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ISBN : 2818016924
Éditeur : P.O.L. (2012)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le narrateur a été l'un des premiers médecins, dans un pays européen non précisé, à assister les personnes qui demandaient à mourir – clandestinement d'abord, puis plus ouvertement, à mesure qu'une certaine tolérance s'installait et que les lois s'adaptaient à la situat... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 25 décembre 2012

    Marple
    Comme dans 'Le chœur des femmes', Martin Winckler évoque une question de médecine qui va bien au-delà de la médecine... Cette fois-ci, c'est de la fin de vie qu'il s'agit, et plus précisément de la liberté que les malades devraient avoir de choisir quand et comment ils souhaitent mourir. Si la conviction de l'auteur est évidente, ce livre n'est absolument pas un essai, mais bien une histoire, ou plutôt des histoires, entremêlées et liées, belles et fortes.
    J'ai beaucoup aimé l'histoire principale, celle d'Emmanuel, avec sa fin totalement improbable mais qui sonne juste malgré tout... Celle de Louise aussi, et l'homme au cœur brisé... Tous ces morceaux de vie, tragiques mais magiques, parce que remplis d'amour et de paix. Comme nos vies à nous, en somme...
    Persuadée depuis longtemps que la dernière liberté d'un être humain en souffrance doit être de pouvoir dire 'stop' et partir dignement, je n'ai lu aucune révélation ou thèse révolutionnaire ici, mais j'ai été sensible à l'humanité (voire l'humanisme) du livre et à son message apaisant. le style pur et sobre sert admirablement le récit, sans rajouter de sentiments dégoulinants...
    La seule chose qui m'a chiffonnée, c'est que les mourants se confient à ce quasi-inconnu et partent loin de leurs proches. C'est probablement un reflet de la réalité, tant il est difficile de dire une vérité honteuse ou dure à ceux qu'on aime. Mais je m'égare dans des considérations éloignées de l'objet de cette critique...
    Disons simplement pour conclure que ce roman fait alternativement sourire, pleurer et réfléchir, comme souvent les livres de Martin Winckler. Je vous le recommande donc.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 16 octobre 2012

    Sando
    Un jeune homme est appelé au chevet d'un ancien médecin, atteint d'un cancer en phase terminale, afin de l'accompagner dans la mort. Il va alors recueillir les dernières confessions de cet homme au destin étonnant, qui toute sa vie a œuvré pour accomplir les dernières volontés des mourants. Il nous raconte ainsi l'époque où l'euthanasie était un délit grave et où sa pratique se faisait clandestinement par des médecins désireux d'épargner des souffrances inutiles à des patients déterminés. Il partage avec nous des bouts de vies, la sienne mais aussi celle des autres. Il nous raconte ses débuts comme accompagnant, les règles à respecter, la prise de contact avec les malades, les visites et les heures d'écoute. Il nous décrit la mort des malades, toujours sereine et apaisée car choisie et mûrement réfléchie. Il nous raconte son expérience avec André, son mentor, le premier à avoir fait appel à lui, celui par qui tout commence. Des confessions bouleversantes qui nous plongent au cœur de l'âme humaine…
    Dans son nouveau roman, Martin Winckler s'attaque au sujet difficile de l'euthanasie. La question ici n'est pas de savoir si c'est bien ou mal et le débat n'a pas lieu d'être puisque l'on est en présence de cas où le patient sait qu'il est condamné par la maladie et choisit de mourir dans la dignité, afin d'éviter la souffrance, pour lui-même et pour ses proches. le narrateur, lui, n'est là que pour soulager son prochain de sa douleur et pour l'accompagner dans ses derniers instants. Humaniste et non bourreau, il sert de réceptacle aux dernières confidences et permet aux mourants de partir en paix. L'écriture est limpide, chargée en émotions et d'une force telle qu'elle bouleverse le lecteur et ne peut le laisser insensible face à la fragilité de la vie. Les chapitres sont courts et se dévorent jusqu'à nous réserver un final des plus surprenant…
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    • Livres 4.00/5
    Par bibliomanu, le 18 décembre 2012

