> Yves Bonnefoy (Traducteur)

ISBN : 2070327809
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 4.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
L'auteur, poète de l'indépendance de l'Irlande, est, plus essentiellement, prophète d'un désenchantement progressif du monde à mesure que croissent les formes trop pressantes de la violence.
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par rosy, le 20 septembre 2011

    rosy
    Cette édition bilingue présente la version anglaise, et sa traduction en français en page droite. Yves Bonnefoy s'avère un excellent traducteur d'après moi.
    Je cite donc ce monsieur dans sa préface :
    "La pensée, chez Yeats, et c'est en quoi il est grand poète, est la collaboration de la conscience et de l'inconscient, c'est la fusion maîtrisée, fructueuse, dont notre époque est si peu capable.
    Et il faut donc, cette "pensée", ce "raisonnement", les traduire, autant qu'il faut s'attacher à l'ardeur dont on les voit naître, et cela peut sembler ajouter encore aux difficultés de la tâche. Mais la réflexion yeatsienne a toujours quelque chose de si universel, de si indépendant de telle ou telle sorte de langue, ainsi ces livres près du feu dans la maison sous la neige, qu'il est presque possible de pleinement la revivre dans d'autres mots que ceux de la langue anglaise."
    La poésie de Yeats est emprunte de métaphysique, de cosmologie, une méditation proche du domaine des rêves, la recherche de l'harmonie, la plénitude de l'esprit et du corps, il parle de la beauté, de la fascination pour un être.
    Extrait des notes : sur le poème "l'île sur le lac, à Innisfree" :
    "Le poème est de 1890. Yeats, Fleet Street, à Londres, a entendu dans une vitrine le bruit d'une petite fontaine, dans l'eau de laquelle danse une boule de bois. Ce tintement de l'eau éveille ses souvenirs, rapporte-t-il dans une lettre, et suscite ces strophes où il perçoit la première "musique" dant il se sente vraiment l'auteur. - Il avait lu "Walden", de Thoreau-
    Ce poème s'inscrit dans l'arrachement à la condition présente, dans l'adhésion à une réalité qui n'est rien de plus que son propre fait de chose de la nature"
    "Précisément parce que Yeats ne décrie jamais la réalité sensible que par intérêt fasciné pour elle, sa poésie a beau désespérer, elle n'en va que plus vite à cette île d'Innisfree, le rythme profond de l'univers [...]"
    Ces Poèmes sont des pures oeuvres d'art, que pour ma part j'ai grand plaisir à lire et à relire, en anglais, et en français.
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    • Livres 5.00/5
    Par stephendedalus, le 02 septembre 2007

    stephendedalus
    la note maximum pour ce recueil de poemes, parce que, on lit un poeme, puis on y revient, sans cesse. j'adore le poeme: "l'ile sur le lac, à innisfree, et le genial "la rose du monde"
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Citations et extraits

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  • Par Philippe67, le 27 mai 2012

    Quand un homme viellit, sa joie
    Se fait chaque jour plus profonde
    Soncoeur vide déborde enfin
    mais il lui faut bien cette force
    Puisque le nuit qui s'accroit
    Ouvre au mystère, à l'effroi
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  • Par rosy, le 20 septembre 2011

    Fou comme brume mêlée de neige
    (Mad as the mist and snow)

    Verrouille bien le volet
    Puisque les vents se déchaînent.
    Nous voyons vraiment clair ce soir
    Et j'ai l'impression que je sais
    Que tout là-dehors est fou
    Comme brume mêlée de neige.

    Horace ici, près d'Homère,
    S'étale, et Platon dessous
    Près d'un Cicéron grand ouvert.
    Que de temps depuis que tous deux
    Nous étions ignares, et fous
    Comme brume mêlée de neige!

    Vous me demandez, mon ami,
    Pourquoi je soupire et frissonne ?
    C'est de comprendre que même
    Cicéron, et Homère qui
    En savait tant, furent fous
    Comme brume mêlée de neige.
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  • Par rosy, le 20 septembre 2011


    L' île sur le lac, à Innisfree :


    Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree,

    Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.

    J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche

    Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.



    Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombe

    Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,

    Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge

    Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.



    Que je me lève et je parte, car nuit et jour

    J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.

    Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,

    Je l’entends dans l’âme du cœur.
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  • Par rosy, le 20 septembre 2011

    La pitié de l'amour

    Pitié plus qu'on ne peut dire
    Se cache au coeur de l'amour,
    Puisque tous ces gens qui trafiquent
    Et le charroi des nuées,
    Et tous ces vents froids qui soufflent
    Sans fin leurs trompes de pluie,
    Et ce bois de noisetiers sombre
    Où l'eau court comme souris grises,
    Tout menace l'être que j'aime.

    The pity of love

    A pity beyond all telling
    Is hid in the heart of love :
    The folk who are buying and selling,
    The clouds on their journey above,
    The cold wet winds ever blowing,
    And the shadowy hazel grove
    Where mouse-grey waters are flowing,
    Threaten the head that I love.
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  • Par Piling, le 11 décembre 2008

    DOWN BY THE SALLEY GARDEN

    Down by the salley gardens my love and I did meet
    She passed the salley gardens with little snow-white feet
    She bid me take love easy, as the leaves grow on the tree ;
    But I, being young and foolish, with her would not agree.

    In a field by the river my love and I did stand,
    And on my leaning shoulder she laid her snow-white hand
    She bid me take life easy, as the grass grows on the weirs ;
    But I was young and foolish, and now am full of tears.
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