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Critiques sur Mrs Dalloway (127)
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Marti94
01 avril 2016
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J'ai enfin comblé une lacune grâce à cette lecture de « Mrs. Dalloway », roman le plus connu de Virginia Woolf publié pour la première fois en 1925. Il est surtout celui qui a donné naissance à une forme nouvelle de roman : le roman psychologique où les frontières s'abolissent entre intériorité et extériorité, action et introspection.
Ce livre raconte le vécu d'une femme à Londres, Clarissa Dalloway, et, plus précisément, une journée de cette élégante femme du monde d'une cinquantaine d'années qui s'apprête à donner une réception. Nous sommes en juin 1923 et le livre mêle impressions présentes et souvenirs. Clarissa se livre à un monologue intérieur et des personnages vont surgir du passé, comme son ancien amant Peter Walsh, rencontré l'été de leurs dix-huit ans à Bourton, ou encore des membres de sa famille et de son entourage, croisés au gré de ses pérégrinations dans les rues de Londres.
Situé au lendemain de la Première Guerre mondiale, le roman fait une part non négligeable aux séquelles psychiques héritées du conflit dont témoigne Septimus Smith qui se suicide à la fin du livre, dernière victime du culte de la grandeur impériale. Les femmes ont aussi une place importante notamment à travers leur implication en politique et le droit de vote.
Mais « Mrs. Dalloway » est avant tout un livre sur la transformation des consciences même si la technique de Virginia Woolf consiste à décrire des bribes de vies.

Lu en mars 2016
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LydieetsesLivres
19 septembre 2014
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Mrs Dalloway est un livre qu'il faut avoir lu et l'écriture de Virginia Woolf est magnifique, c'est incontestable ! Cependant, cette lecture m'a demandé quelques efforts de concentration, il ne s'offre pas facilement.

Le récit constitue une journée dans la vie de Mrs Dalloway, il débute alors qu'elle se rend chez le fleuriste pour la réception qu'elle organisera le soir et se termine sur cette même réception. Cette journée que Virginia Woolf a choisi de nous conter est également la journée où Peter Walsh, ami et ancien courtisan de Clarissa Dalloway, après un long exil en Inde, va réapparaitre dans la vie de l'héroïne. Au cours de cette journée, chaque rencontre, chaque événement à première vue anodin va remémorer dans l'esprit de cette bourgeoise anglaise quelques souvenirs plus ou moins enfouis.
Le retour de Peter Walsh n'est pas sans lien avec cette journée remplie de souvenirs et de questionnements sur sa condition de femme. Si elle n'avait pas éconduit Peter, sa vie aurait elle été la même ? A l'évidence non… Voilà l'occasion pour Virginia Woolf d'écrire une critique assez sévère de la société anglaise post deuxième guerre mondiale, une société qui vit plus dans le paraitre que dans l'être. L'auteur oppose Clarissa à Mrs Dalloway, l'héroïne est Clarissa quand elle libérée de ses contraintes sociales et qu'elle revit l'insouciance de sa jeunesse et devient Mrs Dalloway lorsqu'il est question de ses obligations. J'ai beaucoup aimé cette dualité dans le personnage de Mrs Dalloway.
Nous sommes à Londres, en 1924, dont nous arpentons les rues et découvrant différents personnages dépeints par Mrs Dalloway et Mr Waslh et en particulier en jeune homme traumatisé par la guerre.
Le premier titre que Virginia Woolf donna à ce livre est The hours et l'on comprend rapidement pourquoi. En effet, que serait Londres sans Big Ben et Big Ben occupe une part importante dans ce récit puisque qu'il sonne chacune des heures voire des demi-heures permettant aux personnages comme au lecteur de se repérer dans la journée.
Ne nous mentons pas, il ne se passe pas grand chose dans ce livre mais le constat de l'auteur sur sa vie, sur la vie de son héroïne, sur la vie des anglaises en ce début de XXième siècle est sans appel et il est servit par une plume subtile et gracieuse.

