ISBN : 2707305898
Éditeur : Editions de Minuit (1980)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
Ce matin-là, Amadis Dudu rata l'autobus. Or, non seulement ce contre-temps ne compromit en rien sa journée, mais il l'engagea au contraire dans une série d'aventures bien extraordinaires, où se trouvaient mêlées toutes sortes de personnes au milieu desquelles il n'allai... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par SebastienFritsch, le 17 avril 2012

    SebastienFritsch
    Les filles sont belles, les personnages loufoques, les situations farfelues, le langage inventif : c'est Vian, unique, inimitable.
    Pourtant, j'ai moins accroché avec ce roman qu'avec "L'ecume des jours", qui est tout simplement fabuleux.
    L'automne à Pékin ne porte pas en lui, selon moi, la même poésie que L'ecume des jours. Dans ce dernier, j'ai très fréquemment été saisi par des phrases dont les sonorités, les couleurs, les images me retenaient, m'appelaient à les relire plusieurs fois avant de passer à la suite. Et puis, dans L'ecume des jours, il y a aussi les passages sur le Jazz, les métaphores des nénuphars ou des pièces qui rétrecissent, et puis le pianocktail, la petite souris, l'obsession de Chick pour Jean-Sol Partre... Ah, ça y est, me voilà en train de parler d'un roman à la place d'un autre !
    Revenons donc à l'Automne. Ce que j'ai bien aimé, ce sont les situations : la construction du chemin de fer en plein désert, l'obligation de le faire passer au milieu du seul bâtiment qui y a été construit, et aussi tous les travers des différents personnages : le médecin qui est passionné de modélisme et se fout complètement de ses malades (du moment qu'il arrive à en guérir plus qu'il n'en tue, sa carrière n'est pas remise en cause), l'archéologue qui casse toutes les poteries qu'il met au jour, afin de pouvoir les faire entrer dans les boîtes standard, l'abbé qui se signe des indulgences à tire-larigot, l'ermite, perdu au milieu du désert (pas si désert, vu le monde qui y passe) et qui se doit d'accomplir, comme tout ermite qui se respecte, et afin d'édifier ses visiteurs, un "acte saint" continu ; il fait donc l'amour à longueur de journée.
    Parmi les autres personnages, il faut aussi signaler les membres du conseil d'administration de la société qui fait construire le chemin de fer. On assiste à quelques séances du conseil, histoire de voir comment des décisions arbitraires et injustes et souvent loufoques sont prises. Toutes cette injustice et cette loufoquerie se retrouvent sur le chantier de construction : le directeur est infect, le contremaître est un salaud (d'ailleurs on ne le voit jamais, mais tout le monde en parle et ne le désigne que de cette façon : "ce salaud d'Arland"), les ingénieurs passent leurs journées à faire des calculs et des plans et tentent en vain d'expliquer au directeur que l'on pourrait peut-être dévier la voie pour éviter de détruire le bâtiment dans lequel ils sont installés, les deux ouvriers construisent à eux seuls la voie de chemin de fer, en posant les rails sur des cales, parce qu'ils attendent la livraison du ballast qu'il leur faudra mettre en dessous et auquel on n'a pas pensé en préparant le chantier. Ceci étant, pour se venger de la "mauvaise volonté" des ingénieurs et des ouvriers, le directeur enverra un rapport très négatif au conseil d'administration qui décidera, en trois secondes, de réduire de 20 % le salaire de tout le monde... sauf ceux du directeur et de ce salaud d'Arland.
    Avec le personnage de l'abbé et celui du médecin, tout aussi azimuthés l'un que l'autre, c'est cette vision de l'entreprise et de ces aberrations qui m'a plu le plus. Les relations entre les personnages m'ont semblé moins intéressantes. Peut-être est-ce mon côté "romantique" qui joue, mais je préfére justement L'ecume des jours pour les sentiments qui y sont dépeints, tandis que je trouve que, dans L'automne à Pékin, les sentiments sont absents : toutes les relations entre les différents protagonistes sont évoquées sur le plan uniquement sexuel.
    Entre les deux ingénieurs existe une jalousie, liée au fait que l'un couche avec la secrétaire du patron et pas l'autre. Ce dernier se dit amoureux parce qu'il veut la "baiser". Et les deux tourtereaux, quant à eux, ne voient pas autre chose que les moments qu'ils passent au lit ensemble. Et il est clair que, pour eux, dès qu'ils en auront assez de la bagatelle, ça sera fini entre eux. Concernant le directeur du chantier, il est haï par tous ses employés, non seulement parce qu'il est injuste, mais aussi (et peut-être surtout) parce qu'il est homosexuel. Car dans ce roman, tout le monde hait les homosexuels, comme ça, a priori, et on ne se gêne pas pour le dire. Comme on ne se gêne pas pour parler des autres (homme ou femme, selon son inclination personnelle) comme d'une marchandise sexuelle. de sentiment, là-dedans, je n'en vois pas. Mais, bon, c'est sans doute mon côté fleur-bleue. Ou peut-être Vian a-t-il voulu forcer le trait d'une réalité qui existe quand même et dans laquelle tout le monde se cache derrière des faux semblants, des sourires et des amabilités, mais n'en pense pas moins.
    De toute façon, je ne me souvenais pas de cette facette du roman (que j'avais lu il y a quinze ou vingt ans). Ce n'est donc peut-être pas le plus important. le plus important, c'est l'univers et les personnages incomparables que sait créer Vian, et sa façon de jouer avec le langage.

