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Aller plus loin avec la bande dessinée
Liste créée par jamiK le 25/09/2019
74 livres. Thèmes et genres : bande dessinée

La bande dessinée est un moyen d’expression à la fois graphique et textuel. Je vous en propose ici une sélection où le graphisme participe aux idées autant que les mots, où la fusion entre les deux dépasse la simple mise en image d’un scénario, là où la bande dessinée s’émancipe des autres formes d’Art pour en être un soi-même, loin de tout classicisme, académisme, c’est à dire de la création pure, originale et je serais tenté de dire nouvelle. Je vous propose des bandes dessinées qui sortent des sentiers battus, du confort de l’habitude, pour prendre une autre dimension, celle qui vous fera perdre pieds, parce qu’elles secouent, nous triturent dans tous les sens. Il n’y a que des chefs d’œuvres (avis totalement subjectif, mais j’assume). J’en oublie forcément, et il y en a que je n'ai pas mises la mort dans l'âme, difficile de placer une limite, je demande aux absentes de bien vouloir me pardonner. Voici donc cette sélection :



1. Le combat ordinaire, Intégrale
Manu Larcenet
4.50★ (557)

Je démarre par celui où le graphisme et la mise en page semble le plus classique, pourtant, il y a une justesse redoutable, le rapport avec la photo, le trait brut et l'air de rien, une émotion énorme nous submerge à cette lecture, quand les remords semblent envahir et étouffer nos vies ordinaires.
2. Le Rapport de Brodeck, tome 1 : L'autre
Manu Larcenet
4.36★ (1258)

C'est un livre très violent, Manu Larcenet nous réalise ici une adaptation d'un roman de Philippe Claudel, aux antipodes de ses oeuvres humoristiques, un bijou de graphisme, où les noirs et blancs de ses dessins participent intégralement à l'histoire, deviennent l'écriture même. Rarement le dessin d'une adaptation n'aura été aussi loin pour s'accaparer l'histoire et devenir l'histoire.
3. Le rapport de Brodeck, tome 2 : L'indicible
Manu Larcenet
4.42★ (822)

Grandissime démonstration de ce qu'est l'Art avec un grand "A". Le plus fort c'est qu'à partir d'une œuvre littéraire, Manu Larcenet nous sort une œuvre purement graphique, ou le mot n'a finalement que peu d'importance et la démonstration ne peut être plus forte. "Dans les dessins de l'Anderer ils se sont vu tels qu'ils étaient, dans leur absolue vérité". L'art à cette capacité de déranger, l'œuvre de Larcenet est dérangeante et belle. Quand on rentre dans le cabinet privé de l'Anderer on est submergé par la beauté, même la représentation de ses pinceaux est chargée d'émotion, parce qu'on devine la suite.
4. L'Ascension du Haut Mal : Intégrale
David B.
4.19★ (240)

“L'ascension du haut mal” porte bien son nom, tout va crescendo, grandiose, impressionnant, comme une danse macabre trop lourde à digérer pour un enfant de 12 ans. L'histoire est malheureusement si réelle que l'impact en est encore plus fort et dépasse le stade du simple témoignage pour parvenir à une force d'universalité d'une confrontation à la maladie, à la folie. C'est une œuvre majestueuse et ô combien douloureuse, j'ai tremblé, j'ai pleuré, c'est un choc, c'est du lourd, jusqu'à la limite du supportable. L'ascension du Haut mal est de ces rares créations qui changent notre perception à jamais.
5. Nemo - l'Intégrale Couleur
Brüno
4.25★ (28)

C'est une adaptation du roman de Jules Verne “20000 lieues sous les mers”, mais Brüno a su se l'accaparer sans hérésie, en prenant quelques libertés. Trait nets, couleurs en aplats saturés, inventivité graphique, le style de Brûno donne à cette aventure une nouvelle dimension,
6. Les Ombres
Hippolyte
4.18★ (218)

Il y a dans cette œuvre un ambiance onirique et lugubre, remplie d'êtres qui déambulent comme des silhouettes fantomatiques. Il y a une profusion d'inventivités graphiques, de lumières différentes, rien de ce qui est conventionnel dans la bande dessinée. Mais tout un univers irréel s'ancre intensément dans la réalité. à travers ce conte irréel apparait en filigrane la crise des migrants actuelle. Ce récit est absolument bouleversant, triste et violent. le traitement si particulier, par son trait, sa lumière, le ton et l'ambiance, le rendent unique et puissant, on reçoit un claque quand on sort du conte et qu'on entre dans la réalité. Cette bande dessinée est un véritable choc !
7. Pourquoi j'ai tué Pierre
Olivier Ka
4.15★ (372)

