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Critiques de Paula Fox (42)
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Personnages désespérés
  26 mai 2017
Personnages désespérés de Paula Fox
Sophie et Otto, un couple de quadra. Otto est avocat, et gagne bien sa vie, Sophie fait des traductions, même si elle n'en a pas besoin pour vivre. Ils semblent avoir tout pour être heureux, alors qu'ils ne le sont pas. Un week-end va mettre à nu leur malaise. Un incident minuscule au départ, Sophie nourrit un chat errant, au grand mécontentement d'Otto. L'animal la mord, la blessure a mauvaise mine. Et Otto vient de se séparer de son associé de longue date, avec qui il se sentait de plus en plus en désaccord.



Nous pénétrons dans ce couple modèle qui paraît tout avoir, et dont la réussite matérielle ne semble que recouvrir un vide abyssal, les petits gestes du quotidien, les habitudes, les manies, nous les livrent en quelque sorte plus que des longues analyses. J'ai eu la sensation de gens en état de siège, angoissés par l'extérieur, par les agressions possibles, par la destruction potentielle qui rôde, sous la forme d'un chat, ou d'un homme, surtout noir, menaçant ou agresseur potentiel. Alors qu'ils se fabriquent eux-même leur propre enfer, sans savoir comment et pourquoi. Le manque d'envie semble être de plus en plus fort.



J'ai trouvé la relation entre eux merveilleusement rendue, à la fois pesante, étouffante, un manque d'amour, mais en même temps rassurante, le seul point d'ancrage dans le monde qui se dérobe. Alors malgré tout il faut continuer, car sans elle cela risque d'être l'effondrement total.



Un univers sombre, sans grand espoir, puisqu'on a du mal à dire ce qui ne va pas, et donc d'améliorer les choses. Un mal être insidieux, qui a toujours été présent, suggéré par les souvenirs de Sophie liés à sa mère, qu'elle n'a plus revue depuis 10 ans.



Un livre d'une grande densité.
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L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine ..
  15 février 2015
L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine en Europe libérée de Paula Fox
Au sortir de la guerre, la jeune Paula Fox, qui a déjà pas mal vécu, traverse l’Atlantique pour essayer de trouver un emploi, de réaliser une expérience formatrice dans l’Europe dévastée. Après avoir été hébergée par quelques vagues connaissances londoniennes, elle devient correspondante pour une petite agence de presse anglaise, qui l’envoie à travers l’Europe recueillir des témoignages, « faire de la couleur locale, de l’humanitaire. » C’est seulement en 2005 qu’elle écrira et publiera le récit de ce voyage. Le premier intérêt est déjà de voir la part de ses souvenirs, les détails que sa mémoire a conservés, même si on peut toujours imaginer qu’elle en a reconstruit une partie. Elle reconnaît elle-même, qu’en vieillissant, elle voit le passé différemment.

Par-dessus tout, ce récit permet de voir réellement ce qu’était l’Europe de l’immédiat après-guerre, Londres, Paris, Varsovie, Barcelone… les militaires qui la sécurisaient, les journalistes qui la parcouraient, les fantômes qui l’habitaient. Je lis rarement des mémoires, celles-ci m’ont passionnée, et le style sobre mais efficace m’a séduite. J’avais eu il y a quelques années entre les mains Le dieu des cauchemars auquel je n’avais pas réussi à m’intéresser, mais cette seconde lecture de l’auteur pourrait bien me faire réviser mon jugement, hâtif comme bien souvent, et me lancer dans la lecture d’autres de ses romans.

