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Note moyenne 3.7 /5 (sur 515 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Dunfermline , le 19/03/1955
Biographie :

John Burnside est un écrivain écossais.

Il a étudié l'anglais et les langues européennes à l'université d'Anglia Ruskin. Après avoir travaillé en tant que programmeur de logiciels informatique, il s'est entièrement consacré à l'écriture à partir de 1996. Il est membre honoraire de l'Université de Dundee et Reader en Écriture créative à l'Université de St Andrews.

Son premier recueil de poème, "The Hoop" (Le cerceau), publié en 1988, a été récompensé par le Scottish Arts Council. Ses autres recueils comprennent Common Knowledge (1991), Feast Days (1992), qui a reçu le Geoffrey Faber Memorial Prize, et The Asylum Dance (2000), lauréat du Prix Whitbread et sélectionné pour le Prix T.S. Eliot.

John Burnside écrit également des nouvelles - recueil Burning Elvis (2000) - et a également vu plusieurs de ses romans être publiés, entre autres The Dumb House (La maison muette) (1997), The Mercy Boys (1999, lauréat du Encore Award), The Locust Room (2001), Living Nowhere (Une vie de nulle part), The Devil's Footprints (Les Empreintes du diable), Glister (Scintillation) ou bien encore A Summer of Drowning (L’Été des noyés)

Il tient également, de manière occasionnelle, une chronique du quotidien The Guardian.
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Entretien avec John Burnside à propos de son roman L’Été des noyés


Le roman se déroule en Norvège. Quel rapport entretenez-vous avec ce pays ? Les légendes norvégiennes ont-elles quelque rapport avec leurs homologues écossaises ?

La première fois que je suis allé dans le nord de la Norvège, c`était en 1996, pour assister à une conférence. En survolant les îles du comté de Troms, je me suis immédiatement senti chez moi. C`était en juillet donc les nuits étaient assez claires, la terre magnifique, la mer sombre et je dois dire que j`ai toujours eu un faible pour les îles. Pendant quelques années, j`y retournais même tous les ans et les îles de Kvaloya, que m`a fait découvrir mon ami Dag Andersson, sont devenues un point central, non seulement pour ce roman mais aussi pour mes autres écrits.
Certains mythes norvégiens ont des similitudes avec les histoires écossaises, d`autres sont très différents. J`ai été attiré par les deux, par une sensation de familiarité et d`étrangeté en même temps.


Il est question, tout au long du roman, d`une mystérieuse créature appelée Huldra, très peu connue en France. Quelles sont les caractéristiques de cette créature ? Qu`est-ce qui vous a intéressé en elle ?

La Huldra est une femme magnifique, souvent représentée portant une robe rouge, qui rencontre les jeunes gens dans la nature – généralement dans les bois ou les champs, parfois près de la côte - et les piège pour les tuer. Elle est très belle et les hommes sont envoutés par elle, mais s`ils pouvaient voir derrière elle, ils verraient quelque chose d`autre, dans la version norvégienne, la queue d`une vache, dans la version suédoise, une sorte de néant Sartrien. En d`autres termes, elle représente l`illusion et ses pouvoirs : la beauté peut nous tromper et cela nous entraîne parfois dans des directions que nous ne devrions pas suivre mais que nous ne pouvons nous empêcher de suivre pour autant.


L`intrigue commence par les morts mystérieuses de deux frères. La disparition d`enfants est un thème que vous aviez déjà abordé dans votre précédent roman Scintillation. Est-ce un thème qui vous préoccupe particulièrement ?

Cette idée des enfants disparus, surtout quand il n`y a pas d`explication (comme dans mon roman Scintillation), est épouvantable, c`est ce qui m`effraie le plus. D`un autre côté, il y a quelque chose de poignant à propos, disons, des Garçons Perdus dans Peter Pan, de James Matthew Barrie. Cela soulève des questions à propos de l`enfance, de l`âge adulte que je trouve intrigantes et compliquées. Dans un sens, je pense que tous les garçons se perdent en grandissant : ils deviennent des hommes, ce qui n`est pas le destin le plus enviable.


Les personnages restent mystérieux tout au long du roman. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Liv et sa mère, les personnages principaux du roman ? Quelles relations ont-elles ?

Liv aime sa mère parce que -et bien parce que c`est sa mère et qu`elle l`aime. En un sens, elle n`a pas le choix. Mais l`amour de sa mère envers elle est si peu conventionnel – et si clairement secondaire à l`amour qu`elle porte pour son œuvre – que Liv trouve cela difficile à comprendre. Angelika espère, je crois, qu`elle va inspirer Liv, à travers son exemple, à vivre selon ses propres règles dans un monde qui impose les siennes (et si devenir un homme n`est pas une tâche facile, devenir une femme l`est peut-être encore moins). C`est quelque chose que Liv trouve difficile –mais quand elle trouve enfin son « monde », Angelika n`arrive pas non plus à le comprendre.

