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ISBN : 2070787354
Éditeur : Joëlle Losfeld (13/04/2012)

Note moyenne : 2.9/5 (sur 15 notes)
Résumé :
En 1946, Paula Fox entreprend un voyage dans l'Europe d'après-guerre avec l'espoir bien américain d'acquérir de l'expérience, voire d'y trouver un salut. Elle a vingt-deux ans, et passera une année à traverser les villes meurtries de Londres, Paris, Varsovie, Prague, Madrid et autres, comme correspondante pour une petite agence de presse britannique.
Elle décrit au fil de ses déplacements à travers les frontières brouillées de l'Europe ses visites imprévues d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
emmyne
  09 décembre 2013
Ce récit autobiographique, écrit plus d'un demi-siècle après cette année en Europe, porte bien son sous-titre Une jeune Américaine en Europe libérée. Une Europe libérée mais anéantie. La lecture est passionnante, on se laisse entraîner par ces souvenirs si personnels et si révélateurs de l'après-guerre. J'y ai particulièrement apprécié la fraicheur et l'honnêteté du ton sur ce contexte de tristesse et de désolation, la reconnaissances de la complexité des situations et des personnalités, des jugements hâtifs, des petits évènements marquants et des rencontres impromptues, improbables parfois, qui laissent des traces à tous les temps. Voyage initiatique s'il en est.
A la façon d'un carnet de voyage, Paula Fox raconte son histoire nourrie des histoires de l'Histoire. La seconde guerre mondiale est omniprésente sous ses pas, dans ceux des survivants qu'elle croise. le désespoir et la rage grondent sur les ruines de Londres, Paris, Varsovie, jusqu'à l'Espagne de Franco.
A peine plus de la vingtaine avec pour ultime projet de quitter le continent américain pour l'Europe, voici la jeune new-yorkaise Paula Fox promut correspondante d'une obscure agence de presse britannique.
« Vous partirez de Prague vers minuit, a-t-il continué. Varsovie a été occupée parles nazis, puis par les Russes. Et maintenant les Polonais vont voter pour la première fois. Mais bon, ce n'est pas pour couvrir les élections que je vous envoie là-bas, je me contenterai de quelques anecdotes à ce sujet ainsi que sur ce que vivent les gens au milieu des ruines. Faites-moi ce qu'on appelle, je crois, aux États-Unis, de la couleur locale, et de l'humanitaire. [...] La situation est vraiment effrayante, en Pologne. Sachez-le, même si le rationnement continue encore ici [ Angleterre ], ce pays est un paradis tropical, comparé à là-bas.«
Et ce récit, c'est exactement la qualité de ce ton, le talent à livrer une atmosphère, une description, une entrevue, une réflexion en quelques lignes sans l'assener; une modestie que n'entrave pourtant aucune réserve; une attention comme en témoignent les pages magistrales du séjour en Pologne.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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kathel
  15 février 2015
Au sortir de la guerre, la jeune Paula Fox, qui a déjà pas mal vécu, traverse l'Atlantique pour essayer de trouver un emploi, de réaliser une expérience formatrice dans l'Europe dévastée. Après avoir été hébergée par quelques vagues connaissances londoniennes, elle devient correspondante pour une petite agence de presse anglaise, qui l'envoie à travers l'Europe recueillir des témoignages, « faire de la couleur locale, de l'humanitaire. » C'est seulement en 2005 qu'elle écrira et publiera le récit de ce voyage. le premier intérêt est déjà de voir la part de ses souvenirs, les détails que sa mémoire a conservés, même si on peut toujours imaginer qu'elle en a reconstruit une partie. Elle reconnaît elle-même, qu'en vieillissant, elle voit le passé différemment.
Par-dessus tout, ce récit permet de voir réellement ce qu'était l'Europe de l'immédiat après-guerre, Londres, Paris, Varsovie, Barcelone… les militaires qui la sécurisaient, les journalistes qui la parcouraient, les fantômes qui l'habitaient. Je lis rarement des mémoires, celles-ci m'ont passionnée, et le style sobre mais efficace m'a séduite. J'avais eu il y a quelques années entre les mains le dieu des cauchemars auquel je n'avais pas réussi à m'intéresser, mais cette seconde lecture de l'auteur pourrait bien me faire réviser mon jugement, hâtif comme bien souvent, et me lancer dans la lecture d'autres de ses romans.
Mais je ne vais pas en parler plus longtemps car la lecture des premières lignes devrait à elle seule vous convaincre de continuer !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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nanoucz
  29 juillet 2013
En 1946, Paula Fox, âgée de vingt-trois ans, quitte New-York en bateau, en partance pour l'Europe, soulagée de s'éloigner pour un temps de la ville synonyme pour elle de toutes les difficultés de la vie.
Vivant successivement à Londres, Paris, Varsovie, Barcelone et Madrid, exerçant des métiers variés, elle découvre les villes européennes juste sorties de la guerre et rencontre tout un tas de gens aux expériences diverses : des rescapés des camps, d'anciens partisans de Tito, la représentante d'une organisation juive enquêtant sur les mesures prises par le gouvernement polonais pour faciliter l'installation des familles juives en Palestine, des opposants au régime franquiste. La confrontation de son propre vécu à des existences meurtries contribue à la faire définitivement entrer dans l'âge adulte et c'est une autre femme qui reprend le chemin des États-Unis à la fin de cette année européenne.