Lien : http://mesexperiencesautourd..
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Siegebert
08 août 2013
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« Elle en était venue à penser que c'étaient les seules choses qui méritaient d'être dites — les choses qu'on ressentait. Être brillant n'avait aucun intérêt. On devait dire tout simplement ce qu'on ressentait. »
Voilà qui pourrait résumer l'esprit de Mrs Dalloway. Si tant est qu'il soit possible de le résumer : ce roman n'est qu'une phrase, c'est un bloc, une unité, et tenter d'en extraire un morceau est voué à l'échec. Impossible de délimiter la structure de ce livre monolithique, sans chapitres, qu'il faudrait citer ici en entier pour le résumer. Ce roman est pure essence, les mots y sont plus que jamais un simple support portant un flot d'émotions, de sensations, de souvenirs, reportés instant après instant comme ils viennent, désordonnés, surprenants, émouvants, profonds.
À proprement parler, Mrs Dalloway ne raconte pas d'histoire, si ce n'est quelques heures de la vie de Clarissa Dalloway, bourgeoise londonienne du début du siècle dernier — et encore, peut on parler de « quelques heures » là où il n'y a qu'une succession d'instants et de pensées soudaines ? Et en conséquence, ce cadre est également bien trop restrictif : à travers ces quelques heures d'évocations, c'est la vie de Mrs Dalloway (et de son entourage à travers elle) tout entière qui est esquissée pour le lecteur.
Pour qui sait se poser, se plonger dans un livre, communier à travers le temps avec les émotions d'un auteur (car Virginia Woolf est omniprésente, en filigrane, dans ce roman), Mrs Dalloway est une merveille. Virginia Woolf a réussi à saisir chacun de ces petits moments, chacune de ces petites émotions, qui donnent à la vie ce goût indescriptible qui fait son charme et son tragique ; derrière ces personnages que l'on voit agir au rythme ample de leurs ressentis, c'est toute une vision de la condition humaine et de la fuite du temps qui est proposée : pourquoi cette vie de sensations et de sentiments ?
Rarement une vision d'une telle acuité à été pointée vers l'existence humaine : ce livre est indéniablement l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature du vingtième siècle.
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Drych
04 décembre 2012
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Des mots imagés et colorés. Des phrases comme des tableaux impressionnistes. Et une petite musique douce et désuète... On s'y croirait, dans la salon de cette Lady anglaise du 18 ème siècle. Mais il ne se passe rien, ou presque. C'est dommage, mais je suis trop pressé, trop impatient. Mon temps n'est pas celui de Clarissa. L'écriture est superbe, mais je vais quand même abandonner le livre avant la fin. Je suis perplexe sur la notation, ne vous y fiez pas, si vous aimez cette petite musique, c'est 5 étoiles. La version sonore est idéale pour laisser les mots porter vos pensées.
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Ingannmic
04 février 2017
★★★★★
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Avant d'entamer la lecture de « Mrs Dalloway » (le 1er roman que je lis de cette auteure), j'imaginais que Virginia Woolf était une femme à l'écriture complexe, torturée, laborieuse. Je n'imaginais pas si mal… du moins en ce qui concerne la complexité, et par conséquent, la nécessité à certains moments de faire preuve d'une certaine concentration pour suivre le cheminement de son récit (donc, oui, c'était parfois un peu laborieux aussi !)

Peut-on d'ailleurs véritablement parler de récit, concernant « Mrs Dalloway » ? L'action s'y déroule sur une seule journée, et culmine avec la description des quelques menus préparatifs auxquels s'attèle Clarissa Dalloway en vue de la réception qu'elle donnera en soirée. Et pourtant, j'ai souvent éprouvé au cours de ma lecture une sensation de mouvement incessant, presque de frénésie, qui tient au procédé de narration utilisé par l'auteure : tout le roman est la restitution des pensées, souvenirs, des divers personnages, qui se succèdent souvent sans transition.

Ces personnages parfois se croisent, parfois se connaissent. Virginia Woolf s'attarde davantage sur certains d'entre eux, et notamment sur cette fameuse Mrs Dalloway. Arrivée à la cinquantaine, mariée à un célèbre député dont elle a eu une fille, celle-ci fait preuve d'un état d'esprit qui peut sembler confus car émaillé de réflexions contradictoires. En effet, elle s'émerveille de bonheurs simples, fait preuve d'une humeur égale et sereine, puis manifeste soudain des regrets quant à la femme qu'elle est devenue, qui agit sous l'influence du regard d'autrui, va jusqu'à penser qu'elle aurait aimé être quelqu'un d'autre… Et surtout, elle laisse transparaître, sous-jacente, une angoisse, voire une terreur de la mort, qui à certains moments sera même clairement exprimée...

