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ISBN : 2253003654
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 719 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hom... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 01 mai 2013

    NastasiaBuergo
    Cette neuvième livraison des Rougon-Macquart ne m'est pas apparue aussi savoureuse que je l'espérais, faisant naturellement suite, par son héroïne, au fulgurant Assommoir.
    Émile Zola réemploie la même formule que dans "Son excellence eugène rougon" au début du roman, à savoir, nous plonger directement dans le cœur d'activité du protagoniste principal. C'était une session à l'Assemblée Nationale pour Eugène Rougon, ici, c'est la première représentation d'une opérette sulfureuse, La Blonde Vénus, où Nana met le feu à la scène avec ses formes et ses tenues très peu couvrantes. (Au passage ceci m'inspire un petit parallèle et une menue réflexion sur la beauté et la blondeur car je viens de me faire une petite série de huit ou neuf films de Billy Wilder, avec outre le célébrissime et succulent Certains L'Aiment Chaud, qui, bien qu'excellent, fait beaucoup commerce des formes généreuses de l'actrice, un autre film, soi-disant culte, Sept Ans de Réflexion avec la fameuse scène de la robe Marilyn Monroe qui se soulève en passant au-dessus des bouches d'aération du métro, qui lui est un vrai navet, avec pour seul mérite d'avoir à son affiche une blonde Vénus... Nana-Marilyn, des liens avec le pouvoir et L'Argent, tiens, tiens, tiens...)
    Ce sont bien évidemment les opérettes de Jacques Offenbach que l'auteur cherche à écorner, en particulier celle intitulée " La Belle Hélène ", (pastichée en " La Blonde Vénus ") qui met en scène la dépravation des dieux de l'Olympe.
    Pour être totalement dans l'esprit « naturaliste », avec un réel souci documentaire, on n'en est pas pour autant transcendé et l'on a du mal à prétexter que cette entrée en scène de Zola dans Nana soit particulièrement réussie ou tonitruante. On l'a connu plus percutant et la feuille de route de son programme de construction apparaît, à mon goût, un peu trop fortement tout au long du roman.
    Ce n'est qu'à partir de la moitié du livre, au chapitre VIII, que la narration retrouve quelques couleurs et Zola sa verve perdue de L'assommoir. En effet, jusque-là, l'auteur nous endort avec de Lourdes et longues descriptions de luxe et de débauches dans les hautes sphères qui font d'ailleurs double emploi avec celles déjà pesantes qui concernaient Renée dans La Curée.
    Quels sont les apports vraiment significatifs de cet opus dans l'édifice de son cycle littéraire ?
    1) Les rapports étroits de connivence entre le monde du spectacle et le journalisme visant à faire ou à défaire le succès d'un spectacle moyennant avantages divers en retour (déjà évoqués en détail et probablement avec plus de brio dans la deuxième partie des Illusions perdues de Balzac).
    2) La mise en plein jour de la prostitution (la classique et celle de luxe).
    3) L'évocation de l'homosexualité féminine, sujet absolument tabou à l'époque de Zola et ce sur quoi il faut saluer le courage littéraire de l'auteur.
    4) le poids du monde hippique dans la haute société (La situation a-t-elle changé de nos jours ? Les Rothschild ne font-il pas toujours régner la pluie et le beau temps sur le monde des courses [casaque bleue, toque jaune] ?)
    En guise de conclusion : très documenté mais pas très captivant, ce qui en fait, selon moi, un roman moyen du cycle des Rougon-Macquart, mais ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 octobre 2012

