> Minnie Danzas (Traducteur)

ISBN : 2020418770
Éditeur : Seuil (2000)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
V. : comme victoire, comme les vols d'oiseaux en formation serrée qui traversent l'horizon des personnages, ou V comme Victoria, Véronique, Véra, autant de figures féminines croisées au fil de l'œuvre ? C'est la question que se pose l'... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par iti1801, le 07 décembre 2008

    iti1801
    Ils sont nombreux les écrivains dont j'ai entendu parler sans jamais en lire aucune ligne (comme BUKOSWKI à l'époque, ou encore Jean d'ORMESSON). Eh bien, le mal est réparé en ce qui concerne Thomas PYNCHON. Je ne reviendrai pas sur le personnage qui se plaît à entretenir le mystère (aucune photo si ce n'est une vieille qui date de son service dans la NAVY ; aucun interview, si ce n'est un entretient audio et une apparition dans les Simpsons, mais avec un sac sur la tête...). On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il a écrit 5 ou 6 livres, avec une véritable volonté littéraire de produire un univers, de garder une cohérence, sans se soucier de courir après la production frénétique (comme une ANGOT ou une NOTHOMB, par exemple). Et, une fois n'est pas coutume, j'ai commencé par sa première œuvre, au titre si énigmatique : V.
    Enigmatique car c'est bien là tout l'enjeu du livre pour Stencil : savoir qui se cache derrière cette lettre, depuis qu'il a retrouvé cette phrase intrigante dans le carnet de son père : « Il y a plus derrière V. et dans V. qu'aucun de nous n'a jamais soupçonné ». Serait-ce ce mystérieux pays imaginaire, Vheissu, dans lequel a séjourné l'aventurier Godolphin ? Ou ne serait-ce pas plutôt cette troublante Vera Manganèse aux multiples visages qu'on retrouve toujours aussi jeune à travers les décennies mais de plus en plus rafistolée ?

    Lien : http://iti1801.net/blog/index.php?post/2008/06/12/V.
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Citations et extraits

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  • Par hupomnemata, le 02 juillet 2011

    Vénus était debout, dans ce qui semblait être la moitié d'une coquille scongille, grasse, blonde et, le Gaucho, tedesco de tempérament, la trouvait à son goût. Mais il ne comprenait pas ce qui se passait dans le reste du tableau. Il semblai y avoir un conflit quelconque autour de la question: fallait-il ou non voiler sa nudité? Sur la droite, une dame piriforme, à l'oeil vitreux, cherchait à l'envelopper d'une couverture mais, sur la gauche, un coléreux jeune homme, avec des ailes dans le dos, souflait à pleins poumons, afin que le vent de son haleine emportât ladite couverture, cependant qu'une jeune personne à peine vêtue s'enroulait littéralement autour de lui, dans l'espoir, sans doute, de le calmer et de le ramener au lit. Pendant que cette étrange engeance se chamaillait, Vénus restait là, les yeux fixés au loin sur on ne sait trop quoi, tout en drapant autour d'elle ses longs cheveux torsadés. Aucun de ces personnages ne semblait regarder aucun autre. Un tableau déconcertant. Le Gaucho ne pouvait imaginer pourquoi signor Mantissa y tenait, mais cela n'était pas l'affaire du Gaucho.
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  • Par hupomnemata, le 02 juillet 2011

    Le désert envahit la terre de l'homme subrepticement. Celui-ci n'est pas fellah, mais il possède tout de même un bout de terrain. Il l'avait possédé. Encore tout jeune garçon, il avait réparé le mur, l'avait cimenté, avait transporté des pierres aussi lourdes que lui, les avait soulevées, les mises en place. Mais le désert pénètre malgré tout. Le mur est-il traître, pour laisser passer le désert de la sorte? A moins que le jeune garçon ne soit possédé par djinn qui sabote le travail de ses mains? Ou la puissance du désert est-elle si grande que ni le garçon, ni le mur, ni le père, ni la mère décédés ne peuvent rien contre lui?
    Non. Le désert envahit. C'est un fait; rien de plus. Aucun djinn ne possède le garçon, aucune traîtrise n'habite le mur, aucune hostilité le désert. Rien.
    Bientôt, il n'y aura rien. Bientôt, le désert seulement.
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  • Par hupomnemata, le 02 juillet 2011