Un sujet grave, la pédophilie, abordé avec beaucoup de force, grâce à un graphisme sans concessions, expressif dans le trait et les couleurs, dur comme le sujet.
8. Pinocchio
Winshluss
4.18★ (588)

lusieurs récits s'enchevêtrent, se croisent sans que les personnages se côtoient vraiment, même les graphismes diffèrent. Cette structure éclectique finit par former une œuvre d'une grande homogénéité, d'une grande force, où l'humour et l'horreur se marient à la perfection. Un humour violent et dénonciateur, un humour qui n'est pas gratuit. Ce qui en ressort, c'est un très forte impression, une bande dessinée très marquante, une démonstration percutante et magistrale sur la noirceur de la nature humaine. Un chef d'œuvre de l'humour noir.
9. La gigantesque barbe du mal
Stephen Collins
4.19★ (80)

Dave vit sur une île parfaitement elliptique, avec des maisons toutes identique, Ici, tout est lisse, tout est propre et bien rangé, tout marche droit, pas le moindre grain de sable dans l'engrenage, pas le moindre poil de travers… Ah si ! Dave est chauve et imberbe, sauf un petit poil rebelle sous le nez… un petit poil qui va finir par terroriser toute cette société, y mettre un bordel pas possible. Les dessins sont magnifiques, en noir et blanc, simples et poétiques. C'est une pure merveille, ils nous embarquent dans une réflexion sur la routine, sur notre société insensée, absurde, sur ce qu'est la poésie, la liberté, le rêve.
10. Voyage en République de Crabe
Tarmasz
4.27★ (38)

On s'immerge dans ce pays sans parvenir à s'accrocher, tout glisse comme la boue omniprésente, le graphisme fait ressortir les sons feutrés, les odeurs lourdes et opère comme un voile qui pose une frontière infranchissable avec cet étrange pays, et pourtant on en ressort émerveillé, comme si on sortait d'un rêve étrange, beau et inquiétant à la fois.
11. Concerto pour main gauche
Yann Damezin
4.41★ (121)

Cette bande dessinée est un délice pour les yeux. de ce graphisme en noir et blanc semble sortir du son, des harmonies, des arpèges, c'est un dessin fait de volutes, de subtilités, un dessin sonore et lumineux et ici, c'est de la musique que sortent les images et non les images qui représentent les sons. C'est une ambiance, un univers entier.
12. Fabrica
Nicolas Presl
4.21★ (29)

Des dessins en noir et blanc en référence à l'expressionniste allemand, nous racontent une histoire de totalitarisme, une traque d'un art que les tyrans considèrent comme dégénéré.
13. Là où vont nos pères
Shaun Tan
4.44★ (1592)

Sans parole, tout en douceur et fantastique, un père de famille exilé économique (imaginé par sa fille resté au pays ?). Des illustrations au crayon époustouflantes !
14. Sens
Marc-Antoine Mathieu
3.80★ (132)

C'est une bande dessinée minimaliste, non pas au sens global ou philosophique, mais minimaliste car elle s'intègre à ce mouvement artistique des années 60 à 80 : Robert Morris, Carl Andre et Donald Judd, Frank Stella, James Turrell, Tony Smith, Sol le Witt et tant d'autres y sont cités. C'est non seulement un hommage magistral à ce mouvement artistique, mais aussi un support pour l'appréhender et le comprendre. Le graphisme est lui-même minimaliste, en noir et blanc, le trait régulier, les nuances en grands aplats de gris, pas de traits superflus, juste le nécessaire. le trait est juste ce qu'il est, c'est à dire un trait noir sur une feuille de papier, c'est nous qui en faisons une interprétation, la ligne d'horizon peut aussi bien être la cime d'un mur. On se retrouve pris au piège au sens que nous donnons à ce trait et on se fait surprendre tout au long de la lecture.
15. Reprobus
Markus Farber
3.75★ (9)

Ce qui frappe tout de suite, c'est le graphisme, tout en gris, avec un aspect de peinture et de crayon, de coups de pinceaux tout en douceur, donnant un aspect velouté à la texture, les formes sont anguleuses, sèches, les nuances tout en finesse. L'histoire reprend la légende de Saint Christophe, avec tout ce qu'elle contient de païen, la confrontant avec son aspect religieux. C'est l'opposition entre deux univers, païen/chrétien, et même entre trois, avec celui du monde réel, le passage dans la ville “réelle” est d'ailleurs tout aussi inquiétant. Juste magnifique.
16. L'âge d'or, tome 1
Roxanne Moreil
4.14★ (1428)

Les couleurs se chevauchent parfois comme des palimpsestes, certains contrastes sont assez osés, d'autres chatoyants, tous vibrants et merveilleux. Les grandes illustrations en double pages rythment ce récit en apportant une majesté épique et lyrique. Elles sont tellement impressionnantes qu'elles nous enveloppent d'une forte et belle émotion. Ce travail graphique si génial, si impressionnant, parvient à rendre cette histoire extraordinaire.
18. Moby Dick - Intégrale
Christophe Chabouté
4.57★ (30)

