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Critiques sur Mrs Dalloway (117)
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MlleLit
MlleLit05 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Un roman magistral, à lire et relire pour tenter d'en saisir toutes les subtilités. En effet, ce roman est construit à deux niveaux : autant l'on peut le lire en ne se concentrant que sur l'apparence, le premier degré, très classique voire ennuyeux à lui seul, autant l'on peut se laisser porter par les pépites découvertes au détour de cette apparence bien entendue.
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chartel
chartel07 mars 2011
  • Livres 4.00/5
Ce premier succès de Virginia Woolf, "Mrs Dalloway", écrit dans les années 1920, est digne des grandes oeuvres de Proust ou Joyce. C'est de la grande littérature, un vrai travail d'artiste.

Ma deuxième lecture de "Mrs Dalloway" en moins d'un an a changé ma perception du roman. Non pas radicalement, car j'y ai retrouvé ce tableau original et remarquable de la vie des beaux quartiers londoniens. Mais, entre-temps, "Ulysse" de Joyce est passé par là. Ma sensibilité à la notion du point de vue de la narration s'est donc particulièrement accrue, notamment dans l'utilisation des monologues intérieurs présents dans le roman. Virginia Woolf fait se succéder avec maestria les pensées de divers personnages, rendant sensible alors une sorte de mouvement vital, une pulsation urbaine et sociale, ponctués par les résonances de Big Ben. Virginia Woolf parvient à retranscrire, par l'expression intérieure des individus, leur capacité à se projeter dans ce qui leur est extérieur. C'est-à-dire le sentiment de se sentir vivre à travers ce qui nous entoure.
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zohar
zohar28 février 2011
  • Livres 4.00/5
Après avoir lu ce magnifique roman, il y a quelques années; et, relu récemment. Je pense, personnellement, que Virginia Woolf fait partie de ces auteurs qu'il est essentiel d'avoir lus (tout comme Jorge Luis Borges ! Mais là n'est pas le propos…)

La romancière possède le don et l'art de parler de soi sans s'épancher dans la logorrhée (la force de son écriture de l'intime vient de ce paradoxe). Et ce roman est l'exemple le plus frappant ! Il met en parallèle deux personnages principaux, Clarissa Dalloway et Septimus, qui sont en perditions dans les méandres de leurs regrets. Ils éprouvent le même désarroi devant la vacuité de leur existence et le vide de leur vie.
La fêlure de l'âme, et l'angoisse du suicide sont les thèmes principaux de ce roman.
Par extension, « Mrs Dalloway » est un autoportrait à double fond dans lequel on peut guetter, par ailleurs, les signes annonciateurs de sa noyade délibérée !).

L'originalité du roman est qu'il s'intéresse davantage aux flux de consciences intérieures, tant psychologiques qu'émotifs de ses personnages, qu'à l'intrigue (la narration est morcelée et la chronologie n'est pas du tout linéaire). Autrement dit, nous vivons les évènements à travers leurs pensées et impressions.
Cette technique d'écriture avant-gardiste, le procédé du monologue intérieur, a suscité une vive admiration de la part de Nathalie Sarraute qui fut la figure de proue du mouvement littéraire, le Nouveau Roman, dans les années 1950.
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cleopacotille
cleopacotille06 février 2011
  • Livres 5.00/5
Virginia Woolf s'amuse à tisser des liens invisibles entre les êtres et les vies grâce à une écriture du mouvement, une mélodie des mots. Il peut-être un peu difficile de s'adapter à ce style, ce rythme, à cette construction du récit résolument moderne. Mais une fois entré dans cet univers tellement éthéré et lyrique, on se rend compte à quel point ce livre est une réelle interrogation sur la vie, la mort, la société de l'entre deux-guerre… Et la façon dont l'auteur dessine la psychologie de ses personnages est fascinante. (Les descriptions des délires de Septimus, jeune homme rendu fou par son expérience de la guerre, sont superbement déroutantes) Aussi c'est peut-être une oeuvre à lire plusieurs fois pour pouvoir l'apprécier à sa juste mesure et pour aller plus loin que "l'emphase" des mots. Et quand on sait la personnalité tourmentée et angoissée de Virginia Woolf il est bouleversant de constater à quel point ce roman - bien qu'étant une oeuvre de fiction - fait indéniablement écho à sa vie et à la société dans laquelle elle évoluât.
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ZetaZeta
ZetaZeta30 mars 2010
  • Livres 5.00/5
Sublime ! Une écriture fluide, délicate et poétique. L'intrigue tient sur une seule journée et c'est un coup de génie : le moindre détail, la moindre pensée, le moindre hasard deviennent un fait majeur capable d'influer sur le cours des événements. La manière dont Woolf développe chacun des personnages est humaine, complexe, subtile, et c'est beau, beau, beau !
