AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Charles Recoursé (Traducteur)
ISBN : 2846262055
Éditeur : Au Diable Vauvert (2009)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 62 notes)
Résumé :
1990, Cleveland, frontière du Grand Désert d'Ohio. Lenore Beadsman a des soucis : son petit ami et patron est un jaloux qui a plus de complexes que de cheveux, son arrière-grand-mère a disparu de sa maison de retraite avec vingt-cinq autres pensionnaires et sa perruche se met à débiter des inepties, devenant la star d'une chaîne de télévision chrétienne...
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
07 novembre 2014
  • 5/ 5
Dans ce roman de David Foster Wallace entre délire, absurdité et iconoclasme nous entrons dans un monde digne des frère Coen.
Pour Léonore Beadsman fille à papa, standardiste dans la maison d'édition " frequent&Vigorous" rien ne va plus. Sa perruche "Vlad l'empaleur" se met à parler et dire des choses extravagantes qui vont intéresser une radio évangélique. Rien de surprenant dans cet état de l'Ohio où la devise est " avec dieu tout est possible ".
Quand le standard de la maison d'édition perd la boule et reçoit des commandes de pizzas ou des rendez-vous au " château " haut lieu des plaisirs sado-masochiste la pauvre Léonore ne sait plus à quel saint se vouer.
La goutte qui fait déborder le vase c'est la disparition de son arrière grand-mère de la maison de retraite en compagnie d'une vingtaine de pensionnaire, bref un remake de la grande évasion.
sans compter son petit ami Rick Vigorous amoureux jaloux et patron de Léonore.
Au fil des pages on rencontre des personnages névrosés à la limite du border line, des histoires à dormir debout.
voila un roman jouissif où David Foster Wallace démystifie les psys, se moque des évangélistes, ridiculise les groupes agro-alimentaires.
Cet auteur que j'aime pour sa folie, parti trop tôt laisse un vide dans cet art qu'est l'écriture.
Voila un roman que je recommande pour celles et ceux qui veulent sortir des sentiers battus.
Un cinq étoiles s'impose rien que pour les séances chez le psy de Léonore et Rick.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          346
Kirsikka
20 février 2016
  • 5/ 5
La fonction du balai est un livre difficile à résumer, un de ces livres qu'il faut laisser reposer un peu après en avoir tourné la dernière page pour en comprendre toute la cohérence et relier les différentes significations entre elles.
David Foster Wallace s'amuse, il dézingue avec un humour absurde et corrosif tout ce qui fait la civilisation américaine : la télévision, les prédicateurs rapaces, l'urbanisme de parc d'attraction, le goût pour l'artificiel accablant, la destruction de la nature, la bouffe industrielle trafiquée, la surbouffe et la dévoration, la pub, les sportifs stars, les lignes téléphoniques devenues folles, les interprétations insensées d'un psy proche du gourou...
On le suit dans cet univers déjanté, étrange, où tout prend une lumière et des couleurs bizarres tout en prétendant être normal, comme un épisode déjanté et hilarant de la quatrième dimension.
C'est la parole dans tout ses états qui au centre de ce roman écrit essentiellement sous formes de dialogues ou de monologues ; mais plus encore, les histoires racontées par Rick Vigorous ont une fonction de métaphore, les lignes téléphoniques n'aboutissent jamais au bon endroit, un oiseau se met à parler et répéter tout ce qu'il entend dans un ordre aléatoire, la grand-mère disciple de Wittgenstein essaie de rendre folle son arrière petite-fille en prétendant que la signification des mots est plus réelle que la réalité elle-même. La fonction du balai est une interrogation sur le réel noyé par la logorrhée et l'artificialisation. Comment retrouver ses sens et ne pas devenir fou dans un environnement aussi absurde, quand on est sous le feu d'une pression permanente destinée à masquer le mensonge et la manipulation ?
Lenore, fine mouche et têtue, perdue mais intègre, finit par y parvenir ; mais c'est après avoir résisté du mieux qu'elle pouvait, par loyauté envers sa famille et son petit-ami. Elle se rendra à l'évidence, au beau milieu de ce maëlstrom halluciné.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Shan_Ze
08 juillet 2013
  • 4/ 5
Lenore Beadsman est une jeune femme d'une vingtaine d'années. Elle vient d'apprendre que son arrière-grand-mère qui a le même prénom qu'elle, s'est échappée de sa maison de retraite en compagnie de vingt-cinq autres pensionnaires et que le standard téléphonique de son travail déraille. Si ce n'était que ça... sa perruche se met à répéter tout ce qu'elle entend et devient la star d'une chaine chrétienne sans compter son patron-petit ami qui est très jaloux et complexé...