    bibliomanu
    Coïncidence. Rien qu'une coïncidence mais c'est tout de même... surprenant. Ces derniers temps, il est rare que je lâche le polar ou la SF pour des ouvrages de littérature générale, et encore moins de littérature générale française. Néanmoins, il y a quelques semaines, j'ai lu l'avis très élogieux de Morgane concernant le dernier livre de Martin Winckler, En souvenir d'André. Hormis le Chœur des femmes, j'avais apprécié tous les romans appartenant à la veine médicale de l'auteur parus chez POL, et je ne manque jamais de m'intéresser à chaque parution s'y inscrivant (les polars que le monsieur a écrit m'ont bizarrement beaucoup moins intéressés).
    Pourquoi coïncidence, donc ? J'ai commencé le livre hier soir dans un cabinet médical – n'allez pas croire que j'aie pu déceler une coïncidence dans ce simple état de fait, mes perfides et chers collègues vous diraient que je passe mon temps chez les médecins – pour le terminer aujourd'hui, date à laquelle le professeur Sicard a remis à François Hollande son rapport sur la question de la fin de vie.
    La fin de vie. le suicide médicalement assisté, c'est là le thème central abordé de manière sensible et juste dans En souvenir d'André.
    Dans un futur proche, l'aide médicale au suicide a été légalisée. Emmanuel, ancien médecin à l'Unité de la douleur, est atteint d'un cancer et reçoit chez lui la visite d'un volontaire chargé de l'accompagner dans ses derniers instants. A cette occasion, il raconte ses souvenirs, remonte aux sources de son parcours, des circonstances qui l'ont amené à aider les gens à mettre fin à leur jour, quand cela n'était pas encore autorisé.
    Il l'a fait une première fois. Puis une autre, En souvenir d'André. Puis plein d'autres fois encore. Il restait présent. D'abord pour soulager la douleur, ensuite, parce que c'était indissociable, pour écouter et absorber les histoires des uns et des autres.
    En souvenir d'André est un roman qui mérite d'être lu à voix haute. Martin Winckler a usé ici d'une sobriété stylistique qui restitue d'une façon assez remarquable la fragilité des êtres qui le peuplent. Emmanuel s'en fait le témoin grâce à sa mémoire exceptionnelle. C'est par lui que transitent toutes leurs histoires, qu'elles nous parviennent avec émotion. Point de pathos pour autant. La réalité, dans cette fiction, n'est pas loin, on le sait. Elle n'a pas besoin d'artifices pour s'exprimer dans sa plus absolue sincérité. A cet effet, Martin Winckler revient donc sur l'importance de l'écoute du patient, la considération à apporter à la souffrance et à la nécessité de l'atténuer, sans oublier l'évolution de la société, une société qui gagnerait à être plus progressiste, ne serait-ce que pour se recentrer, en ce qui concerne la fin de vie, sur le respect dû aux personnes et à leur dignité. Vaste débat qui n'a bien sûr pas fini de faire couler de l'encre...
    Au-delà du roman, car il serait tout à fait regrettable de passer outre cette dimension, il y a fort à parier que ce livre parlera à beaucoup de monde. Pas seulement parce qu'il traite de la mort, celle des autres tout comme la nôtre, pas seulement non plus parce qu'il s'ancre dans un débat de société, mais surtout parce qu'il peut nous renvoyer à notre propre histoire. Parfois à travers de petits riens, l'évocation d'un détail, d'une odeur, d'une situation... Des fragrances de souvenirs qui, au final, rendent ce roman bouleversant.

    Lien : http://www.bibliomanu.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par som, le 10 novembre 2012

    som
    Si on connait tant soit peu la vie et les convictions de Martin Winckler, on serait vite tenté de qualifier ce livre d'autobiographique. Il s'agit pourtant bien d'un roman, comme l'atteste la couverture et le procédé littéraire utilisé, moins son sujet : le suicide assisté.
    Autant le dire « En souvenir d'André » est le mot de passe utilisé par des personnes pour contacter Daniel puis Emmanuel, tous deux médecins, non pas militants forcenés de l'euthanasie mais des soignants impliqués dans le droit de chacun à choisir sa mort.
    Le roman s'ouvre par le cri d'un fils, pourtant docteur, face à la douleur de son père agonisant sur un lit d'hôpital et s'achève sur un poème d'amour d'un père à son fils inconnu.
    Entre ces deux scènes, 196 pages tenues et fortes nous racontent des malades réduits à la condition d'objet à réparer, les combats menés pour aboutir à une prise en charge de la souffrance des malades et les euthanasies clandestines.
    Martin Winckler veut nous bousculer, nous secouer. Il a bien raison et il le fait avec style. Ecrit de façon très cinématographique, on part d'un cas particulier pour embrasser le général, avant de se reconcentrer sur l'ultra-intime. L'auteur n'hésite pas à jouer brillamment sur plusieurs modes de narration et de registres de langages pour mieux enfoncer son clou sur un rythme étourdissant. le lecteur est alors balloté au gré du sac et ressac du cheminement personnel de ses protagonistes qui vacillent parfois entre confusion et peur.
    Mais, au-delà du débat de fonds dont notre société devra inévitablement s'emparer, il est surtout question dans ce roman de l'importance d'un accompagnement bienveillant, de mettre sa vie en ordre avant de partir, de transmissions, de récits de vies, de respect et enfin d'apaisement. Un roman puissant, intense comme le battement d'un cœur dans une poitrine.
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    • Livres 4.00/5
    Par nastie92, le 05 mai 2013

    nastie92
    Dans ce livre, Martin Winckler nous invite une fois de plus à réfléchir sur un thème médical.
    Et le sujet de ce nouveau roman ne peut pas laisser indifférent puisqu'il nous concerne tous : la fin de vie.
    Pour celui qui meurt brutalement, pas de problème si j'ose dire. Pas plus que pour celui qui s'éteint tout doucement, sans souffrances.
    Mais pour les autres, pour ceux qui sont atteints d'un mal incurable, qui souffrent, qui deviennent handicapés et qui trouvent que leur vie n'en est plus une ?
    "En souvenir d'André" ne prétend pas apporter de réponse à LA question (faut-il être pour ou contre l'euthanasie, et dans quelles circonstances faut-il accéder à la demande d'un patient en fin de vie ?). Mais l'auteur nous invite à travers ses personnages à réfléchir nous-mêmes sur ce problème auquel nous ou des proches seront peut-être confrontés un jour. Et dans ce domaine, je trouve qu'une réflexion "en amont" est toujours bonne, comme ce qui concerne le don d'organe par exemple : on prend une meilleure décision, et plus sereinement, si l'on s'y est préparé.
    Un petit bémol : j'ai trouvé la fin du livre un peu tirée par les cheveux, un peu artificielle, mais cela n'enlève rien à l'intérêt général.
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Critiques presse (3)