    "Si la salle est bondée, se disait Rachel, c'est parce qu'il faut quatre mois de cicatrisation après une opération esthétique du nez... Or, dans quatre mois, ce serait le moi de juin; et, de ce fait, bon nombre de jeunes et jolies juives, qui se seraient considérées comme un excellent parti n'était ce vilain nez, allaient pouvoir partir à la chasse au mari dans quelque station balnéaire, dotées septums uniformément remodelés."
    Cela avait le don de dégouter Rachel, convaincue que, si ces filles se faisaient opérer, ce n'était pas tant par souci esthétique que par respect pour la théorie selon laquelle le nez crochu est traditionnellement l'apanage du juif, tandis que le nez retroussé est une caractéristique de l'ASBP, autrement dit de l'Anglo-Saxon blanc et protestant, ainsi qu'en témoigne le cinéma et la publicité.
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  • Par hupomnemata, le 02 juillet 2011

    "Le tissu de l'histoire contemporaine, songeait Eigenvalue, doit être tout en fronces, si bien que pour les gens qui, comme Stencil, se trouve au creux d'une de ces fronces, il est impossible de discerner la chaîne, la trame ou le motif de l'ensemble. Néanmoins, le seul fait d'exister au creux d'une fronce fait supposer d'autres fronces semblables, chacunes enfermanée dans un cycle sinueux, et l'on en vient à prêter à ces cycles une importance plus grande encore qu'au tissage proprement dit et l'on abolit toute idée d'unité. C'est ainsi que nous sommes charmés par ces automobiles si drôles des années trente, par la mode si curieuse des années vingt, par les étranges pratiques morales de nos grands-parents. Nous sommes producteurs et spectateur de comédies musicales, dont ils sont les héros, et nous nous laissons embringuer dans une fausse représentation et une nostalgie bidon de ce qu'ils ont été. Et, conséquement, nous somme fermés à toute notion de tradition continue. Si nous avions vécu sur la crête de la vague, il en aurais été autrement. Au moins, nous aurions pu voir."
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  • Par hupomnemata, le 02 juillet 2011

    Ce que sont pour le libertin les cuisses ouvertes, ce qu'est un vol d'oiseaux migrateurs pour l'ornithologue, ce qu'est la tenaille pour l'ajusteur, voilà ce qu'était pour le jeune Stencil la lettre V. Il rêvait, une fois par semaine, peut-être bien, que tout cela n'avait été qu'un rêve, et qu'à présent il se réveillait pour découvrir que la poursuite de V. n'était après tout qu'une recherche purement intellectuelle, une aventure de l'esprit, selon la tradition du Rameau d'or ou de la Déesse blanche.
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Thomas Pynchon, Vice caché, par Nicolas Richard (traducteur) .
Thomas Pynchon, né en 1937 dans l?État de New York, est l?un des hommes les plus secrets de la littérature américaine. Originaire de Long Island, il commença des études d'ingénieur à l'université Cornell mais arrêta à la fin de sa deuxième année pour rejoindre l'US Navy. Il retourna à Cornell en 1957 pour suivre des études de lettres et commença à publier au début des années 60.Il est l?auteur de sept livres, tous traduits en français et publiés dans la collection « Fiction & Cie », au Seuil : V et L?Homme qui apprenait lentement ( 1985); Vente à la criée du lot 49 (1986); L?Arc-en-ciel de la gravité (1988), Vineland (1991), Mason & Dixon (2001) et Contre-jour en 2008.Un entretien avec Nicolas Richard, traducteur de Vice cachéEn librairie le 2 septembre








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