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Nous sommes tous des patients de
Martin Winckler
Je fais toujours mon possible pour dédramatiser, car dédramatiser, c'est déjà soigner.
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Nous sommes tous des patients de
Martin Winckler
Si j'ai appris une chose au contact des patients et des autres médecins, c'est que beaucoup de gens viennent consulter un médecin avec un prétexte. Ce prétexte n'est jamais un mensonge ou une illusion, c'est un motif qui leur paraît valable pour aller consulter sans "déranger" ou paraître idiot. Mais leur raison véritable peut être tout à fait autre chose - une interrogation difficile à énoncer, même pour soi.
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Nous sommes tous des patients de
Martin Winckler
La France est l'un des plus gros consommateurs de médicaments au monde pour une raison simple : une formation hospitalo-universitaire inadaptée et désuète livre les médecins pieds et poings liés à l'industrie pharmaceutique qui les incite à prescrire beaucoup plus qu'ils ne le devraient.
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Par ChezLo, le 13/11/2010
Les Trois Médecins de
Martin Winckler
Comment leur dire qu'on apprend à soigner en étant soi-même parce que tout est là, dans mon corps fait pour jouir et pour souffrir, semblable au corps de l'autre, et c'est là seul que nous pouvons puiser pour comprendre ce que nous faison ici, bordel ! Parce que ton corps, mon autre, m'est toujours étranger même si je me perds dedans, et c'est dans le mien - et dans le mien seulement - que je sens, que je sais si tu souffres, si tu jouis, si je te soigne ou si je te martyrise !
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La Maladie de Sachs de
Martin Winckler
3. UNE CONSULTATION
- Eh bien, je ne sais pas par où commencer...
Tu hoches la tête, Mmmhh. Tu pivotes vers les étagères, tu fouilles dans une des boîtes grises. Tu en sors une enveloppe brune. Tandis que je t'explique le motif de ma venue, tu sors de l'enveloppe un bristol quadrillé au format carte postale et tu le poses sur le plateau de bois peint ; tu tires un stylo plume noir de la poche de poitrine de ta blouse, tu dévisses le capuchon, tu l'ajustes sur le corps du stylo, tu tires un trait sur le bristol, tu marques la date près du bord gauche.
- Eh bien, voilà...
Penché sur le bristol quadrillé, tu écris.
*
Quand tu écris, tu te tiens voûté au-dessus du plateau de bois peint. Derrière toi, à travers les rideaux de voile jaunissants et les feuilles de plastique opaque mais translucide qui recouvrent les vitres, la grande fenêtre déverse une vive clarté. Sans lâcher ton stylo, tu tournes la tête vers moi. Les verres de tes lunettes sont légèrement teintés, je ne sais si tu regardes ma bouche ou mes yeux. De temps à autre, tu baisses les yeux vers le bristol quadrillé et tu traces quelques mots. Tu interromps parfois mon récit pour poser des questions :
- Quand est-ce que ça a commencé ? C'était la première fois ? Tous les jours ? Pendant ou entre les repas ? Y a-t-il des jours où vous ne sentez plus rien ? Et la nuit ? Et aujourd'hui, par exemple ? Est-ce que vous avez pris quelque chose contre la douleur ?
Tu commentes mes réponses d'un Mmmhh, ou d'un Je vois. Tu écris sur le bristol quadrillé, tu hoches la tête, Oui, ce doit être très pénible... Finalement, tu reposes le stylo.
Tu tournes le dos au plateau de bois peint et tu désignes le lit bas placé à deux mètres de nous, contre la cloison qui sépare le cabinet médical de la salle d'attente.
- Eh bien nous allons voir ça. Je vais vous demander de vous déshabiller et de vous allonger, si vous le voulez bien.
*
Pendant que j'enlève mes chaussures, tu traverses la pièce. De
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La Maladie de Sachs de
Martin Winckler
« Pourquoi venez-vous me voir ce soir ? […]
Parce que je n’ai que trente ans mais j’ai déjà mal partout.
Parce que j’ai déjà quarante ans et je commence à m’inquiéter.
Parce que j’ai passé la cinquantaine et il serait temps.
Parce que j’ai presque soixante ans et je voudrais que ça continue.
Parce que j’ai soixante-dix ans passés et que mon fils se fait du souci.
Parce que j’ai bientôt quatre-vingts ans et je veux mourir chez moi.
Parce que j’ai quatre-vingt dix ans et vous savez, j’en ai marre de vivre. »
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Par cicou45, le 29/09/2011
Le choeur des femmes de
Martin Winckler
"Celui qui ne cherche pas la vérité est lâche ou imbécile [...]
Mais celui qui tait sciemment la vérité est un criminel."
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Par cicou45, le 26/09/2011
Le choeur des femmes de
Martin Winckler
"_Les livres de médecine ne parlent pas des douleurs provoquées par les gestes des médecins. Et beaucoup de médecins pensent que si c'est pour le bien des patientes, la douleur est justifiée. Aucune douleur n'est justifiée. Jamais."
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Par Spilett, le 07/09/2010
La Maladie de Sachs de
Martin Winckler
J’ai vu passer des milliers de personnes, mais en cet instant même, je ne pourrais spontanément en évoquer qu’une douzaine […]… Alors, je crois qu’écrire, pour un médecin comme pour n’importe qui, c’est prendre la mesure de ce qu’on ne se rappelle pas, de ce qu’on ne retient pas. Écrire, c’est tenter de boucher les trous du réel évanescent avec des bouts de ficelle, faire des nœuds dans des voiles transparents en sachant que ça se déchirera ailleurs. Écrire, ça se fait contre la mémoire et non pas avec. Écrire, c’est mesurer la perte.
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Par hopla33, le 31/08/2010
Le choeur des femmes de
Martin Winckler
Quand on pose des questions,
on n'obtient que des réponses.