Mais je ne vais pas en parler plus longtemps car la lecture des premières lignes devrait à elle seule vous convaincre de continuer !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine ..
  09 décembre 2013
L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine en Europe libérée de Paula Fox
Ce récit autobiographique, écrit plus d’un demi-siècle après cette année en Europe, porte bien son sous-titre Une jeune Américaine en Europe libérée. Une Europe libérée mais anéantie. La lecture est passionnante, on se laisse entraîner par ces souvenirs si personnels et si révélateurs de l’après-guerre. J’y ai particulièrement apprécié la fraicheur et l’honnêteté du ton sur ce contexte de tristesse et de désolation, la reconnaissances de la complexité des situations et des personnalités, des jugements hâtifs, des petits évènements marquants et des rencontres impromptues, improbables parfois, qui laissent des traces à tous les temps. Voyage initiatique s’il en est.



A la façon d’un carnet de voyage, Paula Fox raconte son histoire nourrie des histoires de l’Histoire. La seconde guerre mondiale est omniprésente sous ses pas, dans ceux des survivants qu’elle croise. Le désespoir et la rage grondent sur les ruines de Londres, Paris, Varsovie, jusqu’à l’Espagne de Franco.



A peine plus de la vingtaine avec pour ultime projet de quitter le continent américain pour l’Europe, voici la jeune new-yorkaise Paula Fox promut correspondante d’une obscure agence de presse britannique.



« Vous partirez de Prague vers minuit, a-t-il continué. Varsovie a été occupée parles nazis, puis par les Russes. Et maintenant les Polonais vont voter pour la première fois. Mais bon, ce n’est pas pour couvrir les élections que je vous envoie là-bas, je me contenterai de quelques anecdotes à ce sujet ainsi que sur ce que vivent les gens au milieu des ruines. Faites-moi ce qu’on appelle, je crois, aux États-Unis, de la couleur locale, et de l’humanitaire. [...] La situation est vraiment effrayante, en Pologne. Sachez-le, même si le rationnement continue encore ici [ Angleterre ], ce pays est un paradis tropical, comparé à là-bas.«



Et ce récit, c’est exactement la qualité de ce ton, le talent à livrer une atmosphère, une description, une entrevue, une réflexion en quelques lignes sans l’assener; une modestie que n’entrave pourtant aucune réserve; une attention comme en témoignent les pages magistrales du séjour en Pologne.
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Le Cerf-volant brisé
  21 février 2018
Le Cerf-volant brisé de Paula Fox
Je sais que j'avais déjà lu ce roman il y a 20 ans et qu'il parlait du sida mais je ne me souvenais de rien d'autre...

Aujourd'hui, je rapprocherais ce titre de "Ne le dis à personne" de Josette Chicheportiche.

Il y est question d'un adolescent qui découvre l'homosexualité de son père, qui provoque la séparation familiale". Le cheminement de la réflexion du garçon allant de la colère et du rejet allant de pair avec la honte d'avoir un père marginal "déviant" mais aussi le rapprochement en grandissant avec l'acceptation qu'en amour on ne choisit pas...

Mais ce roman est aussi et avant tout un texte qui parle de la maladie, de son évolution, de la faiblesse du malade et de sa lutte pour vivre, de l'isolement, du regard des proches qui se détourne.
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La légende d'une servante
  23 mai 2016
La légende d'une servante de Paula Fox
Comme il est doux et cruel à la fois le monde de Paula Fox

!

Luisa de la Cueva nait dans une petite île des Caraibes : Enfant de la honte, car fruit d'un amour illégitime entre une servante et le fils des "maîtres" , dans un pays où la couleur , l'histoire de ses origines et la place qu'occupe chaque membre de cette communauté, détermine le regard de la conscience collective , elle traversera toutes les étapes de sa vie dans une apparente soumission .



De sa jeunesse libre , échappant encore à la rigidité des lois sociales par la puissance de l'imaginaire , elle s'appuiera pour traverser le temps avec une volonté farouche d'échapper à quelques formes d'emprisonnement , cette volonté pugnace qui , paradoxalement,l'amènera à suivre les traces de sa mère en se mettant au services des autres .







Aucune révolte ne la propulsera à vouloir s'émanciper et sortir de sa "triste condition sociale" au sein de la société américaine où elle vivra comme une immigrée toute sa vie, après que son père décide de quitter l'île en pleine révolution .