C'est un roman très surprenant, on passe d'un personne à un autre, d'un type de narration à l'autre, on pourrait s'y perdre facilement (ça arrive par moments) mais la magie et l'humour opèrent à merveille. On passe d'un échange verbal à un long monologue du patron sur les histoires que lui envoient ses étudiants (ou les siennes ?) en passant par des rêves grotesques... Impossible de tout résumer. Ça part dans tous les sens, on en oublie presque la trame principale : retrouver l'arrière grand-mère de Lenore.
Les séances avec le psychologue sont aussi dignes d'intérêt ! C'est un roman dense, foisonnant, on s'y perd un peu mais c'est pas grave car on passe de bons moments sans parler des critiques sous-jacentes de certaines personnes... (Une petite déception : la fin, trop rapide) Vraiment à découvrir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
carnet-de-voyage
25 octobre 2016
  • 3/ 5
"La plupart des très jolies filles ont de très vilains pieds, et Mindy Metalman n'échappe pas à la règle, comme le remarque soudain Lenore"....
C'est par cette vison très "quentintarentinonesque" que nous faisons connaissance de Lenore (2eme du nom). Lenore Beadsman rend visite à sa soeur Clarice, qui est en première année dans une université pour filles, Mount Holyoke. La jolie Clarice (blonde aux yeux bleus) partage sa chambre avec la rondouillarde Sue Shaw (rousse aux yeux verts) et la ondulante et sublime Mindy Metalman (brune aux yeux noirs). En ce jour de 1981, Lenore a quitté Cleveland dans l'Ohio, pour apporter quelques provisions, un peu de nouvelles, et de l'herbe fraîche à sa soeur...
Un évènement dans la soirée, va faire en sorte que Lenore quitte la scène...
Puis, nous retrouvons Lenore en 1990. Depuis 1981, Lenore s'est adoucie...
Bien qu'issue d'une famille nantie de Cleveland, dont la fortune est inestimable, Lenore travaille comme simple standardiste dans une sombre maison d'édition qui n'édite pas grand chose.
Rick Vigourous en est le directeur, et l'amoureux-transi de Lenore.
Candy Mandible est sa collègue et sa colocataire.
Vad l'Empaleur est sa perruche.....
Puis beau jour, Lenore est convoquée par le directeur de l'hospice où réside, en autre, Lenore (1ere du nom). Son arrière-grand-mère, octogénaire vibrante, a pris la poudre d'escampette, et entraînant avec elle une vingtaine de personnes, résidents et membres du personnel.... Et même le docteur-directeur suppose, suppute que certains membres de familles du personnel s'y sont joints....
Là on se dit : " oh oh .... c'est un peu "frèrescohenesque" comme situation... un doigt de "Big Lebowski" ?"....
Puis, quand tout à coup, Vad l'Empaleur se met à débiter des phrases sans arrêt et sans a-propos, on se régale.... D'autant plus, que Vad n'a pas sa langue dans sa poche ; et devant les propos obséquieux tenus par Vad, Lenore, choquée se met en tête de lui apprendre des passages bibliques.... Mais Vad n'est pas versé dans les Ecritures saintes, et mélange (pour notre plus grand plaisir) le sacré et le profane....
A cela s'ajouteront bien d'autres choses qui vont entrainer Lenor à nous dire ... "oh là !.... ça devient un peu "davidlynchesque, non ?"....
'La fonction du balai" de David Foster Wallace est un livre où l'humour est toujours présent. C'est un livre épais, vu le nombre de ses pages, mais l'humour y est si fin, qu'on tourne les pages avec plaisir.
Toutefois, on peut s'y perdre, voir même s'égarer en route, étant donné la multitude des personnages, et les phrases d'une longueur extrême (mais au vocabulaire si riche !)....
Mais, une fois retrouvé Vad l'Empaleur et ses propos de néo-télévangéliste-avant-garde on passe un bon moment de lecture et de détente...