L'ambiance des tensions est superbement retraduite par le dessin tout en noir et blanc, en contrastes forts sans nuances et lignes sèches. L'intensité dramatique est à son comble grâce au graphisme et rend l'histoire haletante, le coup de pinceau est juste et agressif, les planches sont belles et tiennent sur un équilibre tranchant qui participe à la tension de l'histoire.
19. Erik le rouge, roi de l'hiver
Soren Mosdal
3.31★ (18)

Le graphisme est magnifique, le trait est saillant, brut, agressif, les décors nous font bien ressentir l'ambiance hostile, aride et glacé, les caractères s'harmonisent avec le climat, aussi durs et violents, la colorisation simple, en aplat, est d'une justesse et d'une force remarquable, chaque couleur est à sa place, du ton idéal pour s'accorder au récit. Mais attention, ce n'est pas un récit de mythologie scandinave ni de fantasy médiévale, c'est une réflexion sur l'histoire des danois vue par un danois.
20. Un conte des mille et une nuits, tome 1 : Hâsib et la Reine des serpents
David B.
3.93★ (57)

Le graphisme s'apparente au style d'enluminures anciennes, et d'arts primitifs, le trait noir est net, en contours, les couleurs en aplat sont très vives très riches, chaque planche m'a procuré un émerveillement. Parfois l'ordre de la lecture s'émancipe des critères de la bande dessinée, déambulation en labyrinthe, en spirale, structure architecturale aplatie… Tout cela s'accorde au récit en forme de poupées gigognes, le premier tome ouvre les poupées, le deuxième les refermera. C'est une histoire extraite des contes des Mille et une nuits.
22. Les cent nuits de Héro
Isabel Greenberg
4.03★ (140)

Le graphisme fait penser à de vieilles gravures sur bois, avec une gamme de coloris restreinte, un trait épais, un peu grossier, beaucoup de noirs, de contrastes, dégageant une véritable force. Les histoires racontées par les deux femmes sont cruelles, tragiques, dans l'univers du conte classique mais en arrière plan, il en ressort une militantisme féministe très marqué. Une manière poétique et belle de démontrer qu'une religion créée par les homme pour les hommes ne servira jamais la femme, sujet malheureusement toujours d'actualité.
23. Les Ogres-Dieux, tome 1 : Petit
Bertrand Gatignol
4.27★ (824)

C'est un monde extraordinaire inspiré des contes anciens, avec leur cruauté, les héros pas tout blanc, un monde d'ambition, de laideur et de beauté, de lâcheté et de bravoure. le rapport au conte classique est maîtrisé avec talent, force et ambition, avec un graphisme gothique et raffiné.
24. Jean Doux et le mystère de la disquette molle
Philippe Valette
4.23★ (362)

On démarre avec “Jean Doux arrive une minute en retard au bureau” pour devenir à notre plus grande surprise “Indiana Jones au pays de la bureautique” ou “Indiana Jones au royaume de la broyeuse à papier”. Et c'est à pleurer de rire, c'est plein de rebondissements, de surprises. et la plus grosse surprise, c'est que derrière ce style un peu lourd et rigide se cache un énorme moment de bonheur de lecture.
25. Alcibiade
Rémi Farnos
4.00★ (55)

C'est de son choix graphique que l'histoire prend toute sa dimension poétique, pleine de sagesse, que le rythme s'étire et qu'elle se transforme en un conte initiatique plutôt qu'en aventure trépidante, que le temps, par la multitude des petites cases, se rallonge et se transforme en années, en une longue errance..
26. Blast - Intégrale
Manu Larcenet
4.52★ (238)

La couleur fait partie intégrante de l'histoire, où le style de graphisme, change régulièrement ou fil des pages intervienant directement dans la narration, le dessin fait voyager notre esprit, notre réflexion. L'Histoire importe peu finalement, ce qui reste après la lecture de ces 4 tomes, c'est comment ces petites images enfermées dans des cases nous ont amenés vers une telle impression de stupeur, d'effarement.
27. Blédard-sur-Seine, tome 1
Leni Malki
5.00★ (8)

600 pages de délire absolu. Il n'y a pas vraiment d'histoire, c'est un livre concept, sorti tout droit de l'esprit bouillonnant de Leni Malki, tel un artiste de l'Art Brut, un Facteur Cheval du troisième millénaire, un peintre écorché vif. il construit tout un univers par une suite d'images, d'illustrations au graphisme Brut, avec ses personnages, une suite de portraits de marginaux, de gueules cassées, de schizos, de paranos, de cinglés, de mafiosos, d'escrocs, de gourous en tous genres. Tout cela foisonne de détails, d'humour, de couleurs agressives, de traits nerveux, de gueules, de bricolage inventif, de délires de banlieue perdue, de no man's land, de bidonville, de rap et de musique manouche, les maisons sont en carton, certaines armes aussi, mais pas toutes, la bouffe est franchement douteuse, mais c'est bourré d'énergie, vitalisant, frais et crado à la fois, sincère et malhonnête, mais surtout complètement fou.
28. Metropolis, tome 1
Serge Lehman
3.72★ (171)