Sans s'adapter , refusant toutes formes de libération , elle passera sa vie à prendre soin des autres , employée de maison modèle , effacée , dans l'ombre de ses maîtres ,fidèle et droite , silencieuse, avec comme unique projet , celui de retourner sur sa terre natale .Mais à aucun moment douleur , plainte ou colère ne viendra entraver ce choix de vie , pleinement assumé et donc vécu avec une forme d'insolence et de liberté personnelle .Luisa la transparente , Luisa petite servante qu'on prend et qu'on jette , Luisa Sanchez du nom de sa mère : humble et miséreuse , ignorante petite bâtarde mais aussi Luiza de la Cueva du nom de son père , orgueilleuse et libre ....A moins que ce ne soit l'inverse , la liberté n'est pas toujours où l'on pense !

Le roman est écrit à la première personne , cela ressemblerait presque à une forme de journal intime ; les détails d'un quotidien sans surprise sont décrits avec minutie et application , avec une volonté de traduire la justesse du moment , du ressenti .



Les personnages de Paula Fox sont ce qu'ils sont , et ne comptez-pas sur elle pour décrire une psychologie quelconque , elle excelle justement dans l'art de la "non-psychologie" , elle crée des personnages impressionnants de complexité , ou de simplicité ....Car cela ne revient-il pas à la même chose semble-t-elle nous dire !

Inutile de chercher des méchants et des gentils , des soumis et des oppresseurs , même s'ils existent ; Paula Fox pratique une forme de détachement exprimant avec justesse et grande rigueur ( de ceux qui aiment les "choses bien faites"à l'image de Luisa justement !), les manifestations de souffrance , d'espoir mais plus souvent d'acceptation des choses , les échappées fugaces qui entraînent vers un peu d'envie d'autre chose, pour retomber sur les rails qui sont finalement plus confortables .

Un roman d'une richesse inouie , décrivant avec mordant et causticité quelquefois, une société New-yorkaise en pleine mutation , soulignant les paradoxes de l'être humain , les non-sens de l'existence , la fugacité du temps , l'empreinte légère et douloureuse de chaque parcelle de vie sur cette terre quel que soit le chemin emprunté , tout cela sans jugement , pathos et larmoiement sous une plume hors-du commun malgré un classicisme apparent .

A découvrir absolument !

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Le Dieu des cauchemars
  13 mai 2015
Le Dieu des cauchemars de Paula Fox
L’atmosphère subtile de la Nouvelle-Orléans des années 40 est très bien rendue dans ce livre que j'ai beaucoup apprécié (peut-être était-ce du à mon état d'esprit du moment ?).

C'est un roman nostalgique, aérien, qui narre la tristesse des sentiments, d'une jeune fille naïve qui découvre la vie, l'amour, la mort, l'amitié. On la retrouve quelques années plus tard, et le dénouement est inattendu.
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Les enfants de la veuve
  22 juin 2012
Les enfants de la veuve de Paula Fox
Roman sans concessions sur les rapports filiaux et sur la difficulté à affronter la mort de la mère et la cohorte de remords et de regrets qu'elle génère souvent. Le couple, l'amitié plus ou moins désintéressée, la fratrie, l'homosexualité et l'alcoolisme sont les seconds rôles de ce roman acéré qui n'en est que plus vrai.
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Les enfants de la veuve
  18 octobre 2020
Les enfants de la veuve de Paula Fox
Paula Fox est née en 1923. Cet auteur américain nous livre le roman d'une histoire familiale qui propulse Laura, son personnage central, sur la scène.

De scène, il en est vraiment question dans la première partie car elle est très théâtrale et cinématographique. Dans l'attente d'un dîner prévu au restaurant, une chambre d'hôtel accueille un couple, un enfant, un frère, un ami. Ces personnages ont de vives discussions avant un repas prévu dans un restaurant.

Outre l'aspect théâtral, cette première partie m'a semblée très cinématographique. J'ai eu l'impression de regarder un film de Woody Allen tant l'histoire est bavarde et agitée. Quant à Laura et sa forte personnalité, elle ne dépareillerait pas dans un film du réalisateur.

L'auteur réussit grâce à ses personnages emblématiques d'un caractère, d'une profession, à rendre la narration très vivante et tensionnelle. L'on se demande s'ils vont enfin se rendre ensemble à ce dîner tant ils restent dans cette chambre d'où une voix s'élève, une porte claque, un objet tombe.

J'ai aimé ces deux premiers tiers du roman quoiqu'un peu trop longuets à mon goût. La révélation qui enclenche la dernière partie de l'histoire est paradoxalement le moment où l'effervescence retombe un peu et l'auteur nous donne à voir une évolution dans le caractère de certains des protagonistes.

Une bonne lecture avec ces hommes et ces femmes que je n'ai pas tous appréciés (en raison de leurs défauts ou caractères) mais qui sont le noyau crédible d'une famille où les tensions sont vite exacerbées.



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L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine ..
  12 novembre 2013
L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine en Europe libérée de Paula Fox
En 1946, Paula Fox a 22 ans. Sa vie aux Etats-Unis lui pèse et lui paraît sans issue, aussi accepte-t'elle divers travaux journalistiques un peu vagues pour aller en Europe pendant une année. Ce sera d'abord Londres, puis Paris, la Pologne, à nouveau Paris et l'Espagne.



La guerre est terminée depuis 1 an et demi, l'heure n'est plus à l'euphorie de la victoire, elle va rencontrer une population des plus hétéroclite, au milieu des ruines, où chacun vivote comme il peut. Aux Etats-Unis, elle est proche des milieux communistes, en fait elle est assez ignorante des réalités politiques et son voyage se révèlera formateur, surtout en Pologne où elle perçoit les prémices de la dictature à venir.


Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Le Dieu des cauchemars
  07 février 2012
Le Dieu des cauchemars de Paula Fox
The God Of Nightmares

Traduction : Marie-Hélène Dumas - Préface : Rosellen Brown





Roman initiatique dont le cheminement quelque peu douloureux n'apporte en fait qu'illusions à son héroïne, Helen Bynum, "Le Dieu des Cauchemars" vaut surtout - mais ce n'est que mon avis - par la petite galerie de personnages sortant de l'ordinaire qui y occupent la case - centrale - de La Nouvelle-Orleans.



C'est en effet dans cette ville qu'atterrit un jour Helen, envoyée par sa mère afin de tenter d'y récupérer sa tante Lulu, ancienne danseuse de la troupe Ziegfield et ancienne beauté de music-hall. Le prétexte donné par la mère d'Helen : maintenant que sa fille est prête à vivre sa propre vie, elle souhaite ne pas rester toute seule dans la vieille ferme qu'elle exploite depuis le départ de son mari. En réalité, Mrs Bynum se doute bien que sa soeur, perdue dans ses souvenirs et son désespoir d'alcoolique, ne reviendra jamais et que, même si elle sacrifiait à l'amour fraternel, elle n'aurait pas la patience de s'enterrer avec elle dans une toute petite ville perdue de l'Etat de New-York. Mais lorsqu'Hélène s'en apercevra à son tour, il sera trop tard : gagnée elle-même par l'atmosphère de La Nouvelle-Orleans et grisée par l'assurance de ses premiers pas - à vingt-trois ans - loin de la maison familiale, la jeune fille, elle, ne voudra plus entendre parler de rentrer au bercail.



Ce n'est pas que Mrs Bynum n'aime pas sa fille. Bien au contraire. Mais la nouvelle de la mort de son mari, Lincoln, annoncée par une lettre adressée, par la femme avec laquelle il vivait depuis treize ans, non à elle, l'épouse bafouée, mais à Helen, l'enfant préférée, vient de réveiller le souvenir d'une autre lettre dans laquelle Lincoln accusait son épouse de vouloir garder Helen pour elle seule - et, partant, de s'apprêter en connaissance de cause à lui gâcher l'existence ...