Et là on se dit : " Tiens donc, mais à quoi ça me fait penser ?..... à rien ? Normal : ce Wallace est un gros mythe à lui tout seul..."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
JimmyCz
14 août 2015
  • 5/ 5
[b]La fonction du balai[/b]
Quasi impossible de faire un commentaire sur cette oeuvre. Je vais essayer mais je risque d'extrapoler des choses ridicules.
Style génial, sommet de ce que j'ai pu lire quasiment. On a de tout, le style théâtral, le style poétique, le roman moderne, toutes les formes de récit sont maîtrisés sans que cela ne fasse catalogue.
J'ai été impressionné par le changement de style dès que le narrateur changeait, c'était fluide et chaque style appartenait vraiment à la personnalité du personnage qui narrait. Assez incroyable.
Un vocabulaire très riche, mêlant courant, soutenu et familier. Une oeuvre complète, pleine, totale, on dirait même absolue.
Roman chorale et même opéra tant les décors varient de façon inattendue.
Je ne peux raconter l'histoire elle est trop riche et complexe, voire absurde par moment.
Malgré l'humour j'ai trouvé ce récit tragique, avec pour seule leçon la vacuité existentielle, c'est un roman qui m'a un peu enlevé l'envie de sourire bien que je sois émerveillé par le talent de ce romancier trop vite disparu.
Il m'a touché sans que je ne sache pourquoi et je ne sais quel sujet en particulier, mais je n'en suis pas ressorti indemne. J'ai pris autant de plaisir que j'ai souffert.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          74

Les critiques presse (1)
Bibliobs04 août 2014
Wallace, mort en 2008, a renié ce premier roman, méditation toquée sur la fiction, le langage et le réel [...], disant qu'il aurait pu être écrit par un «petit malin de 14 ans». On se demande quel genre d'adolescents il fréquentait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka20 février 2016
Imaginez que quelqu'un m'ait dit, il y a dix ans, à Scarsdale ou dans le train de banlieue, imaginez que cette personne ait été mon voisin Rex Metalman, le comptable qui avait une fille incroyablement ondulante, imaginez que ça ce soit passé avant que son obsession pour sa pelouse prenne un tour sérieux, avant que les expéditions paramilitaires nocturnes à la lumière de son tracteur-tondeuse, avant les lâchers hebdomadaires de DDT fondant du ciel sur une éventuelle chenille et avant sa totale intransigeance face aux demandes raisonnables et dans un premier temps polies formulées par un voire l'intégralité de ses voisins et visant à ce qu'il diminue les hostilités contre la gamme d'ennemis potentiels qui menaçaient sa pelouse et l'obnubilaient, avant que tout ceci creuse un trou de la taille d'un sac de désherbant dans l'amitié que nous entretenions au tennis, imaginez qu'alors Rex Metalman ait suggéré en ma présence que, dix ans plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui, j'habiterais, moi, Rick Vigorous, à Cleveland, dans l'Ohio, entre un lac biologiquement mort à l'odeur offensante et un désert artificiel à un milliard de dollars, que j'aurais divorcé de ma femme et que mon fils grandirait loin de moi, que je dirigerais, en partenariat avec un homme invisible, une entreprise qui ne serait guère plus, je le comprends maintenant, qu'un entité collective intéressée par l'échec pour raisons fiscales, une maison d'édition dont les publications prêteraient peut-être encore un peu plus à rire que si elles ne publiait rien du tout, et, tout en haut de cette montagne d'impensable, que je serais amoureux, un amour scandaleux, pathétique, violent et total pour une personne de dix-huit ans, je dis bien dix-huit ans plus jeune que moi, une femme née d'une des plus grandes familles de Cleveland, qui vit dans une ville dont son père est propriétaire mais qui répond au téléphone pour quelque chose comme quatre dollars de l'heure, une femme dont l'uniforme composé d'une robe blanche en coton et de baskets Converse noires est une constante troublante et impossible à analyser, que je soupçonne de prendre entre cinq et huit douches par jour, qui travaille sa névrose comme un baleinier travaille son scrimshaw, qui habite avec un oiseau schizophrène et narcissique et une colocataire qui est presque certainement une garde nymphomane, et qui trouve en moi, quelque part, Dieu seul sait où, l'amant parfait... imaginez que ce soit Rex Metalman qui m'ait dit tout