    LiliGalipette
    Le Tout-Paris est en effervescence : une nouvelle actrice monte sur les planches ce soir. On la dit belle, on la dit blonde, on la dit éblouissante. Pour sa première, Nana se fait désirer et ce n'est pas par son talent qu'elle enchante le parterre. « Est-ce qu'une femme a besoin de savoir jouer et chanter ? » (p. 8) le talent de Nana, c'est bien entre ses cuisses et entre ses bras qu'il se trouve. Échappée, on ne sait comment, du ruisseau et des trottoirs gras de Paris, Nana est maintenant bien loin de la boutique de ses parents, disparus à la fin de L'assommoir. Alors qu'elle triomphe dans le théâtre de Bordenave, les hommes se pressent dans son salon, impatients de se frotter à ses jupes. Dans son appartement, c'est tout un monde de grues qui se donnent des airs, qui se chamaillent et se disputent les attentions des hommes.
    Nana est très demandée, très désirée et bien incapable de se satisfaire d'un seul homme. Si elle laisse le comte Muffat l'entretenir, elle ne peut s'empêcher de tomber dans d'autres bras. Cette belle fille blonde et grasse qui excite Tous les appétits bourgeois de Paris a parfois des envies de salissure et serait prête à tout abandonner pour une tocade. « Et tu te ruines pour un oiseau pareil ; oui, tu te ruines, ma chérie, tu tires la langue, lorsqu'il y en a tant et des plus riches et des personnages du gouvernement. » (p. 243) Alors qu'elle est prête à retourner au ruisseau, Nana a des rêves d'honnêteté et de puissance. Elle se voit en grande bourgeoise qui donne le ton, en femme du monde à qui personne ne refuse rien. Pour assurer son train de vie, elle essore ses nombreux amants et les hommes sont bienheureux qu'elle accepte de les ruiner. « Un homme ruiné tombait de ses mains comme un fruit mûr, pour se pourrir à terre, de lui-même. » (p. 405) À Paris, il est du dernier chic de se faire rincer par la belle Nana.
    Enragée de luxe et de splendeur, cette sublime prostituée est folle de désir pour des plaisirs dégoûtants qui lui font croire qu'elle est libre. Aidée de Zoé, sa rusée femme de chambre, Nana fait défiler les hommes et les femmes dans ses salons, orchestrant le plus fabuleux vaudeville de Second Empire. Chez Nana, l'amant n'est pas sous le lit : il fait antichambre pendant qu'une canaille se vautre dans les draps et les dentelles. Les acteurs, les journalistes, les banquiers, les nobles, tout le monde se presse chez la plus grande cocotte de Paris. Pendant ce temps, Madame se donne sans honte dans le lit d'un client, parce qu'il faut bien payer le boulanger.
    Que j'ai aimé cet épisode des Rougon-Maquart ! Cette Nana ne manque pas de panache, ni de ressources. Sous des dehors superbes, ce personnage incarne toute la pourriture de la lignée. Son fils Louis est l'aboutissement d'un sang faible et vicié. Peu à peu, Zola élague l'arbre généalogique et fait tomber les branches pourries. On se demande toujours si le prochain printemps verra fleurir un nouveau Rougon ou un nouveau Macquart. La suite au prochain volume !
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 07 décembre 2011

    Aline1102
    Paris est en ébullition: La Blonde Vénus, la nouvelle pièce de Bordenave au Théâtre des Variétés met en scène une nouvelle venue, une certaine Nana. Personne ne sait encore quoi que ce soit sur cette jeune femme, aussi la curiosité est-elle à son comble le soir de la première.

    Pourtant, lorsque Nana entre enfin en scène, c'est la stupéfaction qui l'emporte: cette nouvelle actrice n'a aucun talent particulier et, en plus, elle chante faux. Mais au fur et à mesure que se déroule l'histoire, l'opinion du public commence à changer. La féminité flamboyante et librement affichée de Nana, blonde et pulpeuse, gagne peu à peu la majeure partie du public. Les hommes, en particulier, sont conquis.

    Cela arrange tout particulièrement Nana quand elle l'apprend, puisqu'elle compte profiter de sa nouvelle célébrité pour trouver quelques riches protecteurs qui pourront l'aider à payer ses factures. Car celles-ci commencent à s'accumuler et les marchands font le siège de l'antichambre de Nana.

    Malgré une issue tragique, j'ai trouvé que Nana ressemblait assez Au Bonheur des Dames. On reconnaît, dans les deux ouvrages, la "patte" de Zola.

    L'une des caractéristiques que j'apprécie le plus chez Zola, c'est son réalisme. Il ne fait pas qu'écrire une histoire, il nous la fait vivre. Nous nous trouvons ainsi plongés en pleine préparation de l'Exposition Universelle de Paris, avec toutes les inquiétudes que ce grand événement fait naître dans la vie des nantis qui veulent y briller de mille feux et des filles qui souhaitent y repérer de riches messieurs.

    Mais loin de nous plonger uniquement dans le bon côté des choses, Zola, fidèle à son type d'écriture habituel, dépeint également le désespoir, la dégradation et la pauvreté de ses personnages et, plus largement, de la société française de l'époque.

    Nana, c'est tout d'abord l'histoire d'une femme qui, entraînée par le tourbillon des hommes qui gravitent autour d'elle, finit par perdre l'équilibre. Élevée dans la pauvreté, elle devient la star de Paris grâce à plusieurs amants fortunés, qu'elle n'hésite pas à ruiner.

    Mais, Nana, c'est aussi l'histoire de nombreuses autres femmes, issues de toutes les classes de la société, de la plus humble à la plus fortunée. Et ce qui frappe le lecteur, c'est que les plus riches de ces femmes ne se conduisent pas mieux que Nana elle-même. Zola dénonce donc, avec ce récit, une certaine hypocrisie ayant court dans le Paris du XIXe siècle: les femmes de la haute société, éduquées de manière irréprochable et possédant une certaine fortune, ne se conduisent pas mieux que Nana, cette enfant d'alcoolique qui a travaillé un temps comme fleuriste avant de devenir la coqueluche de Paris. Et pourtant, Nana ne sera jamais vraiment acceptée par cette bonne société qui se conduit si mal...

    Une autre dimension du style de Zola est également présente dans ce roman: la complexité des personnages. Car loin d'être une simple courtisane et une dévoreuse d'hommes (de leur fortune, surtout), Nana est pleine de contradictions: ainsi est-elle parfois émue aux larmes par la pauvreté et la dureté de l'existence, malgré ses envies de luxe et de confort. Ses crises de sentimentalisme se manifestent surtout lorsqu'elle se souvient de sa vie avec ses parents. Nana est aussi parfois honnête mais ment souvent; Nana recherche une vie simple avec Fontan mais revient vite à ses anciens penchants lorsque leur histoire se termine. Elle ne peut donc pas être réduite au simple rôle de parvenue: c'est un être humain avec toutes les qualités et Tous les défauts que ce statut implique.

    Nana est donc du grand Zola, tout en restant accessible à Tous les lecteurs. N'hésitez donc pas à (re)découvrir ce roman qui n'a que des qualités!
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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 21 janvier 2012

    LydiaB
    En 1866, Zola écrit deux articles assez virulents, prenant position contre un roman anonyme, Mémoires d'une biche russe. Selon lui, il ne présente pas réellement les mœurs de son temps. Il dira ainsi : " J'attends l'histoire vraie du demi-monde, si jamais quelqu'un ose écrire cette histoire." Cette personne, ce sera lui-même, quelques années plus tard. Il se met alors à enquêter (au grand dam de sa femme) sur ce monde particulier des courtisanes. Il veut décrire la débauche effrénée tout en la marquant au fer rouge.

    C'est ainsi qu'apparaît le personnage de Nana. Fille de Gervaise et de Coupeau, elle est la figure même de la perversité. Fuyant la misère de ses parents, elle se lance sur les planches. Sans talent et sans voix, elle attire néanmoins Tous les regards par sa beauté envoûtante. Elle vit ainsi de ses charmes. Elle se venge des hommes, et notamment des aristocrates, en leur révélant les infidélités de leurs femmes et en les ruinant tour à tour : Steiner, le banquier véreux, le comte de Vandeuvres, le capitaine Hugon... Elle finira par se mettre en ménage avec Fontan, un comédien mais la violence de ce dernier aura raison du couple. Nana préfèrera s'égarer dans les bras d'une de ses consœurs, Satin. le sommet de sa réussite est atteint lorsqu'elle parvient à conquérir le comte Muffat, chambellan de l'empereur, à qui elle fera subir les humiliations les plus ignobles.

    Triste figure que celle de cette femme qui assiste à la déchéance de sa société tout en voyant sa vengeance s'accomplir. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison entre la peinture d'une courtisane et le reflet d'un monde retrouvant ses propres faiblesses en elle.

