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Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La numérisation systématique des corpus de journaux offre des perspectives nouvelles et imprévues aux historiens de la presse comme à ceux de la littérature. A ce titre, l'enquête que mène Jean-Luc Buard, bibliographe et chercheur, produit tout à la fois un livre d'histoires, un roman d'investigation, un méta-corpus de bibliothèques numériques, une bibliographie de référence et une réflexion sur le patrimoine et ses acteurs. Prenant l'exemple d'un genre littéraire é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fortuna
  24 mars 2020
Jean-Luc Buard nous raconte l'étonnante épopée des feuilletons-nouvelles qu'un obscur écrivain-journaliste du 19e siècle, Marie Aycard, un homme comme son nom ne l'indique pas, écrivait chaque semaine pour les journaux parisiens le Courrier français et le Temps dans les années 1830-1850. Quelques années avant la vague du roman-feuilleton qui allait durer plus d'un siècle et que l'on peut considérer comme l'ancêtre de nos chères séries télévisées. La culture de masse était née, révélée par l'exploration nouvelle de la presse, masse énorme de matière écrite, rendue possible par la numérisation massive des journaux du monde entier débutée à la fin du 20e siècle.
C'est à cette aventure passionnante que va nous convier l'auteur en suivant comme fil conducteur Marie Aycard, dont l'oeuvre a connu en effet une grande circulation, y compris internationale, même si sa signature n'apparaît pas toujours, voir est parfois remplacée par un autre nom. Tous les journaux sont en effet reliés entre eux dans une sphère médiatique unique, c'est ce que va révéler la diffusion des feuilletons de Marie Aymard, aussi bien à Paris, qu'en province, en Europe et aux États-Unis. Ses textes sont en effet traduits assez rapidement après leur parution, principalement en allemand et en anglais. le texte court, particulièrement prisé par les Anglo-saxons, est par sa forme, facilement exportable et circule massivement dans les journaux étrangers.
La numérisation permet des recherches autrefois impossibles et met en lumière des réseaux, des canaux inédits, des choix inattendus, et surtout l'existence d'une médiasphère internationale dès 1840. D'énormes chantiers de numérisation ont été menés par Google, les bibliothèques nationales, comme notre Gallica, et locales, les archives, voir par des particuliers, sources d'une extrême richesse malgré un référencement qui reste insuffisant. Un gros travail a été fait mais beaucoup reste à faire pour faciliter l'accès aux bibliothèques numériques et parfois aux collections numérisées. Mais l'importance de la presse apparaît clairement, le succès de la littérature populaire qu'elle véhicule, la passion pour le fait criminel qui va devenir sujet de roman. L'oeuvre de Marie Aycard, véritable ambassadeur de la culture française, dont le centre est Paris, à travers le monde, est tombée dans l'oubli mais reste un témoignage unique sur son époque. Certaines de ses nouvelles ont non seulement été diffusées très largement et dans de nombreuses langues mais également pendant très longtemps, jusqu'à 70 ans.
Bref une étude qui, comme conclut Jean-Luc Buard, n'est qu'un point de départ, vers une exploration approfondie de cet univers longtemps voué à l'éphémère, sous-estimé, mal conservé, qu'est la presse. Et qui donne un sens à ceux qui en amont travaillent à sa valorisation. On y trouve également beaucoup de références utiles et de conseils concernant l'accès aux documents numérisés. Merci à Babelio et aux Presses de l'Enssib pour cet ouvrage passionnant et tout à fait accessible.
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jardin1001livres
  30 mars 2020
Cet ouvrage est la version publiée de la thèse de Jean-Luc Buard, thèse intitulée « A l'ombre du roman-feuilleton : Marie Aycard et la circulation internationale du feuilleton-nouvelle parisien et de la variété (autour de 1840) : Un acteur oublié de la communication de masse dans la sphère médiatique de son temps ».
Le XIXe siècle est le siècle de la presse, média éphémère par essence (à la fois par son contenu et son support). Dans ce contexte, Jean-Luc Buard nous présente le travail d'un feuilletoniste, aujourd'hui inconnu, Marie Aycard. Celui-ci a écrit plus de 500 chroniques et nouvelles qui ont été publiées dans plus de 1000 journaux, dans 40 pays et 17 langues. A travers cet écrivain, fil conducteur de sa réflexion, l'auteur présente les mécanismes à l'oeuvre dans le feuilleton-nouvelle : attendus d'écriture, reproduction, diffusion, popularité, etc.
Le livre se découpe en trois parties :
1) Textes et contextes d'une recherche
2) Méthodologie. Sources numérisées et données en ligne
3) Un feuilleton-nouvelle à la diffusion proliférante : « L'écu de cent sous » (1840-1917). À noter que cette nouvelle est donnée en intégralité en annexe.