cela, muni de son lance-flammes et appuyé sur la clôture séparant nos deux propriétés alors que je tenais un râteau à la main, imaginez que Rex m'ait dit tout cela et je répondrai presque certainement que la plausibilité de l'ensemble équivaut grosso modo à la probabilité pour que le jeune Vance Vigorous, alors âgé de huit ans et cependant à huit ans plus homme que moi par certains aspects, que le jeune Vance, malgré ce ballon qu'on nous a vus envoyer très haut dans le ciel puis très fort dans une fenêtre, et l'écho interminable de son rire dans les arbres colorés de la banlieue, que ce bon gaillard de Vance finirait par devenir un... un homosexuel ou quoi que ce soit d'aussi invraisemblable, grotesque et totalement hors sujet.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          62
tulisquoitulisquoi29 juin 2011
… que, pour te redire ce que j’ai entendu pendant des années et des années, et que toi aussi tu as dû entendre plus d’une fois, la signification d’un objet n’est ni plus ni moins que sa fonction. Et cetera et cetera et cetera. Elle t’a fait le truc du balai ? Non ? Qu’est-ce qu’elle fait maintenant ? Non. Quand j’étais petit – je devais avoir huit ou dix ans, je ne sais plus -, elle me faisait asseoir dans la cuisine, elle attrapait un balai, elle se mettait à balayer le sol comme une furie et elle me demandait qu’elle partie était pour moi la plus élémentaire, la plus fondamentale, la brosse ou le manche. La brosse ou le manche. Et j’étais là, oppressé et hésitant, et elle passait le balai de plus en plus fort, ça me rendait nerveux et finalement je disais que je pensais que c’était la brosse, parce que si tu en as envie tu peux balayer sans le manche, juste en tenant la brosse, et alors elle me flanquait un coup qui m’éjectait de ma chaise et elle me hurlait dans l’oreille des trucs comme, « Haha, c’est parce que tu veux te servir du balai pour balayer ! C’est à cause de la fonction que tu veux donner au balai ! » Et ainsi de suite. Et que si on voulait se servir du balai pour casser une vitre, alors le manche devenait l’essence fondamentale du balai [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
michemuchemichemuche18 octobre 2014
Je me fais du souci pour les jeunes d'aujourd'hui. ils devraient boire des bières, regarder des films, aller voler les culottes des filles, perdre leur virginité, et se trémousser sur de la musique suggestive, et pas écrire des histoires longues, tristes et tarabiscotées.
Commenter  J’apprécie          200
michemuchemichemuche15 octobre 2014
C'était un garçon qui avait un rapport intime et étrange à ce qui l'entourait, un garçon silencieux aux yeux sombres qui, dés qu'il fut autonome en pensées et en actes, devint le miroir déformant du monde. Pour moi, Vance était un reflet. Il ferait la pluie et du beau temps dans son monde d'enfant.
Commenter  J’apprécie          170
LeCombatOculaireLeCombatOculaire11 mai 2016
Elle t’a fait le truc du balai ? Non ? Qu’est-ce qu’elle fait maintenant ? Non. Quand j’étais petit – je devais avoir huit ou dix ans, je ne sais plus -, elle me faisait asseoir dans la cuisine, elle attrapait un balai, elle se mettait à balayer le sol comme une furie et elle me demandait quelle partie était pour moi la plus élémentaire, la plus fondamentale, la brosse ou le manche. La brosse ou le manche. Et j’étais là, oppressé et hésitant, et elle passait le balai de plus en plus fort, ça me rendait nerveux et finalement je disais que je pensais que c’était la brosse, parce que si tu as envie tu peux balayer sans le manche, juste en tenant la brosse, et alors elle me flanquait un coup qui m’éjectait de ma chaise et elle me hurlait dans l’oreille des trucs comme, « Haha, c’est parce que tu veux te servir du balai pour balayer ! C’est à cause de la fonction que tu veux donner au balai ! » Et ainsi de suite. Et que si on voulait se servir du balai pour casser une vitre, alors le manche devenait l’essence fondamentale du balai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de David Foster Wallace (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Foster Wallace
Hippolyte Girardot lit L'Infinie Comédie, de David Foster Wallace.
Parution le 20 août 2015 aux Éditions de l'Olivier.
autres livres classés : états-unisVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
965 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre