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ISBN : 2021403955
Éditeur : Seuil (08/11/2018)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Dans l'imaginaire européen, quelques animaux jouent un rôle plus important que les autres et forment une sorte de « bestiaire central ».
Le loup en fait partie et en est même une des vedettes. Il occupe déjà cette place dans les mythologies antiques, à l'exemple de la louve romaine, qui a nourri Romulus et Rémus, du loup Fenrir, destructeur du panthéon nordique, et des nombreuses histoires de dévorations, de métamorphoses et de loups-garous. Ces derniers son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  24 janvier 2019
L'HOMME QUI A VU LE LOUP !
"L'homme est un loup pour l'homme", "se tenir à la queue leu leu", "avoir une faim de loup", "crier au loup", "les loups ne se mangent pas entre eux", "se jeter dans la gueule du loup", "avoir vu le loup", "faire entrer le loup dans la bergerie", etc, etc, etc.
Nombre de nos expressions courantes, de maximes plus ou moins encore employées, d'adages définitifs ont pour point commun ce fameux loup. Ces dictons ont presque tous en commun de donner du «canis lupus», selon sa taxonomie latine, une image plus que négative : Méchant, constamment affamé, rusé, lâche, maléfique et lubrique (surtout s'agissant de la louve, bien évidemment...). En un mot : diabolique !
C'est tout l'art du grand historien médiéviste, spécialiste des couleurs, de l'histoire de la héraldique ainsi que des bestiaires du Moyen-Âge, Michel Pastoureau, de nous expliquer, de nous conter, d'illustrer avec sapience mais avec une certaine simplicité, l'histoire si particulière qui lie les hommes - précisons : dans le monde occidental. L'auteur explique la raison de ce resserrement en introduction - à cet animal parfois énigmatique, jadis compagnon des Dieux (chez les Grecs, les Romains, les anciens Nordiques et les Celtes, en particulier), devenu au fil du temps et en très grande part par la volonté de l'Église catholique, un animal effrayant et maudit.
C'est ainsi qu'en une douzaine de brefs chapitres, débutant comme il se doit par nos antiquités communes (bien que certaines méconnues du grand public), l'ancien chartiste, auteur et historien prolifique que l'on connait tout particulièrement pour, entre autres, le petit livre des couleurs (qui n'est qu'un très rapide condensé d'ouvrages ultérieurs très riches et très documentés publiés aux éditions Seuil comme le présent ouvrage), son récent et captivant le roi tué par un cochon : Une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?", consacré à un autre mal aimé de nos bestiaires ou encore le roboratif et passionnant L'Ours : histoire d'un roi déchu, c'est ainsi, donc, qu'il fait le tour de l'histoire culturelle, légendaire, fabuliste, sociale, religieuse et même fantastique de ce canidé mal aimé.
L'ouvrage se lit, indubitablement, avec grand plaisir. Et même si la couverture est assez décevante comparativement à la richesse des illustrations disponibles, l'iconographie retenue dans le corps de l'ouvrage est très judicieuse, relativement originale - elle entremêle des dessins, peintures, extraits de bestiaires diversement connus, voire parfois totalement inconnus - et éclairante quant à la vision des hommes d'avant-hier, d'hier et d'aujourd'hui sur le loup.
On pourra toutefois reprocher aux légendes de n'être, la plupart du temps, que des synthèses de ce que l'on retrouve de manière à peine plus développé dans le corps du texte, sans rien lui apporter de particulier. (Une erreur impardonnable pour un ouvrage de ce type est d'ailleurs liée à l'iconographie : la nationalité américaine y est attribuée au célèbre auteur, britannique, du Livre de la Jungle, Rudyard Kipling.)
Mais la principale faiblesse de cet ouvrage réside sans doute dans sa brièveté : 12 chapitres d'une dizaine de pages chaque, avec une iconographie très riche, cela laisse somme toute assez peu de place au texte, d'autant qu'il couvre pas moins de 2 500 ans d'histoire et de mythologies. Et si l'on y découvre beaucoup de choses, l'ensemble, à force de vulgarisation, reste un peu trop en surface de notre point de vue. Les lecteurs des précédents ouvrages de Michel Pastoureau risquent de rester, de ce point de vue, sur leur faim... de loup ! On regrettera sans doute la rapidité du chapitre consacré au loup dans les contes tandis que celui consacré à la fameuse "bête du Gévaudan" fait fort bien le tour de la question. Idem quant à l'animal dans la conscience et la culture depuis, pour aller vite, le début du XXème siècle à nos jours : Michel Pastoureau n'est décidément pas un spécialiste de l'histoire immédiate et cette ultime partie pourra sembler un peu légère à d'aucun, tandis que les chapitres consacrés aux rapports entre Saints et loup ou encore aux loups dans les bestiaires profanes sont absolument passionnants.
Mais ne boudons pas notre plaisir : l'ouvrage est très agréable, plein d'enseignement et s'avère être un bel hommage à ce mal-aimé de nos bestiaires européens, bien que cette situation n'a de cesse de s'améliorer depuis le début du XXème siècle.
On notera aussi que Michel Pastoureau y règle quelques comptes avec, d'une part, les zoologues et autres éthologues auxquels il ne conteste évidemment pas les observations liées aux loups CONTEMPORAINS (et qui vivent dans un monde qui n'a strictement rien à voir avec celui du Moyen-Âge ni de l'Ancien-Régime ou même des débuts de l'ère industrielle) mais il se porte définitivement en faux quant à l'assertion définitive et universelle selon laquelle les loups n'auraient jamais attaqué ni tué d'êtres humains : toutes les recherches historiques ( recoupement d'archives, témoignages, faits historiques avérés, etc) démontrent qu'en certaines époques (famines, mini périodes glaciaires, chute démographique, etc) ces superbes canidés se sont bel et bien attaqué à l'homme pour s'en nourrir (On en retrouve même des traces dans certains récits méconnus de Jack London, lequel a pourtant tant fait pour rendre à cet animal la place d'honneur qu'il mérite), sans être pour autant contaminés par la rage, ce terrible fléau.
L'autre petit règlement de compte est lié aux contes populaires et à leur interprétation par les psychiatres, Bruno Bettelheim en tête. Michel Pastoureau lui reproche en particulier des raccourcis, de rapprochements liés essentiellement à la sexualité qui ne peuvent fonctionner que pour notre époque contemporaine, car presque tout dans ce que ces contes tâchent de dire n'a de ses que selon des critères sociaux et culturels assez récents et sont relèveraient donc de l'anachronisme parfait quant aux époques de leur création et de leur propagation, Petit chaperon rouge en tête. Chacun se fera bien entendu sa propre opinion. Quant à votre humble chroniqueur, il pense que toute vérité se situe souvent dans les entre-deux, les intelligentes synthèses, que nul n'en est l'entier et définitif défenseur... tout comme il est vrai que les apports des historiens de ces quelques dernières décennies sont bien souvent oubliés, pour ne pas dire méprisés par nombre d'autres sciences sociales ayant plus l'attention des médias et des modes. Mais c'est là un autre débat que Michel Pastoureau ne fait qu'effleurer, juste le temps de remettre certaines choses à leur place.
Ne crions donc pas au loup : "Le loup, une histoire culturelle" est un livre fort agréable à feuilleter et à lire et il ravira, sans aucun doute, la majorité de ses lecteurs, même sans être aucunement historien ni spécialiste de Canis Lupus, mais tout simplement un lecteur attentif et curieux.
Loup, y es-tu...?
Définitivement, ici : OUI !
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Ziliz
  13 janvier 2019
Histoire de la symbolique du loup en Europe, de la préhistoire à nos jours : mythologies gréco-romaine, gauloise et celtique ; fables (d'Esope à La Fontaine) ; catholicisme et figure diabolique de la bête ; loup-garou ; contes et légendes populaires ; littérature jeunesse et cinéma contemporains ; marketing ; peur persistante face à la réintroduction de l'animal dans certaines zones...
Parce que « comme au Moyen Age et sous l'Ancien régime, le loup est un animal qui déclenche les passions. »
D'ailleurs, je peux le dire, - I - L♥VE - L♥UP - : j'adore les histoires de loup(s), de celles pour enfants aux coups de gueule de José Bové, en passant par la mystérieuse Bête du Gévaudan, peut-être la première histoire de meurtres pervers en série médiatisée.
Et j'aime beaucoup les ouvrages de Michel Pastoureau, sur les couleurs et sur les animaux : ils présentent un excellent mélange accessible à tous d'Histoire de l'art et des civilisations - oeuvres à l'appui.
Ce 'beau livre' compte 150 pages, mais il y a beaucoup moins à lire :
- d'abord parce qu'il est abondamment et très joliment illustré
- ensuite parce qu'il est à la fois synthétique et répétitif (les légendes des images reprennent souvent mot pour mot le texte développé sur la même page)
- et puis parce que j'ai reçu un exemplaire 'loupé', qui m'a fait rater quelques pages du chapitre 'Le loup des bestiaires' (grande pensée aussi compatissante que rigolarde pour un ami breton 😉😘... mea culpa, homo homini lupus, les hyènes se marrent mais le car à Vannes passe sans louvoyer, etc.).
Quoi qu'il en soit, je me suis régalée, même si l'auteur m'a un poil contrariée en réfutant les thèses psy sur l'interprétation du célèbre 'Petit Chaperon rouge' (Bruno Bettelheim, Anne-Marie Garat...). Sans rancune ! Et de toute façon, ça n'a guère ébranlé mes convictions sur la dimension sexuelle de ce conte.
• Merci à Babelio, merci aux éditions du Seuil ! 🐺
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Bazart
  24 décembre 2018
Le grand historien des couleurs qu'est Michel Pastroureau nous livre un ouvrage savant et savoureux qui nous explique pourquoi l'homme est parfois un loup pour l'homme et aussi un loup pour le loup.
Les rapports particulièrement ambigus que nous pouvons entretenir avec cet animal, entre terreur et fascination sans ici livrés dans le détail, et le loup occupe une place centrale dans les mythes de l'enfance, en hantant les cauchemars d'enfants depuis des générations à générations.
"On ne peut pas être "pour" ou "contre" le loup, c'est aussi absurde que d'être "pour" ou "contre" les orages et la foudre. le loup est là, c'est tout. Nous devons faire avec."
Un travail très documenté, très érudit, superbement illustré ou la Louve de Romus et Romulus cotoie le loup de Tex Avery et la bête du Guévédan..
Et forcément, maintenant on attend les autres manuels de Pastoureaux sur le coq ou le cheval prochainement annoncés..après les couleurs, l'immense Michel Pastoureau montre qu'il a tout pour devenir le spécialiste des animaux.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Florel
  01 février 2019
Que peut nous apprendre sur une époque un loup ? Pour qui n'est pas habitué à l'histoire cette question peut paraître saugrenue ; pourtant dans ce livre l'historien médiéviste Michel Pastoureau va nous montrer de manière simple, efficace et rapide que le loup peut nous apprendre beaucoup sur l'époque qui l'utilise. La chose est rendue possible à l'historien grâce à sa recherche de code récurrent, d'image employée, d'écrit, qu'il replace dans le contexte d'époque. Et après lecture de ce livre, le moins que l'on puisse dire c'est que le loup est bavard.
Pour débuter son livre, l'auteur va commencer par nous montrer ce que le loup renvoie comme image selon les régions et les époques. Partant des mythologies d'Europe en passant par le christianisme, l'historien va nous dévoiler les diverses images qu'il peut refléter dans les sociétés d'époque, - en sachant tout de même que les bons et mauvais côtés se retrouvent dans toutes les périodes.
C’est ainsi qu’on découvrira pour commencer, que dans la mythologie nordique il possède une image plutôt négative à cause de la légende de Fenrir, alors que dans les mythologies grecque et celte, l’image est plutôt bénéfique puisqu’il accompagne régulièrement les dieux celtes comme Lug ou Cernunnos dans leurs déplacements et est un attribut d'Apollon. Alors qu'avec Rome c'est encore une autre histoire, l'image est double.
Avec le christianisme cependant, l’image tend à se stabiliser. Si la Bible est peu prolixe à son sujet, les hommes d’église par la suite sont plus bavards. Ils font du loup un faux prophète ou un animal rusé, et s’en servent aussi pour mettre en évidence la puissance des hommes de Dieu face au mal, comme dans la légende de Saint Blaise. Toutefois, comme le montre cet extrait ci-dessous, l'image du loup peut être adoucie pour calmer l'imagination des populations d'époque
"L'histoire lupine la plus célèbre de l'hagiographie médiévale est celle du loup Gubbio, en Ombrie, un loup colossal, vorace, insatiable et particulièrement cruel qui terrorisait la ville et la contrée. Saint François d'Assise (1181-1226), qui avait eu vent de ce fléau, vint à la rencontre de la bête et lui parla chrétiennement. Il l'appela "Frère loup", lui reprocha son comportement, tout en reconnaissant que c'était la faim qui le poussait à agir ainsi. Puis il demanda de s'amender et de faire la paix avec les habitants de Gubbio, qui en échange, promit-il le nourriraient. le fauve ferma son énorme gueule, inclina la tête, s'agenouilla devant la le saint et fit comprendre qu'il se soumettait. le pacte fut respecté : les gens de Gubbio donnèrent régulièrement à manger au loup, qui désormais vécut familièrement parmi eux et devint une sorte d'animal protecteur de la cité. Quand il mourut de vieillesse, il fut pleuré de tous les habitants. Tuer le loup, le diaboliser, le domestiquer : telles ont été les premières stratégies médiévales pour lutter contre le fauve et contenir les peurs - justifiées ou non - qu'il faisait naître. Mais cela n'a pas suffit. A l'époque féodale, les clercs ont donc eu recours à un autre moyen pour le rendre moins effroyable et menaçant : le bafouer, l'humilier, le ridiculiser. Ce fût le rôle des fables et des contes d'animaux, particulièrement du Roman de Renart." P.44
Tout cela est certes bien beau, mais sachez que l'auteur va au-delà de l'image que le loup renvoie dans les religions et mythes. Ne fuyez pas encore ! La suite est meilleure. En effet, il va montrer comment dans le domaine temporel les loups ou au moins le son du mot, va être utilisé sur quelques blasons de riche famille afin de faire référence au nom de famille ou au prénom, où toutefois le loup y garde sa force brutale.
"C'est en Navarre et en Galice que les armoiries au loup sont les plus nombreuses. Il ne s'agit pas tant d'un emprunt à la faune locale (les loups abondent dans les forêts du nord de l'Espagne) mais d'un usage fréquent à toute l'Europe : choisir une figure héraldique dont le nom forme un jeu de mots avec celui de la famille ; de telles armoiries sont dites parlantes". P. 84
Néanmoins, si dans l'image il garde sa puissance, dans la littérature il en va tout autrement. Bien sûr dans les fables (même dans les fables antiques) et les contes qui remontent à cette époque comme le Petit Chaperon rouge (an mil), le loup est encore féroce. Cependant, l'auteur va nous montrer que dans le temps sa représentation peut changer, et servir par exemple à moquer la politique, les moeurs nobles, comme on le voit à l'époque Féodale dans le Roman de Renart (écrit comme ses représentations).
Outre ceci et toujours dans le domaine temporel, Michel Pastoureau va aussi nous faire découvrir que le loup peut même être le sujet d'écrits scientifiques comme l'atteste certains bestiaires de médecine, et même être un livre de stratégie amoureuse comme dans le Bestiaires d'Amour, quand il n'est pas seulement une source de croyance et de superstition.
Des croyances et superstitions que l'époque actuelle essaye de faire disparaître en réhabilitant le loup dans l'opinion publique. Les religions européennes étant lointaines ; les contes pour enfants ou encore certains travaux de zoologues participent effectivement à améliorer son image.
"Du XV au XVIII siècle, les loups constituent partout, ou presque, un fléau, et leurs victimes ne sont plus seulement des moutons ou des chèvres, comme dans l'Antiquité ; ce sont des enfants, voire des adultes lorsque sévit la rage. Tous documents d'archives, tous les registres paroissiaux, toutes les chroniques, l'affirment et le confirment : sous l'Ancien Régime, lorsque certaines circonstances sont réunies - hivers interminables, famines épidémies, guerres - les loups attaquent les humains et mangent les cadavres des soldats. le nier, comme le font aujourd'hui certains éthologues et zoologues, est malhonnête." P.107
Les religions lointaines, OK. Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous ai dit cela.
Tout simplement parce que le contexte a énormément joué dans la peur ou la méfiance du loup. Et la religion n'y est bien sûr pas étrangère avec ses écrits comparatifs, ou encore avec la chasse au loup-garou qui se fait en même temps que la chasse aux sorcières dès la fin du Moyen-âge. Toutefois, Michel Pastoureau va montrer comment la conjoncture joue aussi sur la peur du loup.
En effet, l'auteur a remarqué que les crises climatiques, agricoles, sociales, favorisent cette peur, puisque la faim les fait rôder proche des villes et villages, et les rend particulièrement féroces. Ce qui lui permet d'affirmer cela, c'est aussi le fait que pendant deux siècles (12 et 13ème) la peur du loup semble diminuer avant de revenir vers la fin de l'époque médiévale. Ces deux siècles correspondant effectivement a une accalmie, puisque cette période est marquée par une reprise de la culture, la puissance des villes… avant que la guerre de 100 ans, le retour de la peste et le schisme d'occident renversent toute cette stabilité. (Tout ça dès le 14ème siècle. Ils ont été gâtés à l'époque !)
Temporel, spirituel, conjoncturel, mythique, voilà donc le panel d'approche que propose ce livre. Tout cela est certes parfait, mais avant de finir je dois dire que ce livre possède un autre petit atout : l'auteur va aborder rapidement ses autres domaines de recherche comme sur les couleurs. Ceci va lui permettre de battre en brèche des petites choses avancées par des psychanalystes tarés sur les contes, mais aussi chemin faisant, nous donner l'envie de lire ses autres livres sûrement tous aussi passionnants (ça tombe bien, j'en ai trois autres sous la main).
En résumé, c'était une lecture très enrichissante. Autant visuellement qu'en connaissance. L'auteur nous donne pour l'Europe la longue évolution du loup dans les divers supports d'expression, en abordant tant le côté légendaire que scientifique d'époque, sans oublier l'époque contemporaine. Un livre à lire donc, et à lire sans peur de se faire croquer.

Merci à Babelio et aux éditions du Seuil.

Lien : http://encreenpapier.canalbl..
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som
  27 décembre 2018
Après des ouvrages consacrés à l'ours, au cochon et bien d'autres figures du bestiaire médiéval, Michel Pastoureau retrace l'histoire de la représentation du loup dans l'imaginaire européen. Pour y parvenir, il s'appuie autant sur des textes antiques ou médiévaux que sur une iconographie moderne et contemporaine. Ainsi sont passés en revue le mythe de la louve romaine, la place des loups dans les fables et les contes, mais aussi dans les croyances et les superstitions actuelles, sans oublier l'effrayante Bête du Gévaudan.
Le propos est, comme souvent chez Michel Pastoureau, passionnant grâce à un discours brillant mais très pédagogique, le tout richement illustré par des plusieurs planches en pleine page. Cependant et contrairement à ses ouvrages précédents, j'ai eu le sentiment d'un essai produit pour répondre à une commande commerciale. Une sorte de compilation de luxe d'articles universitaires très rapidement revus et corrigés pour une livraison d'avant Noël.
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critiques presse (6)
Bibliobs   10 janvier 2019
Après l'ours, Michel Pastoureau entreprend une monographie illustrée de ce prédateur qui ne fait pas le bonheur des éleveurs d'agneaux.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   10 janvier 2019
L'historien des couleurs et des animaux nous propose une promenade au fil des siècles sur les traces d'un animal qui fascine toujours autant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   18 décembre 2018
Tantôt féroce et redouté, tantôt protecteur, la figure du loup s'est peu à peu adoucie, faisant de l'animal un personnage attachant, et omniprésent dans la littérature jeunesse. Un livre à la fois savant et divertissant, richement illustré et documenté, qui nous en apprend beaucoup sur le grand méchant loup.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   17 décembre 2018
Michel Pastoureau n’est pas seulement l’historien des couleurs, il est aussi celui des animaux. C’était même le sujet de sa thèse en 1972 : le Bestiaire héraldique médiéval. Après l’ours, il s’attaque au loup.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   10 décembre 2018
De l'héraldique médiévale au Petit Chaperon rouge illustré par le grand Arthur Rackham, en passant par un chapitre consacré à la Bête du Gévaudan, les images impeccablement sélectionnées font délicieusement frémir. Ajoutons que l'équilibre texte/image de cet ouvrage à taille humaine est parfait. Il se lit et il se regarde. Et, en le refermant, on se surprendrait presque à aimer les loups...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   26 novembre 2018
De l’Antiquité à nos jours, l’historien Michel Pastoureau piste ce personnage central du bestiaire culturel, dans un superbe livre à la riche iconographie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   21 janvier 2019
Cette mise en scène d'un loup [NB : Ysengrin] qui fait rire au lieu de faire peur ne constitue peut-être pas tant un exutoire, comme on pourrait le croire au premier abord, que le reflet d'une certaine réalité. Il semble bien que l'on ait moins peur du loup dans les campagnes des XIIè et XiIIè siècles qu'avant l'an mille, du moins en Europe occidentale. La peur du loup ne sera de retour qu'à la fin du Moyen Âge et, surtout, à l'époque moderne, où elle deviendra une angoisse permanente dans la vie des campagnes. Cette peur est en effet liée au périodes de crises (climatiques, agricoles, sociales), pas aux moments de prospérité économique ni d'essor démographique. Ce n'est pas un hasard si l'histoire de la Bête du Gévaudan trouve sa place dans la France du XVIIIè siècle et non au cœur du Moyen-Âge. À l'époque féodale, dans les campagnes françaises, on a surtout peur du Diable, du dragon, de la mesnie Hellequin ou des revenants, mais on n'a plus guère peur du loup. Cette accalmie, hélas ! ne durera pas ; cette peur reviendra avec force moins de deux siècles plus tard.