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2008/08/14/10154873.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo, le 20 mai 2012

    cyberugo
    Attention, accrochez-vous ! le voyage dans l'univers semi-fantastique de Boris Vian va démarrer !
    L'histoire démarre avec 2 récits parallèles, tout à fait sérieux mais avec tout de même quelques éléments "fous" ça et là. Ces 2 récits vont alors se rejoindre vers une situation pour le moins ubuesque, construire une voie de chemin de fer en plein désert. Chaque élément va alors se mettre au fur et à mesure à tourner de travers, jusqu'à faire exploser en plein vol le projet.
    L'histoire en elle-même est un peu folle, mais Boris Vian est très fort dans sa capacité à jouer avec les mots et le langage, mais surtout à créer des petites scènes porteuses de sens critique, aussi bien sur les sentiments que sur la société.
    C'est cet enchevêtrement de niveaux de lecture qui fait la richesse de cette lecture, mais attention à ne pas se perdre et à passer à côté !
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    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 16 juillet 2011

    100choses
    Ayant terminé ce livre il y a pratiquement un mois je me retrouve assez embarrassée au moment d'écrire mon billet et j'espère que celui-ci ne sera pas trop chaotique. Je n'ai juste pas eu le courage de trouver le temps de le rédiger plus tôt.
    Il y a presque deux ans je tombais irrémédiablement sous le charme de L'Ecume des jours et j'étais donc ravie de prendre enfin le temps de me plonger de nouveau dans une œuvre de Boris Vian, grâce à ce livre offert par Marlasoap, il y a quelques mois déjà. Cela dit, la magie a moins bien opéré cette fois, et si j'ai aimé de nombreux aspects de ma lecture, je suis ressortie avec un avis assez mitigé.
    Pour commencer avec les « défauts » de l'ouvrage, j'ai eu beaucoup de mal à ben identifier et différencier les personnages. Je ne sais pas si c'est dû à un manque de concentration/fatigue monstrueuse de ma part, mais j'ai trouvé cet aspect très brouillon et je n'arrêtais pas de m'emmêler dans leurs noms et les relations qui les unissent. J'ai en particulier eu beaucoup de mal avec le trio Anne, Angel, Rochelle.
    Le second aspect négatif est que je me suis parfois ennuyée, l'histoire est tellement absurde que je me demandais vraiment ce que certains passages venaient faire là. Et j'ai trouvé que le récit manquait globalement de rythme et de fil conducteur, éléments qui étaient bien présents dans L'Ecume des jours, malgré toute la folie du roman. Mais là encore, le problème vient peut-être des conditions dans lesquelles j'ai découvert cet ouvrage. Je ne pouvais en grappiller que quelques pages à la fois, ce qui n'aide pas vraiment à instaurer rythme et cohérence.
    En revanche, il y a quelques points très positifs. En premier lieu, j'ai une fois de plus énormément aimé la façon dont Boris Vian décrit le sentiment amoureux et son évolution. C'est grave et désespéré mais très juste et souvent amené de façon très drôle. J'aime cette incompréhension et ce manque général de communication entre les personnages. J'aime l'opposition qui règne entre leur verbiage incessant et le manque flagrant de compréhension entre eux. Je trouve que c'est une analyse très juste des rapports humains.
    Ensuite j'ai adoré l'humour de certaines scènes qui se trouve soudainement stoppé par un événement violent ou tragique. J'ai vraiment aimé ces nombreuses ruptures : le lecteur n'est jamais en sécurité et certaines disparitions m'ont vraiment émue.
    J'ai également découvert avec plaisir l'évocation de certains personnages de L'Ecume.
    Enfin, de façon plus anecdotique, j'ai été très amusée de découvrir en cours de lecture que l'un des personnages principaux de l'intrigue était archéologue….même si ses méthodes de travail sont très particulières…C'est tout bête mais cela m'a amusée de lire le récit de ses fouilles tout en étant moi-même sur un chantier. Et puis cela m'a rappelé l'excellente lecture de Meurtre en Mésopotamie, l'année dernière à la même saison.
    Bref une lecture pas désagréable du tout, mais j'aurais tant voulu que ce soit un coup de cœur que forcément je suis un peu déçue:/ Heureusement, j'ai encore tout plein d'écrits de Boris Vian à découvrir pour me « réconcilier » avec lui.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/07/16/vian-boris-lautomne..
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    • Livres 5.00/5
    Par aliquis, le 03 octobre 2010

    aliquis
    Grandiose. Pas un moment où le sérieux n'est présent. Un monument d'absurde, de rire et de phrases exquises. Une œuvre géniale absolument unique.
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Citations et extraits

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  • Par coquecigrue, le 02 février 2012

    – (...)Quel âge avez-vous ? (dit Athanagore)
    – Je ne peux pas vous donner de chiffre, dit Amadis. Je ne
    me rappelle pas le début. (...) En tout état de cause, je suis encore jeune.
    – Je vous donnerais vingt-huit ans, dit Athanagore.
    – Je vous remercie, dit Amadis. Je ne saurais qu’en faire.
    Vous trouverez sûrement quelqu’un à qui ça fera plaisir.
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  • Par Fiona-thoustra, le 13 novembre 2011

    Il fila doucement et son arrière traînait par terre, allumant des gerbes d'étincelles aux bosses rondes des pavés ; certains conducteurs y collaient des pierres à briquets pour que ce soit plus joli (c'étaient toujours les conducteurs de l'autobus qui venait derrière).
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