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ISBN : 2754801456
Éditeur : Futuropolis (13/09/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Un soir, les enfants décidèrent de ne plus rentrer chez eux. Ils se cachèrent quelque part en ville. L'un d'eux dit qu'il fallait rejoindre la forêt. Au milieu de la nuit, tous se mirent en marche...
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
alouett
  03 octobre 2012
Dans une société en crise, le chômage, les expulsions locatives et la famine ébranlent les fondements familiaux. Angoissés par cette situation qui s'enkyste, les adultes décident de tuer leurs enfants pour leur épargner tous ces maux. Mais quelques petites victimes parviennent à s'échapper et certaines témoignent. Ainsi, les enfants commencent à comprendre que leurs parents sont devenus leurs meurtriers.
Les enfants se cachent et se regroupent pour être moins vulnérables. Une bande – d'une vingtaine d'enfants – décide de fuir la ville. A leur tête, Jonas, le plus âgé d'entre eux. Il a 15 ans. Il leur assure que quelque part, sur Terre, il existe un lieu, véritable havre de paix. Il connait le chemin et les invite à la Grande Marche. Il faudra traverser la plaine, puis la forêt et au bout du chemin, il leur assure qu'ils pourront se reposer et vivre sereins. Rêvant de ce monde juste où l'on peut étancher sa soif et manger à satiété, les enfants se mettent en mouvement.
Jonas s'avèrera être un leader autoritaire mais la musique de son violon est comme une drogue…
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« Les enfants pâles – Roman graphique » peut-on lire sur la couverture.
J'ai rarement été d'accord avec une telle dénomination car ici, l'appellation de roman graphique a tout son sens. Après Une élection américaine en 2006, Les Enfants pâles sont la seconde collaboration de Loo-hui Phang (Cent mille journées de prières, J'ai tué Géronimo…) et Philippe Dupuy (Monsieur Jean, Les héros ne meurent jamais, Boboland…). L'ouvrage alterne des pages d'écriture pure, des passages illustrés totalement muets et d'autres en bandes dessinées. le tout représente 432 pages.
L'ensemble est harmonieux, chaque mode d'expression semble prendre le dessus au moment opportun de l'histoire, martelant son rythme et modelant l'atmosphère. Pourtant, si chaque élément narratif et graphique semble effectivement à sa place et que les rouages semblent parfaitement huilés, la lecture n'a pas été facile.
Tout d'abord, il m'a été difficile d'accepter la cruauté de cet univers. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, ils fuient ensemble un monde cruel. Pourtant, ils reproduisent inconsciemment des codes et des croyances tout aussi cruels. Il crée une Justice qu'ils assortissent de sanction. Un système de récompense et de privation de liberté… l'absurdité en plus. Rappelons que nous sommes en présence d'enfants, on peut donc tout à fait concevoir que les normes et les valeurs de nos sociétés leur échappent. Dans cet ouvrage, on accède à une vision possible que nos enfants peuvent en avoir.
La lecture débute par une démonstration de ce qu'est la chaine alimentaire. Une proie rencontre son prédateur, qui à son tour rencontre son prédateur, qui à son tour… le ton est donné. Puis vient une description narrée du contexte social dans lequel s'ancre le récit : famine, expulsion, misère… le développement de l'intrigue décrit bien des changements (climatiques, environnementaux, relationnels…) autour du groupe d'enfants. Tout au long de ma lecture, cet univers m'a déstabilisée, voire écoeurée. Les enfants évoluent dans un milieu qui leur est constamment hostile et l'ambiance est angoissante, instable. On ne peut se raccrocher à rien. Les leaders qui se succèdent sont des despotes imprévisibles.
L'éditeur précise que « ce récit, destiné aux adultes, posant des questions d'adultes, emprunte les figures du conte pour enfants afin d'interroger le parcours de tout homme, depuis l'enfance ». Mais même en m'aidant de ces éléments de compréhension pour pondérer mon ressenti, je n'ai pas adhéré aux métaphores employées par Loo-hui Phang. Certes l'écriture est fluide mais cet univers est si malsain et si oppressant que je n'y ai pas trouvé la juste distance à mettre pour profiter de cette lecture. Devais-je rester spectatrice ? Devais-je m'impliquer ?… Je n'ai pas trouvé ma place. Aucun positionnement ne me convenait. de nombreuses fois, j'ai reposé le livre pour faire une pause et respirer. Puis, je reprenais ensuite le livre avec appréhension, impatiente à l'idée d'atteindre le point final du récit.
L'épopée est éprouvante pour les personnages comme pour le lecteur. le songe est cauchemardesque, la descente aux enfers semble inévitable. Nos lueurs d'espoir sont étouffées dans l'oeuf. Tout est pensé à l'extrême. Pêle-mêle, il est question de folie, d'autorité, de discipline, de rêve, de communauté, d'individualisme, de survie, de croyances. Un mélange constant de fatalité et d'optimisme.