+ Lire la suite
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Erik35Erik35   25 janvier 2019
Dans l'univers des emblèmes et des symboles, c'est surtout notre époque contemporaine qui revalorise le loup en laissant de côté la plupart de ses aspects négatifs pour ne retenir que sa puissance, sa résistance, sa ténacité, son audace et même son invincibilité. Il est ainsi présent sur les maillots des sportifs, qu'il soit emblème d'équipes ou de club ou bien logo de tel ou tel sponsor. Il l'est également sur les insignes du scoutisme, cousins bâtards des insignes militaires et échos lointains au Livre de la jungle de Rudyard Kipling (1894). Toutefois, de nos jours, ce sont essentiellement les logos commerciaux qui sollicitent le loup, souvent réduit, comme en héraldique, à sa tête seule, représentée de face et dont les yeux semblent jeter des flammes. Il symbolise - du moins si l'on en croit le verbiage racoleur des spécialistes du marketing et de la publicité - «l'énergie, l'appétit de liberté, la vivacité d'esprit, la confiance en nos instincts ainsi qu'une forte intelligence et la capacité de gérer des questions importantes collectivement, de manière stratégique et avec tact». Comment des entreprises sérieuses et ambitieuses sont-elles prêtes à payer des sommes folles pour se voir proposer comme logo une très banale tête de loup accompagnée d'un tel discours de pacotille ? Cela reste un mystère.
+ Lire la suite
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AlzieAlzie   28 novembre 2018
La médecine du loup

De l'Antiquité jusqu'au XVIIIe siècle, le loup est l'une des vedettes de la pharmacopée animale. Toutes les parties de son anatomie passent pour avoir des vertus médicamenteuses. Sa graisse et son fiel protègent de tous les maux ; son foie séché et réduit en poudre guérit à peu près tout ; ses excréments placés sur les yeux améliorent la vue ; porter ses intestins en guise de ceinture soulage "les flux de ventre" ; manger son coeur donne du courage ; cuisiner un bout de sa verge procure virilité et fertilité. La plupart des recettes proposées visent non seulement à guérir tel ou tel mal, mais aussi à acquérir les qualités propres du loup : souplesse, vélocité, endurance, courage, vigueur sexuelle et vue aiguisée. (p. 53)

4 - Le loup des bestiaires
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ZilizZiliz   15 janvier 2019
Différentes superstitions associent le loup au Diable et au sabbat.
[On l'a vu] à propos du Moyen Age, mais l'époque moderne y ajoute son discours propre. Ainsi une légende qui explique que sitôt créé par le Diable, le loup a violemment mordu ce dernier au bas de la jambe et l'a rendu boiteux. Ce faisant, Satan a rejoint tout un cortège de créatures et personnages boiteux ou ne marchant pas droit qui, depuis l'Antiquité, étaient considérés comme inquiétants, coupables ou malfaisants : Héphaïstos, Dionysos, Jason, Oedipe, Renart et même Jacob, 'celui qui a lutté avec Dieu'. Tout boiteux a toujours inspiré la crainte et le rejet. Au XVIIIe siècle encore, plusieurs ordres monastiques et religieux refusent l'entrée à des individus boiteux, comme ils le refusent aux bâtards, aux borgnes, aux bègues, aux bougres* et aux bossus.

* variante de 'bogre' signifiant 'hérétique' au XIe siècle, puis 'débauché' au XIIe siècle, lui-même issu du latin 'Bulgarus' ('bulgare')
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ZilizZiliz   03 février 2019
• Le loup, un animal qui exacerbe les passions.
La réintroduction et la protection du loup dans certaines régions de France ont engendré de violentes polémiques et manifestations. Elles opposent d'un côté les bergers et les chasseurs, et de l'autre les écologistes et les défenseurs des écosystèmes. De part et d'autre, les positions semblent déraisonnables : reprocher au loup de manger des brebis est absurde ; introduire artificiellement des loups dans des campagnes d'où ils ont disparu depuis plus d'un siècle l'est tout autant. Mais celle du gouvernement l'est plus encore : il encourage la réintroduction de l'espèce tout en autorisant l'abattage annuel d'un certain pourcentage d'animaux.
Le loup : un fauve qui rend fou !
(p. 148)
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