> Jean-Pierre Pugi (Traducteur)

ISBN : 2290324914
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Plusieurs fois lauréate du prix Locus et du prix Hugo, Connie Willis a reçu en 1999 les deux récompenses pour ce roman. Elle reprend le thème du voyage dans le temps, qui avait déjà fait son succès dans Le Grand Livre et Aux confins de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 06 mars 2012

    Walktapus
    Sans parler du chien est une comédie d'abord, un livre écrit sur un ton léger, avec un personnage au regard candide évoluant dans une série de situations comiques, entouré d'une galerie de portraits hauts en couleur qui n'exclut pas les animaux à forte personnalité. Une série de "sketches" souvent hilarants qui exploitent à fond les caractéristiques de la société bourgeoise victorienne, y compris le spiritisme et le croquet. Mais, si le gros du roman se déroule en 1888, on passe aussi à Coventry en 1940 sous les bombes, et en 2057, date d'origine du narrateur.
    Car c'est une histoire de voyages temporels, et une enquête tortueuse dont les morceaux se mettent progressivement en place et ne se résolvent complètement qu'à la fin de l'ouvrage. Sauf qu'il ne s'agit pas ici d'élucider un meurtre mais de retrouver un vase hideux à l'importance mystérieuse. le côté SF semble à première vue un peu prétexte, ce qui risque de décevoir ceux qui s'attendent à de la SF plus classique, mais pourra du coup plaire à ceux qu'elle rebuterait. La problématique temporelle au centre de l'intrigue est assez convenue et ne m'a pas vraiment rempli d'excitation, mais elle est exposée par touches homéopathiques au gré des allers et retours temporels et des propos d'un professeur excentrique.
    L'hommage à Trois hommes dans un bateau, dont on on croise même brièvement l'auteur sur la Tamise, n'est que la principale des nombreuses références littéraires qui apparaissant à plusieurs niveaux tout au long du livre, d'Hercule Poirot à Jeeves ou Alice, en passant par une myriade d'amants malheureux.
    Au final c'est un cocktail étonnant que j'ai trouvé très savoureux. Un exercice complexe qui donne une impression de simplicité de par la manière dont il est traité. Je ne lui ai trouvé qu'un seul vrai défaut : celui du rythme qui est très lent.
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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 juin 2010

    LiliGalipette
    Roman de Connie Willis.
    En 2057, les voyages temporels sont chose courante. Sous la direction du professeur Dunworthy, une équipe d'historiens effectuent des sauts dans le passé à des fins documentaires. Pour l'historien Ned Henry, ces voyages sont loin d'être une science exacte. Il effectue de nombreux et infructueux voyages en 1940 pour réunir des informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid de la Luftwaffe. Il doit en particulier retrouver la potiche de l'évêque, hideux ornement liturgique. L'accumulation de voyages entraîne un déphasage temporel important. Ned, épuisé et confus, est sommé de prendre du repos en 1887. Cette incursion dans l'ère victorienne est loin d'être une sinécure. Ned, aidé par Vérité Kindle, une autre voyageuse temporelle, doit rétablir le continuum espace-temps en provoquant la rencontre d'une jeune fille avec son futur époux et en empêchant un chat de se noyer. "Un simple animal pourrait-il affecter le cours de l'histoire?" (p. 171) Il semblerait que oui, et les deux historiens ont fort à faire pour enrayer la destruction de l'univers.
    Je rencontre toujours des difficultés infinies pour comprendre les romans dans lesquels le continuum espace-temps est un personnage à part entière. Tout n'est qu'hypothèse, conditionnel et suppostion. Qui parle de voyage temporel met forcément les pieds dans le plat de la physique quantique et de ses innombrables champs de possibilités. Loin, bien loin, d'être physicienne ou habile en gymnastique temporelle, je me suis accrochée comme j'ai pu aux pages de cet ouvrage néanmoins loufoque et amusant.
    Une partie de canotage sur la Tamise permet aux personnages de rencontrer Jerome K. Jerome lors du voyage qui a nourri son texte Trois hommes dans un bateau (Sans parler du chien). le sens du titre du roman de Connie Willis est ainsi patent, et le lecteur comprend quelles sont les sources et les influences de l'auteure. L'Hercule Poirot d'Agatha Christie, l'Alice de Lewis Carroll, le Sherlock holmes d'Arthur Conan Doyle et Lady Godiva sont autant de références qui donnent au texte des résonnances comiques et littéraires.
    L'époque victorienne est largement décrite pour être moquée. L'engouement macabre et irréfléchi pour les spectres et les séances de spiritisme, les kermesses paroissiales pétries de charité mal ordonnée et les relations entre maîtres et domestiques sont autant de sujets qui prêtent à sourire. Les personnages venus du futur ont en outre beaucoup à faire pour respecter l'étiquette et éviter les anachronismes, ce qui donne des situations comico-tragiques du meilleur effet.
    Comme l'indique le titre, les animaux sont au coeur du récit. On rencontre le bouledogue Cyril, la chatte Princesse Arjumand, des ryunkins nacrés, des cygnes belliqueux et des pigeons revanchards. Et à en croire les manuels scolaires, il est évident que la gente animale est essentielle au bon déroulement de la grande Histoire, les oies du Capitole se posant en exemple irréfutable.
    Connie Willis offre une uchronie drôle et tortueuse. Les amateurs du genre devraient y trouver leur compte. À ceux qui, comme moi, se perdent facilement dans les méandres de l'Histoire revisitée, je souhaite bonne chance.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/06/22/18109942.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 09 août 2011