Je pense donc qu`il s`agit, entre elles, d`un amour perplexe et de la peur, du côté de Liv, qu`Angelika ne soit plus à la hauteur de la perfection qu`elle s`emploie à maintenir, par exemple en tombant amoureuse de Frank. C`est une chose qu`Angelika, que je veux que les lecteurs considèrent comme une femme passionnée, ne ferait jamais.

Il est difficile de classer L’Été des noyés dans un genre particulier. Le rangez-vous dans la catégorie des thrillers ?

Je n`aime pas les classifications. Si je devais classer L’Été des noyés dans un genre particulier, je dirais que c`est un roman- mais je ne me préoccuperais pas tellement du genre auquel il appartiendrait.


ll est beaucoup question de l`adolescence dans ce roman. A tel point que l`on pourrait facilement croire que c`est principalement des illusions et des épreuves qui attendent les adolescents qu`il est question. Que pensez-vous de cette lecture faite par de nombreux lecteurs ? Peut-on voir dans ce livre une métaphore de l`adolescence ?

Oui, je le pense aussi. Pour moi, Liv est quelqu`un qui se tient dans cet entre-deux, dans cette maison à mi-chemin entre cette certitude de savoir ce dont elle ne veut pas et cette incertitude de ce qu`elle veut. Elle ne veut pas des caractéristiques classiques de l`adolescence – le shopping, les amitiés sans conséquences, les « garçons », elle ne veut pas non plus ce que les adultes font habituellement – un travail, un mariage, etc- mais elle n` a pas encore trouvé ce qu`elle veut – ou s`il est même seulement possible de vouloir quelque chose, une fois atteint un tel rejet des désirs et besoins habituels.


John Burnside et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Rudyard Kipling : La lumière qui s`éteint, que j`ai lu à 14 ans, alors que l`on retournait en Ecosse après avoir déménagé plus au sud. Je pensais que Kipling avait tout compris de la vie. J`aime toujours autant ce livre. Il est moins à la mode maintenant mais toujours aussi pertinent, de façon quelque peu romantique.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Je ne pense pas que cela marche tout à fait comme cela mais lire Marcel Proust m`a appris que le génie était différent de tout ce que moi ou quelqu`un d`autre pourrait faire. (Je crois que la plupart d`entre nous commence avec l`espoir de devenir plus ou moins un génie -même si nous n`utilisons pas ce terme. Il me semble étrange de ne pas espérer accomplir quelque chose de remarquable - non pas pour la gloire et l`argent ou quoi que ce soit de cet ordre-là mais pour la pure joie d`accomplir quelque chose de merveilleux. )


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Lewis Carroll. Nous n`avions que quelques livres à la maison. Ma mère m`avait acheté les livres d`Alice et c`était tout. Je les ai relus plusieurs fois. Je ne suis passé à autre chose que lorsque je découvris la bibliothèque de Corby à 14 ans. Ça a alors été la fête pendant un moment. Celui ou celle qui était en charge de la collection de cette bibliothèque savait que les classes populaires auxquelles appartenait ma famille pouvaient apprécier les classiques ou la poésie. Cette personne n`a pas supposé que nous voulions simplement des westerns et de la romance.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Moby Dick, d`Herman Melville. Il y a quelque chose d`essentiel dans ce livre qui me pousse à y revenir sans cesse.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Adolescent, j`étais un lecteur vorace. J`étais isolé, antisocial, déconcerté par les cruelles conventions que les adultes semblaient déterminés à perpétuer (l`école, le mariage, avoir un boulot) alors je lisais. Et quand je ne lisais pas, je me bagarrais donc tout le monde était content de me laisser dans un coin avec un livre et de m`y laisser tout seul. J`ai lu bien plus que je n`aurais dû et j`ai un peu honte (même si ce n`est peut-être pas le mot exact) d`avoir lu tant de livres si rapidement, et d`avoir manqué des choses. Plus personne n`a le temps de faire quoi que ce soit mais si j`en avais un peu, je retournerais à la bibliothèque de Corby et relirais l`entière collection de livres qui s`y trouve ainsi que tous les livres de la bibliothèque de mon université.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

The Stories de Breece D`J Pancake. C`est un recueil extraordinaire d`excellentes histoires par un auteur qui est mort bien trop jeune. Il a récemment été traduit en français par Véronique Beghain sous le titre Qu`arrivera-t-il au bois sec ?


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Je ne vois aucun classique dont la réputation serait surfaite. Quand une œuvre résiste au temps, c`est généralement parce qu`il y a quelque chose à y trouver. Généralement cependant, ce sont les livres les plus récents qui sont les plus surestimés - à cause du battage, je suppose, et du réseau de l`auteur ou de son autopromotion, un jeu auquel certains auteurs sont meilleurs que d`autres.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Elle n`était portée sur aucune carte : les vrais lieux n`y figurent jamais." de Moby Dick, bien sûr.


Et en ce moment que lisez-vous ?