  • Cyberpresse , le 04 janvier 2013
    Winckler le reconnait, c'est le premier de ses romans qui n'est pas fondé essentiellement sur son expérience personnelle. C'est peut-être ce qui fait d'En souvenir d'André un roman moins incarné, moins « engageant » et vibrant que ses précédents. Mais un roman tout aussi pertinent .
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Lexpress , le 30 octobre 2012
    Sur un sujet risqué, Martin Winckler réussit un roman d'initiation d'une grande force, édifiant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 10 octobre 2012
    Roman à énigme, avec révélation finale, [ce] livre est aussi et surtout un plaidoyer, une oeuvre pleine de larmes et de colère qui abandonne la dimension polyphonique du "Choeur des femmes" pour préférer le ton du mémorialiste.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par nastie92, le 05 mai 2013

    Beaucoup avaient des douleurs qui n'avaient jamais été étiquetées, jamais identifiées. Leurs médecins n'y pouvaient rien et leur avaient dit parfois que c'était dans la tête.
    On ne leur avait pas appris que dans la tête, il y a le cerveau ; que la douleur, le cerveau la perçoit et, parfois, la produit. Quand les gens disent qu'ils ont mal, ils ont mal. Dire que c'est "dans leur tête", c'est dire : "Vous avez mal parce que vous avez mal."
    Autant leur donner un coup de marteau.
    J'ai appris à manier les antalgiques mineurs et la morphine. Les opioïdes synthétiques. Les anesthésiques locaux et généraux. Les neuroleptiques, les antidépresseurs, les myorelaxants et les alpha-adrénergiques. Les blocs plexiques et les neurolyses. Les péridurales.
    J'ai appris à analyser les douleurs chroniques ; à identifier l'origine des douleurs projetées ; à apprivoiser les douleurs fantômes.
    J'ai appris à employer le placebo, la relaxation, l'hypnose, les gestes, la parole.
    Les gestes qui atténuent l'angoisse.
    La parole qui, sans donner de faux espoirs, aide à s'ancrer dans la réalité.
    J'ai appris à apaiser la douleur des autres.
    Pas trop : sans les endormir, sans les empêcher de se sentir vivants.
    Mais en les aidant à ne plus ressentir ces cris des profondeurs qui éventrent ou arrachent.
    À ne plus être dans la douleur totale, qui empêche de ressentir quoi que ce soit d'autre. Qui empêche de penser. De sourire. D'être présent au monde.
    J'ai beaucoup travaillé. Bien, je crois.
    Mais ça ne me suffisait pas.
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  • Par som, le 10 novembre 2012

    C'est ce qu'on ressent lorsqu'on passe toutes ses journée sans personne à qui parler, sans personne qui s'approche et se penche et met ses bras autour de vos épaules pendant que vous lisez assis dans un canapé, sans une main à effleurer lorsqu'elle ne fait que passer, sans un sourire à donner ou à saisir.
    L'absence de l'autre est un enfer aussi.

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  • Par Lyjazz, le 24 février 2013

    Son angoisse était plus intense que jamais […] deux jours plus tard j’ai appris que Richard s’était pendu dans son appartement.
    [..] tous ceux que j’ai assistés disposaient d’autres moyens pour parvenir à leur fin […] Mais ils m’avaient appelé pour atténuer la violence de leur décision sur les autres. Et pour éviter que les autres ne s’opposent violemment à elle […] Richard voulait faire violence. A qui ? Je l’ignore. En l’assistant ce soir-là, je n’aurais fait que m’en rendre complice. Mais je regrettais de n’avoir pas su déceler plus tôt ce qui le minait.
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  • Par Crumpet, le 11 avril 2013

    Si tant de médecins sont aussi impitoyables avec celles et ceux qui bouffent ou fument, ou s’injectent des drogues, ou baisent comme des fous ou veulent mettre fin à leur vie pour surmonter l’angoisse de vivre, c’est parce qu’ils sont incapables d’atténuer cette angoisse en eux-mêmes : ils savent qu’elle sera toujours là. Page 59

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  • Par maylibel, le 17 novembre 2012

    [N]ous n’avons que ça, finalement. Des histoires. Pour nous aider à vivre, pour nous préparer à mourir.
    Pour nous rappeler en temps de peine qu’il y a eu parfois de l’amour dans nos vies.
    (p. 184)

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La grande librairie 22/11/2012 sur France 5, François Busnel reçoit Martin Winckler pour En souvenir d'André (P.O.L)








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