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Citations de John Banville (235)


le_Bison   22 février 2017
La mer de John Banville
Je m’étais versé une tasse de thé noirâtre que j’avais agrémenté d’une rasade de ma flasque – il ne faut jamais circuler sans un petit remontant à portée de main, c’est une chose que j’ai apprise durant l’année qui vient de s’écouler. La lumière de l’après-midi avait viré à la grisaille hivernale et un mur de nuages, denses, bleu de vase, barrait l’horizon. Sur la laisse de haute mer, les vagues griffaient le sable lisse pour tenter de s’y accrocher, mais leur initiative capotait chaque fois.
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John Banville
OverTheMoonWithBooks   20 avril 2014
John Banville
Si on me demandait : "Quelle est la plus grande invention de l'humanité?" , je dirai : "la phrase".
Il y a des civilisations, je ne me souviens pas si c'était les Aztèques ou les Incas - de très grandes civilisations - qui ne connaissaient pas la roue. Mais ils ont dû avoir la notion de la phrase, car c'est par la phrase que nous pensons, que nous communiquons, que nous décidons... de la loi, que nous décidons de la guerre. La phrase est l'unité de base de l'être humain.

[ entretien dans "Les carnets de route" de François Busnel - 10avril 2014.)
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le_Bison   13 mars 2017
La mer de John Banville
Ici, au bord de la mer, le silence a une qualité particulière, la nuit. Je ne sais pas si j’y suis pour quelque chose, je veux dire si c’est moi qui influe ainsi sur le silence de ma chambre et de toute la maison ou bien s’il s’agit d’un effet circonscrit, dû au sel dans l‘atmosphère, peut-être, ou au climat de la côte en général.
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Cricri124   05 décembre 2017
La lumière des étoiles mortes de John Banville
Qu'elle est fragile cette absurde profession dans laquelle j'ai passé ma vie à faire semblant d'être un autre, et surtout semblant de ne pas être moi-même.
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le_Bison   17 mars 2017
La mer de John Banville
Peut-être la vie n’est-elle qu’une longue préparation au jour où nous la quitterons.
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le_Bison   15 janvier 2017
La mer de John Banville
Tout le monde a l'air plus jeune que moi, même les morts.
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le_Bison   08 mars 2017
La mer de John Banville
En fendant la foule pour suivre Chloé jusqu’au Strand Café, je tâtais mes lèvres du bout des doigts, ces lèvres qui l’avaient embrassée, m’attendant à moitié à les trouver inchangées d’une façon infiniment subtile mais radicale. Je m’attendais à ce que tout ait changé, à l’image de la journée, sombre, humide et tendue de nuages pansus à notre entrée au cinéma en plein après-midi et vibrante de lumières fauves et d’ombres distendues, maintenant que le soir était venu, que les prêles ruisselaient de gemmes et qu’un voilier rouge dans la baie tournait sa proue vers l’horizon d’un bleu déjà crépusculaire au loin.
Le café. Dans le café. Dans le café, nous.
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Cricri124   04 décembre 2017
La lumière des étoiles mortes de John Banville
On évoluait dans l'inconnu, en fin de compte, autant elle que moi, sûrement. Si j'avais été un homme plutôt qu'un jeune garçon, elle aurait su comment se comporter, aurait recouru à des plaisanteries, à des sourires ironiques, et aurait affiché une mine réticente pour exprimer le contraire – le jeu habituel –, mais que fallait-il qu'elle fasse de moi, ramassé en crapaud à sa table de cuisine, le bas du pantalon humide et légèrement fumant, les yeux farouchement baissés, les coudes plantés sur le plateau en bois, la tasse solidement calée entre les mains et rendu muet par la timidité et une secrète luxure ?
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iris29   20 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
Terry était un salopard , mais je l'aimais bien quand même . C'était un salopard qui avait du style, et le style , moi j'apprécie.
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le_Bison   21 janvier 2017
La mer de John Banville
Pouvait-il parler et choisissait-il de se taire, personne ne semblait le savoir. Etait-il muet ou taciturne, taciturne ou muet ?
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iris29   19 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
Je l'ai déjà dit et je sais que je vais avoir des raisons de me répéter : quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, les femmes ne vous rapportent que des emmerdes .
