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Citations de Loo Hui Phang (51)


Cannetille   18 juin 2020
L'imprudence de Loo Hui Phang
Quittant l’hostilité de notre pays, nous avons intégré un autre État, dans lequel notre famille a établi un camp de retranchement renfermant lui-même nos espaces défensifs, au fond desquels nous sombrons sans fin, réduisant à l’impossible nos cercles d’action, de vie, de désir. Soit un ensemble d’exils séquentiels – politique, culturel, générationnel, relationnel, professionnel, existentiel – menant inexorablement à l’effacement de ce que nous sommes. Un exil de nous-mêmes. Une déterritorialisation intime.
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Nastasia-B   14 décembre 2013
L'Art du chevalement de Loo Hui Phang
Ça va. N'aie pas peur.
Tout va bien se passer.
Tu retournes au grand air.
Loin de cette fournaise.
Tu n'entendra plus ce bouzin d'enfer.
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MarcelineBodier   27 août 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Au bout de la course, longue de dix-huit heures, s’étire le fleuve. À coups redoublés, il lèche les rives charnues, offertes à ses assauts. Il me semble que c’est moi que je regarde. Moi retournée comme un gant, le paysage à l’intérieur de moi, déployé à perte de vue. Voici l’influx qui traverse ma chair et m’entraîne là où peut s’accomplir ma jouissance. Je le contemple. Il court sous ma peau.
Sur la rive thaïlandaise, la foule afflue vers l’embarcadère. Quelle indécence, tous ces gens piétinant mon intimité. Une petite centaine de personnes s’agitent dans mon panorama secret. La cohue draine caisses, bagages, victuailles vers le prochain bateau. Cette effervescence foule en toute ignorance ma nudité. Une nudité plus grande que le dévoilement du corps. Je frémis d’une telle impudeur.
J’avance pourtant. Je quitte la gare portuaire de Mukdahan et emprunte à mon tour le sentier menant vers l’embarcadère. La clarté est sidérante, partout renvoyée vers ma peau accablée, ma peau d’hiver. Elle est comme un œil grand ouvert, braqué sur moi. Voilà mon visage d’aujourd’hui.
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SZRAMOWO   08 juillet 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Il se tait un moment. Son regard se perd dans les fioritures cimentées du cinéma, reflets matériels de ses souvenirs enchevêtrés.
"Que dois-je penser de la France, chère petite ? Elle m'a instruit et donné un uniforme. Mais, à ses yeux, je demeure un indigène. Elle m'a pris ceux que j'aimais. Madeleine, mon unique fille, toi, ton frère."
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Ziliz   12 avril 2013
Délices de vaches de Loo Hui Phang
Soupe de taches de vaches.
Il existe plusieurs méthodes pour cueillir les taches de vaches :
- Attendre que la vache soit bien mûre. Secouer énergiquement pour faire tomber les taches.
- Tremper la vache dans l'eau tiède. Les taches se décolleront toutes seules.
- Souffler bien fort sur la vache.
- Surprendre une vache pendant son bain pour lui voler ses taches.
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alouett   13 janvier 2014
L'Art du chevalement de Loo Hui Phang
- L’art n’a pas pour vocation d’être agréable

- Il sert à quoi alors ?