    Ce neuvième tome de la fresque est encore un coup d'éclat de la part de l'écrivain. Il finit ce tome par la mort de Nana, dans une chambre sordide. La courtisane, malade et ruinée, meurt de ses frasques au moment même où on fête bruyamment dans les rues la déclaration de guerre à la Prusse. " Poème sinistre des amours du mâle" selon Zola, ce tome est une illustration flamboyante de la corruption et des vices d'une société.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 07 août 2012

    Folfaerie
    Ma première lecture de LM2, un bon vieux Zola pas relu depuis une éternité, et qui est en tout cas aussi désespérément déprimant que les autres volumes de la série des Rougon-Macquart.
    La jeune femme est la fille de Gervaise et Coupeau (voir L'Assommoir). En trois années de sa vie (à partir de 1867), Zola nous conte l'ascension puis la chute de cette courtisane vulgaire dont le seul atout est sa beauté qui affole Tous les hommes, et surtout ceux de la bourgeoisie ou de la noblesse. C'est aussi la déchéance morale de cet Empire qui est contée, en témoignent les attitudes et actes de ceux censés symboliser cette époque.
    Les débuts de Nana sont pourtant sordides et pathétiques. D'abord elle doit élever seul son fils Louiset, qu'elle a eu à 16 ans, et se prostitue pour subvenir à ses besoins. Et des besoins, elle en a beaucoup. Habitant un bel appartement que lui a laissé un de ses riches amants, Nana doit faire face à ses créanciers. Ensuite, elle croit pouvoir réaliser ses ambitions grâce au théâtre. Mais elle n'a aucun talent, ni pour pousser la chansonnette et encore moins pour interpréter un rôle. Cependant, elle enflamme le tout Paris un soir où, pour compenser sa médiocrité sur scène, elle a l'idée de jouer de son corps.
    Une initiative qui va faire les beaux jours du Théâtre des Variétés et qui va lancer Nana dans le monde.
    Pratiquement du jour au lendemain, la voilà qui croule sous les cadeaux luxueux, les invitations pressantes et les amants. Riches de préférence.
    Zola n'a pas son pareil pour décrire le monde sordide du théâtre Parisien, les rivalités entre comédiennes, dévoilant l'envers du décor, puis sans transition il nous entraîne dans la bonne société, dépravée et corrompue, dégoulinant d'hypocrisie. le même cercle d'hommes qui assistent aux dîners hebdomadaires chez la comtesse de Muffat, se retrouvent aux soirées débridées organisées chez la courtisane, royalement installée.
    Chacun d'entre eux se succède dans sa couche, acceptant de dépenser des sommes folles et pour certains, de s'abaisser, de s'humilier.
    Jusqu'au premier tiers du roman, Nana peut émouvoir (son enfance misérable et cette société dépravée ne peuvent que nous la rendre digne de compassion), ensuite les choses se gâtent. Elle se montre de plus en plus exigeante, cruelle et perverse. Elle fait subir toutes les humiliations possibles et imaginables au comte de Muffat pourtant très porté sur la religion, pousse un jeune homme au suicide, provoque la faillite de quelques autres, bref sème les tragédies sur son passage.
    C'est la revanche du peuple sur la noblesse comme le soulignait l'écrivain. D'ailleurs celui-ci a écrit : « le sujet philosophique est celui-ci : toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne qui n'est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. le poème des désirs du mâle, le grand levier qui remue le monde. Il n'y a que le cul et la religion. » Hum, on ne saurait mieux résumer...
    En définitive, l'écrivain nous place face à cette vérité : le sexe, qui est l'élément principal de promiscuité sociale, c'est à dire que c'est bien à l'occasion de ces coucheries que les classes supérieures et le peuple se côtoient et se mêlent, est aussi un facteur de désorganisation sociale (Nana bouleverse bien des équilibres, détruisant aussi bien des principes que des gens) et de déchéance morale, dont la plus pathétique illustration est celle du Comte de Muffat.
    Je vais devoir travailler sur ce livre cette année, et comme il m'a plu, j'en dirai d'autres choses à l'occasion, car le roman est riche en métaphores, en paraboles, le vocabulaire est soigneusement étudié... de quoi disserter de longues heures !

