indifférent le lecteur.
    Ouvrage publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il fut très vite interdit et son auteur condamné pour outrage aux bonnes moeurs.
    En effet, Boris Vian y aborde, sous couvert de se faire passer pour le traducteur de Vernon Sullivan, le racisme dans le sud des Etats-Unis et les difficultés rencontrées par les Noirs américains à travers le personnage de Lee Anderson.
    Ce personnage cache un secret, c'est un nègre blanc, mais surtout il crache par écrit sa haine et son désir de vengeance, comme le titre du livre le laisse entendre, de son petit frère lynché pour avoir aimé une femme blanche.
    Il rencontre Jean et Lou Asquith au cours d'une soirée finissant, comme toutes les autres, en beuverie et en orgie et n'a plus qu'une idée en tête, "l'idée de démolir ces deux filles".
    Et il ne s'en cache pas, elles seront son coup d'essai, avant de viser plus gros, jusqu'à pouvoir vivre tranquille.
    Ce livre va au-delà de la parodie du roman/polar noir américain en vogue à l'époque de la parution du livre.
    J'ai été troublée par l'écriture, la violence des mots et le côté cru.
    Tout est dit, Lee Anderson fait part au lecteur de ses moindres pensées, il ne cache rien, ni de ses intentions ni de son mode de vie.
    Il y a de nombreuses scènes de sexe, c'est clairement de la pornographie, mais le passage qui m'a mis le plus mal à l'aise est celui ayant trait à de la pédophilie et où Lee Anderson conclut par "elle était brûlante comme l'enfer" après avoir pénétré une fillette.
    Mais en creusant bien derrière tout cela, j'ai fini par retrouver le style de Boris Vian.
    Au-delà des mots et de l'histoire, il faut aussi y voir une dénonciation du racisme qui sévissait aux Etats-Unis à cette époque-là.
    A propos de l'enfer, il y est aussi question de Dieu et de la religion, à travers le personnage de Tom, le frère de Lee, qui est d'ailleurs son antithèse.
    Souvent, il essaie de ramener son frère sur le droit chemin, sans jamais y parvenir, car pour Lee "Dieu s'en fiche bien".
    Et malgré cette écriture crue, la fin de l'histoire est en partie morale.
    Lee, après s'être laissé emporté par son désir de meurtre, meurt.
    Le méchant est puni et les innocents sont vengés, mais le racisme est toujours sous-jacent : "Ceux du village le pendirent tout de même parce que c'était un nègre".
    Boris Vian continue avec une dernière pirouette finale, afin de graver une certaine ironie : "Sous son pantalon, son bas-ventre faisait encore une bosse dérisoire".
    Ce livre m'a mise mal à l'aise, mais d'un autre côté j'ai été prise par l'histoire, par le style narratif et je n'ai pas pu le refermer avant de l'avoir fini.
    Il y avait aussi une partie de curiosité pour voir jusqu'où l'auteur oserait aller.
    Finalement, il n'y a pas de limite à ce livre, et c'est sans doute l'un des messages qu'a voulu faire passer Boris Vian : voici ce que peut être une interprétation de la liberté.
    Ce fut une lecture déroutante mais intéressante, qui m'a démontré toute l'étendue du talent de cet auteur.
    Ce livre a été lu dans le cadre du challenge ABC critiques 2011/2012 - Lettre V ainsi que dans le cadre du club de lecture Babelio décembre 2011.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.com/2011/12/jirai-cracher-sur-vos-tom..
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par XoArum, le 17 décembre 2010

    Je ne peux pas vous regarder sans penser que vous êtes faites pour autre chose que pour parler, et cela m'est difficile de vous parler sans vous regarder. Mais je veux bien continuer à parler avec vous.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 15 décembre 2011

    « je sentais le sang de la colère, mon bon sang noir, déferler dans mes veines et chanter à mes oreilles. » (p. 85)
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  • Par MissG, le 17 décembre 2011

    Je connaissais des types à peu près dans mon cas qui oubliaient le sang qu'ils avaient, et qui se mettaient du côté des blancs en toutes circonstances, et n'hésitaient pas à taper sur les Noirs quand l'occasion s'en présentait. Ces types-là, je les aurais tués aussi avec un certain plaisir, mais il fallait faire les choses progressivement.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Eric75019, le 28 décembre 2011

    - Regarde mes mains, Lee. Regarde mes ongles. Regarde mes cheveux et regarde mes lèvres. Je suis Noir, Lee. Je ne peux pas y échapper. Toi !...
    Il s'arrêta et me regardait. Ce type-là m'aimait vraiment.
    - Toi, Lee, tu dois en sortir. Dieu t'aidera à en sortir. Il t'aidera, Lee.
    - Dieu s'en fiche bien, dis-je.
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    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par jeanbiscotte, le 11 juillet 2011

    Je n'insistai pas et finis mon verre. J'avais rattrapé le terrain perdu. Sacré nom, quel mal j'aurais avec cette fille ; il y a des truites qui vous donnent cette impression là.
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