La vie s'entêtait en eux. Il y avait toujours mieux à faire que de mourir. Prendre une nouvelle inspiration, regarder la vibration des feuilles, avaler une baie. Et, juxtaposés les uns aux autres, les gestes formaient une séquence indécise qui s'étirait jusqu'au soir. A celle-ci succédait une autre, traçant un motif répétitif qui, sans qu'ils eussent la force de s'en rendre compte, était devenu leur vie.
Durant la lecture, j'ai également pensé à d'autres références culturelles : Shéhérazade et les Contes des mille et une nuits, Mandrake le magicien et plus particulièrement un épisode où des esclaves sont utilisés comme mobilier vivant (je n'ai pas retrouvé le titre de l'épisode).
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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svecs
  13 janvier 2015
Je dois avouer avoir complètement manqué ce livre à sa sortie en 2012. Pourtant, Loo Hui phang et Dupuy sont des sighnatures qui auraient dû au moins m'intriguer.
Un rapide tour sur internet m'a montré que sur bubulle, seul Smilay Bone l'a lu, qu'il n'a pas la moindre note sur BDGest, et peu de traces sur internet, rarement positives. Cause perdue ? Me voilà !
Grosse brique, donc. Sur plus de 400 pages qui mèlent texte, illustrations et bande dessinée, les auteuirs s'attachen,t à un groupe d'enfants en fuite. La crise dévaste leur pays, au point que les parents en arrivent à préférer tuer leurs enfants plutît que de les laisser souffrir. Une vingtaine s'échappent et, sous les ordres du plus vieux d'entre eux, tentent de rejoindre la forêt, lieu mythique où ils espèrent trouver une vie meilleure.
Il y a du "sa majesté des routes" dans cette histoire. On trouve aussi des réminiscence de "la route" et un peu de "Shéhérazade". Et, vous l'aurez deviné, une noirceur rarement atteinte en bande dessinée, ou ailleurs. La marche est tragique, cruelle, violente. Il n'y a pas de place pour l'espoir.
Le conte est glauque et met mal à l'aise. La radicalité de l'ensemble réserve ce livre à un public averti. Il n'y a rien de gratuit ou de racoleur dans ce livre. Juste une démarche jusqu'au-boutiste qui peut, qui doit choquer.
Autant dire que je ne serai pas surpris que ce titre soit un échec cuisant sur le plan commercial, d'autant que, bu sa longueur, l'objet est cher.
Et pourtant, c'est un des livres les plus violemment beaux que j'ai lu depuis longtemps. D'une beauté noire et désespérée.
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darcourt
  09 octobre 2012
Roman graphique de Loo hui Phang (texte) et Philippe Dupuy (illustration) qui nous emporte dans la lutte pour le pouvoir et la survie d'une bande d'enfants vagabonds.
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critiques presse (1)
NonFiction   14 août 2013
Tian poursuit ici l’œuvre d’une longue lignée d’auteurs cambodgiens qui ont fait de la bande dessinée l’un des principaux vecteurs de la transmission de l’histoire de leur pays en France.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
alouettalouett   03 octobre 2012
La vie s’entêtait en eux. Il y avait toujours mieux à faire que de mourir. Prendre une nouvelle inspiration, regarder la vibration des feuilles, avaler une baie. Et, juxtaposés les uns aux autres, les gestes formaient une séquence indécise qui s’étirait jusqu’au soir. A celle-ci succédait une autre, traçant un motif répétitif qui, sans qu’ils eussent la force de s’en rendre compte, était devenu leur vie.
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alouettalouett   03 octobre 2012
Puis il improvisa une messe pour les martyrs de la Révolution et exécuta un adagio lancinant. Mais la suavité des sanglots battit en retraite devant le froid et la nuit. Tels des prédateurs affamés, les terreurs familières émergèrent des ténèbres. Ni l’éclat du soleil ni l’âtre salvateur ne les éloignerait désormais. Les enfants appelèrent au secours une intervention providentielle. Ils réclamèrent leurs parents, la police, un instituteur. Jonas se redressa et, pour mettre fin à toute plainte, hurla à pleins poumons. Sa voix était un gouffre sans fond, ouvrant dans la nuit un abîme d’une béance éperdue. Sa gorge douloureuse vomissait des échos menaçants, sa fureur invaincue dévora les peurs. Les enfants se turent. Orphelins de leur effroi, ils se rendirent au sommeil
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alouettalouett   03 octobre 2012
S’ils ne nous avaient pas tués hier, ils l’auraient fait tôt ou tard. D’un coup sec ou à petit feu. Ils font toujours les mauvais choix pour nous. Ils nous imposent le même malheur que celui qui les pourrit. Ils nous retiennent à leurs côtés pour ne pas crever tous seuls
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GregorGregor   16 avril 2014
- Répétez après moi, cela atténuera votre chagrin. Nos parents sont des assassins.
- Nos parents sont des assassins.
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Exposition Loo Hui Phang
Programmation et infos sur www.bdangouleme.com ou sur les réseaux avec @actudufauve #partageonslaBD
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