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-nana-emile-zola..
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Citations et extraits

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  • Par NastasiaBuergo, le 08 mai 2012

    À partir de ce jour, il ne s’inquiéta plus, ne demandant jamais d’où venait la monnaie, la mine grise quand il y avait des pommes de terre, riant à se décrocher les mâchoires devant les dindes et les gigots, sans préjudice pourtant de quelques claques qu’il allongeait à Nana, même dans son bonheur, pour s’entretenir la main.
    Nana avait donc trouvé le moyen de suffire à tout. La maison, certains jours, regorgeait de nourriture. Deux fois par semaine, Bosc prenait des indigestions. Un soir que madame Lerat se retirait, enragée de voir au feu un dîner copieux dont elle ne mangerait pas, elle ne put s’empêcher de demander brutalement qui est-ce qui payait. Nana, surprise, devint toute bête et se mit à pleurer.
    — Eh bien ! c’est du propre, dit la tante qui avait compris.
    Nana s’était résignée, pour avoir la paix dans son ménage. Puis, c’était la faute de la Tricon, qu’elle avait rencontrée rue de Laval, un jour que Fontan était parti furieux, à cause d’un plat de morue. Alors, elle avait dit oui à la Tricon, qui justement se trouvait en peine. Comme Fontan ne rentrait jamais avant six heures, elle disposait de son après-midi, elle rapportait quarante francs, soixante francs, quelquefois davantage. Elle aurait pu parler par dix et quinze louis, si elle avait su garder sa situation ; mais elle était encore bien contente de trouver là de quoi faire bouillir la marmite.
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  • Par NastasiaBuergo, le 01 août 2012

    C’est drôle, les hommes riches s’imaginent qu’ils peuvent tout avoir pour leur argent... Eh bien, et si je ne veux pas ?... Je me fiche de tes cadeaux. Tu me donnerais Paris, ce serait toujours non... Vois-tu, ce n’est guère propre, ici. Eh bien, je trouverais ça très gentil, si ça me plaisait d’y vivre avec toi ; tandis qu’on crève dans tes palais, si le cœur n’y est pas... Ah ! l’argent ! mon pauvre chien, je l’ai quelque part ! Vois-tu, je danse dessus, l’argent ! je crache dessus !
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  • Par NastasiaBuergo, le 30 août 2012

    Une jeune fille, née de quatre ou cinq générations d’ivrognes, le sang gâté par une longue hérédité de misère et de boisson, qui se transformait chez elle en un détraquement nerveux de son sexe de femme. Elle avait poussé dans un faubourg, sur le pavé parisien ; et, grande, belle, de chair superbe ainsi qu’une plante de plein fumier, elle vengeait les gueux et les abandonnés dont elle était le produit. Avec elle, la pourriture qu’on laissait fermenter dans le peuple, remontait et pourrissait l’aristocratie.
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  • Par NastasiaBuergo, le 12 novembre 2012

    - On m’a dit, recommença-t-il, voulant absolument trouver quelque chose, que Nana avait une voix délicieuse.
    - Elle ! s’écria le directeur en haussant les épaules, une vraie seringue !
    Le jeune homme se hâta d’ajouter :
    - Du reste, excellente comédienne.
    - Elle !... Un paquet ! Elle ne sait où mettre les pieds et les mains. (...) Est-ce qu’une femme a besoin de savoir jouer et chanter ? Ah ! mon petit, tu es trop bête... Nana a autre chose, parbleu ! et quelque chose qui remplace tout. (...) Tu verras, tu verras, elle n’a qu’à paraître, toute la salle tirera la langue.
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  • Par NastasiaBuergo, le 25 novembre 2012

    Mais une gaieté, tout d'un coup, chauffa les cent mille âmes qui couvraient ce bout de champ d'un remuement d'insectes, affolés sous le vaste ciel. Le soleil, caché depuis un quart d'heure, reparut, s'épandit en un lac de lumière. Et tout flamba de nouveau, les ombrelles des femmes étaient comme des bouclier d'or, innombrables, au-dessus de la foule. On applaudit le soleil, des rires le saluaient, des bras se tendaient pour écarter les nuages.
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