Comme toujours chez Paula Fox, la plume est distanciée, presque froide, en accord avec les températures qu'elle affronte, en particulier lors d'un voyage de presse en Silesie. Mais j'ai regretté que son propos reste superficiel, lorsqu'elle décrit ses expériences et ses rencontres. Correspondante d'une petite agence de presse britannique à qui elle envoie régulièrement ses articles, elle ne nous en fait partager ni le sujet ni le contenu. Personnellement, j'aurais aimé en savoir un peu plus. D'ici quelques semaines, je doute qu'il me reste beaucoup de souvenirs de ce court livre. Malgré tout, j'ai cru retrouver dans certains des personnages décrits ici quelques figures familières des autres romans de Paula Fox, lus précédemment.
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topocl
  25 janvier 2016
Paula Fox, jeune femme solitaire et déterminée, parcourt l'Europe hébétée d'après guerre, ses hommes rescapés, ses villes bombardées. On sent un regard mais qui n'est guère partagé. le sujet est fort, la prose est légère, la lecture fut agréable, mais inconsistante et je pense que dans huit jours j'aurai tout oublié.
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Aifelle
  12 novembre 2013
En 1946, Paula Fox a 22 ans. Sa vie aux Etats-Unis lui pèse et lui paraît sans issue, aussi accepte-t'elle divers travaux journalistiques un peu vagues pour aller en Europe pendant une année. Ce sera d'abord Londres, puis Paris, la Pologne, à nouveau Paris et l'Espagne.
La guerre est terminée depuis 1 an et demi, l'heure n'est plus à l'euphorie de la victoire, elle va rencontrer une population des plus hétéroclite, au milieu des ruines, où chacun vivote comme il peut. Aux Etats-Unis, elle est proche des milieux communistes, en fait elle est assez ignorante des réalités politiques et son voyage se révèlera formateur, surtout en Pologne où elle perçoit les prémices de la dictature à venir.

Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
kathelkathel   15 février 2015
Mais j’avais alors appris à bien connaître New York, comme on connaît un endroit où l’on a occupé divers emplois – la plupart assez minables – qui permettent de manger plus ou moins à sa faim et de ne pas craindre les intempéries. Quelle que fût ma situation, j’ai toujours trouvé que la vie y était difficile. Mais il y eut des moments pleins d’éclat, de promesses, et même de splendeur. S’en souvenir est prodigieux. Comme l’écrit Cesare Pavese dans son journal, Le métier de vivre, «Seule la mémoire procure le véritable émerveillement.»
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SZRAMOWOSZRAMOWO   11 juin 2017
La plupart des étrangers qui se trouvaient à Varsovie cet hiver-là étaient des journalistes venus couvrir les élections. Mais il y avait aussi des experts en reconstruction, des économistes (...) et les divers techniciens que l'on retrouve toujours sur les traces des désastres. Toutes les opinions politiques, du London Times au bulletin trimestriel agricole du Middle West, étaient représentées. Il y avait des stars (...) et de simples correspondants, comme moi, reliés à Londres, Paris ou New York par des fils ténus. Mais il y avait aussi un nombre notable d'individus dont la présence restait mystérieuse et qui, apparemment, ne représentaient qu'eux-mêmes.
Parmi ces derniers, on voyait souvent un Indien du Cachemire se hâter dans les rues dévastées, le manteau flottant, ouvert malgré le froid terrible, toujours à la recherche de partenaires de bridge, pour lui et son amie, une comtesse polonaise qui vivait dans la cave d'une pâtisserie détruite. Ou ce très jeune Anglais enveloppé d'un long ulster noir miteux (...) dont on disait qu'il était espion, morphinomane et pas du tout anglais, mais membre d'une organisation de jeunesse fasciste hongroise et, ajoutaient certains, absolument nu sous son pardessus. Ou encore un Irlandais de Limerick, qui errait dans la neige et les gravats en bottes de cheval usées, frappant sa main gantée de sa cravache qu'il portait toujours avec lui, et qui s'était fait remarquer en déclarant que les vestiges de l'ancienne gare de Varsovie constituaient, de tous les sites bombardés d'Europe et d'Angleterre, le plus esthétiquement plaisant.
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AifelleAifelle   12 novembre 2013
"Ils n'évoquaient leur propre histoire qu'indirectement et pas toujours à travers les mots. Ils réagissaient avec une vivacité douloureuse à tout mouvement brusque, se montraient tour à tour enjoués et soudain silencieux, comme sombrant alors dans des rêves troubles qui passaient sur leur visage à la vitesse d'un flash. Puis ils éclataient d'un rire déchaîné, un rire fou".
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emmyneemmyne   09 décembre 2013
Je pense à ce qu’on appelle la politique, une chose qui peut paraître totalement abstraite, jusqu’à ce qu’un matraque s’abatte sur vos épaules.
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Video de Paula Fox (1) Voir plusAjouter une vidéo
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