Une intrigue uchronique dans une ambiance de cinéma expressionniste allemand, bourrée de références littéraires et artistiques.
29. Monkey Bizness - Intégrale
Pozla
4.39★ (32)

Une variante trash et iconoclaste de la Planète des singe : "C'est pas pour les opossum, ce truc !"
30. Le Courant d'Art : De Byrne à Mondrian - De Mondrian à Byrne
Frédéric Bézian
4.29★ (21)

Bézian prend le risque d'établir un parallèle entre un mathématicien du XIXe siècle, Oliver Byrne, et un peintre du XXe, Piet Mondrian. C'est une interprétation intelligente et très osée sur l'œuvre de Mondrian. De plus l'objet livre est superbe, il n'y a pas de reliure, le livre est en accordéon, présentant une longue fresque avec d'un côté Oliver Byrne et de l'autre Piet Mondrian.
31. Un monde en pièces, tome 1
Gaspard Gry
4.32★ (84)

Intrigue et graphisme basé sur le jeu d'echecs dans un polar en noir et blanc.
32. Pages intérieures
Jacky Beneteaud
3.44★ (25)

Un homme et une femme se rencontrent dans une bibliothèque, l'ambiance est étrange, on a un sentiment de malaise. La narration se fait en voix off nous maintenant à distance du récit. le graphisme aussi renforce cette bizarrerie, images floues, grises, graphisme réaliste, tout en lavis et crayonné noir et blanc, comme de vieilles photographies usées, le fond des vignettes est légèrement jauni, comme si ces images étaient restées longtemps au fond d‘un tiroir, le choix d'un papier épais, texturé et pas parfaitement blanc accentue encore tous ces effets. Ce monde paraît pourtant totalement réaliste dans les premières pages et on découvre au fur et à mesure des aspects de plus en plus futuristes, post apocalyptique, ça va crescendo pour devenir totalement fantastique, lyrique, paradoxal, onirique, une lecture vraiment déconcertante.
33. Inner City Blues - Intégrale
Fatima Ammari-B
3.86★ (26)

Trois point de vue différents de la même histoire dans un ambiance pulp, disco, R&B.
34. Quand le cirque est venu
Wilfrid Lupano
4.22★ (109)

Cela raconte la confrontation de la création artistique face à la tyrannie. Les textes sont simples, enfantins, pour pouvoir être apprécié d'un public très jeune. Les illustrations sont superbes, les planches en grand format colorées et vivantes, et l'histoire est belle et tout en abordant un sujet grave, celui des dictatures, du pouvoir absolu, de l'emprisonnement politique, mais racontée avec délicatesse et humour. Magistral !
35. Le Grand Rouge
Wouzit
3.84★ (65)

Chasses à l'homme, flashbacks, grandes évasions, amitié étroites, mythes ancestraux, survie en milieu hostile, rêves d immortalité... Voilà ce que vous réserve Le Grand Rouge! Servi par un univers graphique immersif et haut-en-couleurs, Wouzit livre ici un récit d'aventure extraordinairement riche et complexe.
36. Le Réducteur de vitesse
Christophe Blain
3.89★ (116)

La Divine Comédie n'est pas loin, dans cette ambiance pourtant réaliste de la Marine Nationale.
37. Tête de mule
Øyvind Torseter
4.08★ (29)

C'est l'ambiance et l'univers proposés par le norvégien Oyvind Torseter qui m'ont emportés, une naïveté savante, un brouillon élaboré, une brutalité raffinée... un dessin sur le fil du rasoir, dans un équilibre si tenu, et c'est ça qui donne une si grande intensité au récit.
38. Fin de la parenthèse
Joann Sfar
2.82★ (70)

C'est une immersion dans l'oeuvre de Dali au travers notre regard des années 2010. Un regard sur le sacré, sur l'iconoclasme de cet artiste. C'est une plongée dans le surréalisme, et une superbe réponse à la question de savoir si l'art de Dali peut encore nous apporter quelque chose aujourd'hui. le dessin de Joann Sfar, pourtant très différent de celui de l'artiste catalan, parvient par ses angles du vue, ses couleur à nous faire entrer dans l'atmosphère de de ce génie un peu fou.
39. Noir Tango
Michaël Monnin
3.45★ (20)

Il y a tout un travail sur les corps, une relation marquée entre la bagarre et la danse, on pense à Picasso dans sa période 1918-1924 [“Deux femmes courant sur la plage” (1922), “Les baigneuses” (1918) ou encore “La sieste” (1919)]. le côté latin au sang chaud, fier et orgueilleux des personnages est superbement mis en scène. Toute l'histoire, même en dehors des moments de tango, est comme une danse tenant sur un rapport de force et de séduction entre les protagonistes.
40. Caboto
Jorge Zentner
3.68★ (28)

Les illustrations en peinture de Mattotti nous font pénétrer dans cette atmosphère baroque, dans l'Amérique du sud des conquistadors.
41. Salammbô - Intégrale
Philippe Druillet
4.28★ (126)