    Folfaerie
    Sans parler du chien est un bel hommage, délirant et loufoque, à la littérature du XIXème siècle, en même temps qu'une formidable histoire originale de voyage dans le temps, pleine d'humour, où fourmillent les intrigues et les retournements de situation.
    Dans un futur proche, des historiens sont envoyés dans le temps pour récolter des informations. L'une de ces équipes, financée par l'irascible et autoritaire Lady Schrapnell, doit retrouver la potiche de l'évêque, objet hideux censé se trouver dans la cathédrale de Coventry durant la seconde guerre mondiale (Coventry a en effet été la cible d'un bombardement massif par l'aviation nazie en novembre 1940).
    Ned Henry, l'un des historiens chargé de cette enquête, se retrouve propulsé à l'ère victorienne, à la suite d'une bourde commise par une de ses collègues, la belle Verity, qui a ramené un chat !
    C'est ainsi que Ned et Verity devront réparer cette erreur, le sauvetage du chat (espèce d'ailleurs disparue au XXième siècle) ayant entraîné un chamboulement du continuum spatio-temporel, lequel pourrait changer la face du monde.
    Nos deux historiens devront démêler des intrigues amoureuses, empêcher ou favoriser des incidents et s'adapter à leur nouveau milieu. Une tâche ardue pour Ned totalement déphasé (c'est le risque lorsqu'on effectue plusieurs sauts dans le temps !) qui doit se dépêtrer de certaines situations provoquées par ses maladresses ou son ignorance des us et coutumes de l'ère Victorienne. Avec lui, le lecteur fera connaissance avec la famille Mering, désopilante, dont la mère est adepte du spiritisme et la fille, Tossie, superficielle et très jolie fait des ravages, avec le poète amoureux Terence et son bouledogue si attachant, Cyril, avec la princesse Arjumand, délicieuse chatte qui cause tous ces tracas, le professeur Peddick, aussi excentrique et distrait que l'on pourrait imaginer et une foule d'autres personnages secondaires, tout aussi savoureux. Les réflexions de Ned sur cette période sont de plus très drôles, Connie Willis est une anti-Jane Austen...
    Mon seul bémol concerne les explications relatives aux incongruités, que j'ai trouvé fort nébuleuses. Difficile de suivre la gymnastique intellectuelle de nos héros qui s'interrogent à propos des auto-corrections du Continuum, des portes bloquées, des décalages et toutes choses pouvant affecter le déroulement de la seconde guerre mondiale... Néanmoins, les intrigues et conséquences découlant de la disparition de la potiche de l'évêque sont suffisamment réjouissantes pour gommer cette impression de confusion.
    Bref, une lecture jubilatoire qui m'a permis de faire connaissance avec une écrivain dont je ne vais pas tarder à explorer toute l'oeuvre et qui, surtout, m'a donné envie de me plonger dans deux classiques : Trois hommes dans un bateau de Jérome K Jérome et Wodehouse dont les récits (Jeeves) sont sortis en 2 volumes chez Omnibus.

