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Note moyenne 3.92 /5 (sur 101 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 02/04/1968
Biographie :

DAVID DUFRESNE est journaliste indépendant, après des années à Libération et Mediapart.

Il a commencé dans le fanzinat, au milieu des années 1980 (Tant qu'il y aura du Rock puis Combo! avec Yannick Bourg), avant de rejoindre la presse rock (Best), puis de fonder un quotidien parisien Le Jour au début des années 1990. Dans l'intervalle, il a travaillé au sein du label alternatif Bondage Records, à la fin des années 1980.

Ensuite, David Dufresne a été reporter une dizaine d'années pour Libération. Il a ensuite été rédacteur en chef de la chaîne d'information en continu i>Télé. Il a participé à la création du site d'information Mediapart, où il était chargé des questions de police et de libertés publiques.

Il est auteur et réalisateur (avec Philippe Brault) du webdocumentaire Prison Valley (produit par Arte/Upian, 2010), qui a reçu de nombreux prix, dont le Premier prix au World Press Photo, catégorie Multimedia

David Dufresne est également l'un des tout premiers créateurs de webzine en France. Il fut notamment le fondateur de La Rafale, en 1995. Il est l'un des auteurs du Manifeste du web indépendant (1997).

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Source : calmann lévy
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Vidéo de

Mélanie N'goyé-Gaham, après avoir vu pour Mediapart le documentaire de David Dufresne auquel elle participe, « Un pays qui se tient sage », livre sa réaction à chaud, dans la salle de projection, à Paris, de la société de producteur du film : le Bureau. Vidéo d'Antoine Perraud. Abonnez-vous à Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement#xtor=CS7-1050 Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart

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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
Annette55   12 mars 2020
Dernière sommation de David Dufresne
«  Qui étaient ces gueux, et ces facétieux , ces dangereux. et ces séditieux ?

Une galerie des horreurs s’installait sous ses yeux fatigués. Dardel y croisait des blessés , des légers, des graves, des indéterminés, une poignée de mutilés .Une jambe brisée, deux yeux crevés , et rien sur LCI. »
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Bazart   26 décembre 2018
On ne vit qu'une heure : Une virée avec Jacques Brel de David Dufresne
"C'est dix ans après sa mort que Brel cessa, à mes yeux d'être un fantôme de salon pour se faire grand frère de petits chemins".
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dido600   30 octobre 2018
On ne vit qu'une heure : Une virée avec Jacques Brel de David Dufresne
Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin

Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit « oui » qui dit « non », qui leur dit « je t’attends »

Qui ronronne au salon, qui dit « oui » qui dit « non » et puis qui nous attend.

Les Vieux
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dido600   31 octobre 2018
On ne vit qu'une heure : Une virée avec Jacques Brel de David Dufresne
T’as voulu voir Vierzon

Et on a vu Vierzon

T’as voulu voir Vesoul

Et on a vu Vesoul

T’as voulu voir Honfleur

Et on a vu Honfleur

T’as voulu voir Hambourg

Et on a vu Hambourg

J’ai voulu voir Anvers

Et on a revu Hambourg

J’ai voulu voir ta sœur

Et on a vu ta mère

Comme toujours

Vesoul
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Charybde2   02 novembre 2019
Dernière sommation de David Dufresne
– Les mots ont un sens.

C’était la phrase fétiche du Patron. Frédéric Dhomme, 57 ans, dont trente passées ici à la Préfecture de Police de Paris, l’État dans l’État. Frédéric Dhomme connaissait la boutique mieux que personne. Des préfets, il en avait connu, des pièges, esquivés par dizaine ; des pressions, subies par centaines – sans flancher. Frédéric Dhomme était le grand flic, serviteur de l’État, discret, craint de ses subordonnés, apprécié de ses supérieurs ; à la fois solide et anguille, à l’aise dans les intrigues et suffisamment retors pour avoir l’air de ne jamais avoir l’air.

– Les mots ont un sens, insistait-il.