Adapter Gustave Flaubert en science fiction et fantasy, on est à la limite du blasphème, pourtant sous le coup de crayon de Philippe Druillet, c'est sans doute un superbe hommage. Il rend à ce récit sa dimension lyrique, extravagante, baroque et épique, bien plus respectueux qu'il n'y parait. C'est aussi un délice pour les yeux, si vous n'avez pas peur de l'extravagance, de l'outrance, du kitschissime sous acides. Les scènes de batailles foisonnent, les architectures sont époustouflantes, c'est du peplum psychédélique, on sent Philippe Druillet dans son univers, à croire que ce texte a été écrit pour lui.
42. Demon, tome 1
Jason Shiga
4.07★ (110)

De l'art de la surenchère avec dessin simplifié au maximum. D'une ambiance chirurgicale et froide, triste et morbide, Jason Shiga nous embarque dans un road movie ébouriffant digne d'un Tarantino.
43. Le voyage
Edmond Baudoin
3.80★ (50)

C'est un récit sur le lâcher prise, Simon, craque. Cette ouverture sur le haut de la tête semble symboliser ce trop plein qui s'échappe, qui ne pouvait plus rester enfermé. Simon s'enfuit, quitte sa femme, son fils, son boulot, la ville, dans une errance, en quête de sens, à la recherche de la beauté, de la vie, la vraie. le récit ne tombe jamais dans la mièvrerie baba-cool, parce que c'est le graphisme qui fait le travail, les mot ne servent que d'illustration, de ponctuation, c'est le coup de pinceau qui donne toute sa force au récit, et sa puissance poétique, on nage, on vole parmi les lignes d'encre.
44. Le chat du kimono, Tome 1
Nancy Peña
4.01★ (148)

le récit oscille entre le conte exotique, le récit surréaliste et fantastique, l'enquête policière, la quête initiatique, c'est un foisonnement d'idées originales, servi par un graphisme en noir et blanc aux styles variés, parfois baroque, onirique, parfois plus brut, alternant les ambiances, et tout cela m'a envoûté, la magie opère, il se dégage de ce récit une mélancolie poétique et feutrée, une ambiance mystérieuse et lourde.
45. Ailefroide : Altitude 3 954
Jean-Marc Rochette
4.33★ (1062)

On grimpe littéralement avec lui, il partage chaque moment, chaque pas, chaque coup de piolet, je n'ai jamais rien lu d'aussi fort sur l'alpinisme. La sincérité qui se dégage de cette bande dessinée est totalement bouleversante, il nous fait partager sa passions, ses émois. le graphisme est juste, vif et dynamique, la montagne y est montré dans sa puissance, chaque trait de crayon est un éloge à la verticalité, Jean-Marc Rochette grimpe sur les sommets, et il est aussi au sommet de son art.
46. Satanie
Fabien Vehlmann
3.71★ (125)

À la question “l'enfer existe-t-il”, Vehlmann et Kerascoët nous fournissent une réponse magistrale, lyrique, grandiose, épique, romanesque et intelligente. Les caractères sont très élaborés, le crescendo du récit est à couper le souffle. Pour moi, c'est une grosse surprise, les premières pages ne payent pas de mine, très “terre à terre”, mais le fantastique monte crescendo pour une dernière partie époustouflante, avec des idées délirantes, c'est totalement fou.
47. Au pays des lignes
Victor Hussenot
3.48★ (35)

Au pays des lignes, c'est un conte romantique sans paroles raconté avec un graphisme très original, ce choix graphique est en lui-même le sujet de cette histoire : Deux petits personnages, le garçon en bleu, la fille en rouge, tout est dessiné au trait, en deux couleurs, rouge et bleu, des traits jaunes arriveront par la suite. des hachures, des trait géométriques en contraste avec les formes naturelles, arbres, taillis, vallons, la circulation des personnages jouent sur les formes représentées, c'est un univers étrange simple et foisonnant à la fois, le jeu de ces traits de couleurs nous fait vibrer et rêver. C'est étonnant à quel point cette extrême simplicité de moyens arrive à provoquer autant d'émotions, grâce à cette richesse d'imagination associée à une belle sensibilité .
48. Chemin des souvenirs
Victor Hussenot
4.12★ (12)

C'est la suite de “Au pays des rêves. Toujours aussi merveilleux, encore plus de richesse graphique, d'inventivité, un peu plus de couleurs pour encore plus de beauté, et une histoire fleur bleue qui nous émeut tellement son traitement est original, poétique et onirique.
49. Blue
Pat Grant
3.69★ (37)

Le style de graphisme s'inspire du genre doodle (griffonnage) et univers du surf, rétro et schématique, avec une trichromie subtile, noir, gris violacé et bleu. C'est plein d'inventions graphiques et de délires loufoques. Pat Grant propose une critique de la société, drôle, iconoclaste, tout est à prendre au second degré, c'est en même temps trash et léger, élégant et affreux. Dans l'histoire, il ne s'y passe en réalité pas grand chose, c'est une journée d'école buissonnière, mais l'aspect fantastique en porte à faux avec les anecdotes autobiographiques apporte une dimension universelle au récit, avec un large éventail de problématiques, adolescence, racisme, économie… Difficile d'englober tout ce que recèle cette oeuvre à la première lecture, Des petits riens qui racontent tout un tas de choses
50. Gare centrale
Lewis Trondheim
2.88★ (20)