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-sans-parler-du-..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par julien_le_naufrage, le 17 septembre 2010

    julien_le_naufrage
    Débutant de manière déroutante et rocambolesque l'aventure de notre malheureux héros commence par un déphasage accentué. Maladie aiguë faisant suite à des sauts successifs et trop réguliers dans le temps. Bah oui Ned Henry est un historien, mais également un voyageur temporel. On y est! Encore un cliché de la SF : le voyage temporel. Mais c'est cela qui est bien dans la SF, c'est d'abusé des clichés pour les déjouer et jouer avec. Et en cela Connie Willis a une main de maîtresse. Jouant le vaudeville avec maîtrise, ciselant les dialogues pour en faire un jeux de dingues aux rebondissements cocasses.
    L'auteur sait y faire, dévoilant ici et là des informations que l'on juge utile quelques chapitres plus loin. Déroutant le paradoxe temporel sur un ton burlesque, il n'en reste pas moins que ce livre transpire d'intelligence. Ici et là on se ramasse des informations historiques pour appuyer et jouer avec le temps. Mais plutôt que de nous prendre, soit pour des idiots, soit pour des fins connaisseurs, Connie Willis redonne à chaque fois toutes les informations nécessaires et minutieusement documentées. Nul besoin d'être historien ou grand fan de SF à voyage temporel pour s'y retrouver.
    Vous ais-je déjà dit que tout se passait en Angleterre? Époque victorienne. principalement Pas le genre d'espace temporel que je connais bien, et donc pas toujours évident d'y coller de belles images mentales. Néanmoins la sauce prend et l'imaginaire fait le reste. Car sans alourdir son texte de multiples descriptions encombrantes, Connie Willis nous offre un texte essentiellement en dialogues et réflexions. Développement intéressant et qui donne l'impression de voir une pièce de théâtre à l'humour pince-sans-rire qui n'est pas sans rappeler un humour so British. Et pourtant, notre auteure n'est rien moins qu'Américaine, et du Colorado pour être précis. Comme quoi...
    "Sans parler du chien" est un ouvrage marrant et érudit. Distrayant et déroutant, car parfois on s'y perd autant qu'on s'y amuse. Un ouvrage à conseiller donc, même si pour moi l'humour en littérature ne marche pas toujours (surtout s'il est un peu British), il n'en reste pas moins un bon bouquin plein de références et comparaisons. Faudra-t-il un jour que je lise "Trois hommes dans un bateau (Sans parler du chien)" de Jerome K. Jerome pour voir toutes les références faites en hommage à ce livre par Connie Willis? En tout cas, je pense que "Sans parler du chien" est un livre qui même en seconde lecture peut faire découvrir (ou comprendre?) des choses non observées la première fois.