Il faudra bien du temps à Helen pour comprendre la raison véritable qui a poussé sa mère à l'engager à partir en quête de la tante Lulu. Et son univers se sera considérablement enrichi avant qu'elle ne prenne conscience du cadeau qui lui a été ainsi fait par une mère envers qui, pour être franc, elle ne ressentait guère qu'irritation maussade et semi indifférence.



Au bout du compte, elle s'apercevra aussi que son passage à La Nouvelle-Orleans fut sans aucun doute l'époque la plus aimable, la plus captivante - et certainement la moins routinière - de son existence. Ce qui, somme toute, est bien peu.



Désenchantement, demi-teintes, nuances, non-dits également, manière qui rappelle les auteurs anglais comme Barbara Pym et Elizabeth Taylor, "Le Dieu des Cauchemars" est un de ces livres où il ne paraît pas se passer beaucoup de choses. Et pourtant, quand on y regarde bien, on y trouve le désir de découvrir d'autres livres de Paula Fox. Ce qui, finalement, n'est pas si mal.
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Les enfants de la veuve
  17 décembre 2011
Les enfants de la veuve de Paula Fox
A la veille de leur départ pour l’Afrique, Laura et son mari Desmond attendent leurs invités dans une chambre d’hôtel new-yorkaise. Laura vitupère tandis que Desmond s’enfonce dans les vapeurs d’alcool. Ils attendent Clara, la fille de Laura, Peter Rice un ami éditeur et Carlos le frère de Laura. Si certains individus sont doués dans des domaines, Laura excelle dans l’art de la manipulation. Rien ou plutôt personne n’échappe à ses remarques. Mielleuses pour mieux se faire assassines, faussement gentilles avant d’être glaciales.



Avertissement : Attention, âmes sensibles vivant dans un pays où tout le monde s’aime (même si l’on s’approche de Noël), veuillez-vous abstenir de cette lecture sous peine de grand choc.



La suite sur :

http://fibromaman.blogspot.com/2011/12/paula-fox-les-enfants-de-la-veuve.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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Personnages désespérés
  10 juin 2010
Personnages désespérés de Paula Fox
J'ai beaucoup aimé ce roman où l' impasse de la relation d'un couple d'américains des années 60 est révélée par un chat errant que la femme prend en pitié, nourrit et qui la blesse sauvagement. S'ensuit une peur assez irraisonnée d'avoir attrapé la rage, qui l'entraîne à réfléchir à son parcours et à sa vie.

C'est un roman très insidieux et qui révèle le vide de l'existence des classes moyennes américaines des années 60 pour lesquelles le confort matériel et la consommation sont les seules valeurs qui comptent. Ca peut faire penser au roman de Pérec " Les choses " (ils ont été publiés à la même époque : 1970 pour le roman de Fox et 1965 pour celui de Pérec).
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Personnages désespérés
  02 mars 2009
Personnages désespérés de Paula Fox
Sophie et Otto Bentwood vivent à New York dans un appartement cossu. Sophie ne travaille pas, Otto est avocat, ils ont la quarantaine et n'ont pas d'enfants. En week-end, leur vie bascule, leur monde protégé s'écroule.



Tout commence un soir, lorsque Sophie se fait mordre par un chat errant à qui elle donnait à manger. Cet événement anodin va déclencher une prise de conscience chez Sophie. Elle se rend compte que sa vie n'est pas si idyllique que qu'elle n'y paraît. Sophie semble découvrir les défauts de son mari. Otto est froid, distant, il pense avoir toujours raison et ne laisse jamais de place au moindre doute. Sophie pense qu'il « (…) était incapable d'exprimer ce qu'il avait en tête. » La réalité du caractère de son mari fait remonter en elle les souvenirs d'une liaison passée. Elle avait fréquenté un client d'Otto en instance de divorce. Elle se remémore les moments vécus avec cet homme à regret et pense à ce qu'aurait été sa vie avec lui. Au matin « (…) elle prit soudain conscience de son propre malaise, elle avait la bouche pâteuse, le corps épuisé et l'esprit corrompu par la réminiscence. Elle s'était endormie en se berçant des souvenirs de Francis Early, comme une petite vieille qui serre contre elle un chiffon en guise de bébé. »