L'utilisation des lavis donne beaucoup de profondeur au graphisme, une lumière douce, l'architecture est très présente, arches, colonnades… C'est une histoire étrange, un homme chat, dans une gare attend son train, mais il n'y a plus d'horaires sur le panneau d'affichage, de la simple angoisse de rater son train, on se retrouve dans une quête loufoque, tout devient étrange, cette gare devient un lieu fou, hors du temps, absurde, sans but, l'architecture, d'abord classique, évolue aussi vers un délire onirique. C'est le théâtre de l'absurde, surréaliste, digne de Kafka, Samuel Beckett, Lewis Carroll.
51. L'humain
Diego Agrimbau
3.62★ (127)

Le graphisme est en rose et gris, un trait assuré, net, des décors plein d'imagination avec une faune étrange omniprésente, face à la technologie, omniprésente aussi, la gamme coloré est restreinte et pourtant très riche, elle crée une ambiance très particulière. C'est une histoire de voyage dans le futur, un mélange subtil entre Robinson Crusoé et La machine à explorer le temps, le choix du point de vue du robot plutôt que de celui de l'humain est une excellente idée qui apporte de l'humour, un certain détachement, et cette histoire nous amène là où on ne l'attend pas. C'est de la science fiction de haute tenue, bien construite, bien imaginée, avec une réflexion sur l'humanité et sur le point de vue anthropocentrique.
52. L'amour infini que j'ai pour toi
Paulo Monteiro
3.81★ (27)

10 petits récits, assez noirs, au dessin brut chargé d'influences, Chagall, Picasso, Fernand Léger, l'expressionnisme allemand, Kafka… Un texte, parfois évasif, qui se confronte à l'image, c'est une suite de poèmes, accompagnés de traits noirs, épais, des moments d'épiphanie, de contemplation, et aussi d'hommages à des être chers à l'auteur, un grand-père, un père, une fiancée. J'aime rencontrer ce genre de lectures, qui ne sont que des suites d'impressions, d'émotions, qui laissent notre imagination errer au fil des corrélations, des rapprochements. Je suis heureux que la bande dessinée ai osé se lancer sur ces chemins difficiles de la poésie, que la lumière du graphisme vienne se confronter au mots, d'une façon naturelle et élégante, comme dirait Paulo Montero, “Parce que c'est mon métier”...
53. Le Génie de la boîte de raviolis
Germano Zullo
3.55★ (21)

Avec un dessin naïf et coloré, poétique et onirique, cette histoire revisite le thème de la lanterne magique d'Aladdin, avec son génie qui lui propose deux voeux (d'habitude c'est trois !), sauf que le héros travaille dans une usine de raviolis et le génie surgit donc d'une boite de raviolis. C'est un peu une fable écologique, le héros ne va pas désirer de la richesse, la vie éternelle, non, juste de la nature, des fleurs, et des petits plaisirs, des goûts, des saveurs et de la tranquillité… des petits moments qui font du bien, pour une histoire qui fait du bien.
54. Le voyage du boulanger
Wen-Sheng Chen
4.67★ (7)

C'est une merveille, les illustrations sont belles, poétiques, lumineuses, riches, baroques et douces. Les couleurs s'envolent, les images font rêver, voyager, en poisson volant, mi dirigeable mi baleine, en avion, sous la mer, et aussi avec des sentiments. le texte se contente d'une petite phrase en début de chapitre, pas besoin de plus, ça se savoure, on se délecte, on rêve, on plane avec ce "Petit Prince" boulanger.
55. Thérapie de groupe, tome 1 : L'étoile qui danse
Manu Larcenet
3.49★ (490)

C'est une ode à la création graphique, bourrées de références y compris dans la littérature, le cinéma, se moquant de ces mêmes références, se moquant de lui-même, ça part dans tous les sens et pourtant ça ne se disperse jamais (comment il fait !). Et en plus, c'est à pleurer de rire. Comment arrive-t-il à être aussi déprimant et aussi réjouissant à la fois ?
56. Par les chemins noirs - Intégrale
David B.
3.58★ (11)

Dans le Fiume de Gabriele d'Annunzio (1920-1924), David B. fait intervenir les éléments symboliques dans le mouvement et l'action de l'intrigue, les évènements deviennent fous et magiques, le ton fait penser à la littérature russe qui aurait infusée dans le dadaïsme. Certaine pages, certaines illustrations sont emblématiques, dégageant une puissance et un intensité redoutables, de véritables chefs d'oeuvres.
57. Peau d'Homme
Hubert
4.42★ (5108)