Son embonpoint était un signe : suivez-moi, et vous vivrez bien. Les galons sur les épaulettes faisaient le reste. Dhomme, s’il n’inspirait pas confiance, forçait le respect. Il avait la veulerie requise avec les supérieurs, et l’autorité nécessaire avec les autres. Sa carrière parlait pour lui, comme les médailles dans sa vitrine. Depuis son divorce, il n’était plus tout à fait le même, son bégaiement avait repris de plus belle, mais chef il restait. Et dans ce théâtre c’était bien ce qui comptait : on pouvait être mauvais acteur, ou du moins fébrile, seuls importaient le rôle – et les répliques. Dhomme était les deux : fragile et cassant ; touchant à force d’être insaisissable.

Face à lui, un aréopage de chefs d’état-major, à qui, lui, le grand patron de la DOPC, la Direction de l’ordre public et de la circulation, il revenait de cadrer les ardeurs. Son bureau était assez massif, de quoi disposer de grandes cartes sur une grande table, avec antichambre pour conversations discrètes, et espace protégé pour cigarettes électroniques proscrites. Ses officiers connaissaient la musique, et l’endroit. Tous rêvaient d’en être un jour le chef d’orchestre. Et tous savaient que tous le savaient, à commencer par Frédéric Dhomme lui-même.
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Annette55   12 mars 2020
Dernière sommation de David Dufresne
« Le pays était devenu violent parce que les colères sociales ne trouvaient plus d’écho ni de relais; on avait fracassé les corps intermédiaires, écrabouillé les syndicats, criminalisé les militants. Sans soupapes , la cocotte explosait désormais et le couvercle qu’on lui imposait prenait les atours du bouclier CRS .

Le pays était devenu violent jusqu’à ne voir qu’une catégorie de violences, celle qui le mettait en cause.

Hormis quelques - uns, les médias , précaires ou concentrés dans les mains de milliardaires, courbaient l’échine ; comme leur audience , la désertion. »
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Charybde2   02 novembre 2019
Dernière sommation de David Dufresne
Un cri, un hurlement d’après la douleur, inconnu et interminable, une stridence de l’impensable.

Étienne Dardel, sursauta, pétrifié.

C’était un cri indéfini, un homme, une femme, difficile à savoir. Il durait l’éternité de neuf secondes, avant qu’une femme en blanc ne surgisse de la droite de l’écran, enserre la victime et l’accompagne dans une course folle au pied du mur d’enceinte de l’Assemblée. La street medic criait à son tour, cordon ! cordon ! cordon !



Au sol, un bras n’avait plus de main. L’image était effroyable par ce qu’elle montrait et comment elle le montrait de façon clinique, du sang, et des tendons ; de la chair qui pend, et une vie qu’on prend.

Et les autres street medics qui se précipitent, en blanc, croix rouge sur le casque, le cordon qui se forme et, à nouveau, un cri, mais différent, un cri-chorale, dix, vint, trente manifestants qui hurlent ensemble, d’effroi et de colère, les putes les flics !

Un hurlement – et une cavalcade.

C’était un soir de février, avec sa pluie fine et agaçante, son froid humide, et ses milliers de marcheurs qui zigzaguaient dans les bas degrés et les beaux quartiers, en quête d’une liberté prise à des ennemis pas toujours bien définis – à l’État, aux voitures, aux JT, à l’ordre établi.



Dardel sentit des larmes couler. C’était sa cinquième main arrachée, en deux mois. Il suffoquait, il pleurait comme un gamin, lui qui en avait trois, et la vie déjà bien entamée, mais il s’épuisait à visionner encore et encore les images.

Pour être sûr, pour bien comprendre l’incompréhensible, ces armes de guerre envoyées sur des civils, en plein Paris. Les images fusaient maintenant de partout, sous tous les angles, côté gendarmes mobiles, côté manifestants, en Facebook live ou en Twitter Periscope, parfois grossies, ralenties, zoomées, dézoomées, avec ou sans sigle, avec ou sans floutage, avec ou sans façon.