Les considérations de Peter Walsh, l'amour de jeunesse de Clarissa, confirme la dualité évoquée plus haut : s'appliquant à plaire à la classe dominante pour entretenir les relations mondaines de son époux, elle a acquis une rigidité préjudiciable à son sens critique et à sa vivacité d'esprit. Et pourtant, il lui reconnaît toujours un « sens du comique exquis », un caractère agréable et facile. Quant à lui, son retour après 5 années passées aux Indes (alors colonie anglaise) fournit un prétexte à l'auteure pour souligner les changements intervenus après la première guerre mondiale (le roman se passe en 1923) en Angleterre, la fin du conflit insufflant un vent de liberté qui se traduit par une évolution des comportements : Peter constate ainsi que les anglais se montrent moins pudibonds qu'auparavant, la censure morale semble être moins pesante. Un personnage d'ailleurs plutôt sympathique que ce Peter, qui se soucie peu du « qu'en dira-t-on », se contentant de suivre ses envies, ses impulsions, affichant une forme d'épicurisme débonnaire et aussi quelque peu enfantin. Lui-même se décrit comme étant « à la fois gai et bougon », sa bonne humeur alternant parfois avec des accès de mélancolie provoqués par une certaine nostalgie de la jeunesse.

Plus tragiques et beaucoup plus sombres sont les pensées de Septimus, un autre des protagonistes qui occupe une place importante dans le roman. Se promenant dans les rues de Londres au bras de Rezia, son épouse italienne, ce rescapé de la guerre, atteint d'une profonde dépression, sombre dans la folie…

Par la transcription des pensées, des états d'âme de ses personnages, Virginia Woolf a su donner à son récit une réelle consistance, l'enveloppant d'un réseau complexe de sentiments et de réflexions plus ou moins conscientes. Il s'en dégage au final une vague impression de mal-être existentiel, une difficulté pour les individus à accéder au véritable bonheur, à jouir de la maturité et de la sérénité que pourrait leur conférer l'âge. S'agit-il de l'écho des angoisses et de l'instabilité mentale de l'auteure ? On notera à plusieurs reprises l'évocation du suicide ou de la délivrance que peut apporter la mort, considérée aussi à certain moment comme un « enlacement »…
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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dominica
25 mai 2015
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Je viens de terminer ce livre et qu'en dire, c'est difficile, c'est presque un soulagement car malgré le fait d'une très belle écriture et d'une psychologie redoutable il faut vraiment restée concentrè pour arriver à ne pas lâcher l'histoire, comment la raconter la aussi très difficilement car on a l'impression de rester sur place dans une histoire ou l'aboutissement tarde a montrer le bout de son nez, une histoire d'amour incomprise dans les années 1920 en Angleterre, laissez Mrs DALLOWAY vous y conduire....
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dreulma
24 septembre 2010
★★★★★
★★★★★
Je suis complètement fascinée par l'écriture de Mme Woolf. La richesse descriptive fourmille d'ingéniosité au point d'en être hallucinatoire et dérangeante, tout en gardant une beauté irréelle, mouvante et hypnotique. de simples faits quotidiens prennent des proportions gigantesquement poétiques et psychologiques, ce qui, dans le cas du personnage clairement avoué par l'auteur comme étant un homme à la santé mentale fragile, semble logique, et ce qui l'est moins quand il s'agit des autres personnages soi-disant normaux. Ce livre est pour moi une réflexion sur la normalité, les gens les plus respectables sont-ils vraiment aussi solides que ce que les codes de notre société voudrait bien le faire croire ? Aucune méchanceté de la part de l'auteur, au contraire, une sensibilité qu'on ne peut imaginer autre que exacerbée pour être capable d'écrire avec autant de finesse éclatée, et partout au fil des pages j'ai ressenti une souffrance immense se cachant dans cet immense talent , pour finalement apprendre que Virginia souffrait probablement de troubles bipolaires... La joie de la lire m'est donc gâchée par l'idée des souffrances que cette femme a dû traversées, à une époque où ce diagnostic n'existait tout simplement pas, donc pas de traitements ... J'aurais souhaité que cette femme souffre moins, au prix de ne pas pouvoir la lire, car je ne peux imaginer une Mme Woolf guérie écrivant avec une telle virtuosité et une telle sensibilité . Ai-je tort ?
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leinavaleski
06 mars 2016
★★★★★
★★★★★
Je ne peux pas dire que ce roman m'a particulièrement emballée, c'est même plutôt le contraire car à certains moments, je n'ai pas pu m'empêcher de bailler d'ennui. Pourtant je ne peux pas dire non plus que je n'ai pas apprécié ce livre. J'ai même passé de très bons moments.