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité... mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l'humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d'homme nous invite tant à la libération des mœurs qu'à la quête folle et ardente de l'amour.
58. Apocalypse selon Lola
Arthur Qwak
5.00★ (9)

“Dans la vie, c'est avec mon cul que je m'en sortais. Dans l'espace, il n'y avait aucune raison que ça change.” Du pulp SF complètement déjanté, une référence à Barbarella totalement iconoclaste
59. Les oiseaux ne se retournent pas
Nadia Nakhlé
4.51★ (497)

Une histoire de migrants, chargé d'émotion et de poésie. Le graphisme est riche, souvent en négatif, fait de traits blancs dans une page noire, les motifs décoratifs viennent contrer des pages au graphisme plus sec. L'objet livre est lui-même un objet précieux, il y a une part de tactile dans cette lecture, en fait, tout les sens sont mobilisés, on ressent les mélodies douces de la langue, le son cristallin de l'oud est visualisé et ça sent bon le thé...
60. Rivière d'encre
Étienne Appert
4.00★ (36)

Pourquoi les êtres humains dessinent-ils ? La démonstration est réalisée avec plusieurs histoires qui s'enchevêtrent. Tout l'éventail du sujet est abordé. le graphisme passe d'un réalisme narratif à des tergiversations plus abstraites, symboliques. Les couleurs servent à superposer les éléments comme des palimpsestes, pour que la démonstration prenne corps. le résultat est une bande dessinée magistrale, créative et savante. On en ressort instruit, et aussi émerveillé.
61. Mémoires effondrées
Baya
4.53★ (39)

Avec ces petits bouts de ferraille, ces photos truquées, ces petites taches d'encres, ces réflexions souvent anodines, l'auteur semble lancer un SOS terrible pour notre planète. C'est un récit écologique sans militantisme apparent, pas d'explications, juste une manière d'ouvrir les yeux, de la poésie qui a des choses à dire. Cette bande dessinée, par son étrangeté, nous retient pour mieux nous secouer, c'est beau et horrible à la fois. À lire et à relire, jusqu'en 2047, parce qu'après…
62. Quand tu lèves les yeux
Guillermo Decurgez
3.66★ (45)

Avec deux styles différents, l'auteur crée une complicité troublante, la fiction et la vie vont se rejoindre dans encore autre chose : le plaisir de lire, de créer, d'inventer des histoire, de les confronter à la réalité, c'est un livre sur la lecture, sensible et subtil. Chaque page est un émerveillement, et l'histoire est magnifique.
63. Le livre des merveilles
Étienne Le Roux
3.50★ (88)

Comme son nom l'indique, ce livre fait référence au livre du même titre de Marco Polo. Le graphisme élaboré, utilise un mélange de techniques, crayon, encre, pastel… le style est parfois vaporeux, parfois chargé d'ornementations, sensuel et d'une grande richesse, avec une belle variété de paysages qui tiennent un véritable rôle dans l'histoire. C'est beau, comme une invitation au voyage. Une pointe de fantastique rend cette histoire encore plus impressionnante. le graphisme allié au récit lui apporte un brin de poésie, lyrique sans trop d'extravagance.
64. Le poids des héros
David Sala
4.32★ (750)

Le déracinement est toujours présent dans l'esprit de leurs descendants, comme une déchirure qui ne peut se refermer. David Sala explique que c'est la raison qui l'a amené à la création, le résultat s'impose. Ce livre amène à comprendre le dilemme qu'ils doivent vivre, un thème universel, c'est une claque à ceux qui prétendent “qu'ils doivent s'adapter à notre façon de vivre”, c'est le besoin de s'attacher aux héros, ceux qui ont pris d'énormes risques et qui s'en sont sorti, en sacrifiant une part de leur identité, une part qui manquera toujours aux générations qui suivent. Cette manière de traiter un sujet aussi complexe est magistrale, les mots ne suffisent pas alors il faut s'exprimer par des couleurs, des images, c'est presque du surréalisme, le ressenti avant l'anecdote.
65. Le serment des lampions
Ryan Andrews
4.10★ (261)

C'est un récit magnifique sur l'amitié, la persévérance, la solidarité, les rencontres, un pur moment de magie, de poésie, parfois un peu dur. le dessin, sobre au départ, va devenir de plus en plus extraordinaire, lyrique, poétique, inventif, les nuances nous font voyager à travers la nuit, le brouillard, les lumières apparaissent alors plus fantastiques.
66. Empire Falls Building
Tommy Redolfi
3.43★ (47)

J'adore me faire surprendre de la sorte par une bande dessinée, le graphisme énigmatique est à la hauteur du récit, ainsi qu'à la profondeur, et l'histoire nous ouvre sur de multiples horizons. C'est juste une réflexion sur ce qu'est l'Art, intelligente, mais totalement vertigineuse.
67. Delacroix
Catherine Meurisse
4.05★ (247)