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Corboland78
Corboland7820 août 2016
  • Livres 4.00/5
Virginia Woolf, pseudonyme d'Adeline Virginia Alexandra Stephen (1882-1941), est une femme de lettres anglaise, l'une des principales auteures modernistes du XXe siècle. Bisexuelle et féministe, elle fut une figure marquante de la société littéraire londonienne et un membre central du Bloomsbury Group, qui réunissait des écrivains, artistes et philosophes anglais, groupe au sein duquel elle rencontrera Vita Sackville-West avec qui elle aura une liaison durant toutes les années 1920. Woolf souffrait d'importants troubles mentaux et présentait tous les signes de ce qu'on nomme aujourd'hui, troubles bipolaires. En 1941, à l'âge de 59 ans, elle se suicida par noyade dans l'Ouse, dans le village de Rodmell (Sussex), où elle vivait avec son mari Leonard Woolf, écrivain lui aussi. Elle avait commencé l'écriture comme activité professionnelle en 1905 pour le supplément littéraire du Times ; un premier roman en 1915, tandis que Mrs. Dalloway, l'une de ses oeuvres les plus connues, date de 1925.
Le lieu : Londres, après la Première Guerre mondiale. le temps : une journée dans la vie de Clarissa Dalloway, une femme de la bonne société anglaise, épouse d'un homme politique (Richard) et mère d'une jeune fille de dix-sept ans (Elizabeth), entre sa sortie le matin pour aller chez le fleuriste et la réception qu'elle donne le soir chez elle.
Une journée au cours de laquelle Clarissa s'interrogera sur les raisons qui l'ont amenée à épouser Richard alors qu'à l'époque elle fréquentait Peter Walsh – Peter qui tout juste revenu des Indes et pour quelques jours à Londres, lui rend une visite imprévue. Evocation aussi d'une relation lesbienne avec Sally Seton quand elle était jeune (« Est-ce que ça n'avait pas, finalement, été de l'amour ? »). Parallèlement à la journée de Clarissa, un drame se joue chez les Warren Smith quand Stephen, jeune militaire revenu de la guerre frappé d'un choc post-traumatique, se suicidera par défenestration au moment où son médecin venait le chercher pour le faire interner. Médecin que nous retrouverons à la réception du soir, révélant cet incident qui troublera beaucoup Clarissa Dalloway.
Autant le dire tout de suite, si pour vous un roman se doit d'avoir une histoire bien ficelée avec un début et une fin, voire mieux encore, des rebondissements dramatiques, ce bouquin risque de vous décevoir. Ici nous sommes plus dans l'analyse psychologique, l'introspection, la réactivation de souvenirs. A priori, ce n'était pas un roman pour moi, j'ai commencé à le lire avec une certaine distance, le temps de réaliser que je l'abordais par un mauvais angle (pas d'histoire à proprement dire) et de reprendre ma lecture avec une autre paire de lunettes. Et là, j'ai vu et compris les raisons de la renommée de l'écrivain et de ce livre en particulier.
L'écriture très moderne est particulièrement travaillée, voir la place de la ponctuation par exemple (le point-virgule !) ou du dédoublement des mots (« Elle soupirait, elle ronflait, non qu'elle fût endormie, simplement lourde, somnolente, lourde, somnolente, comme un champ de trèfle au soleil… ») Virginia Woolf est une styliste de haut niveau. Une écriture qui m'a rappelé, par certains aspects, Marcel Proust, avec ses personnages réfléchissant à leurs actes, ramenés à leur passé par de petits faits actuels, des descriptions pointues de leur environnement… mais en moins coulé/coulant à la lecture car mâtinée de James Joyce, quand on passe d'un personnage/d'une situation à un(e) autre subitement. Et que dire de la construction du roman ? le récit se déroule sur une seule journée mais Virginia Woolf est assez habile pour évoquer des jours anciens et se jouer du temps.
Les caractères sont très fouillés, l'écrivain opposant les uns aux autres. le sérieux guindé de Mrs. Dalloway à la « folie » de Septimus ou de Doris Kilman (professeur d'Elizabeth) mais l'opposition peut aussi être intérieure, Mrs. Dalloway sait être un peu snobe alors que Clarissa a des états d'âme qui nous la rendent plus proche. Et si Clarissa Dalloway comme Septimus Warren Smith luttent contre leurs pulsions de mort, l'un y cèdera quand l'autre s'y adaptera.