Cela ne calme pas sa colère envers Otto qu'elle considère comme injuste avec les autres. Ce jugement hâtif se tourne le plus souvent vers les plus pauvres qui entourent leur quartier. C'est ce que lui reproche son associé, Charlie, qui quitte le cabinet d'Otto car il souhaite défendre les plus démunis. Otto voit lui aussi son monde changé et le malaise le gagne aussi. « Otto ressentit une colère obscure contre la force inéluctable de l'habitude ».



La crise du couple est amplifiée par la morsure du chat. Sophie refuse de voir un médecin, d'aller à l'hôpital mais ne cesse de se plaindre de la douleur. Otto juge son comportement totalement absurde. Celle-ci semble en fait ne pas vouloir savoir si elle est malade : peur des piqûres, de la rage, d'affronter la réalité. « Mon Dieu, si j'ai la rage, je suis semblable au monde qui m'entoure. »



Ce monde reflète le malaise diffus du couple : une pierre fracasse la vitre d'un ami, le téléphone sans personne au bout du fil, les détritus jonchent les trottoirs. Le couple semble sortir de sa bulle et découvrir un monde extérieur hostile. « Mais il y avait aussi une grande cathédrale baroque espagnole dont l'entrée était fermée par des grilles de fer. Elle se dressait au milieu de cette décrépitude urbaine suppurante et rampante comme une grande éminence glacée, à moitié morte d'arrogance. » Le monde leur apparaît particulièrement violent lorsqu'ils découvrent leur maison de campagne pillée, saccagée. Leur vie protégée n'existe plus.



Paula Fox, née en 1923, a écrit « Personnages désespérés » en 1970. Cette écrivaine américaine fut redécouverte à la fin des années 80 notamment grâce à Jonathan Franzen. Elle nous montre, dans ce roman, un couple dans une bulle sociale et sentimentale et les confronte brutalement à la réalité du monde. Ce couple bourgeois s'ennuie ; Sophie et Otto imbus d'eux-mêmes et de leur réussite sociale se découvrent las. Le monde qui les entoure se désagrège et après la morsure ils participent pleinement à ce délitement. Paula Fox s'intéresse et se focalise sur la psychologie de ses personnages. Elle explore l'âme par des dialogues poussés. Les descriptions sont détaillées, froides, presque cliniques. Paula Fox est un écrivain passionnant, disséquant notre triste modernité et Sophie ne peut que s'exclamer : « Mais la vie est vraiment désespérée. »
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine ..
  25 janvier 2016
L'hiver le plus froid : Une jeune Américaine en Europe libérée de Paula Fox
Paula Fox, jeune femme solitaire et déterminée, parcourt l'Europe hébétée d'après guerre, ses hommes rescapés, ses villes bombardées. On sent un regard mais qui n'est guère partagé. Le sujet est fort, la prose est légère, la lecture fut agréable, mais inconsistante et je pense que dans huit jours j'aurai tout oublié.
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Le Dieu des cauchemars
  27 août 2013
Le Dieu des cauchemars de Paula Fox
Paula Fox est une romancière américaine née en 1923. Abandonnée par ses parents dès sa naissance, elle est recueillie par un pasteur qui fera son éducation littéraire à travers la poésie française et les grands romans et auteurs internationaux. Elle se marie très jeune et a une fille, mais elle la fait adopter. Plus tard, elle fait des études à l'université Columbia et épouse un critique littéraire, Martin Greenberg. Après avoir vécu à Cuba et au Québec, c’est dans sa ville natale de New York que Paula Fox débute sa carrière dans le monde de la littérature, à l'âge de quarante ans. Elle aiguise d’abord sa plume avec des livres pour enfants, mais aspire à autre chose et publie six romans pendant les années 1960. Il faudra néanmoins attendre les années 1990 et une réédition par l’écrivain et admirateur Jonathan Franzen pour que son œuvre soit reconnue à sa juste valeur. Enfin, information people mais collant bien à la biographie difficile de Paula Fox, sa fille est la mère de la chanteuse Courtney Love.