    Lien : http://naufragesvolontaires.blogspot.com/2010/08/sans-parler-du-chie..
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    • Livres 5.00/5
    Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    Azzyraphale
    Ned Henry est historien. Il passe le plus clair de son temps à faire des voyages dans le temps, comme quoi le métier d'historien est un métier à risque : trop de sauts temporels peuvent vous déphaser : vous ne savez plus qui vous êtes, ce que vous étiez censé faire, d'où vous venez et pire encore de quand vous venez.
    Lady Shrapnell, une riche femme d'affaires hyper-maniaque, a pour projet de reconstruire la cathédrale de Coventry telle qu'elle était avant d'être détruite par un bombardement allemand. Elle emploie donc une armada d'historiens qui font d'incessants sauts temporels à Coventry pour que chaque détail de l'ancienne cathédrale soit consigné.
    C'est dans le cadre de cette mission que Ned est envoyé à Coventry juste après le bombardement pour retrouver la potiche de l'évèque. Déjà il ne sait pas à quoi ça ressemble, et il ne la trouve pas dans les décombres. Il retourne au XXième siècle, passablement déphasé, mais on le renvoie immédiatement en 1888 pour réparer une incongruité causé par une de ses collègues : Verity Kinkle, qui a sauvé un chat de la noyade, mettant tout simplement en péril le fameux continuum de l'espace-temps.
    Ned arrive en 1888 totalement déphasé, il ne sait plus pourquoi il est là, ce qui ne fait qu'empirer les choses. Comme dans toute bonne histoire de voyage dans le temps il compte bien tomber sur le journal avec la date du jour. En effet il trouve bien un journal, mais qui date de bien plus longtemps que la date réelle.
    Le chat est donc toujours sauvé de la noyade et se porte très bien, sa maîtresse – la parfaite petite bourgeoise simplette – ne le perd donc pas, et du coup ne fait pas la connaissance de son futur époux en partant à la recherche du félin. Il faut savoir que l'enfant qu'elle aurait du avoir avec son mari aurait engendré un pilote de la Royal Air Force, et son absence risque fort de changer l'issue de la seconde guerre mondiale.
    Comme c'était trop facile, elle est tombée amoureuse d'un autre homme…
    Ned et Verity vont devoir jouer avec les quiproquos invraisemblables pour rétablir le continuum et accessoirement, retrouver la potiche de l'évêque.
    « Sans parler du chien » est à l'origine le sous titre de « Trois Hommes dans un Bateau » de Jerome K. Jerome, un des romans parodiés ici par Connie Willis, grande admiratrice de la littérature victorienne. le comique de situation et les quiproquos ne manquent pas, et on se prend au jeu du vaudeville à la Marivaux sur une toile de fond de science-fiction. Il y a les règles des rapports maîtres esclaves, le rocambolesque, l'étiquette et les embrouilles sentimentales…mais ça marche ! le mélange des genres est assez osé, mais réussi ! Connie Willis sait planter le décor, et on évolue dans cette vieille Angleterre en étant aussi déphasé que Ned, mais au final on fini par s'y sentir chez nous, les (nombreux) personnages ont tous leur personnalité propre ce qui fait que même s'il ne se passe rien pendant certains passages, on ne s'ennuie pas une seconde. Et, cerise sur le gâteau, le suspens est là, même si on ne sait pas plus que les protagonistes quel est le but de cette histoire…
    A noter que « Sans parler du chien » a reçu les prix Locus et Hugo en 1999…

    Lien : http://www.bibliazzy.com/sans-parler-du-chien-connie-willis/
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Citations et extraits

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  • Par hootyowl, le 17 mars 2011

    L'adrénaline est une drogue dont l'efficacité n'est plus à démontrer. Elle galvanise et pousse à l'action et on sait qu'elle a permis à certains d'accomplir des exploits qui dépassaient leurs forces. Je saisis la sacoche, la bourriche, la valise, le sac américain, celui en toile, les cartons et mon canotier. Je descendis le tout au bas du talus avant que la colonne de fumée noire ne fût sortie du bois. Il ne restait plus qu'à récupérer le panier d'osier qui avait atterri sur le rail opposé. Toujours dopé à l'adrénaline, je pus bondir, le ramasser et faire un roulé-boulé sur la pente à l'instant où le convoi passait avec fracas.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Walktapus, le 25 février 2012

    Mais c'était ma faute. J'avais laissé la chatte s'échapper et elle était sans doute en route pour Londres ce matin, pour rencontrer Gladstone et provoquer la chute de Mafeking.
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