Cette bande dessinée est sans doute ce qui n'a jamais été écrit de mieux sur Eugène Delacroix, magistral, percutant, et c'est aussi l'adaptation formidable d'une œuvre non romanesque et totalement romantique d'Alexandre Dumas, ne l'oublions pas. le pari était très osé, mais le résultat est au-delà des espérances.
68. Perpendiculaire au soleil
Valentine Cuny-Le Callet
4.60★ (987)

Valentine Cuny-Le Callet a fait de cette rencontre un récit plus universel sur la nature humaine, un récit anthropologique et poétique à la fois, l'échange est créatif, elle dessine, elle écrit, lui aussi, il en ressort une véritable réflexion sur la nature de la création, de sa nécessité, l'art est un médium pour comprendre la vie et sa fragilité. La peine de mort n'est qu'un avatar incongru, une ineptie profonde dans un système judiciaire qui parait en dehors de l'humanité, son aspect calculé et méthodique est mis en opposition avec l'esprit humain, tourné vers l'imagination et la créativité. C'est un livre étonnant, troublant, d'une grande richesse, qui va bien au-delà d'un simple débat sur la peine de mort, une bande dessinée magistrale.
69. Tous les vivants
Roman Muradov
2.76★ (80)

Elle semble être revenue dans le monde des vivant, toujours accompagnée de sa dépression, mais à fleur de peau, la sensibilité décuplée, dans un univers où tout s'estompe, s'efface au dépend du sensible, tout semble restreint, le trait très léger, la gamme limitée, mais les sens s'ouvrent alors plus large, comme quelqu'un qui perd la vue et dont l'ouïe devient super fine, et nous-même, lecteur, nous ressentons avec une nouvelle perception ce monde transformé, par la délicatesse de l'art, la découverte du sensible. Les interprétations peuvent être nombreuses, l'esprit, la mort, le détachement du monde matériel, mais c'est à chacun de faire sa propre expérience et c'est ce que nous propose cette bande dessinée magnifique.
70. Musée
Christophe Chabouté
4.22★ (478)

J'aime cette vision du Musée que je partage totalement, loin de ce que propose les tours operators. J'aime cette vision où les oeuvres sont vivantes, car c'est bien le cas, j'aime qu'on dénonce cette vision étriquée qui les enferme dans un livre d'histoire, si elles se sont retrouvée entre quatre murs au musée, ce n'est pas parce qu'elles ont marqué l'histoire, c'est avant tout parce qu'elles provoquent de l'émotion et c'est la seule chose qui compte réellement. Et des émotions, il y en a une belle collection dans ce livre.
71. Frontier
Guillaume Singelin
4.27★ (584)

les illustrations en ou hors atmosphère sont rendues avec efficacité, et on s'y croirait presque alors que les personnages ont des aspect tout doux de littérature enfantine. J'adore ce contraste, dureté et douceur se mélangent pour une immersion profonde dans l'univers qu'il nous propose. C'est beau, c'est intense, c'est imaginatif, c'est riche, c'est parfait. C'est de la science-fiction qui offre de la réflexion, un récit envoûtant, plein de rebondissements, superbement construit avec des personnages formidables et c'est aussi un livre magnifique.
72. Tohu-Bohu
Shin'ya Komatsu
3.56★ (39)

Chaque récit est un moment de rêve, de poésie, d'humour léger, chaque récit est un envol onirique, une déambulation fertile, une ode à l'imagination la plus débridée.
73. Oliphant
Loo Hui Phang
3.57★ (49)

Parfois, le pinceau déambulant sur la feuille semble se laisser aller à une certaine mélancolie fragile et la lecture devient alors un moment de torpeur, on se sent envahi des mêmes sensations que les personnages du récit, un peu engourdi, comme dans un rêve, bercé de magie, le rêve devient un cauchemar, la mort pose sur nous un voile d'angoisse, le trait du pinceau tremble, devient brutal, il erre sur la feuille pour devenir faille, éclat, émotion. J'ai trouvé tout cela dans ce récit, beau et grave.
74. Fables nautiques
Marine Blandin
3.56★ (179)

Ce centre aquatique a été construit sur l'emplacement d'un cimetière pour animaux domestiques, là où le lapin Moutte a été enterré. On y fait du water polo, de la natation synchronisée, on se laisse entraîner par le bassin à courants, on tente d'aller chercher une clé de vestiaire tombée au fond du bassin ou on échange quelques potins dans un Jacuzzi, mais est-ce la réalité ? C'est un récit un peu fou, la frontière ne se définit pas complètement entre l'aspect festif et ludique du complexe aquatique, et un monde clos à l'atmosphère morbide, voire apocalyptique, en effet, il y a un air de fin du monde. Pourquoi sont-ils enfermés dans ce lieu de détente ? La piscine devient le Styx d'un enfer pour chats, chiens et autres petits lapins mignons. Il y a de l'humour décalé, pétillant et c'est une histoire très étrange, on va bien plus loin que ce que le synopsis nous laisse envisager, le monde très ordinaire d'un Aqualand devient surréaliste et fantastique et surtout totalement poétique.
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