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Critiques sur Mrs Dalloway (113)
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chartel
chartel07 mars 2011
  • Livres 4.00/5
Ce premier succès de Virginia Woolf, "Mrs Dalloway", écrit dans les années 1920, est digne des grandes oeuvres de Proust ou Joyce. C'est de la grande littérature, un vrai travail d'artiste.

Ma deuxième lecture de "Mrs Dalloway" en moins d'un an a changé ma perception du roman. Non pas radicalement, car j'y ai retrouvé ce tableau original et remarquable de la vie des beaux quartiers londoniens. Mais, entre-temps, "Ulysse" de Joyce est passé par là. Ma sensibilité à la notion du point de vue de la narration s'est donc particulièrement accrue, notamment dans l'utilisation des monologues intérieurs présents dans le roman. Virginia Woolf fait se succéder avec maestria les pensées de divers personnages, rendant sensible alors une sorte de mouvement vital, une pulsation urbaine et sociale, ponctués par les résonances de Big Ben. Virginia Woolf parvient à retranscrire, par l'expression intérieure des individus, leur capacité à se projeter dans ce qui leur est extérieur. C'est-à-dire le sentiment de se sentir vivre à travers ce qui nous entoure.
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zohar
zohar28 février 2011
  • Livres 4.00/5
Après avoir lu ce magnifique roman, il y a quelques années; et, relu récemment. Je pense, personnellement, que Virginia Woolf fait partie de ces auteurs qu'il est essentiel d'avoir lus (tout comme Jorge Luis Borges ! Mais là n'est pas le propos…)

La romancière possède le don et l'art de parler de soi sans s'épancher dans la logorrhée (la force de son écriture de l'intime vient de ce paradoxe). Et ce roman est l'exemple le plus frappant ! Il met en parallèle deux personnages principaux, Clarissa Dalloway et Septimus, qui sont en perditions dans les méandres de leurs regrets. Ils éprouvent le même désarroi devant la vacuité de leur existence et le vide de leur vie.
La fêlure de l'âme, et l'angoisse du suicide sont les thèmes principaux de ce roman.
Par extension, « Mrs Dalloway » est un autoportrait à double fond dans lequel on peut guetter, par ailleurs, les signes annonciateurs de sa noyade délibérée !).