Datant de 1990, Le Dieu des cauchemars est paru en France en 2004 et je crois bien qu’il était sur ma longue liste des livres à lire depuis cette époque. Heureusement que je note tout dans un carnet sinon cet excellent livre m’aurait échappé.

Le roman débute en 1941 dans l’Etat de New York. Après le décès du père qui a déserté le domicile familial depuis treize ans, la mère expédie sa fille à la Nouvelle-Orléans, demander à sa sœur Lulu de venir vivre avec elle quelques temps. Helen a une vingtaine d’années, un ami auquel elle ne semble pas particulièrement attachée et une vie un peu terne, ce voyage n’est qu’un prétexte dans l’esprit de sa mère, pour lui faire découvrir le monde.

En Louisiane, Helen va faire connaissance avec sa tante Lulu, ex danseuse avec sa mère pour les Ziegfield Follies, devenue alcoolique après une vie dissolue. C’est aussi là qu’elle va découvrir un monde fait d’une faune d’intellectuels bohèmes qui lui était inconnue, Gerald le poète et Catherine, Claude l’homosexuel en costume de lin blanc, Sam ancien époux de Lulu mais aussi Nina qui deviendra son amie et Len son amant. Au sein des cette microsociété, Helen apprendra non sans mal la vie - « Je crois qu’il y a des moments où je comprends ce qui s’est passé. Puis d’autres pas du tout » - en découvrant petit à petit celle des autres et leurs secrets. Néanmoins persiste cette interrogation insidieuse, « Tu ne crois quand même pas que les êtres humains se comprennent les uns les autres ? (…) Ils en sont incapables. »

Quand le roman s’achève, bien des années plus tard, Helen est mariée avec Len devenu avocat et ils ont une fille à la recherche d’un emploi. Une rencontre fortuite avec Nina, son ancienne amie perdue de vue, va lui ouvrir les yeux cruellement sur son innocence qui n’en finira donc jamais ?

Paula Fox décortique merveilleusement la psychologie de ses personnages, leurs illusions et leurs désillusions qui sont aussi les nôtres. Entre Helen qui ne sait pas grand-chose dans beaucoup de domaines, avouant ingénument « Il s’est passé tellement de choses aujourd’hui, que la tête me tourne » et les liens plus ou moins élastiques qui relient tous les acteurs du roman avant de n’être révélés que lentement, l’écrivain excelle dans l’introspection et les sentiments. Pourtant son roman reste bien ancré dans la réalité et sa violence ; au loin en toile de fond, gronde la Seconde Guerre Mondiale et Len attend d’être appelé sous les drapeaux, mais il y a aussi la situation des « gens de couleur » dans l’Amérique de cette époque, ou des Juifs, ou encore les violences policières - le roman s’achève dans les années soixante - avec les manifestations contre la guerre au Viêt-Nam. Paula Fox n’insiste pas lourdement, elle glisse les faits ou les situations tout naturellement mais dans son ton, on sent son désaccord.

L’écriture est fluide et atteint des sommets d’émotion et un souffle puissant quand après le meurtre de Claude et le départ à l’armée de Len, une page se tourne, tout ce qui faisait le monde d’Helen se délite dramatiquement. Par ailleurs, et sans que j’y trouve une explication particulière, le lecteur notera la place importante accordée aux cheveux dans ce roman, tous les personnages sans exception ( ?) ont leur coiffure esquissée, comme un élément essentiel de leur personnalité.