Je suis en train de lire On Silbury Hill, par Adam Thorpe.


Voir l`interview intégrale, en anglais.

Découvrez "L’Été des noyés" de John Burnside aux éditions Métailié :


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John Burnside vous présente " le bruit du dégel " de la Collections Bibliothèque Écossaise des Editions Métailié. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2240362/john-burnside-le-bruit-du-degel Notes de musique : Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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Citations et extraits (229) Voir plus Ajouter une citation
marina53   14 novembre 2014
L'été des noyés de John Burnside
Entre amis, je soutiens que le véritable inventeur de la peinture fut Narcisse, ce jeune homme qui, aux dires des poètes, fut transformé en fleur. Or, la peinture étant la fleur de tous les arts, l'histoire de Narcisse est tout à fait appropriée. Car la peinture est-elle autre chose que l'art d'embrasser la surface de la fontaine dans laquelle nous nous reflétons?



Leon Battista Alberti, De la peinture
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Bookycooky   28 novembre 2021
Une vie nulle part de John Burnside
On the edge of the cemetery, standing alone at the far end of a gravel path, a low, gnarled hawthorn tree kept filling with light from the passing traffic, then darkening again, as if it were breathing.



Au bord du cimetière, se tenant seul au bout d’une allée de gravier, un petit arbre d’aubépine noueux s’illuminait avec les lumières du traffic de passage, et s’éteignait, comme s’il respirait.
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isanne   20 mars 2021
Le bruit du dégel de John Burnside
Il ne comprenait pas comment les gens pouvaient vivre des vies à ce point détachées du monde qui les entourait, des bois, des chants d'oiseaux, de l'odeur de la rivière une nuit au printemps.
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Bookycooky   25 juin 2017
I put a spell on you de John Burnside
If reality belongs to anyone, it belongs to those who refuse to possess it. That is the paradox always. p.45

( Si La réalité appartient à quelqu'un, elle appartient à ceux qui refusent de la posséder. C'est toujours paradoxal )
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isanne   19 mars 2021
Le bruit du dégel de John Burnside
Nous n'étions pas de ceux qui étaient sortis ce soir-là en quête d'"une relation". Pour nous, le mot dénotait une malhonnêteté affective que nous ne pouvions que refuser - or il n'existait vraiment pas d'alternative. Tout ce que nous pouvions ressentir, penser ou dire en pareille situation avait déjà été scénarisé et diffusé à la télévision. Il n'y avait plus rien à dire. Tout ce qui restait , c'était la qualité de nos refus.
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michemuche   30 décembre 2021
Le bruit du dégel de John Burnside
Nous sommes tous amenés à pleurer quelqu’un, dit -elle. Le truc, c’est qu’il ne faut pas envoyer promener tout le reste.
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John Burnside
colka   23 janvier 2023
John Burnside
En ce soir précis, il faisait doux et frais après la première véritable journée d'été, et la lumière était à ce crépuscule immobile d'un blanc argenté qui rend spectrales toutes choses : chemins fantômes sinuant devant notre maison et s'éloignant le long de la grève comme s'ils revenaient pour une nuit de ce lointain passé, oiseaux fantômes suspendus dans les airs au-dessus des eaux vitreuses du détroit, prairies fantômes sur des kilomètres en tous sens, le moindre brin d'herbe, la moindre tige de fleur, caressés d'une lumière mercurique, comme le feuillage sur les photos anciennes que j'avais examinées plus tôt.
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isanne   22 mars 2021
Le bruit du dégel de John Burnside
Elle disait toujours que le vrai problème avec les gens, c'était qu'ils pensaient que tout le monde voulait être riche comme eux. Ils n'arrivaient pas à comprendre que certaines personnes puissent véritablement rechercher autre chose, par exemple la paix, ou la justice. Une réelle égalité. De l'eau potable partout, pas seulement dans la suite de luxe du dernier étage. Elle disait qu'elle avait envie de leur crier : je ne veux pas de votre richesse. Votre richesse est pathologique. C'est juste un signe de plus que vous n'avez pas... Pas de coeur.
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Bookycooky   27 juin 2017
I put a spell on you de John Burnside
As in businesses, say, or local politics, victory goes to he who most lacks scruple. p.121

( Je dirais, qu'aussi bien dans le monde de travail qu'en politique, la victoire appartient à celui qui manque le plus de scrupule)
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isanne   20 mars 2021
Le bruit du dégel de John Burnside
C'était quelqu'un qui avait fait la paix avec le monde selon ses propres termes, quelqu'un qui avait cessé de se préoccuper des détails accessoires pour se concentrer sur l'essentiel. Je n'avais pas pour autant la moindre idée de ce que pouvait être l'essentiel pour une vieille femme vivant seule dans les bois. Car en montant les marches de la véranda et en entrant dans les calme absolu de la maison, j'eus la certitude qu'elle était parfaitement seule au monde, et qu'elle se plaisait ainsi.
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