Les deux premières parties sont principalement théoriques. En effet, l'auteur s'inscrit dans une continuité de recherche, tout en apportant une méthodologie nouvelle qu'il explique et justifie. Il s'appuie sur de nombreux théoriciens comme Robert Escarpit. Il explique également que sa recherche a été possible grâce au mouvement de numérisation des sources primaires dans les bibliothèques et dans les services d'archives. La deuxième partie présente également un catalogue des différentes sources utilisées françaises ou étrangères. La troisième partie se développe autour de la figure de Marie Aycard et de la nouvelle « L'écu de cent sous », nouvelle qui est de loin la plus reproduite. Jean-Luc Buard utilise le critère de diffusion comme un moyen objectif d'appréciation d'un texte (à défaut des chiffres de tirage, des chiffres de lectorat ; données qui sont rarement connues). L'auteur montre l'histoire de la diffusion de « L'écu de cent sous » : changement de titres, erreur dans l'attribution, etc. Il montre aussi que ce qui est recherché par les journaux étrangers est essentiellement un reflet de la production littéraire parisienne et de la vie en France.
J'ai été très intéressée par la lecture de l'ouvrage et plus particulièrement par le concept de médiasphère. L'auteur montre bien les liens qui existent entre les différents journaux de l'époque quelque soit leur lieu de publication, fait dont j'étais loin de me douter. Chronologiquement, nous nous situons juste avant l'essor et la popularité du roman-feuilleton (avec notamment Eugène Sue, Alexandre Dumas, Paul Féval et Frédéric Soulié). le feuilleton-nouvelle (avec Eugène Guinot, Louis Lurine et Marie Aycard), lui, n'est pas nécessairement découpé entre plusieurs livraisons du journal et la vraisemblance est une des caractéristiques attendue. J'aurai aimé plus d'assertions, mais, comme le dit Jean-Luc Buard, sa recherche n'est qu'un point de départ. Enfin, le livre est très agréable à lire.
-- Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de février 2020. Je tiens à remercier Babelio de m'avoir sélectionnée et les Editions de l'ENSSIB pour leur gentillesse et leur envoi. --
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LesLivresEnFolies
  17 avril 2020
Un livre vraiment intéressant à découvrir. Il s'agit de la thèse édité de l'auteur et cela rend cet ouvrage d'autant plus intéressant.
Bien entendu, ce n'est pas le genre d'ouvrage qu'on lit d'une seule traite, au contraire, il faut le lire en plusieurs temps pour ne rien perdre d'intéressant. En ce qui me concerne, je me suis directement plongé à l'intérieur de cet ouvrage qui nous livre une étude vraiment approfondie.
Vous trouverez au sein de cet ouvrage trois catégories :
1° Textes et contextes d'une recherche
2° Méthodologie. Sources numérisées et données en ligne
3° Un feuilleton-nouvelle à la diffusion proliférante : « L'écu de cent sous »
Celle qui m'a le plus intéressée est indéniablement : Textes et contextes d'une recherche. J'ai trouvé ça réellement passionnant surtout que l'auteur nous livre vraiment toutes ses pensées sans la moindre exception.
Cependant, chaque partie vaut également le coup d'oeil. En ce qui me concerne, j'aime tout particulièrement découvrir des thèses en rapport avec les cultures médiatiques et cette thèse est exactement ce dont j'avais besoin !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
FortunaFortuna   13 mars 2020
Il est nécessaire de revenir aux sources de notre modernité, et ces sources résident dans la naissance de la communication de masse et de la presse de grande diffusion. Il est à ce titre indispensable de questionner les acteurs de cette communication de masse embryonnaire : qui sont ces personnages pour la plupart oubliés, quelle fut leur action, comment leur gloire s'est-elle répandue, jusqu'où, et par quels canaux ?
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jardin1001livresjardin1001livres   30 mars 2020
Cette étude serait plutôt le point de départ de recherches encore à venir. J'ai bien conscience d'avoir posé davantage de questions qu'apporté de réponses et de solutions, d'avoir entrebâillé davantage de portes que résolu de problèmes. Le sujet est plus que jamais ouvert à la curiosité des lecteurs et des futurs chercheurs, chez qui j'espère l'avoir éveillée. (p. 189)
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jardin1001livresjardin1001livres   30 mars 2020
C'est donc à la science archivistique et historique de faire remonter à la surface cette catégorie d'œuvres patrimoniales oubliées, délaissées, stratifiées, en les replaçant dans une perspective correcte, qui leur donne un intérêt renouvelé. (p.44)
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jardin1001livresjardin1001livres   30 mars 2020
La médiasphère est un système dynamique, où chaque organe de communication s'alimente «automatiquement» de l'ensemble des ressources accessibles dans un sous-réseau particulier. (p. 137)
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