David prit son clavier :



allo @Place_Beauvau – c’est pour un signalement 412

Attention IMAGES TRÈS DURES

Main arrachée devant Assemblée nationale, 19 h 30

Grenade explosive #GLI-F4 (comprend 25 g de TNT).

Paris, #ActeXIII, @EtienneDardel



Les images avaient été tournées par une vidéaste, intrépide et impeccable, de toutes les manifs sauvages depuis le début du mouvement, capable de tenir sept ou dix heures d’affilée, non stop et non fiction, précaire comme la plupart de ses pairs, une génération spontanée qui filmait ce qu’elle vivait au quotidien, l’injustice et l’écrasement.

Étienne Dardel pouvait distinguer le moindre détail. Au loin, la garde statique des riches décorations en bronze doré du pont Alexandre III ; plus proches, les grilles de l’Assemblée, puis le brouillard des lacrymogènes, les palets des grenades, les masques, les casques, les silhouettes déterminées, celles un peu perdues, les corps entraînés et les enjambées entraînantes, les déchets des uns et des autres, drapeaux déchirés et douilles explosées – et la Seine, et toute la scène. Une bataille suprême et désuète du pavé parisien, sublimée par le cadrage fragile.



Dardel était au cœur de l’action, chaque samedi une nouvelle séance, avec ses tensions du regard et ses joies de slogans. Dardel y allait comme au front, le cinéma de son quartier, le cinéma direct, sans filtre, sans script ; la vie même dans ce qu’elle a de plus saisissant : la tragédie humaine.

Le monde avait bien basculé : ce qui n’était qu’un mythe de sa jeunesse, les snuff movies, était devenu une réalité, sa réalité, son quotidien : le trépas live, les gueules cassées en direct, les mutilés sous ses yeux, c’était possible, terrible, et c’était maintenant.
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Charybde2   02 novembre 2019
Dernière sommation de David Dufresne
Les street medics avaient formé un cordon et passé un accord avec les gendarmes mobiles : c’est bon, oui, ils pouvaient emmener la blessée à l’abri, entrez ici, la grille au fond, puis la porte visiteurs sur votre droite. Vicky se retrouva propulsée au cœur du pouvoir, dans la salle des Quatre Colonnes où les pompiers avaient installé leur poste avancé.

Vicky s’amusait de l’ironie de l’histoire : elle qui ne votait pas, elle qui luttait contre un Etat qui ne représentait que lui-même et ses serviteurs ; elle était là, dans cette salle des jours de questions parlementaires, où élus et journalistes se prêtent depuis toujours au jeu imbécile de la petite phrase. Ce jeu dont Vicky et les siens avaient décide de modifier les règles.

Vicky voulait appeler sa mère, lui raconter ; sa mère refusait de rire à sa mauvaise blague, à son histoire de main arrachée et de perchoir, de République abattue et de mutilation, de sang et de pompiers. La douleur se réveilla à ce moment-là, la secrétion d’endorphines ne pouvait plus rien, le mécanisme de protection céda – et la mère de Vicky comprit.

On ne jouait plus.
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Renod   25 avril 2020
Dernière sommation de David Dufresne
(Après les affrontements du 01/12/2018 sur les Champs-Elysées)

Les titres surjouaient le drame, la République attaquée, la République souillée, la République menacée, pas un pour souligner l'ironie de l'Histoire : place de l'Étoile, premier sens giratoire de France et de Navarre, grande sœur des ronds-points.
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dido600   31 octobre 2018
On ne vit qu'une heure : Une virée avec Jacques Brel de David Dufresne
Brel c’est la France dans toute sa splendeur. La France des vrais chanteurs… Allez trouver aujourd’hui un chanteur capable de vous fournir autant de frissons… C’est la France qu’on a pu avoir dans le passé. Un pays écouté sur la scène internationale. La France d’avant-garde, celle d’Air France, de la SNCF, du Concorde, des choses qui faisaient briller la France.

– Mais il était belge, rétorquai-je.

– … Alors qui faisait briller la francophonie !
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