Ce roman est constitué de longs monologues intérieurs de chacun sur ses sentiments, son passé et sa place dans la société. Au début, la lecture a été laborieuse car il m'était difficile de m'intéresser aux pensées d'un personnage que je découvrais à peine. Mais une fois qu'on les connaît un peu mieux et qu'on sait les liens qui les unissent, il est beaucoup plus intéressant de suivre leurs réflexions. C'est principalement le cas pour Clarissa Dalloway, Peter Walsh (son ami d'enfance) et Septimus Smith. La première s'interroge sur son rôle dans le monde, le deuxième sur ses sentiments et le troisième, plus "original" sur sa liberté ou sur l'amour universel.

Honnêtement je ne garde que peu de souvenirs de tout ce qui est dit dans ce roman mais j'ai plongé dans les monologues en savourant la construction des phrases et le choix du vocabulaire. Car quand on prend le temps de lire ces longues phrases complexes, on apprécie vraiment la beauté du style de l'auteure.

Mais à d'autres moments, il ne s'agit pas de décrire des sentiments mais de faire des suppositions sur un objet ou un événement avec toutes les digressions possibles. Et là, c'est un ennui mortel car l'événement en question n'a rien d'important, ni pour l'histoire ni pour les personnages. Dans ce roman, chaque pensée est décortiquée pour en extraire le maximum. C'est très intéressant quand on s'est attaché au personnage mais terriblement lourd à lire quand c'est pour quelque chose d'anodin.

Une lecture en dents de scie selon la personne ou l'événement concerné par le monologue mais plutôt agréable dans l'ensemble. Je reste surtout marquée par le style de l'auteure qui est complexe mais qui nous embarque complètement si on se laisse absorber.
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MlleLit
05 avril 2012
★★★★★
★★★★★
Un roman magistral, à lire et relire pour tenter d'en saisir toutes les subtilités. En effet, ce roman est construit à deux niveaux : autant l'on peut le lire en ne se concentrant que sur l'apparence, le premier degré, très classique voire ennuyeux à lui seul, autant l'on peut se laisser porter par les pépites découvertes au détour de cette apparence bien entendue.
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chartel
07 mars 2011
★★★★★
★★★★★
Ce premier succès de Virginia Woolf, "Mrs Dalloway", écrit dans les années 1920, est digne des grandes oeuvres de Proust ou Joyce. C'est de la grande littérature, un vrai travail d'artiste.

Ma deuxième lecture de "Mrs Dalloway" en moins d'un an a changé ma perception du roman. Non pas radicalement, car j'y ai retrouvé ce tableau original et remarquable de la vie des beaux quartiers londoniens. Mais, entre-temps, "Ulysse" de Joyce est passé par là. Ma sensibilité à la notion du point de vue de la narration s'est donc particulièrement accrue, notamment dans l'utilisation des monologues intérieurs présents dans le roman. Virginia Woolf fait se succéder avec maestria les pensées de divers personnages, rendant sensible alors une sorte de mouvement vital, une pulsation urbaine et sociale, ponctués par les résonances de Big Ben. Virginia Woolf parvient à retranscrire, par l'expression intérieure des individus, leur capacité à se projeter dans ce qui leur est extérieur. C'est-à-dire le sentiment de se sentir vivre à travers ce qui nous entoure.
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