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le_Bison   09 mars 2017
La mer de John Banville
Ce fut le mouvement preste et brusque dont Chloé, toujours à genoux, se débarrassa de son cardigan qui m’incita, qui m’autorisa à poser la main sur sa cuisse. Sa peau était fraîche et elle avait la chair de poule, mais je devinais le sang chaud massé juste sous la surface. Elle ne réagit pas à ma caresse, continua à regarder ce qu’elle regardait – toute cette eau peut-être, ce flux lent et inexorable – et prudemment je risquai la main plus haut jusqu’à ce que je touche l’élastique tendu de son maillot de bain. Puis le cardigan, qui m’avait atterri dessus, glissa et tomba par terre, m’évoquant je ne sais quoi, une gerbe de fleurs qu’on aurait lâchée peut-être ou la chute d’un oiseau. Je serais resté ainsi, la main sous ses fesses, le cœur battant une mesure syncopée et les yeux rivées sur le trou dans le bois du mur d’en face, si elle n’avait pas, dans un bref mouvement convulsif, déplacé un tout petit peu son genou sur le banc et ouvert ses cuisses à mes doigts stupéfaits. L’entrejambe doublé de son maillot ruisselait d’eau de mer, laquelle me parut bouillante. […]
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iris29   20 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
" Vous avez une mine épouvantable, me lança-t-elle.
- Et vous, vous avez la mine florissante du solde bancaire de votre maman."
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Cricri124   09 décembre 2017
La lumière des étoiles mortes de John Banville
La pluie avait cessé depuis un moment, mais une nouvelle averse commençait à carillonner contre la fenêtre au-dessus du lit, je voyais, poussées par le vent, les gouttes impalpables frissonner, puis glisser le long de la vitre couverte de buée grise. Je songeais avec une émotion qui me paraissait relever du chagrin aux branches trempées des cerisiers dehors qui étincelaient sombrement et aux fleurs abîmées qui tombaient. C'était donc ça être amoureux, me dis-je, cette brusque et violente rafale au cœur ?
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Cricri124   03 décembre 2017
La lumière des étoiles mortes de John Banville
Je m'aventurai dans le couloir, mes pas assourdis par le tapis – de quelle couleur, de quelle couleur était-il ? –, sans savoir où j'allais ni ce que je cherchais. Le vent chuchotait dans les cheminées. Incroyable la manière dont le monde parle dans sa barbe, à sa façon furtive, pensive. Une porte était à moitié ouverte, mais je ne la remarquai qu'après l'avoir presque dépassée. Je me revois là, jetant des regards à droite et à gauche, derrière moi, et soudain tout se ralentit dans une sorte de cahot, d'à-coup.
Ce tapis, maintenant, je me souviens : il était bleu pâle ou bleu-gris, c'était ce qu'on appelle un tapis de couloir, je pense, et, sur les côtés, le vernis du parquet, d'une vilaine teinte marron foncé, luisait comme du caramel poisseux qu'on aurait déjà suçoté. Vous voyez tous les trucs qui remontent, quand on se concentre.
N'empêche que le temps et la mémoire forment une entreprise de décorateurs d'intérieur bien tatillons, qui ne cessent de déplacer les meubles, de repenser les pièces et même de leur assigner de nouvelles fonctions.
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missmolko1   19 janvier 2018
Les disparus de Dublin de John Banville
She heard what he was really saying - honestly, he was jealous of everyone! - and she sighed and gave him a look.
"He's a priest, Andy. He was just paying a visit."
"Well, I hope he don't visit too often. I don't like priests in the house. My old Ma always said it was a bad luck."
There were quite a few things Claire could say about Andy's old Ma, if only she dared.
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iris29   23 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
Il y a des réflexions qu'on tente de tenir à distance , mais elles reviennent quand même vous asticoter .
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iris29   21 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
La lumière dehors avait l'acidité d'un jus de citron.
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iris29   20 juillet 2017
La blonde aux yeux noirs de John Banville
" Nico avait dû tout organiser lui-même, finit-il par lâcher. L'accident, la voiture qui a pris la fuite, la crémation. C'est évident, non ?
- Il lui aura fallu de l'aide. Et un cadavre en plus. J'imagine mal qu'il ait trouvé un volontaire - personne n'a d'amis aussi compréhensifs."
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Sachenka   12 août 2015
La mer de John Banville
Oui, j'étais en train de tomber amoureux de Chloé - j'étais déjà tombé amoureux, la chose était faite. J'éprouvais cette sensation d'euphorie inquiète, de dégringolade impuissante et bienheureuse que ressent toujours, devant l'à-pic du début, celui qui sait qu'il va prendre l'initiative de l'amour. Car, même à cet âge si tendre, je savais qu'il y en a toujours un qui aime et un qui est aimé, et je savais, dans le cas qui nous intéresse, quel rôle allait m'échoir.
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