L'originalité du roman est qu'il s'intéresse davantage aux flux de consciences intérieures, tant psychologiques qu'émotifs de ses personnages, qu'à l'intrigue (la narration est morcelée et la chronologie n'est pas du tout linéaire). Autrement dit, nous vivons les évènements à travers leurs pensées et impressions.
Cette technique d'écriture avant-gardiste, le procédé du monologue intérieur, a suscité une vive admiration de la part de Nathalie Sarraute qui fut la figure de proue du mouvement littéraire, le Nouveau Roman, dans les années 1950.
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cleopacotille
cleopacotille06 février 2011
  • Livres 5.00/5
Virginia Woolf s'amuse à tisser des liens invisibles entre les êtres et les vies grâce à une écriture du mouvement, une mélodie des mots. Il peut-être un peu difficile de s'adapter à ce style, ce rythme, à cette construction du récit résolument moderne. Mais une fois entré dans cet univers tellement éthéré et lyrique, on se rend compte à quel point ce livre est une réelle interrogation sur la vie, la mort, la société de l'entre deux-guerre… Et la façon dont l'auteur dessine la psychologie de ses personnages est fascinante. (Les descriptions des délires de Septimus, jeune homme rendu fou par son expérience de la guerre, sont superbement déroutantes) Aussi c'est peut-être une oeuvre à lire plusieurs fois pour pouvoir l'apprécier à sa juste mesure et pour aller plus loin que "l'emphase" des mots. Et quand on sait la personnalité tourmentée et angoissée de Virginia Woolf il est bouleversant de constater à quel point ce roman - bien qu'étant une oeuvre de fiction - fait indéniablement écho à sa vie et à la société dans laquelle elle évoluât.
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ZetaZeta
ZetaZeta30 mars 2010
  • Livres 5.00/5
Sublime ! Une écriture fluide, délicate et poétique. L'intrigue tient sur une seule journée et c'est un coup de génie : le moindre détail, la moindre pensée, le moindre hasard deviennent un fait majeur capable d'influer sur le cours des événements. La manière dont Woolf développe chacun des personnages est humaine, complexe, subtile, et c'est beau, beau, beau !
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biBlyTheKid
biBlyTheKid13 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Ce roman me faisait peur ayant lu que Virginia Woolf admirait beaucoup le travail de Marcel Proust. L'auteur britannique se situe dans la même veine de modernisme que le Français avec cette remise en question des procédés narratifs du XIXe siècle, le rapport au temps, aux narrateurs, aux phrases. Mais je suis ressorti agréablement étonné de ma lecture.
C'est déjà beaucoup plus accessible que "A la recherche du temps perdu" que j'avais début l'année passée. Dans ce roman, Virginia Woolf dépeint une journée dans société londonienne plutôt aristocratique depuis la fin de la matinée jusqu'au dîner donné par Clarissa Dalloway. Et qu'importe les descriptions des personnages alentours et le récit de leur propre vécu, je ne me suis jamais senti perdu parmi tous ces points de vue, ces histoires annexes et connexes. C'est une plume qui reste quand-même très littéraire : il y a beaucoup d'enchassées, de virgules et de point virgules, mais j'ai beaucoup apprécié cette peinture de la bourgeoisie anglaise qui est encore touchée par les effets de la guerre.
Le dossier que propose cette édition Garnier-Flammarion est aussi très intéressant et la préface ne spoile pas, chose plutôt rare dans ce genre d'édition scolaire !
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wictoria
wictoria06 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Londres, en une matinée de juin des années 20, Clarissa Dalloway (la cinquantaine) sort de chez elle très enthousiaste à l'idée d'organiser une soirée où se presseront les gens de bonne société, des amis mais aussi des pique-assiettes. Madame Dalloway se rend chez le fleuriste et traverse quelques quartiers de Londres de son pas cadencé que souligne les cloches de Big Ben. Rentrée chez elle, elle apprend que Richard son mari déjeune chez une vieille amie et s'inquiète un peu de ne pas avoir été invitée mais alors qu'elle est en train de recoudre sa robe de soirée, sa bonne annonce Peter son ancien amour parti aux Indes qu'elle n'a pas revu depuis plusieurs dizaines d'années. le retour de Peter plonge Clarissa dans une prise en compte de son relatif bonheur et elle passe la journée à se convaincre qu'elle a bien fait de choisir la raison plutôt que le coeur. Parallèlement à la journée de Clarissa qui se prépare à son rôle mondain d'hôtesse, nous suivons Septimus Warren Smith, un jeune vétéran de la première guerre, accompagné de son épouse qui vient consulter un éminent psychiatre pour des troubles post guerre et qui menace de se suicider.
Lien : http://lecturesencontrepoint..
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Hortense
Hortense08 octobre 2011
  • Livres 4.00/5
Monologue intérieur d'une jeune londonienne de début 1900 qui se promène dans ses souvenirs et qui nous livre ses pensées. Comme une grande balade dans sa tête, dans son intimité,le tout d'une manière extrémement poétique. Très bon livre qui permet d'apréhender facilement cette forme de littérature qu'est le monologue intérieur.
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Aela
Aela14 février 2011
Une oeuvre très complexe, difficile à résumer. C'est une méditation sur le temps, le vieillissement, qui s'opère par de subtils va-et-vient dans le temps et par l'intervention de différentes consciences. le présent, le passé et l'avenir se mêlent au travers des souvenirs de l'héroïne et de ses attentes. A l'origine ce livre s'appelait "The Hours" titre repris au cinéma il y a quelques années dans ce film bouleversant qui évoquait la vie de Virginia Woolf.
Clarissa Dalloway est une femme de 52 ans issue de la haute société londonienne. Par une belle journée de la mi-juin 1923, elle organise une réception mondaine. Absorbée par l'organisation de cette soirée, ses pensées vont vers le passé (notamment, l'ouverture des portes-fenêtres lui rappelle la jeune fille qu'elle était à 18 ans), et notamment vers sa vieille amie Sally dont elle était éprise. Elle va recevoir la visite d'un ancien soupirant qu'elle a rejeté par le passé, préférant une union avec un homme moins possessif. Au fil du livre, la mise en relation de Mrs Dalloway et de son double narratif, l'ancien soldat des tranchées Septimus, prend plus d'ampleur. Ces personnages ne se rencontrent pas mais semblent souffrir d'un même type d'oppression sociale.
Une oeuvre très complexe et originale, qui présente un magnifique portrait de femme en accord avec les idées féministes de Virginia Woolf qui fut une des pionnières en ce domaine.
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Sivoj
Sivoj26 février 2016
  • Livres 2.00/5
Virginia Woolf est, comme on le sait, une auteure lyrique. Trop, hélas, car au bout de cinquante pages de métaphores, de comparaisons et d'autres figures de styles, les unes après les autres, je n'en pouvais déjà plus.
La figure de style est quelque chose d'important, qui peut avoir un impact si utilisé avec mesure, mais en la surdosant on lui enlève sa puissance, elle ne devient plus qu'un ensemble de mots abstraits et encombrants dont il faut vite se débarrasser pour passer à la suite.
Il faut dire que le "flux de conscience" est utilisé ici pour nous fournir, non les pensées exactes des personnages, mais leurs souvenirs et leurs impressions. Quand on ajoute cela à la finesse de la trame narrative, on obtient un roman en grande partie descriptif – ce que je redoute le plus.
En résumé, 250 pages de mondanités, de bruits de voitures, d'arbres, d'oiseaux et de fleurs. le style est omniprésent, mais le contenu léger : j'ai apprécié les personnages de Septimus et de sa femme Lucrezia qui témoignent du sort de ceux qui sont revenus de la guerre sans séquelles physiques mais mentales ; les autres personnages ne témoignent que de la vie de la bourgeoisie anglaise, donc rien d'excitant, d'un chagrin d'amour assez banal et de la nostalgie. Virginia Woolf évoque d'ailleurs à merveille la nostalgie ; on ne peut pas nier son talent d'écriture. Mais la lourdeur du lyrisme exagéré, emphatique, et les nombreuses longueurs dues aux descriptions gâchent le plaisir de lecture.
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Froniga
Froniga21 mars 2015
Et le malheureux Septimus et sa pauvre petite épouse Lucrizia qui a quitté l'Italie où elle faisait des chapeaux avec ses soeurs pour Londres ! Mrs Dalloway si impeccable, affairée. Lorsque Virginia décrivait tous les acteurs de cette journée, entendait-elle comme Septimus les oiseaux chanter en grec ? Car elle aussi les entendait ! Voulait-elle les faire taire en écrivant, mais l'écriture lui donnait tant de fatigue qu'ensuite les oiseaux chantaient encore plus jusqu'au jour où ils cessèrent au bord d'une rivière.
J'aime tant ses livres, peut-être un moins Orlando, mais tout de même, oui je le garde aussi bien sûr !
Pauvre Septimus, pauvre Virginia mais aussi grande Virginia !
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