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La légende d'une servante
  01 novembre 2012
La légende d'une servante de Paula Fox
Paula Fox fait le récit d'une vie. Ses personnages passent par des épreuves qui les blessent, mais les enrichissent également. Ils ne sont pas toujours heureux, mais l'auteur le raconte de manière beaucoup moins désespérée et immuable que certains. D'ailleurs, ce livre bouscule certains codes, ce qui m'a plu. À partir du moment où Louisa est bâtarde, on peut penser qu'elle aura à en pâtir toute sa vie, que son père et sa mère ne vivront jamais ensemble. Il n'en est rien. Très vite, Orlando s'installe chez Fefita, l'épouse, et reconnaît sa fille. On peut douter de la profondeur de leur amour, Louisa les voyant souvent se disputer. On se demande pourquoi Orlando a si aisément tourné le dos à sa riche plantation pour sa maîtresse. Pour faire un pied de nez à sa mère?

On peut également penser que le départ de Louisa lui sera maléfique, que sa vie loin de San Pedro ne sera qu'un immense ratage, et qu'elle se heurtera à un désespoir grandissant.

[...]

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Lien : http://www.lalivrophile.net/..
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Le Dieu des cauchemars
  24 mars 2020
Le Dieu des cauchemars de Paula Fox
Après avoir grandi dans le Nord des USA, Helen découvre la Louisiane à 23 ans, en 1941. Auprès d’un cercle d’amis, elle éprouve ses sentiments les plus forts. Autour, les difficultés sociales, la guerre qui approche. Bien plus tard, elle raconte aussi ses illusions détrompées. Un roman rare, qui persiste après la lecture comme une vie vécue, avec ses ombres et ses lumières.
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Les enfants de la veuve
  07 novembre 2019
Les enfants de la veuve de Paula Fox
Je n'avais vraiment pas adhérer à ce roman. Je n'avais eu aucune empathie envers les personnages et le récit m'avait paru vraiment fastidieux.
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Pauvre Georges !
  09 juin 2017
Pauvre Georges ! de Paula Fox
Georges Mecklin, professeur sans grande envergure, bon père de famille, Américain moyen sous toutes les coutures, prend sous sa protection un adolescent marginalisé. Cette "bonne action" va faire basculer sa sérénité morose et celle de son entourage. Par une succession de détails révélateurs, Paula Fox montre le passage douloureux de la bonne conscience à la conscience.

L'auteur fait preuve d'un grand sens de l'observation et d'une pénétrante analyse des comportements.
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Le Dieu des cauchemars
  09 août 2016
Le Dieu des cauchemars de Paula Fox
A la mort de son père, qui avait quitté le foyer conjugal, Helen se voit plus ou moins imposer par sa mère de quitter leur maison, pour aller à la Nouvelle Orléans, où vit sa tante, Lulu. Ancienne actrice, alcoolique, cette dernière se détruit en toute connaissance de cause. Helen se trouve un emploi de vendeuse, rencontre des gens dans un monde assez libre d'artistes, et tombe amoureuse. Se construit une vie.



Le livre semble peut être moins noir que d'autres romans de l'auteur, il y a une sorte d'élan et d'espoir dans le personnage d'Helen, à qui tout semble possible. Mais Paula Fox reste fidèle à elle-même, et au final, on n'échappe pas à soi-même. Et l'ensemble des personnages qui composent cette société chaleureuse de la Nouvelle Orléans a au final des destins tristes.



L'écriture de Paula Fox fait de cette lecture une merveilleuse expérience de lecture, touchante et qui reste. Malgré toute cette tristesse, pas de sentimentalité facile, mais une sorte de lucidité qui fait mouche.

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Dans quel pays se trouve le fleuve Mississippi?

au Canada
aux Etats-Unis d'Amérique
dans les deux

13 questions
15 lecteurs ont répondu
Thèmes : fleuve , mississippi , Géographie historique , villes américaines , littérature américaine , pièges , bande dessinéeCréer un quiz sur cet auteur