- A rien. Rien d’utile. C’est là sa valeur. L’art permet de se défaire du monde pragmatique, du monde des tâches à accomplir. Il transporte vers l’essentiel, vers l’invisible, un lieu à part. Il est l’occasion d’un vécu intense
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Cannetille   18 juin 2020
L'imprudence de Loo Hui Phang
Je pourrais ressembler à une Française. Mais ce n’est pas le cas. Tout se joue sur le visage. La vie se décide à partir de là. J’aimerais penser qu’il n’en est rien, qu’il n’y a pas de déterminisme, que les individus éclairés peuvent échapper à ce genre de paramètre. Mais c’est faux. J’ai grandi dans la banlieue de Cherbourg. Et là, le comportement de tous ceux qui me regardent, quelle que soit leur perméabilité aux préjugés, est contaminé par cela. Phénomène à peine moins perceptible à Paris. C’est ainsi. Au premier regard, cela est prononcé. Je ne suis pas d’ici. Tout le monde le voit. Tout le monde le sait. Je sais que l’on sait. Et cette chose est posée là, entre les autres et moi.
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MarcelineBodier   04 octobre 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Cela me désole que tu t’y sois résigné. Je rêve chaque jour de ton évasion. Dynamiter ta cellule par le récit de mes aventures. Et te montrer un autre possible. Une vie intense, mouvante. Une fois par mois, je reviens. Je retourne dans cet appartement pétrifié où, avec un acharnement rectiligne, tu sombres.
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alouett   03 octobre 2012
Les enfants pâles de Loo Hui Phang
La vie s’entêtait en eux. Il y avait toujours mieux à faire que de mourir. Prendre une nouvelle inspiration, regarder la vibration des feuilles, avaler une baie. Et, juxtaposés les uns aux autres, les gestes formaient une séquence indécise qui s’étirait jusqu’au soir. A celle-ci succédait une autre, traçant un motif répétitif qui, sans qu’ils eussent la force de s’en rendre compte, était devenu leur vie.
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Cannetille   18 juin 2020
L'imprudence de Loo Hui Phang
Son visage est une étendue rocailleuse, traversée de fleuves asséchés dont les lits racontent en creux la vigueur et l’éclat. On pourrait s’y perdre des jours, ne vivre que pour cela, le regarder comme on contemplerait un paysage mobile, le Mékong, la mer renversée. Certains jours, il semble que les fleuves filent de nouveau, abreuvent ce visage, et qu’il ne tient qu’à moi d’en remonter le courant.
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mailys_babelio   12 juillet 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Son regard m'avait pistée du rayon Linguistique jusqu'à la porte de la librairie. Discret, affamé. Dans l'affluence feutrée, cette avidité irradiait, réclamant mon attention. A trois mètres à peine, il était là.
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ninon16   25 février 2013
Bienvenue au collège ! de Loo Hui Phang
Les Profs sont des indigènes qui, au moyen de leurs cordes vocales, ont le pouvoir de transmettre leur savoir. On peu difficilement établir des catégories définies au sein de leur horde, tant leurs physionomies sont variées. Contrairement à l'école où l'on ne disposait que d'un seul maître à tout faire, au Collège, on bénéficie d'un Prof par matière.
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Fuyating   01 septembre 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
J'embrasse mes parents. J'aime toujours cette première étreinte lorsque nous nous voyons. Sincère et spontanée, vierge des crispations qui succèdent à mon arrivée.
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bina   22 décembre 2013
L'Art du chevalement de Loo Hui Phang
Au début, il y avait des forêts, des marécages.
Puis la terre noire et la roche.
Ensuite, il y a eu les hommes, la mine, la destruction, la reconstruction, le labeur, la guerre, la prison, les familles, l'abandon, les arbres à nouveau.
A présent nous sommes là.
Plus tard, nous disparaitrons à notre tour.
Quelque chose d'autre nous remplacera.
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alouett   03 octobre 2012
Les enfants pâles de Loo Hui Phang
S’ils ne nous avaient pas tués hier, ils l’auraient fait tôt ou tard. D’un coup sec ou à petit feu. Ils font toujours les mauvais choix pour nous. Ils nous imposent le même malheur que celui qui les pourrit. Ils nous retiennent à leurs côtés pour ne pas crever tous seuls
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Cannetille   18 juin 2020
L'imprudence de Loo Hui Phang
Notre mère scrute ton coude amoché et soupire.
(…)
Elle s’empresse de tamponner ton éraflure au coude, avec la fermeté d’un urgentiste.
(…)
D’un mouvement sec, tu te délivres. Et tu hurles. D’un jet continu, inaltéré. Tu hurles que tu veux avoir mal, que tu veux lutter tout seul contre cette douleur, pour apprendre, pour avoir cette chose pour toi, et qu’elle, notre mère, t’a toujours empêché de souffrir et de cela tu lui en veux, penser que tu ne pourrais pas supporter, que tu étais trop faible pour résister, trop faible parce que tu n’es que son fils. Juste son fils.
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ledefidepauletlouise   30 avril 2020
L'Art du chevalement de Loo Hui Phang
- L’art n’a pas pour vocation d’être agréable.
- Il sert à quoi alors?
- À rien. Rien d’utile. C’est là sa valeur.
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IndiaSong   30 novembre 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Celui)là est d'une rare perméabilité. Il avale la rue, happe scrupuleusement tout ce qu'elle draine, avec un apétit reptilien. Une lenteur active, prédatrice. il semble qu'aucune instance ne pèse sur lui. Pas de couple, pas d'enfant, pas d'inféodation professionnelle. Il garde son rythme. Je n'ai jamais vu d'Occidental aussi peu assujetti au temps. Celui, millimétré des tâches et des rôles, des plaisirs pragmatiques et des angoisses ordonnees. Le temps libéral, le temps dit productif. Je n'ai jamais rencontré d'Occidental aussi accordé au temps de Savannakhet Le temps inemployé. Le temps mort.
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CalliPetri   11 novembre 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
Il y avait, je crois, chez notre grand-mère une soif d'absolu et de romanesque. Les angles abrupts de sa vie, les décisions tranchantes, les revirements perpendiculaires. Elle qui adorait les films d'aventures chinois, qui avait adopté ce terme, Wàipó, s'inventait une identité, une lignée, une famille chinoise, à distance de son enfance vietnamienne à Huê. Notre grand-mère avait le goût de la fiction. Elle ne pouvait vivre qu'ainsi, dans la maîtrise de son récit intime.
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Lecturessurordonnances   08 septembre 2019
L'imprudence de Loo Hui Phang
« Un instant, j’espère cette indifférence, cette absence totale de passé, qui seraient un repos absolu »
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