Un bon roman pour ceux qui feront l'effort nécessaire – mais mérité – d'y entrer, ne serait-ce que pour apprécier ce que le mot écrire veut dire.
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biBlyTheKid
biBlyTheKid13 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Ce roman me faisait peur ayant lu que Virginia Woolf admirait beaucoup le travail de Marcel Proust. L'auteur britannique se situe dans la même veine de modernisme que le Français avec cette remise en question des procédés narratifs du XIXe siècle, le rapport au temps, aux narrateurs, aux phrases. Mais je suis ressorti agréablement étonné de ma lecture.
C'est déjà beaucoup plus accessible que "A la recherche du temps perdu" que j'avais début l'année passée. Dans ce roman, Virginia Woolf dépeint une journée dans société londonienne plutôt aristocratique depuis la fin de la matinée jusqu'au dîner donné par Clarissa Dalloway. Et qu'importe les descriptions des personnages alentours et le récit de leur propre vécu, je ne me suis jamais senti perdu parmi tous ces points de vue, ces histoires annexes et connexes. C'est une plume qui reste quand-même très littéraire : il y a beaucoup d'enchassées, de virgules et de point virgules, mais j'ai beaucoup apprécié cette peinture de la bourgeoisie anglaise qui est encore touchée par les effets de la guerre.
Le dossier que propose cette édition Garnier-Flammarion est aussi très intéressant et la préface ne spoile pas, chose plutôt rare dans ce genre d'édition scolaire !
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Wictoriane
Wictoriane06 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Londres, en une matinée de juin des années 20, Clarissa Dalloway (la cinquantaine) sort de chez elle très enthousiaste à l'idée d'organiser une soirée où se presseront les gens de bonne société, des amis mais aussi des pique-assiettes. Madame Dalloway se rend chez le fleuriste et traverse quelques quartiers de Londres de son pas cadencé que souligne les cloches de Big Ben. Rentrée chez elle, elle apprend que Richard son mari déjeune chez une vieille amie et s'inquiète un peu de ne pas avoir été invitée mais alors qu'elle est en train de recoudre sa robe de soirée, sa bonne annonce Peter son ancien amour parti aux Indes qu'elle n'a pas revu depuis plusieurs dizaines d'années. le retour de Peter plonge Clarissa dans une prise en compte de son relatif bonheur et elle passe la journée à se convaincre qu'elle a bien fait de choisir la raison plutôt que le coeur. Parallèlement à la journée de Clarissa qui se prépare à son rôle mondain d'hôtesse, nous suivons Septimus Warren Smith, un jeune vétéran de la première guerre, accompagné de son épouse qui vient consulter un éminent psychiatre pour des troubles post guerre et qui menace de se suicider.
Lien : http://lecturesencontrepoint..
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Hortense
Hortense08 octobre 2011
  • Livres 4.00/5
Monologue intérieur d'une jeune londonienne de début 1900 qui se promène dans ses souvenirs et qui nous livre ses pensées. Comme une grande balade dans sa tête, dans son intimité,le tout d'une manière extrémement poétique. Très bon livre qui permet d'apréhender facilement cette forme de littérature qu'est le monologue intérieur.
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Aela
Aela14 février 2011
Une oeuvre très complexe, difficile à résumer. C'est une méditation sur le temps, le vieillissement, qui s'opère par de subtils va-et-vient dans le temps et par l'intervention de différentes consciences. le présent, le passé et l'avenir se mêlent au travers des souvenirs de l'héroïne et de ses attentes. A l'origine ce livre s'appelait "The Hours" titre repris au cinéma il y a quelques années dans ce film bouleversant qui évoquait la vie de Virginia Woolf.
Clarissa Dalloway est une femme de 52 ans issue de la haute société londonienne. Par une belle journée de la mi-juin 1923, elle organise une réception mondaine. Absorbée par l'organisation de cette soirée, ses pensées vont vers le passé (notamment, l'ouverture des portes-fenêtres lui rappelle la jeune fille qu'elle était à 18 ans), et notamment vers sa vieille amie Sally dont elle était éprise. Elle va recevoir la visite d'un ancien soupirant qu'elle a rejeté par le passé, préférant une union avec un homme moins possessif. Au fil du livre, la mise en relation de Mrs Dalloway et de son double narratif, l'ancien soldat des tranchées Septimus, prend plus d'ampleur. Ces personnages ne se rencontrent pas mais semblent souffrir d'un même type d'oppression sociale.
Une oeuvre très complexe et originale, qui présente un magnifique portrait de femme en accord avec les idées féministes de Virginia Woolf qui fut une des pionnières en ce domaine.
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